Avatar de Inconnu

Un premier administrateur en chef à Hawkesbury

Les conseillers de la firme Price, Waterhouse et Associés avaient recommandé la création d’un poste d’administrateur en chef pour la ville de Hawkesbury comme première solution à la multitude de problèmes administratifs auxquels faisaient face les élus. Dans Le Carillon du 22 septembre 1976, on apprend que le directeur des achats du Conseil d’éducation de Prescott-Russell et ancien surintendant municipal à Hawkesbury, Raymond Lacroix, est nommé premier titulaire du poste nouvellement créé d’administrateur en chef au salaire annuel de 25 000 $. Lacroix a 39 ans et lui et sa femme Thérèse ont trois enfants, dont une fille qui était née le 11 septembre précédent. Lacroix devenait le patron de l’ingénieur Kenneth Ménard, qui était lui aussi candidat au poste d’administrateur en chef. Lacroix avait obtenu une cote d’évaluation de 8, alors que Ménard avait obtenu une cote de 7. La tâche de Lacroix serait facilitée par l’élection d’un nouveau conseil municipal quelques mois plus tard. J’aimais bien Raymond et j’ai traité avec lui de très nombreuses années aux différents postes qu’il a occupés. Je note dans l’article la référence au fait qu’il avait remplacé Benoît Nadeau comme surintendant municipal en 1961. Benoît Nadeau est le père de Richard Nadeau, qui s’est fait connaître dans la région de Gatineau comme député du Bloc québécois pendant quelques années.

* * *

Winifred G. Barton était la fondatrice et présidente de l’Institut de métaphysique appliquée, qui avait « prédit la fin du monde tel que nous le connaissons pour le 13 juin dernier, avec l’arrivée d’être extra-terrestres ». Une filiale de l’Institut existait à Hawkesbury depuis deux ans et il en question dans le journal du 22 septembre 1976. Une porte-parole de la section locale, dont je tais le nom intentionnellement, avait « expliqué cette prédiction comme le début de L’Apocalypse, celui dont on parle dans la bible et qui durera une période de 3 ans et demi. De plus, elle a ajouté que les phénomènes de tremblements de terre ainsi que les volcans en irruption qui font la manchette des médias peuvent être explicables par les prédictions de Mme Barton. » C’était évidemment avant les reportages sur le calendrier inca et la fin du monde en 2012! J’oublie le nom de l’endroit, mais je me souviens que plusieurs adhérents de l’Institut à Hawkesbury s’étaient déplacés pour « accueillir » les extra-terrestres le jour en question. Parmi eux, des gens d’affaires et professionnels. La crédulité n’est pas limitée aux faibles d’esprit.

* * *

La situation est typique d’Embrun à cette époque. L’aréna local a été condamné comme des dizaines d’autres en Ontario à cause des problèmes de structure du toit. À Embrun, les réparations avaient été évaluées à 80 000 $. La communauté s’organise et les bénévoles se mettent en branle. Des dizaines et des dizaines de bénévoles consacreront un total de 4 000 heures à réparer et solidifier le toit. Cet aréna est toujours fonctionnel à Embrun bien que d’autres travaux de réfection ont été réalisés au fil des années. Seuls les gens d’Embrun pouvaient accomplir un tel exploit.

Avatar de Inconnu

Des documents électoraux tout en français : du nouveau en Ontario

C’était une étape importante dans la francisation ou la « bilinguisation » des services gouvernementaux en Ontario. Ainsi, « les municipalités ontariennes auront le droit, lors des prochaines élections municipales et scolaires du lundi 6 décembre, d’utiliser des formulaires en français pour le scrutin ». Le Carillon du 15 septembre 1976 explique que la loi ontarienne a été modifiée afin de permettre des formulaires en français. Il ne s’agissait pas uniquement des bulletins de vote, mais de tous les documents liés à une élection municipale, sans exception. « On sait que plusieurs municipalités franco-ontariennes avaient demandé au gouvernement ontarien d’adopter des formules françaises pour les élections. Dans le cas de Hawkesbury, les bulletins de vote sont bilingues depuis nombre d’années, mais les documents préparatoires, avis et serments ont toujours été en anglais, faute d’équivalents français. » Comme c’était un peu la norme en Ontario, l’utilisation des formules françaises était laissée à la discrétion de chaque municipalité. C’était quand même tout un pas en avant en Ontario.

* * *

Et en éditorial de la même édition, je présente malheureusement un autre son de cloche. « Au cours des mois à venir, les Franco-Canadiens doivent se tenir les yeux ouverts et les oreilles aux aguets, parce que nos compatriotes anglophones semblent avoir été drôlement inspirés par les contrôleurs aériens. » C’est que les contrôleurs aériens venaient de revendiquer avec succès le droit de ne parler que l’anglais dans l’exercice de leurs fonctions en sol canadien. Je notais que c’était « une victoire qui semble avoir donné une sorte de ‘courage malsain’ à plusieurs éléments anglophones ».

« Ainsi, lors d’une récente joute de la Coupe Canada au Maple Leaf Gardens de Toronto, l’annonceur Claude Mouton a été copieusement hué. Lundi matin, deux stations radiophoniques de Toronto auraient, en éditorial, exhorté les spectateurs au premier match de la série Canada-Tchécoslovaquie à huer encore une fois les annonces en français par Claude Mouton et à huer les joueurs francophones d’Équipe-Canada. Ça, c’est le comble et il faut que les Franco-Canadiens, surtout les Franco-Ontariens, surveillent attentivement les événements des prochains mois. » J’avais décrit la situation comme « du racisme comme on ne peut en tolérer ». En me référant à des situations ailleurs dans le monde, j’avais conclu que « la majorité qui a peur d’une minorité peut montrer tout à coup un comportement étrange, qui peut devenir répressif ». Nous sommes tristement encore témoins de telles situations de nos jours. Quant aux réactions torontoises, heureusement, elles n’avaient été que passagères; même le puissant Globe and Mail les avait décriées comme étant inacceptables.

* * *

À l’affiche du cinéma Laurentien de Grenville, la version française du film « The Texas Chainsaw Massacre », devenu un classique du genre; c’était avant les Halloween et Friday the 13th.

* * *

Signe des temps j’imagine. Le Carillon du 22 septembre 1976 nous apprend que les propriétaires de taxis de Hawkesbury veulent installer des compteurs dans leurs véhicules, « afin de dispenser un service plus personnel et plus juste ». Plus juste pour eux, j’en conclus.

Avatar de Inconnu

Bonjour, madame la capitaine!

C’était plutôt une nouveauté à l’époque. Nicole Deschamps, qui était copropriétaire avec son mari Rhéal du traversier entre Lefaivre et Montebello, obtient « son permis de capitaine ». Le couple était propriétaire du traversier depuis le 27 juillet 1976. Monique Montpetit Castonguay (elle s’était mariée au cours de l’été et avait pris le nom de son mari) signe un article sur cette réussite de Mme Deschamps, qui avait jugé avoir « obtenu son permis par une coïncidence d’événements ». C’est que les permis de capitaine, apparemment, « n’étaient pas donnés aux dames ». Comme on peut le lire dans Le Carillon du 8 septembre 1976, « Mme Deschamps a enfin obtenu son permis lorsque revenant bredouille du bureau de permis d’Ottawa, elle a rencontré un inspecteur du ministère du Transport et Communications qui venait faire l’inspection du traversier. Ce dernier, M. Fenwick, a lui-même fait passer un examen pratique ainsi qu’un examen écrit, et le tour était joué ». La journaliste Monique M. Castonguay rappelle que Mme Deschamps avait souligné que la conduite d’un traversier n’avait rien de comparable à celle d’une automobile. « Plusieurs facteurs entrent en jeu, le vent et la condition de la température ont beaucoup d’influence sur le traversier. Le véhicule qui s’y rapproche le plus au point de vue conduite, c’est l’avion. » Un traversier volant, tiens, tiens!

* * *

Ce n’était pas définitif, mais avec des commentaires de la sorte, tout le monde avait raison d’espérer. Comme le rapporte le journaliste Yvon Legault dans le journal du 8 septembre 1976, « l’instructeur-chef des 67’s d’Ottawa, Brian Kilrea, est tout simplement emballé par la performance d’Yvan Joly au camp d’entraînement de son équipe ». Et Kilrea ajoutait que « Yvan m’épate au plus haut point. Il est tout simplement fantastique. Il travaille très fort et il ne manque pas d’ardeur au jeu. Il sera toute une attraction dans la ligue ». Voilà pour la bénédiction du pape Kilrea. Avec les 67’s cette année-là, il y avait entre autres Bobby Smith, John Wilson et Steve Marengère, qui allaient éventuellement évoluer dans la Ligue Nationale. Dans l’édition du 15 septembre, nous confirmions que Joly avait mérité un poste régulier au sein des 67’s. C’était une première pour un jeune hockeyeur de Hawkesbury. Il porterait le numéro 9 (tiens!). Lors d’un match hors concours contre le Junior de Montréal, Joly inscrit le but gagnant dans une victoire de 5-4 des 67’s. Après ce baptême au Forum, sa réputation était faite. J’y reviens forcément.

* * *

Nous sommes aussi à l’époque d’un cahier de 24 pages du journal Le Carillon entièrement consacré aux sports locaux et régionaux. Nous étions assurément le seul hebdo de langue française à consacrer tant d’espace aux sports régionaux. Mais les sports, c’est aussi l’occasion d’utiliser beaucoup de noms… et les gens aimaient retrouver leur nom dans le journal… donc, ils l’achetaient.

* * *

De chef divisionnaire de La Presse à Québec, Marcel Desjardins devient directeur de l’information au quotidien montréalais Montréal-Matin. Sa carrière fait du chemin pour cet ancien du Carillon.

Avatar de Inconnu

Les lettres auraient dû être publiques

J’en avais parlé précédemment de cette intervention du gouvernement ontarien dans le remboursement inapproprié de dépenses des membres du Conseil municipal de Hawkesbury. Ces situations irrégulières avaient été soulevées par l’ancien conseiller municipal Claude Demers et une enquête par les vérificateurs de la firme Patenaude, Préfontaine et Cie, avait mené à l’adoption de certaines mesures correctives. Mais le conseiller Demers n’était pas content. Il avait souhaité que les lettres envoyées au Conseil municipal par le ministre ontarien du Trésor, des Affaires économiques et intergouvernementales, Darcy McKeough, soient rendues publiques. Dans le journal Le Carillon du 8 septembre 1976, je rapporte le contenu de ces lettres que le ministre lui-même venait de transmettre à Claude Demers. « Le ministre McKeough soutient que ses lettres auraient dû être déposées lors d’une réunion publique parce qu’elles faisaient suite à une résolution du Conseil adoptée au cours d’une réunion publique de ce Conseil municipal de Hawkesbury. »

Dans ses lettres, en résumé, McKeough déplorait les irrégularités et se référait aux recommandations des vérificateurs, en plus de « se demander ce que la ville entendait faire de la recommandation des vérificateurs à l’effet que les sommes versées illégalement soient récupérées par la ville ». Le maire Philibert Proulx n’avait pas divulgué ces lettres parce qu’il soutenait qu’elles lui étaient adressées et qu’elles étaient donc personnelles. Proulx, comme toujours, ne comprenait pas que son rôle de maire était un rôle public et non personnel. Quant à Rendall Dick, alors sous-ministre du Trésor, des Affaires économiques et intergouvernementales, il avait lui aussi écrit une lettre au citoyen Demers dans laquelle il avait dit « apprécier l’intérêt (de M. Demers) dans un bon gouvernement local » et l’avait encouragé « à poursuivre ses efforts en ce sens ». Comme si Demers avait eu besoin d’encouragement de quiconque. Dick ne faisait que renforcer les convictions de ce fonceur populaire à Hawkesbury. Et finalement, Rendall Dick ajoutait que, « de plus, les citoyens peuvent continuer à rendre publics certains faits, en espérant que la ‘pression publicitaire’ encouragera le Conseil à améliorer ses opérations. D’autre part, les citoyens peuvent toujours entrer dans l’arène politique dans l’espoir de voir élire un Conseil plus responsable. » Voilà pour le message toujours d’actualité 36 ans plus tard… mais des fois, ça ne donne pas grand-chose pour les citoyens de Clarence-Rockland l’ont constaté depuis le dernier scrutin municipal.

* * *

Le journal du 8 septembre 1976 annonce l’arrivée d’un nouveau directeur des loisirs à Hawkesbury, William D. Jermyn, « un unilingue anglophone », décision pas trop intelligente du Conseil de l’époque. Quant à Jermyn, il avait opiné, en se faisant demander s’il trouvait logique d’être unilingue dans une ville à majorité dominante francophone, « que cela dépendrait, en majeure partie, de l’attitude des citoyens envers lui. Je peux lire le français et je le comprends assez bien. D’ailleurs, je suis en train de me perfectionner dans la langue française parlée. Je ne crois pas que ce sera un handicap, si les gens de la ville veulent me donner une chance. Si les citoyens sont avec moi, plutôt que contre moi, tout ira bien. » En 2012, Stephen Harper n’aurait pu dire mieux!

* * *

Le commissaire à la restructuration des comtés unis, Goldyn Sunderland, n’avait pas eu que de bonnes idées. Comme on peut le lire dans le journal du 8 septembre 1976, il avait formulé l’opinion que « l’administration scolaire devrait relever du Conseil des comtés unis et non pas conseils scolaires régionaux ». Sunderland reconnaît la difficulté de concrétiser une telle idée à cause des négociations qui devraient avoir lieu avec le gouvernement provincial, mais il avait estimé que, « étant donné la taxation indirecte telle qu’elle existe actuellement, ce serait une meilleure solution. (…) Il serait nécessaire de créer un Comité d’éducation au sein du Conseil des comtés unis et un chef de service serait responsable de l’administration scolaire au président de ce comité et, conséquemment, au Conseil de comté ». À l’époque, quelques années à peine après le regroupement des conseils scolaires en Ontario de 1969, les élus municipaux se plaignaient continuellement de devoir justifier les hausses de taxes scolaires à leurs contribuables puisque ces taxes scolaires étaient incluses dans la facture d’impôts fonciers municipaux et que les citoyens en blâmaient donc les élus municipaux. Bien sûr, l’idée de Sunderland n’a pas été plus loin que son rapport et cet article dans Le Carillon.

Avatar de Inconnu

Les villes où j’ai vécu : Granby (3e partie)

Depuis sa naissance, Alain a habité dans une dizaine de villes différentes, dont certaines à plus d’une reprise. Bien sûr, ses souvenirs et ses impressions de chacun de ces endroits où il a vécu sont relatifs à l’âge qu’il avait à l’époque et aux activités auxquelles il s’était livré… ainsi que des souvenirs qu’il en a gardés. Voici donc le onzième article de cette série… qui concerne Granby où il est arrivé en avril 1979 et a quitté en 1984… Vous pourrez revoir tous les articles précédents de cette série dans l’onglet « Les villes où j’ai vécu » sous la subdivision « Mes catégories ». Bonne lecture.

par Alain Guilbert

Dans mon billet précédent (celui du 19 mars), je disais y avoir connu beaucoup de satisfaction tant sur le plan professionnel que le plan personnel. Ce texte traitait davantage des défis que j’ai relevés au journal. Aujourd’hui, je veux spécialement parler de « ma gang », les nombreux amis que je m’y suis fait. En faisant le classement de mes « vieux » documents, j’ai retrouvé une lettre que j’avais écrite en décembre 1984 à l’intention de ceux que j’avais quitté quelques mois plus tôt, une lettre qui résume assez bien le plaisir qui avait été le mien au cours de ces cinq années passées dans la « Princesse des Cantons de l’Est », comme on l’appelait à l’époque.

Huit mois et quelques jours déjà ont passé depuis que j’ai quitté Granby pour occuper de nouvelles fonctions à Québec, « dans le Grand village », comme disent les Montréalais, une expression sur laquelle il ne faut pas trop insister lorsqu’on s’adresse à des Québécois. Huit mois de travail intense (et dans mon cas, je laisse à chacun le soin d’interpréter ce que signifie « intense ») qui m’ont permis de réaliser plusieurs choses à Québec, plus particulièrement au Soleil : négociation d’une convention collective, un été « mer et (sans) monde », des élections fédérales, la visite du pape, la transformation du Soleil de journal d’après-midi en journal du matin, l’ajout d’une édition du dimanche (ce qui me permet maintenant de dire que Le Soleil se lève tous les jours pour moi, même le dimanche), la présentation de la section sportive en format tabloïd, une nouvelle toilette graphique du journal, le réaménagement de l’espace rédactionnel, etc.

Ces huit mois ont donc passé très rapidement… je n’ai jamais eu une minute pour m’ennuyer. Même si le temps et les circonstances ne m’ont guère permis de me rendre à Granby (c’est à peine si j’ai pu me rendre trois fois à mon chalet de Magog), je n’en ai pas pour autant oublié mes amis de Granby. J’ai passé parmi vous cinq années (avril 1979 à avril 1984) trop heureuses, je me suis fait des amis trop précieux, pour que cela puisse s’effacer rapidement. Depuis longtemps, j’aurais voulu (vous) donner signe de vie, mais le temps m’a manqué… J’ai donc pensé que la façon la plus efficace consistait à faire ce que je fais présentement, c’est-à-dire écrire une lettre collective que j’expédierai en plusieurs copies. C’est sûrement un plus impersonnel qu’une lettre individuelle, mais c’est sûrement beaucoup mieux que « pas de nouvelles du tout ».

Même si je ne vous vois pas souvent, j’ai quand mêmes des nouvelles régulièrement de l’un ou de l’autre, particulièrement par mon ami « Lefty » (Roger Auger) avec qui j’ai eu le plaisir et le privilège de faire un voyage en Europe à la mi-novembre. Nous avons eu beaucoup de plaisir, mais nous avons aussi failli ne pas revenir des « vieux pays » puisque nous sommes arrivés à Paris le même jour que le Beaujolais nouveau et que nous avons failli nous noyer dedans!!! Heureusement, nous en sommes sortis sains et saufs.

J’ai également eu le plaisir de participer à mon excursion de pêche annuelle au club Coronet (en haut de La Tuque) à la fin de l’été grâce à l’invitation de Gérald Scott. Avec Gérald, « Lefty », Denis Robidoux (un autre très proche ami), Alain Guay et aussi notre « chef » Louis Cabana, nous avons réussi à survivre encore une fois. Nous avions des « vers » et des « verres » en quantité, ce qui nous a permis d’attraper suffisamment de truites, et aussi d’en manger et d’en ramener juste ce qu’il faut. Chose certaine, nous en avions assez pour faire une crevaison en pleine forêt avec le « beau petit camion bleu de Gérald », sur lequel je ne suis jamais parvenu à trouver le « jack ». C’est finalement « Lefty » qui nous a sauvés d’une nuit à la belle étoile. (Une note personnelle pour dire qu’après ces années de pêche à la truite, nous avons réalisé une dizaine de voyages de pêche au saumon par la suite… Gérald, Denis Robidoux, Alain Guay, Gaétan Marquis, André Hamel et moi – et à l’occasion « Lefty » et Richard Gosselin… je pourrais écrire un volume complet sur ces voyages extraordinaires… j’y reviendrai sûrement un de ces jours!!!).

(Et maintenant, revenons à Québec…) J’ai eu l’occasion d’écrire un éditorial favorable à Brian Mulroney quelques jours avant les élections, ce qui m’a valu les félicitations de Gérald. Pour une fois que nous étions d’accord (moi qui ai été plutôt libéral presque toute ma vie!!!).

À ma grande surprise, Raymond Héroux m’a rendu une visite personnelle à Québec pour payer un lunch qu’il me devait à la suite d’un pari que nous avions fait deux ans plus tôt. Merci Raymond… les bons comptes font les bons amis… et on se reverra sans doute sur les pentes du Mont Ste-Anne cet hiver… Je ne voudrais pas oublier Jacques Dubois qui, pour s’excuser de n’avoir pu assister à mon party de départ de Granby m’avait promis un lunch chez Serge Bruyère (la meilleure table de Québec… l’équivalent de Chez Plumet à Granby). Le jour où il est venu, Serge Bruyère était fermé…mais il a quand même payé la bouffe dans un autre très bon restaurant. Promesse tenue…

Je n’ai pas voulu manquer le Festival gastronomique de Granby (même en vivant à Québec). Je me suis donc rendu à la soirée de fermeture Chez (Jean-Pierre) Plumet en compagnie de Denis Robidoux, Gérald Scott, Réal Charland, Denis Dumas, Sarto Bernard, leurs compagnes (et la mienne), ainsi que de nombreuses autres connaissances qui se trouvaient à d’autres tables. Heureusement que je n’avais pas à revenir à Québec ce soir-là, mais seulement à Magog. Même là, j’ai trouvé la route plutôt longue (Il faut dire que si la bouffe était exquise, le vin l’était tout autant.)

Je suis régulièrement les déplacements (et les bons coups) de tous et chacun via La Voix de l’Est que je lis toujours, parfois avec quelques jours de retard à cause du mauvais service postal (Bien sûr, c’était bien avant que je ne travaille à Postes Canada!!!). Je me réjouis d’ailleurs des succès du journal et de la radio (CHEF) sous la direction de Guy Crevier et son équipe.

En lisant le journal, j’ai constaté que La Voix de l’Est s’intéressait toujours à Paul-O. (le maire Paul-O. Trépanier), que Gérald s’y intéressait également de même qu’au Grand Prix de Granby. J’ai appris que Guy Bussières préparait un voyage de golf au Portugal. La Virginie n’était sans doute pas assez loin pour lui? Que Bob Lambert se trouvait trop vieux pour être candidat à la mairie. Que Louis Cabana avait tenté de sauver la barque d’Ogis. Que Paul Labrecque avait quitté le Bureau de tourisme avant la tempête qui se prépare. Que l’eau de Granby goûtait à peu près la même chose qu’autrefois malgré la belle usine d’épuration pour laquelle vous commencerez à payer en 1985 (ah!!!ah!!!).

Malgré l’été de voile à Québec, je n’en ai guère profité, « because » j’avais vendu mon bateau et aussi « because » le manque de temps. J’ai toutefois pu en faire sur le lac Memphrémagog avec le bateau de Réal, que je remercie encore une fois. J’ai failli avoir la visite à Québec d’un groupe de Granby, la « gang du lundi midi », Marcel Maheu et cie. J’avais réservé à leur intention une vingtaine de billets pour leur permettre d’applaudir « nos » Nordiques, mais une « toute petite tempête » de neige les a retenus à Granby. J’en ai pourtant connu qu’une « petite tempête » n’arrêtait pas aussi facilement; n’est-ce pas André « Achim » Hamel et Alain Guay.

Je pourrais continuer encore longtemps. Vous connaissez ma grande capacité à écrire…et parfois aussi à écrire. Je voudrais profiter de cette lettre pour tous vous remercier individuellement, amis et collègues de travail, pour toutes les marques concrètes d’amitié et d’affection que vous m’avez manifestées lors de mon départ de Granby. Quand je m’ennuie trop de vous et de Granby, je regarde le livre de Granby que Paul-O. m’a donné lors de mon départ, vous savez ce livre qui se vend à 24,95 $ l’unité et dont seulement trois exemplaires ont été vendus jusqu’à maintenant!

Et j’oubliais de vous dire que via le journal (Le Soleil) j’ai réussi à m’accrocher comme il faut avec le maire de Québec (Jean Pelletier). Après tout, il fallait bien que je soutienne ma réputation: après mes démêlés avec le maire de Sherbrooke, puis celui de Granby, il fallait bien que celui de Québec y passe aussi. Malgré tout, nous réussissons à nous parler gentiment (ou presque).

Donc, encore une fois, je termine… et je vous rappelle que je serai toujours content de vous accueillir si vos affaires ou vos loisirs vous amènent dans le « Grand village ».

Avatar de Inconnu

Sunderland avait eu raison en fin de compte… ou presque

Deux centres urbains et cinq cantons, voilà ce que devraient comprendre les comtés unis de Prescott et Russell. Le commissaire à la restructuration des comtés, Goldyn Sunderland, venait de déposer son Rapport et son concept de ce que devrait être la structure du territoire. Il en est question dans trois pleines pages de l’édition du journal Le Carillon du 1er septembre 1976, dont la une entière. C’était viser haut et il n’était pas sûr que les 18 municipalités allaient accepter de se saborder ainsi. Les recommandations de Sunderland n’aboutiraient à rien dans les deux décennies suivantes, mais aujourd’hui, les comtés unis de Prescott-Russell comportent deux centres urbains (Hawkesbury et Clarence-Rockland), le village de Casselman et cinq regroupements régionaux (Russell, La Nation, Champlain, Alfred-Plantagenet, Hawkesbury-Est). Seule Casselman résiste toujours! Sunderland avait eu raison en fin de compte.

Comme on peut le lire dans mon reportage de l’époque, « le commissaire Goldyn Sunderland signale par ailleurs que les recommandations ne devraient pas être réalisées à la hâte, ‘car le besoin d’une période de discussion entre les municipalités demeure, jusqu’à ce qu’on soit sûr que les changements apportés ont été bien compris et que la majorité des gens les appuient. (…) Or, il existe des différences profondes de mode de vie entre les urbains et les ruraux, et il faut qu’elles soient protégées par des représentants élus bien informés et bien disposés envers ces problèmes. » Au cours des mois suivants, j’allais devenir un ardent défenseur des recommandations de Sunderland; j’avais prononcé des conférences un peu partout dans les comtés et même à un rassemblement de l’ACFO à Plantagenet. À la fin des années 90, ce ne sont pas les élus régionaux qui ont finalement accepté le regroupement; le gouvernement provincial l’a imposé en même temps que la fusion de plusieurs grandes municipalités à l’échelle de l’Ontario. C’était devenu inévitable.

* * *

Les Hawks de Hawkesbury sont acceptés dans la Ligue centrale junior « A » et il leur fallait un instructeur capable d’évoluer à ce niveau. La direction opte pour Jean Payette, un joueur des Nordiques de Québec de l’Association Mondiale en 1970-1971. Le journal du 1er septembre 1976 raconte tout ça. Né à Cornwall, « Payette est devenu professionnel en 1964, lorsqu’il gradua avec le club-ferme des Maple Leafs de Toronto, les Oilers de Tulsa de la Ligue Américaine. Le nouvel instructeur-gérant des Hawks a décroché le championnat des compteurs à sa deuxième saison dans cette ligue. » Payette avait même évolué avec les Panthères d’Embrun, équipe qu’il avait aidée à remporter le championnat intermédiaire canadien en 1975.

* * *

À ne surtout pas confondre. Un resto Rôtisserie St-Albert Bar-B-Q ouvre ses portes à Hawkesbury. Rien à voir avec les fromages du même nom et risque de confondre avec les Rôtisseries St-Hubert, dont la publicité était omniprésente à la télévision. Je ne me souviens pas de ce resto St-Albert.

Avatar de Inconnu

Les villes où j’ai vécu : Granby (2e partie)

Depuis sa naissance, Alain a habité dans une dizaine de villes différentes, dont certaines à plus d’une reprise. Bien sûr, ses souvenirs et ses impressions de chacun de ces endroits où il a vécu sont relatifs à l’âge qu’il avait à l’époque et aux activités auxquelles il s’était livré… ainsi que des souvenirs qu’il en a gardés. Voici donc le dixième article de cette série… qui concerne Granby où il est arrivé en avril 1979… Il s’agit du second texte sur cette ville. Vous pourrez revoir tous les articles précédents de cette série dans l’onglet « Les villes où j’ai vécu » sous la subdivision « Mes catégories ». Bonne lecture.

par Alain Guilbert

Granby, c’est l’un des endroits où j’ai été le plus heureux de toute ma vie, tant au point de vue professionnel que personnel.

Commençons par l’aspect professionnel. Quand j’ai été nommé président et éditeur de La Voix de l’Est, disons que le journal était à l’agonie ou presque. Son tirage dépassait à peine 10 000 copies quotidiennes. Deux ou trois jours par semaine, le journal ne comptait que huit pages grand format, soit deux cahiers de quatre pages (quatre pages ne représentant qu’une seule feuille de papier par cahier… c’est plutôt mince!) et les nouvelles locales ou régionales y étaient aussi rares que l’eau dans le désert. À quoi peut bien servir un quotidien régional, et plus spécialement un « tout petit » quotidien régional s’il ne se consacre pas prioritairement à l’information locale et régionale dans sa quasi-totalité? Il s’agissait de mon premier grand défi dans ma nouvelle fonction.

Heureusement, les Journaux Trans-Canada, une filiale de la puissante Power Corporation, croyaient suffisamment dans l’avenir de ce journal pour y investir des sous; je devrais plutôt dire des dollars. Première étape : informatiser la salle de rédaction. Comme je l’ai déjà raconté dans un texte précédent, j’ai été responsable de l’informatisation de la salle de rédaction de La Tribune (Sherbrooke) lors de mon retour dans cette ville après les Jeux olympiques de Montréal. La Tribune aura été le tout premier journal quotidien au Québec à informatiser sa salle de rédaction en 1977. Dans le cas de La Voix de l’Est, le défi était encore plus grand puisqu’il s’agissait du premier quotidien au Canada à être informatisé « à distance » (ou, selon l’expression anglaise, en « remote »). Ce que cela voulait dire : c’est bien simple, les terminaux sur lesquels travailleraient les journalistes et les éditeurs se trouveraient à Granby, mais l’ordinateur principal auquel ces terminaux seraient reliés serait celui de La Tribune à Sherbrooke. Avec les dollars de Power Corporation et l’aide d’un expert en informatique qui s’appelait Jacques Leduc, nous avons relevé le défi avec succès. La Voix de l’Est a donc informatisé sa salle de rédaction en 1980; mais nous sommes en même temps presque devenus « prisonniers » de La Tribune parce que c’est là que se trouvait le « cœur » (ou le moteur, si vous préférez) de notre entreprise.

Cette dépendance à La Tribune, nous l’avons réalisée pleinement au printemps de 1982 lorsqu’un conflit de travail entre La Tribune et ses employés a provoqué la fermeture du quotidien de Sherbrooke pendant quatre mois. Du jour au lendemain, nos terminaux étaient devenus totalement inutiles. Ils n’étaient plus reliés à rien. Il a fallu de toute urgence trouver des machines à écrire et nos journalistes ont repris les habitudes qu’ils avaient abandonnées 18 mois plus tôt. Même les « plus vieux » qui ne voulaient pas abandonner leur machine à écrire en 1980 s’étaient habitués à leur nouvel outil et n’étaient pas très heureux de retourner à une machine à écrire. Mais nous n’avions pas le choix.

Du jour au lendemain ou presque (La Tribune ayant fermé ses portes dans la nuit du Jeudi au Vendredi saint de 1982), avec la collaboration d’une jeune imprimerie montréalaise qui devait devenir un joyau de l’entreprenariat québécois avec les années (j’ai nommé l’Imprimerie Transcontinental et son président fondateur Rémi Marcoux), nous avons imprimé et distribué un journal de 64 pages le Samedi saint au matin. Nous avons continué à publier six jours par semaine, sans interruption, ne laissant jamais tomber nos fidèles lecteurs au cours de ces quatre longs mois de conflit … et cela grâce aux tours de magie que Transcontinental a souvent dû accomplir pour produire notre journal quotidien. Je dois dire qu’entre le moment de l’informatisation de la salle de rédaction à Granby et le conflit de travail à La Tribune, il s’était produit un événement extrêmement important pour l’avenir du quotidien de Granby. En effet, nous l’avions transformé de grand format à format tabloïd à la fin de février 1982.

J’ai noté plus haut qu’à mon arrivée à Granby le journal ne comptait que huit pages grand format certains jours de la semaine et ne contenait parfois aucune nouvelle locale ou régionale. Je m’étais mis dans la tête de « frapper un grand coup » en transformant complètement la présentation du journal. Des études et des projections en matière de volumes de publicité et aussi de tirage semblaient m’indiquer que c’était la bonne décision à prendre. Toutefois mes « patrons à Montréal », particulièrement Denis Lacasse, un comptable de formation qui gardait un œil vigilant sur les résultats financiers des quotidiens régionaux appartenant à Power Corporation, exprimaient des doutes quant aux chances de succès de ce projet. Denis n’était pas convaincu que nous pouvions faire mieux avec un « tabloïd » qu’avec un « broadsheet ». Quelques mois plus tôt, Le Quotidien de Chicoutimi, qui appartenait à un autre groupe de presse (Unimédia, dont le principal actionnaire était Jacques Francoeur – et pour qui je travaillerai plus tard), avait justement réussi cette transformation de grand format à tabloïd et semblait connaître du succès dans cette aventure.

J’ai donc convaincu Denis Lacasse de m’accompagner à Chicoutimi pour y rencontrer les directeurs de la publicité, du tirage et de la rédaction du Quotidien, question de vérifier sur place l’étendue de leur succès (ou de leur échec). Le directeur de la publicité, pour un, avait confié à Denis Lacasse qu’il s’était battu de toutes ses forces « contre le changement »… mais qu’il avait tort. S’il avait à se retrouver dans la même situation, nous a-t-il avoué, il serait en faveur dès le départ et procéderait au changement beaucoup plus rapidement qu’il ne l’avait fait. Quant au directeur de la rédaction, Denis Tremblay, qui est devenu par la suite un ami et qui l’est encore aujourd’hui, m’avait dit qu’il ne fallait pas hésiter à faire le changement. Il m’avait aussi donné quelques conseils qui se sont avérés très précieux. Son premier conseil : adopter le style « tabloïd » non seulement dans le format, mais aussi dans les textes et les photos dès le premier jour du changement. Dans un journal de « petit format », les textes doivent être nécessairement plus courts et les photos plus grandes! Son deuxième conseil : donner tout l’espace possible à l’information locale et régionale. Son troisième conseil : embaucher une personne « totalement dédiée » à ce projet.

J’ai suivi ses conseils à la lettre. Et je savais où trouver la personne qui pourrait assurer le succès de cette aventure. Il s’agissait de Guy Crevier, que j’avais embauché à La Tribune quelques années plus tôt et avec qui j’étais resté en contact. Je connaissais sa soif d’apprendre, son ambition, sa volonté de réussir tout ce qu’il entreprenait. Comme il travaillait dans un journal faisant partie de la même « famille » que La Voix de l’Est, je ne pouvais l’embaucher sans en avoir obtenu la permission de son patron, soit mon ancien patron, Yvon Dubé, qui après une certaine hésitation m’a donné sa bénédiction. Et Guy (qui est aujourd’hui le « grand patron » de La Presse, après avoir aussi été le « grand patron » de TVA) s’est amené à Granby où il a mené cette transformation de La Voix de l’Est d’une main de maître.

Sans lui, je doute que nous n’ayons réussi aussi bien que nous l’avons fait. En écrivant ce texte, j’ai retrouvé dans mes dossiers un communiqué de presse diffusé en mai 1982 et dont je vous cite quelques extraits : « Dix semaines après la transformation du quotidien La Voix de l’Est de grand format à format tabloïd, le président et éditeur Alain Guilbert rapporte une hausse de 19 % du tirage du journal. La moyenne de ventes quotidiennes de La Voix de l’Est pour la semaine se terminant le 20 février 1982, soit la dernière semaine où le journal a été publié dans le grand format, s’établissait à 10 789 exemplaires. Dix semaines plus tard, soit pour la semaine se terminant le 8 mai 1982, cette même moyenne s’établissait à 12 869 exemplaires, soit une hausse de 2 080 exemplaires ». Nous avions relevé le défi avec succès. Par la suite, le tirage hebdomadaire devait atteindre 16 000 exemplaires par semaine… et même 18 000 exemplaires par semaine peu après mon départ en 1984. L’avenir de La Voix de l’Est était maintenant assuré. À ma connaissance, le journal est encore en santé en 2012. Ce que je retiens de cette merveilleuse aventure : c’est que pour réussir n’importe quel projet d’envergure dans la vie, il faut s’entourer de personnes exceptionnelles, de personnes qui peuvent faire mieux que nous-mêmes. (À suivre)

Avatar de Inconnu

Une bagarre générale sans précédent

Heureusement, personne n’avait été tué, mais l’incident avait fait jaser. On en parle dans Le Carillon du 18 août 1976. « La bande de motards, les ‘Popeyes’ de Montréal, a fait une sortie en règle à l’Hôtel Des Vieux Pins de St-André-Avellin, dans la nuit de samedi à dimanche, et a tout saccagé l’hôtel, causant des dommages d’approximativement $10,000. Les ‘Popeyes’, qui étaient au nombre d’une cinquantaine, ont siégé dans l’hôtel une bonne partie de la journée de samedi, et se sont mis à boire de la bière sans payer. Les motards ont séquestré l’épouse du propriétaire de l’hôtel, Mme Vital Myre, et ses deux filles, tout en menaçant le personnel et les résidants de l’hôtel. Un détachement de 55 policiers anti-émeute de Papineauville, Buckingham, Hull et Montréal sont intervenus sur les lieux à 1 h 45 dimanche matin. Une bagarre générale sans précédent a alors éclaté entre les motards, les citoyens et les agents de la paix. Plusieurs coups de feu ont été tirés, mais personne n’a été tué. Certains individus ont toutefois été blessés. » C’était très inhabituel… les motards en si grand nombre… pas les bagarres!

* * *

Mieux vaut prévenir que guérir. Aujourd’hui, nous savons que cela se traduit par des campagnes de vaccination annuelle ou des vaccinations spéciales (H1N1, grippe aviaire). En 1976, c’était une toute autre campagne de vaccination qui avait été organisée par l’Unité sanitaire de l’Est ontarien… contre la grippe porcine. Il en est question dans le journal du 25 août 1976. Le Dr Rudolph Peters, le patron de l’Unité sanitaire, avait expliqué que cette campagne s’inscrivait dans des efforts à l’échelle du continent nord-américain pour contrer cette grippe porcine. Il fallait éviter une répétition de l’épidémie qui avait tué plus de 20 millions de personnes en 1918-1919. « Les citoyens entre 50 et 65 ans sont exempts du programme parce que leur exposition à la grippe de 1927 leur a donné suffisamment d’anticorps pour combattre la grippe porcine. » Les vaccins arriveraient en septembre et la campagne se déroulerait en octobre partout dans le territoire de l’Est ontarien.

* * *

C’en était assez pour soulever la colère de nombreux représentants des Franco-Ontariens. Le Conseil des régents des collèges des arts appliqués et de technologie de l’Ontario avait émis une nouvelle politique à l’effet « que l’on donne à l’étudiant franco-ontarien une éducation bilingue au lieu d’une éducation totalement ou partiellement en langue française. On doit non seulement lui enseigner les deux langues mais on doit utiliser les deux langues comme langue d’enseignement dans les divers cours de sa spécialisation, afin que, ses années terminées, l’étudiant puisse travailler n’importe où dans la province. » Le vieil argument des opposants aux écoles secondaires françaises. Le Conseil consultatif des affaires franco-ontariennes et son président Omer Deslauriers ont vivement réagi. Le ministre des Collèges et des Universités, H.C. Parrot, avait pourtant déclaré que « les faits ne prouvent pas cet avancé. Le gouvernement de l’Ontario a continué de donner son appui à l’éducation post-secondaire en langue française ». C’était avant Le Cité collégiale.

Avatar de Inconnu

Eh, citoyen! As-tu le droit de te mêler de tes affaires?

J’avais intitulé mon éditorial du 4 août 1976 du journal Le Carillon « Sauvegarder la démocratie » et je me demande sérieusement si mon texte de l’époque n’est pas encore pertinent aujourd’hui. Ma première phrase : « La démocratie est une doctrine politique selon laquelle la souveraineté doit appartenir à l’ensemble des citoyens. » Aujourd’hui, j’ai l’impression que cela ne vaut que pour la journée d’une élection (fédérale, provinciale ou municipale). J’ajoutais aussitôt que « cette doctrine sous-entend que le citoyen a le droit de s’ingérer dans les affaires qui le concernent et, nécessairement, le droit de s’opposer à toute décision de ses dirigeants élus par lui-même ». Pour paraphraser le slogan de la radio de Radio-Canada… « Essayer… pour voir! »

Je faisais référence aux récentes audiences publiques de la Commission des affaires municipales de l’Ontario et à la frustration des élus de voir des citoyens y formuler des objections. « En d’autres mots, ils mettent en doute le droit du citoyen de se mêler de ses affaires. » Je n’étais pas le seul à souligner cette situation. L’éditorialiste Gérard Desroches, du quotidien Le Droit, avait noté la même réticence des élus dans Nepean où le maire Andrew Haydon ne digérait pas l’intention des citoyens de la CAMO. Dans son cas, il s’agissait de nouveaux quartiers généraux pour la Sûreté municipale, alors qu’à Hawkesbury, il était question d’un nouveau toit pour le Centre Mémorial. Le maire Philibert Proulx avait même proposé une résolution à l’Association des municipalités de l’Ontario « demandant à la Commission municipale de créer des mesures d’urgence pour autoriser des dépenses, sans passer par ce droit fondamental que sont les audiences publiques ». Le même maire, je vous le rappelle, qui avait dit que ce n’était pas des affaires des citoyens la manière qu’il dirigeait la municipalité.

« La pensée de MM. Haydon et Proulx – qui semble être celle de la majorité des politiciens municipaux dans ce monde d’aujourd’hui – est simple: pourquoi le citoyen aurait-il le droit de mettre en jeu la réalisation des beaux projets qu’eux ont jugé utiles et nécessaires; pourquoi ne seraient-ils pas rois et maîtres pendant leur mandat, quitte à se débrouiller ensuite devant l’électorat? Malheureusement, c’est ce même électorat qui est la cause du problème. Son apathie et son désintéressement au fil des dernières années ont convaincu en quelque sorte les politiciens municipaux qu’ils pouvaient faire à leur tête. Habitués à délibérer devant des salles vides, les politiciens municipaux sont surpris d’apprendre, tout à coup, que des citoyens s’opposent à leurs projets, informés comme il se doit par ces ‘maudits journalistes’ de la presse libre démocratique. »

J’ajoute que la Commission des affaires municipales avait rejeté le projet de la ville de Hawkesbury de construire un nouveau toit sur le Centre Mémorial. Les opposants étaient évidemment les partisans d’un nouveau complexe sportif plus durable.

* * *

Josée Leclerc-Boissy avait mérité une contravention pour excès de vitesse sur l’autoroute 417. Cette contravention n’était qu’en anglais et la dame avait refusé de la payer. Elle espérait, comme d’autres avant elle, contester publiquement et se faire condamner à la prison pour devenir ensuite une sorte de « martyre de la cause ». Mais voilà, le juge Marcel Houle, de la Cour provinciale à Rockland, la condamne simplement à une sentence suspendue. Ce qui n’a pas empêché la dame de faire campagne dans les médias pour condamner l’unilinguisme des contraventions en Ontario. Son erreur? Elle avait plaidé coupable. On en parle dans le journal du 18 août 1976.

Avatar de Inconnu

CZ20… VE3 EYV à l’écoute

« Depuis samedi, Réginald Filion est le détenteur de son propre record olympique. » C’est le premier paragraphe d’un texte d’une page (ou presque) dans Le Carillon du 4 août 1976. Réginald est mon frère aîné et il est décédé il y a quelques années. C’est Charles Burroughs qui signe l’article.

« Il est en effet l’un des rares ‘chanceux’ à avoir reçu une confirmation officielle de la station de radio amateur CZ20, installée temporairement sur le site olympique pour la durée des compétitions. La valeur de cette carte QSL (carte postale établissant la validité d’une communication) est d’autant plus grande que la station CZ20 quittera les ondes dès la fin des compétitions. » Mon frère était un maniaque de radio amateur et sa réputation dans le domaine débordait largement les frontières de Hawkesbury. Il était d’ailleurs accrédité par le ministère fédéral des Transports pour faire subir les examens nécessaires à l’obtention d’un permis d’exploitation d’une base de radio amateur. L’indicatif de mon frère était VE3 EYV. N’oublions pas que c’était avant l’avènement d’Internet et des communications universelles que l’on connaît de nos jours. La radio amateur permettait de franchir les frontières.

« Pour Réginald Filion, le contact avec CZ20 prend une importance toute particulière puisqu’elle complète une collection d’autres perles rares. Il possède déjà une carte de la station VE2 XPO, la station officielle d’Expo 67, une autre de VE3 RCMP, en ondes durant l’année qui a célébré le centenaire du la Gendarmerie royale canadienne; une troisième de VE3 RCC-3 utilisée par les Canotiers du Centenaire, un groupe de militaires du 1st Canadian Signal Regiment de Melton Barracks, à Kingston, qui se sont arrêtés à Hawkesbury pendant l’année du centenaire de la Confédération. (…) Depuis 1962, Réginald Filion, VE3 EYV, a homologué plus de 6,000 contacts couvrant 35 pays autour du monde. » Quand j’allais voir mon frère, il était habituellement au sous-sol en train justement de communiquer (habituellement par code Morse, qu’il maîtrisait parfaitement) par radio amateur… et à réaliser ses peintures en même temps. Je tiens pour acquis que ses trois enfants ont conservé ses cartes postales QSL historiques.

* * *

Le Canada n’a peut-être pas remporté de médailles d’or aux Jeux Olympiques de Montréal, mais il a quand même augmenté sa récolte de médailles. Comme on peut le lire dans le journal du 4 août 1976, le Canada « a remporté 11 médailles aux Jeux de Montréal, cinq d’argent et six de bronze, tandis qu’à Munich, il n’avait décroché que seulement cinq médailles ». D’une 29e place à Munich, il s’était classé au 13e rang à Montréal; une nette amélioration. Ce qui avait fait dire au ministre fédéral de la Santé et du Bien-être, Marc Lalonde, « que le gouvernement envisageait fortement la possibilité d’augmenter sa contribution annuelle au sport amateur canadien ». Bonne nouvelle et attendons les Jeux de Londres avec espoir.