L’effet de la 417… faudrait bien qu’on s’entende

Le président du Conseil du tourisme du Bas-Outaouais est catégorique : « La route 417 détruira le tourisme dans les comtés ». Jusque-là, les principaux intervenants ne faisaient que louer les mérites de cette autoroute et chacun répétait à la moindre occasion que la route apporterait la prospérité au territoire de Prescott-Russell. Comme je l’ai écrit à quelques reprises dans mon blogue, cela ne s’est jamais matérialisé. Dans l’édition du journal Le Carillon du 14 octobre 1971, un article cite Charles St-Germain, le président susmentionné et également conseiller municipal d’Ottawa. Il était d’avis que « même si la route 417 promet une vague de prospérité touristique en provenance des États-Unis pour Cornwall, Ottawa et Montréal, cette même route sera nuisible aux intérêts touristiques des villages et municipalités situées le long de la route transcanadienne, à moins que les organisations et les autorités municipales de Rockland, Alfred, Plantagenet, Vankleek Hill et Hawkesbury n’agissent de façon à attirer les touristes hors de cette autoroute. » St-Germain avait déploré « l’absence de chambres de commerce active dans les municipalités riveraines de l’Outaouais et d’organisations touristiques énergiques ». Il parlait dans le vide.

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En octobre 1971, Jean Chrétien est ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien et à ce titre, il est responsable des parcs nationaux du pays. Dans l’édition du 28 octobre du journal Le Carillon, on y lit une annonce sur les préparatifs pour l’aménagement du Parc national Forillon en Gaspésie. La loi exigeait des consultations sur le développement de tels parcs. Comme le précise l’annonce, « Les parcs sont par les présentes dédiés au peuple canadien pour son bénéfice, son instruction et sa jouissance… et ces parcs doivent être entretenus et utilisés de manière qu’ils restent intacts pour la jouissance des générations futures ». J’ai visité le parc Forillon il y a quelques années et c’est là que j’ai appris (on ne m’avait pas parlé de ça à l’école) que les Nazis s’étaient très rapprochés du territoire canadien pendant la Deuxième Guerre. Une section comporte toujours les installations de défense (canons compris) qui avaient été aménagés afin de freiner toute tentative des Allemands de se rendre plus loin dans le golfe Saint-Laurent. Si vous n’y êtes jamais allés, faites le détour.

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Signe des temps; reflet d’une époque. Dans l’édition du 28 octobre, un texte rapporte que « les membres du Conseil des écoles catholiques des comtés unis de Stormont, Dundas et Glengarry ont décidé d’interdire dans les écoles sous leur juridiction la distribution d’un livre traitant du contrôle des naissances ». Le conseil provincial de la Ligue des femmes catholiques avait condamné cette publication, affirmant que « les renseignements médicaux contenus dans le bouquin sont manifestement destinés à favoriser la promiscuité chez les jeunes. (…) les affirmations contenues dans le bouquin portent atteinte à la dignité humaine ». Tous les membres du conseil scolaire ont pourtant avoué ne pas avoir vu le bouquin en question avant de l’interdire malgré tout. Que dirait la Ligue devant Internet et tout ce que les jeunes y « découvrent »?

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Le citoyen Lucien Berniquez avait voulu regrouper ses concitoyens en comité et il avait convoqué tous les intéressés à une importante réunion à la salle des Chevaliers de Colomb, lieu de rassemblement par excellence à Hawkesbury. Il en question le 4 novembre 1971. Pourtant, cent personnes avaient payé leur cotisation depuis la formation du comité en mai. Dans la salle ce soir-là, une seule personne (à l’exception de Berniquez et de moi-même), un employé de Bell Canada résidant de Hawkesbury depuis sept années à peine. Lucien Berniquez a poursuivi ses efforts en vain et a décidé qu’il s’occuperait lui-même de ses ambitions. Un jour, il est devenu maire de Hawkesbury et j’étais un de ses conseillers. Lucien était superviseur des facteurs à Hawkesbury et a été une de mes références quand j’ai postulé un emploi à Postes Canada en 1987. Lucien est décédé il y a plusieurs années.

Une réflexion sur “L’effet de la 417… faudrait bien qu’on s’entende

  1. Monsieur Berniquez était quelqu’un de fort sympathique. J’ai eu la chance de travailler avec son fils à l’assemblée législative, il y a 25 ans passées. Son nom était Jean-François, si ma mémoire est bonne. Il est également décédé, malheureusement. Jean-François était adjoint au bureau Toronto de Jean Poirier, M.P.P., et moi à son bureau de Hawkesbury.

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