Embrun-Russell… un seul service de pompiers

« Service unique d’incendies pour Embrun et Russell » peut-on lire dans l’édition du 27 septembre 1973 du journal Le Carillon. C’était une vieille suggestion de 1970 ressuscitée par le maire Bernard Pelot. Le regroupement allait se concrétiser le 1er janvier 1974. « Élu à la mairie du canton de Russell en décembre dernier, M. Pelot, qui a déclaré à l’issue de la réunion que le ‘canton se devra d’abolir les villages policés avant les élections de 1974’ semble s’être donné pour mandat de décentraliser les deux villages d’Embrun et Russell pour donner de l’emphase au canton tout entier. À cet effet, le regroupement des services d’incendies constituerait le premier pas dans cette direction. » C’était mal connaître la population de ces deux villages qui sont toujours aussi désunis qu’à l’époque. Pourtant, au scrutin de 2010, quelques candidats ont souhaité la même chose… mettre l’emphase sur une seule municipalité plutôt que sur chacun des villages. Le mandat du Conseil vient à peine de franchir sa première année de quatre. Ce sera à surveiller!

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Le journal annonce dans son édition du 27 septembre 1973 que le Domaine naturiste du Québec à St-Eugène a été vendu. Paul-André et Nicole Vadeboncoeur, de Lachute, les propriétaires-fondateurs, ont vendu leurs intérêts à Richard Brunet, de Ste-Justine-de-Newton. « Les facilités du domaine, notamment la piscine chauffée et le restaurant, seront tout de même disponibles cet hiver aux membres qui désirent pratiquer la motoneige. » J’imagine qu’ils ne pratiquaient pas la motoneige nus! Le Domaine avait ouvert ses portes en 1969 et avait soulevé certaines préoccupations chez la population locale. « Toutefois, les mesures prises par la direction du Domaine naturiste pour assurer l’intimité de ses membres et éloigner les curieux ont fait que le lieu est devenu une institution locale, que les résidants prennent maintenant pour acquis. » Et comme le précisait le texte : « Plus de 95 p. cent des membres sont des Canadiens-français de la région montréalaise. »

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Mgr Gérard Charette, un populaire curé de la région, était né à Bourget le 3 décembre 1911 et avait été ordonné prêtre le 24 juin 1937. De 1960 à 1964, il avait été missionnaire au Brésil, où il avait fondé le vicariat St-Dominique, dans le diocèse de Marília de la province de Sao Paulo. Il était donc normal qu’il devienne un jour curé de la paroisse St-Dominique, mais à Hawkesbury. C’est la poste qu’il occupait lors de ce terrible accident routier à Cowansville au Québec le 2 octobre 1973 qui lui a enlevé la vie. Et il n’était pas seul. « Mgr Charette conduisait son automobile, dans laquelle prenaient place Sœur Solange Chénier, s.c.o., directrice du nursing au Foyer Prescott-Russell de L’Orignal; Sœur Gabrielle Charette, s.c.o., également du Foyer; Sœur Fleurette Perron, servante de N.-D. Reine du Clergé, nouvelle ‘ménagère’ au presbytère de la paroisse St-Dominique depuis la mi-septembre; et Mlle Rose Yelle, originaire de Bourget, et pensionnaire du Foyer Prescott-Russell. » Leur automobile avait été « frappée par un autobus de la compagnie Montréal-Métropolitain. L’autobus ne transportait pas de passagers et le conducteur a subi un violent choc nerveux. » La mort des victimes avait été instantanée selon l’article du 4 octobre 1973 qui raconte le tout en page une.

Dans ma chronique de la semaine suivante, je note que « la cause de l’œcuménisme perd en lui un défenseur de valeur. Un ministre protestant m’a déjà confié que si tous les hommes pensaient comme Mgr Charette, les mots ‘catholiques’, ‘protestants’, ‘anglicans’, ‘presbytériens’ et autres n’auraient pas leur raison d’être sans les dictionnaires. Il avait raison. » C’est le chanoine anglican Frank Lawlor qui m’avait fait ce commentaire; lui aussi avait un grand sens œcuménique et il était parfaitement bilingue. Son fils fréquentait l’École prématernelle en même temps que ma fille.

Quant à Mgr Charette, je me souviens de m’être rendu à une soirée de la francophonie à l’hôtel Skyline d’Ottawa avec le directeur du journal, sa femme et sa jeune sœur (qu’il avait voulu me présenter). Comme invité ce soir-là, l’imitateur Jean-Guy Moreau, tout jeune, et qui nous avait marqué avec son imitation de Gilles Vigneault.

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Les 404 employés de la CIP en grève depuis le 3 août 1973 en subissent de plus en plus les conséquences, « manque d’argent et manque de nourriture », et les Chevaliers de Colomb organisent une importante campagne afin de leur venir en aide. La campagne avait permis de recueillir pas moins de 10 000 $, toute une somme pour l’époque.

Une réflexion sur “Embrun-Russell… un seul service de pompiers

  1. J’ai fait affaire avec le chanoine anglican Frank Lawlor à plusieurs reprises, dans le cadre de mes fonctions au Collège Algonquin. J’aimais le fait qu’il avait une femme. Je trouvais ça plus « normal » que le célibat des religieux catholiques.

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