Boudria ouvrait une porte sur son avenir

Ça commence! Une petite phrase dans un texte dans l’édition du 17 novembre 1976 du journal Le Carillon retient mon attention. Il y est question du choix de Claude Drouin, un conseiller municipal de Hawkesbury, comme nouveau président de l’Association libérale provinciale de Prescott-Russell; il remplaçait Marcel Bourgon, de St-Isidore-de-Prescott. Ce qui retient mon attention? « Les cinq vice-présidents de l’Association sont MM. Don Boudrias, de Sarsfield, Jules Lavictoire, de Rockland, Marcel Faubert, de Rockland, le Dr Royal Kirby, de Hawkesbury, et Roger Charlebois, de St-Bernardin. » Boudrias? Nous n’avions même pas orthographié son nom correctement. Mais il venait d’ouvrir une porte vers son avenir. J’y reviendrai forcément.

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À l’usine de la CIP de Hawkesbury, le Syndicat canadien des travailleurs du papier avait déjà conclu une entente avec l’employeur. « L’entente intervenue il y a quelques mois accordait une hausse dans le coût total de compensation (taux horaire simple moyen, plus coûts d’avantages négociés) de 16.84 p. cent. » Ce taux de majoration était pour la première année et ce serait 8 p. cent de plus l’année suivante. Mais voilà, nous sommes en 1976 et la lutte nationale contre les mesures inflationnistes bat son plein. Comme on peut le lire dans l’édition du 24 novembre 1976, « la Commission de lutte contre l’inflation a alloué une majoration de 13,3 p. cent aux employés syndiqués, soit 3.54 p. cent de moins » et il fallait que ce soit « soustrait de l’entente pour la première année ». Ni la CIP, ni le syndicat n’avaient de choix que de soumettre à la décision. Je ne sais pas qu’elle serait la réaction, en 2012, si le gouvernement Harper décidait de créer lui aussi une telle commission anti-inflation. Disons qu’à l’époque, on parlait très peu de couper des emplois et on préférait réduire les coûts d’exploitation. Un point de vue!

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« En se déclarant ville bilingue, la municipalité de Vanier a encore une fois prouvé aux Franco-Ontariens de Prescott et Russell qu’ils se contentent de suivre au lieu d’innover. Je suis bien content de voir une ville entourée par des anglophones qui n’a pas peur de s’afficher et de se déclarer bilingue. » Le propos est d’Yves Saint-Denis, alors membre du Comité consultatif des affaires franco-ontariennes et ancien président de la régionale de Prescott-Russell de l’Association canadienne-française de l’Ontario. L’ACFO, j’en ai parlé dans un billet précédent, avait « réclamé des 18 municipalités des comtés unis qu’elles se déclarent bilingues, mais que les succès obtenus ont été minimes ». Il en est question dans Le Carillon du 24 novembre 1976. La ville de Vanier, alors une enclave franco-ontarienne littéralement entourée de la ville d’Ottawa et dont elle fait maintenant partie, « avait proclamé l’anglais et le français comme langues officielles pour toutes les fins du conseil et de l’administration municipale ». Et sûrement dans le but de calmer les esprits, « le règlement assure également que les droits et les privilèges des employés municipaux unilingues ne seront pas diminués pendant leur carrière au service de la municipalité. » Le règlement de Vanier avait évidemment « été adopté à l’unanimité ». Bernard Grandmaître était le maire de Vanier.

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