Une violente crise de conscience des députés

En 2011, surtout depuis la montée nationale des conservateurs de Stephen Harper, on entend souvent parler de l’intention de certains de ressusciter la peine de mort au Canada. En 1973, un débat se poursuivait justement aux Communes sur cette question. Comme Marcel Desjardins, toujours sous son pseudonyme de Paul Huneault, le mentionne dans l’édition du 8 février 1973 du journal Le Carillon, « périodiquement, nos députés fédéraux sont soumis à une violente crise de conscience ». C’est que la peine de mort avait été abolie en 1967, sauf « pour le meurtre de policiers et de gardiens de prison ». Cette mesure valait pour cinq ans et c’est pourquoi la question refaisait surface aux Communes. « Depuis le vote de 1967, le gouvernement libéral a eu le temps d’obtenir une majorité de députés et de la perdre dans le cadre d’une élection dont on a dit avec raison qu’elle avait donné lieu à une montée des éléments conservateurs au pays. Une chose est certaine, les dernières élections ont permis l’élection d’un plus grand nombre de députés conservateurs (avec ou sans l’étiquette officielle) et cela se voit dans le débat sur la peine de mort. Les partisans de la peine de mort sont plus nombreux et plus articulés que jamais aux Communes. Ils sont aussi plus confiants qu’il y a cinq ans. » Le député Denis Ethier avait décidé de « voter contre la peine de mort » et Desjardins souhaitait « qu’une majorité de députés fédéraux fassent comme le député Ethier ». Son souhait avait été exaucé.

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Sa première signature (byline, dans les termes du métier) apparaît dans un article publié dans l’édition du 15 février 1973. La population de l’école secondaire de Hawkesbury équivalait à celle d’un grand village et il serait utile d’y avoir un correspondant en permanence ou encore un journaliste « interne ». Dominique Demers y signe un texte sur le carnaval de l’école intitulé « Les ‘mangeurs de bananes’ en vedette », en référence à un concours dans le cadre du carnaval scolaire. Ce serait le premier de nombreux textes de Dominique dans Le Carillon.

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Comme je le répète souvent, c’était dans le contexte d’il y a presque 40 ans. Dans l’édition du 15 février 1973, j’annonce quelques nouveautés dans le journal, dont une page de jeux, une chronique intitulée « Pouvez-vous m’aider? » et qui sera réalisée par l’éditeur et ceci : « Les lecteurs du Carillon auront remarqué la présence dans les pages des ‘Petites annonces’ d’une photo d’une ‘délicieuse’ représentante du sexe faible (?) et d’un dessin humoristique. » L’expérience allait durer plusieurs mois jusqu’à ce que des lecteurs nous fassent remarquer qu’ils n’avaient pas besoin de telles photos pour continuer à acheter leur journal préféré. Il faut aussi préciser que c’était l’époque où les salles de cinéma faisaient salle comble avec des films érotiques.

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« Au moment du recensement fédéral de juin 1971, il y avait dans les trois comtés de Glengarry, Prescott et Russell pas moins de 16,010 logements, soit 4,970 dans Glengarry, 7,135 dans Prescott et 3,905 dans Russell. » Un article plein de telles statistiques était publié dans l’édition du 15 février 1973. « Les statistiques démontrent qu’il y a encore, dans Glengarry, Prescott et Russell (…) 1,710 maisons où il n’y a pas de toilettes avec chasse d’eau. »

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