Un juge promet d’être sévère avec les juvéniles

Dans l’édition du 11 septembre 1969 du journal Le Carillon, un article consacré à des déclarations du juge Jean-Louis Cloutier, de la Cour provinciale, division familiale. Cloutier « s’est promis d’être très sévère à l’endroit des jeunes qui enfreindront les lois et des adultes qui ne respecteront pas les clauses de la loi se rapportant aux juvéniles ». Il se référait précisément aux règlements de la route, sur la vente des cigarettes aux juvéniles, le couvre-feu et le travail des juvéniles. Pour ce qui est de la route, il parle du problème des bicyclettes et des jeunes cyclistes qui enfreignent les lois régissant leur utilisation.

Et quant au couvre-feu, j’avais oublié qu’il y avait une loi à cet effet à l’époque. « Un jeune homme de moins de 16 ans, c’est-à-dire un juvénile, ne doit pas être sur la rue après 22 heures, à moins d’être accompagné de ses parents. » L’article ne précise pas pourquoi il se référait particulièrement à « un jeune homme »; j’imagine que cette loi s’appliquait autant aux jeunes filles.

* * *

Paul Huneault (Marcel Desjardins) titre sa rubrique du 11 septembre : « Le cancer de l’anglicisation fait son œuvre ». Il écrit : « Un fait est passé inaperçu dans l’activité de la rentrée scolaire en Ontario. Un peu partout en Ontario, dans le sud surtout, les parents francophones ont oublié de se prévaloir de leurs droits et ne réclamaient pas toutes les classes francophones auxquelles ils ont droit. Plus près de nous, au Collège Algonquin, à Ottawa, les élèves francophones de l’Est de l’Ontario, des comtés de Prescott et Russell, comme des comtés d’Ottawa fermaient les yeux sur les cours offerts en langue française pour s’inscrire aux cours dispensés en langue anglaise. » La Cité collégiale n’existait pas encore bien sûr.

Huneault notait d’ailleurs que la Loi sur les langues officielles était en vigueur au Canada depuis le dimanche précédent. Il rappelait aussi que le projet de loi 140 de l’Ontario conférait « aux francophones des droits chèrement gagnés et revendiqués par quelques générations ». Huneault se demande également « si les tenants du statu quo de l’École secondaire régionale de Hawkesbury n’ont pas raison et s’il ne faut pas, sous le prétexte de mieux, de toujours mieux parler la langue de Shakespeare, pour monter, pour toujours monter plus haut dans l’échelle sociale, il ne faut pas accepter de se laisser angliciser à petits feux. » La question était posée en 1969.

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