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Une lettre en français… il fallait répondre en français

Gérard Lévesque était un ancien copain du petit séminaire et il était secrétaire du Patro d’Ottawa. Il s’était fait connaître dans les médias par sa participation active au mouvement « C’est l’temps ». Il avait reçu le texte de la politique « relative aux réponses aux communications en français du gouvernement de l’Ontario », une politique qui était demeurée sans publicité pendant tout ce temps. Gérard s’empresse de remettre le texte à qui de droit :

« Cette directive s’applique à tous les ministères, les agences, conseils et commissions sauf ceux dispensés par le Conseil des politiques administratives.

Cette politique ne s’applique pas aux communications destinées à d’autres juridictions qui sont devenues officiellement bilingues et ont accepté le principe que, quelle que soit la langue officielle utilisée par le gouvernement, les correspondants sont libres de rédiger une réponse dans leur langue maternelle.

Le français et l’anglais étant les deux langues officielles du Canada, la politique du gouvernement de l’Ontario juge qu’il est nécessaire que toute correspondance en provenance du gouvernement de l’Ontario soit rédigée dans l’une ou l’autre langue selon celle utilisée par le correspondant.

Cette politique s’applique sans exception à toutes les communications écrites.

Le gouvernement de l’Ontario a adopté la politique selon laquelle il doit répondre verbalement dans l’une ou l’autre langue officielle d’après l’ordre des priorités établies par lui et définies selon la représentation de francophones dans les secteurs de la province. Selon ces priorités, les bureaux du gouvernement situés dans les communautés à concentration francophone doivent se plier à développer une habilité à pouvoir communiquer verbalement en français. »

C’était bien avant la Loi sur les services en français en Ontario.

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On attend toujours après. « L’Hydro-Ontario envisage, d’ici 1990, la construction d’une immense centrale génératrice d’électricité quelque part dans l’Est ontarien. L’emplacement exact de la centrale n’a pas encore été divulgué puisque les plans ne sont qu’à leur stage embryonnaire, mais l’Hydro a dévoilé que la centrale pourrait être éloignée jusqu’à dix milles de l’Outaouais ou du St-Laurent, où serait puisée l’eau servant au refroidissement. » On en parlait dans le journal du 2 février 1977.

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Après 10 ans d’exploitation, « l’usine de la firme General Magnetic Products de Hawkesbury a fermé ses portes le vendredi 28 janvier laissant une vingtaine d’employés sans emplois. De plus, l’usine de la même compagnie à Grenville doit cesser toute opération à la fin du mois, privant environ 60 employés de leur travail. » La firme produisait des composants pour appareils électriques et électroniques pour les appareils ménagers. Le président de GMP, René Quesnel, avait expliqué, entre autres, que « l’affiliation des employés au Syndicat des travailleurs unis de l’acier n’a pas aidé ».

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L’effet du PQ en Ontario… un comité du cabinet sur la confédération

L’élection du Parti Québécois pour administrer la province voisine avait eu des répercussions jusqu’à Queen’s Park. « Le gouvernement ontarien a créé un comité spécial dont le rôle et le but seront de proposer diverses mesures favorisant et sauvegardant l’unité nationale au Canada. » Il en est question dans Le Carillon du 19 janvier 1977. Le premier ministre Bill Davis présidera lui-même ce « Cabinet Committee on Confederation ». Des ministres influents en feront partie et « le secrétaire permanent sera M. Don Stevenson, sous-ministre adjoint aux Affaires intergouvernementales ». J’en parle parce que j’ai eu le plaisir de rencontrer et d’échanger avec Stevenson, un parfait bilingue, lors de la conférence « Destinées Canada » à l’université York de Toronto et où j’avais été le délégué de Glengarry-Prescott-Russell. Le pendant québécois de Stevenson, un certain Claude Morin (oui, le même), participait également à cette conférence, une initiative justement de ce « Cabinet Committee on Confederation ». J’y reviendrai.

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Et la hiérarchie catholique avait elle aussi réagit. Dans une livraison de Présence, le journal d’information du diocèse d’Ottawa distribué dans toutes les paroisses du diocèse, on pouvait lire ceci : « Au lendemain de son élection comme premier ministre du Québec, M. René Lévesque a salué les autres Canadiens, non plus comme ses compatriotes, mais comme ses ‘voisins du Canada’. Et quand on sait que M. Lévesque ne croit pas à la survie des groupes francophones en dehors du Québec, – il l’a dit clairement à Fredericton il y a quelques années – nous pouvons nous demander si nous ne sommes pas, à ses yeux, des voisins condamnés à mort. » Le journal diocésain y allait des recommandations habituelles pour assurer la survie des Franco-Ontariens, dont le message fondamental de « s’occuper de ses propres affaires ». « Sans fierté, il n’y a pas conviction dans l’action. » J’avais traité de tout ça en éditorial. Il s’en est passé des choses depuis en Ontario français, dont La Cité collégiale et la survie de Montfort pour n’en nommer que deux.

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Henri Clément, une personnalité bien connue de L’Orignal, publie son livre sur le centenaire de son village, « le chef-lieu de Prescott-Russell », « le berceau de ce territoire ». Le texte dans le journal du 26 janvier 1977 signale que « c’est depuis L’Orignal que tout Prescott-Russell s’est développé. On peut même affirmer que c’est le berceau de la vie franco-ontarienne ». Le volume de 124 pages note, entre autres, que « la Seigneurie de L’Orignal comprenait une superficie de 23,000 acres ». À peine sorti, le livre s’était déjà vendu à une centaine d’exemplaires. Le volume avait nécessité sept mois de travaux pour sa préparation et son impression. Le projet avait été réalisé encore là grâce, en partie, à une subvention de la loterie Wintario.

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Les élections sont passées… profitons-en!

Les élections municipales viennent d’avoir lieu et les nouveaux élus ne seront pas en place avant le début de janvier, ce qui n’empêche pas les membres sortants du Conseil des comtés unis de Prescott-Russell d’approuver une majoration de leur rémunération. Dans une proportion de 15 contre trois, le Conseil adopte une nouvelle rémunération de 4 000 $ pour les membres et 10 000 $ pour le président. Évidemment, la recommandation devra être revue par la Commission de lutte contre l’inflation. Jusque-là, les membres touchaient 99 $ par séance du Conseil (il y en avait 14 par année) et 66 $ par réunion de comité (et ça il y en avait beaucoup). À tout événement, cela équivalait à une hausse de 185 p. cent, pas mal loin du maximum de 8 p. cent que souhaitait la Commission de lutte contre l’inflation. Une autre recommandation qui minait la crédibilité des politiciens. Il en est question dans Le Carillon du 22 décembre 1976.

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La nomination d’un administrateur en chef à Hawkesbury porte déjà ses fruits. Comme on peut le lire dans le journal du 5 janvier 1977, Raymond Lacroix a commencé à restructurer l’organisation en tenant compte des recommandations de la firme Price Waterhouse et Associés. « Ainsi, le secrétaire-trésorier Jean-Baptiste Cuillerier devient greffier et remplira les fonctions prévues par la Loi municipale, tandis que Jean-Jacques Poulin occupera les fonctions de trésorier. »

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Les Hawks, l’équipe de Hawkesbury dans la Ligue centrale junior « A », ne figuraient pas aussi bien que les partisans ne l’auraient souhaité. L’instructeur Jean Payette démissionne et se vide le cœur auprès du rédacteur sportif Yvon Legault : « Certains actionnaires des Hawks de Hawkesbury et certains membres de l’exécutif sont tout simplement incompétents en matière de hockey. » Le jugement ne peut être plus direct. Plusieurs croyaient que les Hawks, à leur première année dans cette ligue de calibre supérieur, avaient une chance de remporter le championnat. Payette croyait plutôt qu’il fallait bâtir une équipe solide. Les attentes étaient beaucoup trop grandes et fallait que ça casse! Payette avait démissionné avant d’être congédié. Payette était le cinquième instructeur a quitté l’équipe en l’espace de deux ans et demi. Legault signe un long texte à cet effet dans le journal du 5 janvier 1977.

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« Je suis loin de toi Mignonne… une comédie sentimentale de Claude Fournier avec Juliette Huot, Denis Drouin et Gilles Renaud » est à l’affiche du Théâtre Laurentien de Grenville. Ce film met en vedette Dominique Michel et Denise Filiatrault « enfin, pour la première fois, réunies au grand écran ». Je ne me souviens pas du tout d’avoir vu ce film, ni à cette époque, ni plus tard. Une grande publicité à cet effet dans le journal du 5 janvier 1977.

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Dehors, M. le maire!

Quelque 3068 votes contre 1495 pour l’adversaire. Ce sont les résultats de l’élection à la mairie de Hawkesbury le 6 décembre 1976 et il en est amplement question dans l’édition du 8 décembre du journal Le Carillon. Laurent Cayen, qui avait été préfet le mandat précédent, est le favori des électeurs, tandis que Philibert Proulx, le maire controversé sortant, se fait remercier par la population. Ce sera finalement la fin de sa carrière politique à Hawkesbury. Le préfet Lucien Berniquez et le sous-préfet Gilles Thériault avaient été élus sans opposition lors de la mise en candidature. Quant aux six postes de conseillers, quatre seraient occupés par des nouveaux : Armand Brunet, Claude Demers, Armand Larocque et Johanne Lapointe, alors que Claude Drouin et Edward Mullin avaient été réélus. Aux deux postes de conseillers au Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell, les deux candidats sortants Yvan Séguin et Doris Malette étaient réélus. J’avais tenté une deuxième fois ma chance pour un de ces deux postes, en n’ayant toutefois aucun espoir de déloger ces deux « vedettes » de la CIP. Je m’en suis sorti quand même avec 1357 votes, deux fois plus que lors de l’élection scolaire de 1972, mais deux fois moins que les deux élus. Je n’avais pas fait campagne; encore une fois, je voulais simplement que les gens choisissent leurs représentants scolaires lors d’une élection. Ma carrière politique n’était pourtant pas terminée; j’y reviendrai.

« Quant au maire défait Philibert Proulx, comme je l’écrivais dans mon éditorial du 8 décembre, la population lui a transmis un message clair: c’est elle ‘le patron’ et c’est pour elle que le Conseil administre la ville. On ne rit pas de la population, on ne la traite par en ‘petit enfant’, on ne tente pas de lui faire gober continuellement toutes sortes d’histoires plus ou moins réelles. Nous croyons que ce ne sont pas des vacances que la population a accordé au maire sortant, mais un billet à sens unique pour un voyage sans retour. »

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Dans cette même édition du 8 décembre, une nouvelle qui confirme ce que tous avaient anticipé depuis longtemps. « La Commission ontarienne du lait a refusé à la compagnie Saputo Cheese Ltd, de Montréal, l’autorisation de construire une fromagerie à Hawkesbury. » Ault Foods, de Winchester, et le député de la circonscription où est située Winchester, Osie Villeneuve, exerçaient tout simplement trop d’influence à Toronto, même si le ministre ontarien de l’Agriculture avait approuvé la demande… avant l’appel d’Ault Foods. Le mutisme d’Albert Bélanger, le député conservateur de Prescott-Russell, avait encore une fois été éloquent. Je m’en souviendrais lors de l’élection provinciale suivante.

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Tiens, c’était inhabituel ça. Le maître de poste de L’Orignal, Gaétan Bertrand, n’apprécie pas du tout que l’Unité sanitaire de l’Est ontarien lui ait fait parvenir une affiche unilingue anglaise pour le bureau de poste. « J’ai eu bien envie de ne pas l’afficher du tout, a déclaré M. Bertrand, mais le service au public doit passer avant les considérations linguistiques. » Il avait ajouté : « Je ne suis pas plus francophone ou plus nationaliste que la moyenne, mais j’aime bien que mes droits soient respectés. » C’était dans l’édition du 8 décembre 1976. C’est que des affiches bilingues de l’Unité sanitaire avaient été publiées ailleurs dans la municipalité.

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Embrun a finalement une vraie bibliothèque

La loterie Wintario ne faisait pas seulement des heureux parmi les gagnants des gros lots; elle versait des subventions pour encourager les sports et la culture partout dans la province et les petites communautés les appréciaient particulièrement. À Embrun, par exemple, c’est une contribution de Wintario qui avait facilité l’ouverture d’une succursale de la Bibliothèque municipale du canton de Russell. On en parle dans Le Carillon du 24 novembre 1976. « Aménagée dans le sous-sol de la maison de convalescence Lapalme Nursing Home, qui prête gratuitement les locaux, la bibliothèque était au début l’initiative des Filles d’Isabelle d’Embrun et de Mme Claire Desormeaux. Elle a été rattachée par la suite à la Bibliothèque municipale du canton de Russell et compte au début environ 1,500 volumes en langue française. » Après avoir occupé un local dans l’hôtel de ville du canton, la succursale d’Embrun s’est installée, en 2011, dans un local du pavillon La Croisée de l’école St-Jean d’Embrun.

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Dans la même édition, un autre article parle de la conférence que prononcera le commissaire à la restructuration des comtés unis, Goldyn Sunderland, au congrès annuel de la régionale de l’Association canadienne-française de l’Ontario qui se tiendra à l’école secondaire de Plantagenet. Sunderland y parlera forcément de son rapport. « La causerie de M. Sunderland sera précédée d’un exposé de M. Jean-Maurice Filion, directeur de l’information au Carillon sur ‘l’apathie de la population vis-à-vis les choses publiques’. » J’ai perdu depuis longtemps le texte de cet exposé, mais ce que je retiens avant tout, c’est que le vendredi après-midi précédant ce congrès d’un dimanche j’avais pris une décision importante… j’avais arrêté de fumer. Je n’ai pas retouché à une cigarette, à un cigare ou à une pipe (que j’aimais bien) depuis ce vendredi-là. Et j’avais résisté pendant la longue journée du congrès.

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Je profite de mon éditorial du 1er décembre 1976, celui qui précédait les prochaines élections municipales, pour rappeler aux électeurs de Hawkesbury quelques « faits saillants » du mandat à la mairie de Philibert Proulx. J’en ai parlé abondamment dans des billets précédents. Je rappelle premièrement que « quand on est trop longtemps au pouvoir on est porté à en abuser; on ignore que l’on a été élu démocratiquement par le peuple POUR le peuple ». Je poursuis en affirmant que c’est ce point qu’il faut retenir en allant voter. « Depuis quelques années, la population n’est pas considérée à sa juste valeur et, dans certains cas, on semble vouloir simplement l’ignorer. Une telle situation est contraire à la démocratie et c’est pourquoi il faut du changement au Conseil municipal pour les deux prochaines années. » Je rappelle quelques grandes qualités du maire Proulx, mais j’insiste davantage sur ses plus nombreuses failles. J’en conclus toutefois qu’à Hawkesbury, « c’est un renouveau qui est nécessaire. Comme maire, il faut un bon leader et un bon leader c’est celui qui possède les talents de faire développer les talents des autres et non pas de tout faire lui-même. Finalement, un bon leader ne prend pas crédit pour des choses qu’il n’a pas faites et, surtout, il ne prend pas crédit pour des choses réalisées par ceux qui, pendant longtemps, il a lui-même tenté de discréditer par toutes sortes de moyens. » J’y reviendrai évidemment.

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Boudria ouvrait une porte sur son avenir

Ça commence! Une petite phrase dans un texte dans l’édition du 17 novembre 1976 du journal Le Carillon retient mon attention. Il y est question du choix de Claude Drouin, un conseiller municipal de Hawkesbury, comme nouveau président de l’Association libérale provinciale de Prescott-Russell; il remplaçait Marcel Bourgon, de St-Isidore-de-Prescott. Ce qui retient mon attention? « Les cinq vice-présidents de l’Association sont MM. Don Boudrias, de Sarsfield, Jules Lavictoire, de Rockland, Marcel Faubert, de Rockland, le Dr Royal Kirby, de Hawkesbury, et Roger Charlebois, de St-Bernardin. » Boudrias? Nous n’avions même pas orthographié son nom correctement. Mais il venait d’ouvrir une porte vers son avenir. J’y reviendrai forcément.

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À l’usine de la CIP de Hawkesbury, le Syndicat canadien des travailleurs du papier avait déjà conclu une entente avec l’employeur. « L’entente intervenue il y a quelques mois accordait une hausse dans le coût total de compensation (taux horaire simple moyen, plus coûts d’avantages négociés) de 16.84 p. cent. » Ce taux de majoration était pour la première année et ce serait 8 p. cent de plus l’année suivante. Mais voilà, nous sommes en 1976 et la lutte nationale contre les mesures inflationnistes bat son plein. Comme on peut le lire dans l’édition du 24 novembre 1976, « la Commission de lutte contre l’inflation a alloué une majoration de 13,3 p. cent aux employés syndiqués, soit 3.54 p. cent de moins » et il fallait que ce soit « soustrait de l’entente pour la première année ». Ni la CIP, ni le syndicat n’avaient de choix que de soumettre à la décision. Je ne sais pas qu’elle serait la réaction, en 2012, si le gouvernement Harper décidait de créer lui aussi une telle commission anti-inflation. Disons qu’à l’époque, on parlait très peu de couper des emplois et on préférait réduire les coûts d’exploitation. Un point de vue!

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« En se déclarant ville bilingue, la municipalité de Vanier a encore une fois prouvé aux Franco-Ontariens de Prescott et Russell qu’ils se contentent de suivre au lieu d’innover. Je suis bien content de voir une ville entourée par des anglophones qui n’a pas peur de s’afficher et de se déclarer bilingue. » Le propos est d’Yves Saint-Denis, alors membre du Comité consultatif des affaires franco-ontariennes et ancien président de la régionale de Prescott-Russell de l’Association canadienne-française de l’Ontario. L’ACFO, j’en ai parlé dans un billet précédent, avait « réclamé des 18 municipalités des comtés unis qu’elles se déclarent bilingues, mais que les succès obtenus ont été minimes ». Il en est question dans Le Carillon du 24 novembre 1976. La ville de Vanier, alors une enclave franco-ontarienne littéralement entourée de la ville d’Ottawa et dont elle fait maintenant partie, « avait proclamé l’anglais et le français comme langues officielles pour toutes les fins du conseil et de l’administration municipale ». Et sûrement dans le but de calmer les esprits, « le règlement assure également que les droits et les privilèges des employés municipaux unilingues ne seront pas diminués pendant leur carrière au service de la municipalité. » Le règlement de Vanier avait évidemment « été adopté à l’unanimité ». Bernard Grandmaître était le maire de Vanier.

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CHPR Radio Hawkesbury officiellement inaugurée

CFML, la radio de Cornwall, avait eu l’aval du Conseil de la radio-télévision canadienne pour exploiter une station à Hawkesbury. Comme on peut le voir dans Le Carillon du 10 novembre 1976, la station « CHPR Radio Hawkesbury Prescott-Russell » sera officiellement inaugurée le 11 novembre « au service de plus de 80,000 Franco-Ontariens ». Il suffirait de syntoniser 1110 au cadran. Le propriétaire Bernard Bertrand avait confié la direction de la programmation à Jean-Louis Lapierre. Parmi les « voix » que l’on entendrait, il y avait celles d’Yves Lussier, Réjean Léveillé, Marc Lepage, Guy Lalande, Huguette Burroughs, Claude Kingsbury, Louis de Bellefeuille, Roger Gauthier, Madeleine Landry, André Lavoie et Carole Presseault. À Cornwall, CFML était en ondes depuis déjà 17 années.

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« Le peuple du Québec a élu, lundi, le premier gouvernement péquiste de son histoire, confiant au Parti Québécois et à René Lévesque les rênes du pouvoir. » L’article de l’édition du 17 novembre 1976 s’intitulait « Le PQ rafle tout au Québec » et précisait que le PQ avait remporté 69 sièges, comparativement aux six qu’il détenait avant le scrutin. Quant aux 102 sièges de Robert Bourassa, ils avaient fondu à 28 et le chef libéral n’avait pas réussi à se faire réélire dans sa circonscription de Mercier. C’était tout dire, « et la plupart de ses ministres ont subi le même sort ». L’Union nationale reviendrait avec cette fois 11 députés à l’Assemblée législative (elle n’était pas encore devenue l’Assemblée nationale). Quant au Ralliement créditiste, il avait fait élire au moins son chef Camil Samson et le nouveau Parti national populaire avait un seul député, Fabien Roy. Le Québec avait décidé de se transformer… pour toujours.

En éditorial, je commentais bien sûr cette élection historique. « Nous ne croyons pas que le peuple québécois opte majoritairement pour l’indépendance politique(…). Les Québécois, qui disent se soucier des droits de la minorité anglophone de leur province, ont sûrement pensé à quel sort pourrait être réservé aux francophones ailleurs au pays. En premier lieu, ils ont voulu faire comprendre à l’ensemble du pays qu’ils sont maîtres chez eux et qu’il existe au Canada un ‘fait français’. (…) Il ne faut pas oublier que le PQ est un parti politique comme les libéraux, l’Union nationale ou le Crédit social. Il est logiquement apte à gouverner. Il a dans ses rangs des hommes de calibre, même si plusieurs ne sont pas d’accord avec leurs points de vue sur le séparatisme. Les Québécois ont dit, lundi, faut leur donner la chance. »

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L’élection au Québec avait coïncidé avec les mises en candidature pour les élections municipales et scolaires en Ontario. Comme d’habitude, il y avait eu plusieurs élections ou réélections sans opposition. À Rockland, par exemple, Jean-Marc Lalonde devenait maire de sa municipalité. Quelques maires avaient été réélus eux aussi sans opposition : Marcel Châtelain à Alfred, Pierre Perrault à Vankleek Hill, Donat Bergevin à St-Isidore-de-Prescott, Jean-Rolland Charbonneau dans Hawkesbury-Ouest, Jean-Paul Charlebois dans Calédonia, Roland Bercier dans Plantagenet-Nord. Les élections auraient lieu le 6 décembre.

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Un rôle instrumental dans le reboisement du bassin de la Rouge

Le Centre écologique de la CIP accueillait plus de 60 000 visiteurs chaque année à ses installations de Harrington, au nord de Calumet, près de Hawkesbury où cette CIP exploitait encore une usine de pâtes et papiers. Cette ferme forestière avait été inaugurée en 1952 « dans le but d’éduquer les cultivateurs et les propriétaires de boisés en matière d’aménagement polyvalent et de conservation des ressources naturelles ». Charles Burroughs signe un reportage dans Le Carillon du 13 octobre 1976. Quant au Centre, il avait été une contribution de la Compagnie internationale de papier au centenaire du Canada en 1967. Le Centre jouait aussi un rôle instrumental dans le reboisement du bassin de la rivière Rouge. Le Centre a distribué « près de 10,000,000 de semis depuis son inauguration en 1960 ». L’Association de la Vallée de la Rouge « a planté au-delà de 6,236,000 arbres depuis 1961. (…) Au total, 700 propriétaires de boisés ou cultivateurs ont planté des arbres jusqu’à maintenant. »

Pour les touristes amants de la grande nature, « le Centre écologique de Harrington est un petit paradis, avec un sentier écologique, une piste d’excursion de six milles et demi, un auditorium, des terrains de démonstration d’aménagement forestier, des étangs poissonneux modèles et bassins de pisciculture, des étangs pour oiseaux aquatiques, des installations pour la photographie de la faune, un observatoire, des relais de pique-nique, des campements permanents pour groupes intéressés aux sciences écologiques, une pépinière, une cinémathèque et une photothèque sur la faune et l’aménagement des ressources, et un centre de documentation. » Nous y allions souvent avec les enfants à l’époque et nous y avons même pratiqué le ski de fond. Je ne sais pas ce qu’il est advenu de ce magnifique endroit aujourd’hui.

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Tiens, tiens, ça commence. Dans l’édition du 27 octobre 1976, une publicité de Woolco pour la console Telstar de Coléco. Qu’est-ce que c’est? Un précurseur des jeux vidéo. Il suffisait de brancher le bidule à son téléviseur et on pouvait utiliser les deux manettes pour jouer au hand-ball, au hockey ou au tennis. À l’écran, des lignes blanches toutes simples et des petits carrés blancs et un point blanc comme balle. Le prix? 54,47 $ l’unité… un peu chère pour l’époque. Bien avant le Wii et le PlayStation… ou l’iPad.

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Cette histoire bizarre fait une manchette dans l’édition du 10 novembre 1976 du journal Le Carillon. « Un animal étrange a été pris mercredi dernier entre Kilmar et Calumet. » Il n’en fallait pas plus pour ranimer les souvenirs du chat-volant! Le texte précise que « l’animal n’a pu être identifié, même par le personnel du Service canadien de la faune du bureau de Hull, qui ont vu l’animal vendredi matin ». Mystère? « Ce mâle, de 70 livres environ, mesure 56 pouces du menton à la queue, possède des cornes de huit pouces de longues, fines et recourbées vers l’intérieur, des pattes de 19 pouces avec des sabots ressemblant ceux d’un élan (ou chevreuil), des oreilles de quatre pouces et demie de longueur et une queue mesurant six pouces. Son cou s’étend sur 14 pouces et l’animal a un genre de crinière dont les poils mesurent jusqu’à 4 pouces, sur une longueur de 15 à 16 pouces. Il a également de ces longs poils dans le cou, comme pour protéger la gorge. Fait curieux, la mâchoire intérieure a des dents à l’avant comme à l’arrière, mais la mâchoire supérieure n’a des dents qu’à l’arrière de la bouche. (…) Ce phénomène de la nature semble rester inexplicable. » Voilà… vous pouvez rire maintenant!

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Le four à micro-ondes fait son apparition

En fin de compte, l’appareil est relativement jeune. Le Carillon du 22 septembre 1976 consacre un article à la plus récente nouveauté à entrer dans les cuisines de la région et du pays. Ça fait drôle de relire en perspective. « Une bonne invention connaît généralement auprès de son public un succès instantané, D’autres, tel le four à micro-ondes, doit attendre son moment de gloire. Maintenant, cet appareil qu’on croirait sorti tout droit d’un roman de science-fiction, est ce qu’il y a de plus ‘dans le vent’ sur le marché des appareils ménagers. Si, par hasard, vous songiez à vous en procurer un, vous rejoindrez le nombre croissant de ses adeptes. » J’ai eu beau feuilleter l’ensemble des journaux du reste de 1976 et je n’ai trouvé aucun marchand local qui offrait cette nouveauté. Je sais par contre que certains modèles se vendaient facilement autour de 500 $ l’unité. J’avais payé le nôtre, un modèle Electrolux, quasiment 600 $ à l’époque.

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Les élus municipaux de Hawkesbury, anciens et courants, à qui on a reproché certains remboursements de dépenses inadmissibles devaient rembourser ces montants selon le ministre du Trésor, des Affaires économiques et intergouvernementales, comme j’y ai fait référence récemment. Dans un éditorial du 13 octobre 1976, je nomme ces élus ou ex-élus avec les montants qu’ils sont sensés rembourser. La plupart d’entre eux sont en campagne électorale en vue des élections de décembre et je profite de l’occasion pour leur adresser le défi de rembourser au plus tôt… avant les élections… et je trace un parallèle entre un prêt bancaire et le vote. « Quand on veut un bon prêt (un mandat de deux ans), il faut avoir du bon crédit (de la confiance). » Le message était lancé.

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C’était la première fois qu’une femme se portait candidate à une élection municipale à Hawkesbury depuis un quart de siècle et sa candidature était confirmée dans l’édition du 13 octobre 1976 du journal Le Carillon. Johanne Lapointe, 25 ans, décide de tenter sa chance. Johanne (Lavergne de son nom de fille) est la femme de Claude Lapointe. « Elle a participé à la préparation du rapport Thomas sur la situation des handicapés dans Prescott-Russell, rapport qui a donné naissance à l’association Action-Progression des comtés unis, organisme regroupant les handicapés physiques. » Johanne Lapointe « espère que la population ne votera pas contre elle parce qu’elle est une femme et que les électeurs sauront juger ses mérites à leur juste valeur. Elle dit avoir confiance dans la population. » Et elle avait raison; j’y reviendrai. Quant à Johanne, nous n’avons jamais réellement perdu contact. À Embrun, Claude exploite une agence de voyage que nous avons utilisée à quelques reprises. Les deux demeuraient dans la rue voisine de nous. Pour faciliter le déplacement de Johanne à son travail dans la capitale, le couple s’est aussi installé dans un condo… le même où j’habite présentement. Le monde est petit!

En passant, dans les années 50, Lena Campbell-Ménard avait été candidate au Conseil mais n’avait pas été élue. Fait intéressant, elle était la mère de Kenneth Ménard, l’ingénieur municipal en 1976.

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L’hôtel Jessop’s Falls Resort Hotel ouvre ses portes à Plantagenet, à proximité de la rivière Nation et de la route transcanadienne 17. L’établissement offre également 92 lots de camping. Leur grande salle peut recevoir 500 personnes et il y a un piano-bar. En plein milieu de nulle part. L’expérience n’allait pas durer. Une section publicitaire de quatre pages dans le journal du 13 octobre 1976.

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Un premier administrateur en chef à Hawkesbury

Les conseillers de la firme Price, Waterhouse et Associés avaient recommandé la création d’un poste d’administrateur en chef pour la ville de Hawkesbury comme première solution à la multitude de problèmes administratifs auxquels faisaient face les élus. Dans Le Carillon du 22 septembre 1976, on apprend que le directeur des achats du Conseil d’éducation de Prescott-Russell et ancien surintendant municipal à Hawkesbury, Raymond Lacroix, est nommé premier titulaire du poste nouvellement créé d’administrateur en chef au salaire annuel de 25 000 $. Lacroix a 39 ans et lui et sa femme Thérèse ont trois enfants, dont une fille qui était née le 11 septembre précédent. Lacroix devenait le patron de l’ingénieur Kenneth Ménard, qui était lui aussi candidat au poste d’administrateur en chef. Lacroix avait obtenu une cote d’évaluation de 8, alors que Ménard avait obtenu une cote de 7. La tâche de Lacroix serait facilitée par l’élection d’un nouveau conseil municipal quelques mois plus tard. J’aimais bien Raymond et j’ai traité avec lui de très nombreuses années aux différents postes qu’il a occupés. Je note dans l’article la référence au fait qu’il avait remplacé Benoît Nadeau comme surintendant municipal en 1961. Benoît Nadeau est le père de Richard Nadeau, qui s’est fait connaître dans la région de Gatineau comme député du Bloc québécois pendant quelques années.

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Winifred G. Barton était la fondatrice et présidente de l’Institut de métaphysique appliquée, qui avait « prédit la fin du monde tel que nous le connaissons pour le 13 juin dernier, avec l’arrivée d’être extra-terrestres ». Une filiale de l’Institut existait à Hawkesbury depuis deux ans et il en question dans le journal du 22 septembre 1976. Une porte-parole de la section locale, dont je tais le nom intentionnellement, avait « expliqué cette prédiction comme le début de L’Apocalypse, celui dont on parle dans la bible et qui durera une période de 3 ans et demi. De plus, elle a ajouté que les phénomènes de tremblements de terre ainsi que les volcans en irruption qui font la manchette des médias peuvent être explicables par les prédictions de Mme Barton. » C’était évidemment avant les reportages sur le calendrier inca et la fin du monde en 2012! J’oublie le nom de l’endroit, mais je me souviens que plusieurs adhérents de l’Institut à Hawkesbury s’étaient déplacés pour « accueillir » les extra-terrestres le jour en question. Parmi eux, des gens d’affaires et professionnels. La crédulité n’est pas limitée aux faibles d’esprit.

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La situation est typique d’Embrun à cette époque. L’aréna local a été condamné comme des dizaines d’autres en Ontario à cause des problèmes de structure du toit. À Embrun, les réparations avaient été évaluées à 80 000 $. La communauté s’organise et les bénévoles se mettent en branle. Des dizaines et des dizaines de bénévoles consacreront un total de 4 000 heures à réparer et solidifier le toit. Cet aréna est toujours fonctionnel à Embrun bien que d’autres travaux de réfection ont été réalisés au fil des années. Seuls les gens d’Embrun pouvaient accomplir un tel exploit.