Ça sent l’élection à plein nez

Ce « Message important aux résidants de l’Ontario âgés de 65 ans ou plus » tombe à point pendant la campagne électorale provinciale et la publicité dans l’édition du 7 octobre 1971 sentait la politique à plein nez. « Le 1er janvier 1972, les paiements de primes d’assurance médicale et d’hospitalisation seront abolis pour tous les résidents de l’Ontario âgés de 65 ans ou plus. Ceci suivant la politique du Gouvernement de l’Ontario annoncée récemment. »

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Vous vous souvenez sans doute au billet dans lequel je me suis référé à Marcel Leroux et à sa ferme de Lemieux. Le glissement de terrain du 17 mai 1971 avait emporté une soixantaine d’âcres de sa ferme. Cette fois, dans l’édition du 7 octobre 1971, il est question des dix vaches qu’il a retrouvées mortes empoissonnées. « Les vaches auraient succombé après avoir absorbé du poison utilisé par le ministère des Terres et Forêts pour le contrôle des arbres dans la Forêt Larose. Une partie de cette forêt expérimentale est située à côté de la ferme Leroux et la clôture n’était pas en bonne condition. » Les carcasses avaient été retrouvées près des seaux contenant le poison en question. Ce n’était décidément pas une bonne année pour Leroux.

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Quelque 200 Franco-Ontariens se réunissent à Niagara Falls pour l’Opération anti-assimilation lancée par l’Association canadienne-française de l’Ontario. Les comtés unis de Prescott et Russell y sont évidemment représentés. L’édition du 7 octobre 1971 du journal Le Carillon fait référence à ce rassemblement de la fin de semaine précédente. Il y est évidemment grandement question des lendemains de la commission présidée par Thomas Symons, le président de l’Université Trent de Peterborough, chargée d’étudier la loi 141 et la situation scolaire des francophones de l’Ontario. L’ACFO avait affirmé que la loi 141 adoptée en 1969 « constituait un pas dans la bonne direction », mais « le manque de précision de cette loi et la trop grande latitude qu’elle laisse aux commissions scolaires régionales ont toutefois valu aux Franco-Ontariens toutes sortes de tracasseries que seules des modifications législatives peuvent prévenir ».

« Les participants au colloque de fin de semaine ont d’ailleurs recommandé de bannir les expressions ‘écoles bilingues’ et ‘classes bilingues’ qui ne sont que des formes déguisées pour désigner l’assimilation légale et polie des francophones qui fréquentent ces institutions. (…) Les principes de l’ACFO demandant donc l’établissement de deux systèmes basés sur les langues, soit le français et l’anglais. Actuellement, les divisions sont basées sur la religion, soit catholiques et protestantes. » Pour l’ACFO, « les modifications énumérées sont jugées comme étant une solution temporaire qui devra être suivie d’une solution plus profonde qui s’attaquera à la racine du mal, soit le manque de pouvoirs des francophones au sein des structures administratives. » Ce n’était qu’un débat parmi tant d’autres pendant un si grand nombre d’années en Ontario.

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