Des « séparatistes » à Hawkesbury

« La séparation de Hawkesbury des comtés unis remonte à la surface » selon le titre d’un article dans l’édition du 29 avril 1971 du journal Le Carillon. Ce n’était pas la première fois qu’il en était question, mais c’est la première fois que le sujet était abordé lors d’une réunion publique réunissant des représentants des différents clubs sociaux de Hawkesbury. Le dentiste Henri Larocque n’y était pas allé par quatre chemins. Il avait « demandé si la ville de Hawkesbury payait $463,000 pour aider les cultivateurs, qui profitent déjà d’une réduction de 25 p. cent de leurs taxes, pour alléger le fardeau des taxes scolaires ». Larocque s’était interrogé « sur l’utilité d’être associé au Conseil des comtés unis, si la ville n’obtient pas les services en proportion des argents déboursés ». Hawkesbury n’était pas la seule ville à se poser cette question, Cumberland, Rockland et Russell l’avaient fait à maintes reprises. C’était la nature d’une structure de gouvernement régionale. L’ancien préfet Germain Tessier avait rappelé aux participants « qu’il y avait peu d’espoir que Hawkesbury se sépare des comtés, puisque le gouvernement provincial ne le permettra plus, la tendance étant aux gouvernements régionaux ». Aujourd’hui, les gouvernements régionaux et les municipalités fusionnées sont la norme en Ontario, comme au Québec d’ailleurs.

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Les pauvres députés fédéraux et les sénateurs n’avaient pas eu d’augmentations salariales depuis huit ans. Le gouvernement Trudeau a voulu corriger la situation et il en question dans Le Carillon du 29 avril 1971. « Les députés fédéraux et les sénateurs recevront désormais respectivement $26,000 et $22,000 par année si la Chambre des communes adopte le projet de loi que vient de déposer le gouvernement Trudeau. » Le gouvernement proposait en effet « de porter de $12,000 à $18,000 le salaire de base des députés, tandis que leur allocation de dépenses passerait de $6,000 à $8,000. Cette allocation n’est pas taxable. » Dans le cas des sénateurs, le salaire de base était identique à celui des députés, mais « leur allocation de dépenses passerait de $3,000 à $4,000, soit $22,000 par année au lieu de $15,000 ». C’était quand même supérieur à la moyenne de bien des gens à cette époque. En 2011, le salaire de base d’un député aux Communes est de 157 731 $ par année, en plus de toutes sortes d’allocations.

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Sous l’administration du maire Yvon Montpetit, encore toute nouvelle en ce printemps de 1971, les « chicanes » étaient fréquentes autour de la table du Conseil, comme l’avaient démontré les débats entourant l’embauche d’un ingénieur municipal. Plusieurs têtes fortes siégeaient à la même table. Dans l’édition du 29 avril 1971, un article y fait référence. « Les divergences d’opinions sont essentielles au bon déroulement d’une assemblée ‘législative’. Le maire Yvon Montpetit a insisté lundi soir sur le fait que le Conseil municipal est un corps ‘législatif’ et non ‘exécutif’ et que les différences d’opinions sont nécessaires, utiles et essentielles si l’on veut de bonnes décisions ». Voilà, ses propos sont toujours pertinents 40 ans plus tard, mais le public n’accepte pas toujours que ses élus se « chicanent » constamment. Et Montpetit de conclure à l’époque que « le ‘spectacle’ de la semaine dernière était peu important comparé à ceux qui se déroulent quotidiennement à la Chambre des communes ou au Sénat américain ». Le récent débat sur le plafonnement de la dette américaine a confirmé la pertinence des propos de l’ancien maire Montpetit quatre décennies plus tard.

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