Les villes où j’ai vécu : Granby (3e partie)

Depuis sa naissance, Alain a habité dans une dizaine de villes différentes, dont certaines à plus d’une reprise. Bien sûr, ses souvenirs et ses impressions de chacun de ces endroits où il a vécu sont relatifs à l’âge qu’il avait à l’époque et aux activités auxquelles il s’était livré… ainsi que des souvenirs qu’il en a gardés. Voici donc le onzième article de cette série… qui concerne Granby où il est arrivé en avril 1979 et a quitté en 1984… Vous pourrez revoir tous les articles précédents de cette série dans l’onglet « Les villes où j’ai vécu » sous la subdivision « Mes catégories ». Bonne lecture.

par Alain Guilbert

Dans mon billet précédent (celui du 19 mars), je disais y avoir connu beaucoup de satisfaction tant sur le plan professionnel que le plan personnel. Ce texte traitait davantage des défis que j’ai relevés au journal. Aujourd’hui, je veux spécialement parler de « ma gang », les nombreux amis que je m’y suis fait. En faisant le classement de mes « vieux » documents, j’ai retrouvé une lettre que j’avais écrite en décembre 1984 à l’intention de ceux que j’avais quitté quelques mois plus tôt, une lettre qui résume assez bien le plaisir qui avait été le mien au cours de ces cinq années passées dans la « Princesse des Cantons de l’Est », comme on l’appelait à l’époque.

Huit mois et quelques jours déjà ont passé depuis que j’ai quitté Granby pour occuper de nouvelles fonctions à Québec, « dans le Grand village », comme disent les Montréalais, une expression sur laquelle il ne faut pas trop insister lorsqu’on s’adresse à des Québécois. Huit mois de travail intense (et dans mon cas, je laisse à chacun le soin d’interpréter ce que signifie « intense ») qui m’ont permis de réaliser plusieurs choses à Québec, plus particulièrement au Soleil : négociation d’une convention collective, un été « mer et (sans) monde », des élections fédérales, la visite du pape, la transformation du Soleil de journal d’après-midi en journal du matin, l’ajout d’une édition du dimanche (ce qui me permet maintenant de dire que Le Soleil se lève tous les jours pour moi, même le dimanche), la présentation de la section sportive en format tabloïd, une nouvelle toilette graphique du journal, le réaménagement de l’espace rédactionnel, etc.

Ces huit mois ont donc passé très rapidement… je n’ai jamais eu une minute pour m’ennuyer. Même si le temps et les circonstances ne m’ont guère permis de me rendre à Granby (c’est à peine si j’ai pu me rendre trois fois à mon chalet de Magog), je n’en ai pas pour autant oublié mes amis de Granby. J’ai passé parmi vous cinq années (avril 1979 à avril 1984) trop heureuses, je me suis fait des amis trop précieux, pour que cela puisse s’effacer rapidement. Depuis longtemps, j’aurais voulu (vous) donner signe de vie, mais le temps m’a manqué… J’ai donc pensé que la façon la plus efficace consistait à faire ce que je fais présentement, c’est-à-dire écrire une lettre collective que j’expédierai en plusieurs copies. C’est sûrement un plus impersonnel qu’une lettre individuelle, mais c’est sûrement beaucoup mieux que « pas de nouvelles du tout ».

Même si je ne vous vois pas souvent, j’ai quand mêmes des nouvelles régulièrement de l’un ou de l’autre, particulièrement par mon ami « Lefty » (Roger Auger) avec qui j’ai eu le plaisir et le privilège de faire un voyage en Europe à la mi-novembre. Nous avons eu beaucoup de plaisir, mais nous avons aussi failli ne pas revenir des « vieux pays » puisque nous sommes arrivés à Paris le même jour que le Beaujolais nouveau et que nous avons failli nous noyer dedans!!! Heureusement, nous en sommes sortis sains et saufs.

J’ai également eu le plaisir de participer à mon excursion de pêche annuelle au club Coronet (en haut de La Tuque) à la fin de l’été grâce à l’invitation de Gérald Scott. Avec Gérald, « Lefty », Denis Robidoux (un autre très proche ami), Alain Guay et aussi notre « chef » Louis Cabana, nous avons réussi à survivre encore une fois. Nous avions des « vers » et des « verres » en quantité, ce qui nous a permis d’attraper suffisamment de truites, et aussi d’en manger et d’en ramener juste ce qu’il faut. Chose certaine, nous en avions assez pour faire une crevaison en pleine forêt avec le « beau petit camion bleu de Gérald », sur lequel je ne suis jamais parvenu à trouver le « jack ». C’est finalement « Lefty » qui nous a sauvés d’une nuit à la belle étoile. (Une note personnelle pour dire qu’après ces années de pêche à la truite, nous avons réalisé une dizaine de voyages de pêche au saumon par la suite… Gérald, Denis Robidoux, Alain Guay, Gaétan Marquis, André Hamel et moi – et à l’occasion « Lefty » et Richard Gosselin… je pourrais écrire un volume complet sur ces voyages extraordinaires… j’y reviendrai sûrement un de ces jours!!!).

(Et maintenant, revenons à Québec…) J’ai eu l’occasion d’écrire un éditorial favorable à Brian Mulroney quelques jours avant les élections, ce qui m’a valu les félicitations de Gérald. Pour une fois que nous étions d’accord (moi qui ai été plutôt libéral presque toute ma vie!!!).

À ma grande surprise, Raymond Héroux m’a rendu une visite personnelle à Québec pour payer un lunch qu’il me devait à la suite d’un pari que nous avions fait deux ans plus tôt. Merci Raymond… les bons comptes font les bons amis… et on se reverra sans doute sur les pentes du Mont Ste-Anne cet hiver… Je ne voudrais pas oublier Jacques Dubois qui, pour s’excuser de n’avoir pu assister à mon party de départ de Granby m’avait promis un lunch chez Serge Bruyère (la meilleure table de Québec… l’équivalent de Chez Plumet à Granby). Le jour où il est venu, Serge Bruyère était fermé…mais il a quand même payé la bouffe dans un autre très bon restaurant. Promesse tenue…

Je n’ai pas voulu manquer le Festival gastronomique de Granby (même en vivant à Québec). Je me suis donc rendu à la soirée de fermeture Chez (Jean-Pierre) Plumet en compagnie de Denis Robidoux, Gérald Scott, Réal Charland, Denis Dumas, Sarto Bernard, leurs compagnes (et la mienne), ainsi que de nombreuses autres connaissances qui se trouvaient à d’autres tables. Heureusement que je n’avais pas à revenir à Québec ce soir-là, mais seulement à Magog. Même là, j’ai trouvé la route plutôt longue (Il faut dire que si la bouffe était exquise, le vin l’était tout autant.)

Je suis régulièrement les déplacements (et les bons coups) de tous et chacun via La Voix de l’Est que je lis toujours, parfois avec quelques jours de retard à cause du mauvais service postal (Bien sûr, c’était bien avant que je ne travaille à Postes Canada!!!). Je me réjouis d’ailleurs des succès du journal et de la radio (CHEF) sous la direction de Guy Crevier et son équipe.

En lisant le journal, j’ai constaté que La Voix de l’Est s’intéressait toujours à Paul-O. (le maire Paul-O. Trépanier), que Gérald s’y intéressait également de même qu’au Grand Prix de Granby. J’ai appris que Guy Bussières préparait un voyage de golf au Portugal. La Virginie n’était sans doute pas assez loin pour lui? Que Bob Lambert se trouvait trop vieux pour être candidat à la mairie. Que Louis Cabana avait tenté de sauver la barque d’Ogis. Que Paul Labrecque avait quitté le Bureau de tourisme avant la tempête qui se prépare. Que l’eau de Granby goûtait à peu près la même chose qu’autrefois malgré la belle usine d’épuration pour laquelle vous commencerez à payer en 1985 (ah!!!ah!!!).

Malgré l’été de voile à Québec, je n’en ai guère profité, « because » j’avais vendu mon bateau et aussi « because » le manque de temps. J’ai toutefois pu en faire sur le lac Memphrémagog avec le bateau de Réal, que je remercie encore une fois. J’ai failli avoir la visite à Québec d’un groupe de Granby, la « gang du lundi midi », Marcel Maheu et cie. J’avais réservé à leur intention une vingtaine de billets pour leur permettre d’applaudir « nos » Nordiques, mais une « toute petite tempête » de neige les a retenus à Granby. J’en ai pourtant connu qu’une « petite tempête » n’arrêtait pas aussi facilement; n’est-ce pas André « Achim » Hamel et Alain Guay.

Je pourrais continuer encore longtemps. Vous connaissez ma grande capacité à écrire…et parfois aussi à écrire. Je voudrais profiter de cette lettre pour tous vous remercier individuellement, amis et collègues de travail, pour toutes les marques concrètes d’amitié et d’affection que vous m’avez manifestées lors de mon départ de Granby. Quand je m’ennuie trop de vous et de Granby, je regarde le livre de Granby que Paul-O. m’a donné lors de mon départ, vous savez ce livre qui se vend à 24,95 $ l’unité et dont seulement trois exemplaires ont été vendus jusqu’à maintenant!

Et j’oubliais de vous dire que via le journal (Le Soleil) j’ai réussi à m’accrocher comme il faut avec le maire de Québec (Jean Pelletier). Après tout, il fallait bien que je soutienne ma réputation: après mes démêlés avec le maire de Sherbrooke, puis celui de Granby, il fallait bien que celui de Québec y passe aussi. Malgré tout, nous réussissons à nous parler gentiment (ou presque).

Donc, encore une fois, je termine… et je vous rappelle que je serai toujours content de vous accueillir si vos affaires ou vos loisirs vous amènent dans le « Grand village ».

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