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Le succès de la chanteuse Monique Brunet

Bien avant le succès phénoménal de Véronic DiCaire, notre région avait eu une autre chanteuse populaire. Le Carillon du 20 juillet 1967 nous apprend que la chansonnière Monique Brunet, de Rockland, mais née à Embrun elle aussi, participera au Festival de la chanson française de Spa en Belgique. Elle avait soumis six de ses compositions pour obtenir le privilège d’y participer. Monique y remportera d’ailleurs le grand prix de 40 000 francs belges (environ 800 $ canadiens). Pendant son séjour en Belgique, elle a d’ailleurs enregistré pour la compagnie RCA-Victor, en plus de prestations à la télé et radio belge.

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Décidément, il y a des phénomènes bizarres à Hawkesbury et dans la région. Après le chat volant et autres bibittes, voilà une photo à la une du 27 juillet qui montre la trouvaille de Micheline Paquette et Ginette Chartrand dans un petit ruisseau près du Pleasant Rest Nursing Home de la route 34… une grenouille à cinq pattes… rien de moins. Le bas de vignette précise que la « bête » mesure trois pouces de la tête au bout de la patte… la cinquième il va sans dire!!!

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A little bit of Monica in my life,
A little bit of Erica by my side.
A little bit of Rita’s all I need,
A little bit of Tina’s all I see.
A little bit of Sandra in the sun,
A little bit of Mary all night long.
A little bit of Jessica here I am,
A little bit of you makes me your man!!!!!!!!
Mambo number five.

Vous vous souvenez forcément de cette chanson « Mambo number five », succès planétaire il y a quelques années. (C’est la chanson qui jouait dans une boutique en entrant au Mont St-Michel lors de notre visite.) L’édition du 27 juillet 1967 du journal
Le Carillon, en pages 8 et 9, m’a fait sourire pendant mes recherches. Des annonces des hôtels du coin moussent leurs danseuses respectives : Dodo au Seigneurie de Papineauville, Mista au Sportsman Inn de Pointe-au-Chêne, Lia au Long-Sault de Grenville, Rita au Monette de Papineauville et Louise au York de Calumet. Toutes la même fin de semaine du 28 au 30 juillet. Au Bridge Inn de Hawkesbury, il fallait se contenter de « Musique stéréo – T.V. en couleurs, de midi jusqu’à 1 heure du matin! »

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Une campagne contre les jeunes et les cigarettes

L’édition du 13 juillet 1967 du journal Le Carillon fait état d’une « campagne contre les jeunes et la cigarette ». Comme vous voyez, la lutte au tabagisme n’est pas nouvelle. L’article cite le sous-chef de la Sûreté municipale, Rémi Lecôt, voulant que les autorités policières avaient décidé de faire respecter « sévèrement » la loi fédérale sur la protection des mineures régissant la vente des cigarettes aux jeunes de moins de 16 ans, l’âge minimum qu’il fallait avoir pour s’en procurer. En Ontario, vous ne pouviez boire que cinq ans plus tard!

Le sous-chef Lecôt explique : « Les défauts engendrés par le fumage de cigarettes à l’âge précoce sont très nombreux; les tissus du cerveau peuvent être affectés et peuvent occasionner un ralentissement des facultés intellectuelles (la plupart des cas de faillites dans les dernières classes du primaire sont souvent des cas de jeunes fumeurs). Le fumage à bas âge entraîne également des accrocs dans les sentiments d’honnêteté des jeunes: l’on fume en cachette, l’on manque de cigarettes, où trouver l’argent nécessaire, l’on vol pour pouvoir se fournir en cigarettes… qui vole un œuf, vole un bœuf; vous pouvez tirer les conclusions vous-mêmes ». Voilà pour l’explication officielle de la police de l’époque. Le sous-chef Lecôt précisait même que « les policiers n’étaient pas pour se laisser influencer, parce qu’il fallait à tout prix enrayer ce fléau ».

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Comme dans l’édition du 13 juillet 1967, la plupart des municipalités de la région publiaient, sous forme d’annonce, leur bilan financier annuel. Ça c’était la transparence! Ainsi, le Village de St-Isidore-de-Prescott annonce un surplus budgétaire de 679,43 $ pour 1966, soit des revenus totaux de 48 616,28 $ par opposition à des dépenses totales de 47 936,85 $. De ce dernier montant 10 335,27 $ avaient été versés au Conseil des comtés unis et 17 711,55 $ aux commissions scolaires.

Contexte du temps

Vous pouviez louer un logis sur la rue William, de « deux chambres à coucher, cuisine, salon et chambre de bain » pour 40 $ par mois. – Un certain L. Charbonneau voulait vous vendre « 3 ponies de bonne qualité; 2 juments noires, $95 chacune; 1 étalon, 1 an, $65 ». – Carkner Office Supply vous offrait de vous louer une « dactylo » pour 7,50 $ par mois ou 18 $ pour trois mois. – Le magasin R. Farmer vendait en spécial des costumes de bain pour fillettes pour 97 cents l’unité. – Pour les femmes, c’est Ray Bilodeau, à sa boutique Au Salon Blanc, qui offrait ses costumes de bain entre 6 $ et 16 $. – Au Lapointe IGA de Hawkesbury, la douzaine d’oranges vous revient à 59 cents.

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Les élections municipales et scolaires seront aux trois ans

Dans l’édition du 15 juin 1967 du journal Le Carillon, on apprend que « dorénavant à Hawkesbury les électeurs voteront à tous les trois ans ». C’est que jusque-là, les élections municipales et scolaires se déroulaient à tous les deux ans. « Par les années passées, le Conseil, à sa première année, devait parfois réparer les erreurs du Conseil précédent et s’adapter à leur nouveau poste; l’année suivante, il fallait faire attention aux décisions et projets, afin de ne pas trop impliquer le Conseil qui serait élu pour l’année suivante ». Voilà pour la démocratie du temps.

En d’autres mots, il ne se passait pas grand-chose. « Avec la nouvelle procédure, le champ d’action des administrateurs municipaux sera passablement accru et l’administration en sera également meilleure. » Plus tard, la durée des mandats municipaux et scolaires est passée à quatre ans, ce qui laisse deux années aux élus pour agir au lieu d’une seule, et le contrôle des mandats est devenu une juridiction provinciale.

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Une annonce anodine pour l’époque en page 31 de l’édition du 22 juin 1967. « expo67 la cigarette des hommes… que les femmes désirent. Le tabac de Virginie à son meilleur. » Elles désirent quoi au juste les femmes… cette cigarette ou « des hommes »? J’imagine que seule l’agence de publicité le savait!

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Deux photos côte-à-côte à la une de l’édition du 29 juin : le Couvent du Sacré-Cœur dont la démolition avait commencée le 23 juin, et une partie de la nouvelle école Paul VI qui allait accueillir ses premiers élèves quelques mois plus tard. Le couvent était là depuis un demi-siècle. Ma femme y avait commencé sa carrière de 35 ans en enseignement.

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Dans l’édition du 6 juillet 1967, on apprend que la ville de Hawkesbury pourrait être dotée de logements à prix modiques. Le concept était relativement nouveau et la Société centrale d’hypothèques et de logements facilitait la construction de tels logements. Les trois paliers de gouvernement les finançaient. Il s’agissait de construire des logements pour les familles dont les moyens financiers sont restreints. L’autre but était « d’éliminer les secteurs des taudis, qui détruisent sensiblement la beauté d’une ville ». L’article fait référence spécifiquement aux sections « surtout dans l’est et dans l’ouest, qui seraient soulagés de ces taudis ». Les loyers étaient en fonction des revenus des familles locataires. C’est vrai qu’à cette époque, dans certains vieux quartiers de Hawkesbury, les logements étaient réellement misérables. Plusieurs années plus tard, alors que j’étais conseiller municipal, j’ai représenté le Conseil au conseil d’administration de ces logements.

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Une guerre a des répercussions partout

Dans l’édition du journal Le Carillon du 8 juin 1967, les lecteurs apprennent que « le premier conflit israélo-arabe dans le monde a obligé de nombreux Canadiens, tant civils que militaires, à se réfugier dans un pays plus sûr ». L’article fait référence à Angéline Legault-Rochon, de Sarsfield, « qui dut quitter son mari, officier de sécurité au service civil de l’Organisation des Nations Unies à Jérusalem ». Tout avait commencé quand le président égyptien Gamal Abdel Nasser avait refusé l’accès aux pétroliers israéliens dans le golfe d’Aquaba, la Jordanie, l’Égypte et quelques autres pays. Nasser avait obligé tous les Canadiens et les Américains à quitter Jérusalem dans les quarante-huit heures. Les conflits dans cette région du monde n’ont jamais réellement cessé.

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Dans la même édition, un bas de vignette mentionne que « Gilles Gratton, fils de M, et Mme Eugène Gratton, de Casselman, a reçu son diplôme récemment de l’école de médecine vétérinaire de l’Université de Guelph ». Gilles Gratton, d’Embrun, a reçu le Prix Richelieu de la Francophonie 2010 ainsi que la médaille du Président du Richelieu International. Il s’agit des deux plus grandes distinctions de l’organisme voué à la jeunesse et à la Francophonie.

Au cours de sa longue carrière de vétérinaire à Embrun, de 1967 à 1996, Gilles a toujours été tenace dans la défense des services en français. Il a joué un rôle important lors de la fondation du premier collège francophone d’agriculture en Ontario, le Collège d’Alfred. Gilles a également participé à la relance du Banquet de la Francophonie de Prescott et Russell en 2007.

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Je vous en ai parlé dans un billet précédent (celui du 24 mars). Ainsi, la manchette du journal Le Carillon du 15 juin 1967 reflète l’aboutissement de longs mois de démarches de la part de divers niveaux, depuis les gens d’affaires locaux jusqu’au député fédéral Viateur Éthier, en passant par le Conseil municipal. Le ministre canadien de l’Industrie, James Drury, annonce que la ville de Hawkesbury et sa région immédiate a officiellement été proclamée « zone défavorisée ». C’est ce que le Conseil municipal souhaitait, surtout depuis l’élection des membres de la Ligue du réveil civique. Ils avaient toujours jugé que le progrès de la ville dépendait d’une telle désignation à cause des avantages fiscaux pour les entreprises qui en découleraient.

En fait, aussitôt dit aussitôt fait. Le Conseil veut doter la ville d’un parc industriel le plus rapidement possible, ce qui permettrait d’offrir aux industries intéressées à s’installer à Hawkesbury un choix de terrains sur-le-champ. La ferme Cameron, au sud de la ville, est choisie et « la ville pourrait acheter ladite ferme pour le somme de 70 000 $, sans intérêts, et payable à raison de 10 000 $ annuellement ». La ferme représente une superficie de 225 acres. Essayez d’acheter un tel terrain pour cette somme aujourd’hui.

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Les fermetures d’usine, ce n’est pas d’aujourd’hui

Dans son édition du 18 mai 1967, Le Carillon parle du coup dur qui frappe le petit village de Calumet, au Québec, à quelques milles de Grenville. La Compagnie internationale de papier (la CIP) annonce qu’elle ferme sa scierie de Calumet. La décision touche les 130 employés de cette scierie vieille de 55 ans. Le pin blanc, principale source d’approvisionnement pour cette scierie, n’existe plus en quantité suffisante dans la région.

En fait, l’histoire de la scierie remonte à bien plus que 55 ans. Alex Baptist avait érigé la première scierie en 1888. Après une débâcle en 1889, Sir George Perley, d’Ottawa, en a fait l’acquisition. (Je ne sais pas s’il s’agit du Perley qui a laissé son nom à l’ancien pont qui reliait Hawkesbury à Grenville.) En juillet 1911, la scierie est détruite par les flammes, mais reconstruite peu de temps après. Perley la vend ensuite à la Riordon Pulp and Paper Company, qui fait faillite. La CIP l’achète en 1925. Pendant ses belles années, la scierie produisait 30 millions de pieds de planche chaque année. Il en faut des arbres! Calumet ne s’est jamais remise de cette fermeture, bien que le village soit toujours là bien sûr.

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Dans Le Carillon du 1er juin 1967, l’Hydro de Hawkesbury écrit que « Pour quelques sous par jour, une laveuse automatique moderne vous libérera de la corvée du lavage de vaisselle, Elle lave et rince automatiquement votre vaisselle. Achetez-en une immédiatement. » En 2011, l’Hydro-Ontario, elle, vous rappelle que la laveuse automatique exige beaucoup d’énergie et qu’il est préférable de ne l’utiliser que tard le soir ou même la nuit. Autre temps, autre message.

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Un des pires incendies de l’histoire de Hawkesbury

Quatre pages dans l’édition du 27 avril 1967 du journal Le Carillontraitent d’un des pires incendies de l’histoire de Hawkesbury. Une partie du secteur commercial de la rue Principale s’envole en flammes. Pas moins de 56 personnes, qui occupaient des logements à l’étage des commerces, « attendent du secours ». Plusieurs hommes d’affaires se donnent d’ailleurs la main pour organiser une grande campagne de sollicitation de fonds et venir en aide aux neuf familles délogées et trois personnes seules. On comptait 36 enfants dans ces familles (dont une avec huit, une autre avec sept, une autre avec six, deux avec cinq). Aucune famille n’était assurée. L’effort communautaire qui suivrait avait été extraordinaire. La une du journal est consacrée à ces efforts, alors que la description de l’incendie est reléguée aux pages suivantes.

Quant aux commerces touchés, l’incendie du 20 avril avait réduit en cendres Dalfen’s, Bond Clothes et la Pharmacie Dumont et avait endommagé sérieusement l’hôtel
King Edward. Le vent avait transporté des tisons jusqu’à une rue plus au sud, mettant même le feu au toit d’une résidence privée. Les fenêtres des édifices du côté sud de la rue Principale avaient éclaté sous l’effet de la chaleur intense du brasier (dont celles du bureau de poste). Au journal, nous avions eu peur. Notre atelier et nos bureaux étaient situés dans une rue transversale et le mur arrière donnait sur les édifices en flammes. Il n’y avait pas eu de dommage dans notre cas.

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Cette nouvelle relègue au deuxième plan le choix d’Albert Bélanger, un homme d’affaires de Sarsfield, comme candidat conservateur aux prochaines élections provinciales. On sait que le député Cécile avait démissionné et qu’il avait été assermenté juge de la cour provinciale. Bélanger avait été préféré à d’autres candidats solides et très connus, plus connus en fait que Bélanger : Lomer Carrière, de Hawkesbury (justement copropriétaire de l’hôtel King Edward brûlé), Albert Cadieux et Jean-Guy Durocher, eux aussi de Hawkesbury, Gérard Chartrand, de Lefaivre, et Ernest Brisson, de Casselman. Il avait fallu cinq tours de scrutin parmi les 228 délégués pour en arriver au choix final. Bélanger aurait gagné de justesse selon le reportage. Je reviendrai sur ce député au cours des prochains mois.

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L’aide juridique fait son entrée en Ontario

Dans l’édition du journal Le Carillon du 6 avril 1967, une pleine page de publicité (ou presque) vante les mérites du nouveau régime d’aide légale de l’Ontario, en vigueur depuis le 29 mars.

L’aide juridique, comme on l’appelait, avait été conçue pour aider les personnes qui n’avaient pas les moyens de payer les honoraires des avocats. « L’incapacité de payer son avocat est un des derniers obstacles à la justice selon la loi. Mais ce problème n’existe plus en Ontario. » C’est la Law Society of Upper Canada qui avait été mandatée pour gérer ce nouveau système provincial qui « garantit qu’aucun citoyen de l’Ontario ne sera privé de ses droits légaux à cause de l’insuffisance de ses moyens ». Dans la région, c’était
Me Roch Lalande qui gérait ce nouveau service. MeLalande deviendra plus tard juge de la Cour provinciale, division de la famille, à L’Orignal.

La publicité précisait que la personne avait le choix de son avocat, « puis on prend une décision quant à la partie des frais que, le cas échéant, vous pourrez acquitter ». La publicité s’empressait d’ajouter que « ni le tribunal ni le public ne savent que vous bénéficiez d’une aide légale. C’est un secret entre vous et votre avocat. » Finalement, l’annonce décrivait le régime comme « la solution la plus progressive au monde, face au problème de l’aide légale », après tout, l’Ontario était la « province d’avenir » comme le clamait son slogan de l’époque. Aujourd’hui, c’est un service tenu pour acquis dont on n’entend presque jamais parler.

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Une simple photo en page 4 de l’édition du 13 avril 1967 du journal Le Carillon.
Fred Geizendanner, propriétaire de la compagnie Montebello Metal, remet un chèque
de 4 982,40 $ à Marcel Gélineau, le président de l’Association d’investissement industriel de Hawkesbury, pour l’achat d’un terrain d’environ quatre acres à Hawkesbury. Montebello Metal allait s’y installer et progresser avec les années. C’était le point de départ de la croissance industrielle de Hawkesbury, autre que la CIP.

Fred Geizendanner était un industriel très sympathique et très impliqué dans la communauté. Il était membre du club Rotary et avait répondu généreusement à l’appel qu’avait lancé l’Association locale d’aide aux déficients mentaux pour permettre aux personnes affligées de ce handicap d’intégrer le marché du travail. C’était toute une nouveauté à l’époque et je me souviens de m’être rendu à son usine pour faire un reportage sur ses premiers employés déficients intellectuels. Il leur confiait des tâches répétitives parce que ces employés excellaient à ce type de tâches. Montebello Metal était spécialisée dans la fabrication de tubes pliants (pâtes dentifrices, crèmes et même tubes à cigares).

Montebello Metal est toujours là au coin de la rue Cameron et Aberdeen.

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Toujours dans l’édition du 13 avril, un court article pour annoncer qu’Huguette Burroughs, de L’Orignal, avait remporté les grandes compétitions provinciales du concours de français pour les écoles secondaires de l’Ontario. Chez les garçons, Denis Pommainville, de Limoges. Toute une histoire pour ces deux-là.

Huguette était alors correspondante du journal Le Carillon à l’École secondaire régionale de Hawkesbury. Elle signait une chronique hebdomadaire sur les faits et gestes dans cette école. Elle est devenue par la suite correspondante pour le village de L’Orignal. Plus tard, elle est passée au journalisme radiophonique et est devenue sans doute la personnalité francophone la plus connue de Cornwall. Lors de ses funérailles à Cornwall il y a quelques années, l’église était bondée. La dernière fois que je l’ai vue, c’était au mariage de sa nièce sur un bateau à Gatineau. Huguette était une femme extraordinaire qu’un handicap (cécité partielle) n’avait jamais arrêtée. Son frère Charles était journaliste au Carillon avec moi. En fait, nous avons travaillé ensemble plus de 20 ans au journal et quelques années à Postes Canada par la suite. Il a pris sa retraite du journal Le Droit il y a quelques années.

Quant à Denis Pommainville, il est devenu extrêmement connu. Criminaliste tant en Ontario qu’au Québec, il a été actif en politique municipale dans son patelin pendant de très nombreuses années. En fait, peu d’adversaires osaient se présenter contre lui et il a été réélu maire de Cambridge/La Nation à plusieurs reprises. C’est lui qui a piloté le dossier du Parc aquatique Calypso dans sa municipalité et qui est rapidement devenu une attraction touristique majeure à sa première année d’exploitation en 2010. Denis n’a pas sollicité un autre mandat lors des élections municipales de novembre 2010 et a pris sa retraite comme avocat.

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Dans l’édition du 20 avril, on apprend que Campeau Construction, d’Ottawa, établira deux chaînes de montage de sa filiale Allied Building Supplies (ABS) à Alfred : une pour les laveuses à vaisselle Blanchard (un appareil qu’on installait sur le dessus de l’armoire à côté de l’évier) et une pour les cloisons mobiles Divisorwall. Campeau installait la laveuse Blanchard dans toutes les nouvelles maisons qu’il construisait Ottawa. Quant aux cloisons, exclusives à Campeau, elles avaient été utilisées dans son projet Continental Towers et Place de Ville à Ottawa et au Château Maisonneuve à Montréal, entre autres. Robert Campeau avait épousé une fille d’Alfred, la fille de M. et Mme Philippe Cadieux. Son beau-frère Alban Cadieux était d’ailleurs président d’ABS. Plusieurs membres de la haute direction de Campeau et d’ABS étaient originaires d’Alfred.

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Le rêve d’un parc comme tremplin économique

Dans Le Carillon du 2 mars 1967, un long article indiquant que « Le Parc Dollard-des-Ormeaux sera un tremplin économique ». C’est un représentant d’Hydro-Québec qui avait été conférencier à la Chambre de commerce de Hawkesbury. Paul Talbot expliquait les grandes lignes d’un projet grandiose d’aménagement d’un parc qui s’étendrait du barrage hydroélectrique de Carillon, à l’est, jusqu’à Pointe-Gatineau, à l’ouest, en passant bien sûr par ce qui allait devenir la réserve faunique de Plaisance.

Il s’agissait d’un projet d’Hydro-Québec dans le cadre du centenaire de la Confédération canadienne (nous sommes en 1967 ne l’oublions pas). Il avait insisté sur l’importance de ce projet comme tremplin économique. « M. Talbot a précisé que les statistiques prophétisent que la population encerclant le Parc dans les années 1985 atteindra les cinq millions ». Cinq millions d’habitants en Outaouais! Le temps, bien sûr, a démontré que rien de tout ça ne s’est matérialisé, sauf le petit parc à Carillon et la réserve faunique à Plaisance.

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Signe des temps. Dans Le Carillon de l’époque, les femmes sont toujours identifiées par le prénom et le nom de famille de leur mari avec l’indication « née xxx » entre parenthèses. Par exemple, Mme André Landry (née Suzanne Danis). Je les nomme parce que c’était des amis à l’époque et que j’ai perdus de vue. C’était il y a 45 ans. Heureusement, les temps ont changé. Au Québec, les femmes ont le droit et l’obligation de conserver leurs noms depuis longtemps.

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Publicité dans l’édition du 9 mars : Michel Charbonneau, qui est aujourd’hui juge à la Cour provinciale, est le metteur en scène de la pièce Le Malade imaginaire que présentera le théâtre L’Onyx à la salle du Christ-Roi. C’était bien avant le Cercle Gascon et le Cercle Gascon II. Michel était aussi le responsable « jeunesse » au sein de la St-Jean-Baptiste locale.

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Vous avec forcément attendu parler des gaz de schiste et des plaintes de nombreux Québécois à cet effet. À la une du journal Le Carillon du 16 mars 1967, une photo de la compagnie Consumer’s Gas, de Welland (Ontario), qui effectue des opérations de forage sur la ferme de feu D.C. McCrimmon, près du petit hameau qui porte son nom (McCrimmon’s Corner) au nord d’Alexandria. On y cherche de l’huile ou du gaz. Ce fut bien sûr une perte de temps. Personne n’avait critiqué l’opération dans les journaux de l’époque.

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St-Isidore aurait pu être anéantie

L’année 1967 n’est pas trop fertile en nouvelles importantes ou intéressantes dans les premières éditions du journal Le Carillon. Celles-ci comportent surtout des photos sur les carnavals de la région, les diverses nominations habituelles de début d’année et des thèmes plutôt ordinaires. C’était comme ça chaque début d’année.

Il faut attendre l’édition du 16 février 1967 pour trouver quelque chose d’intéressant. Un titre clame que : « Si le vent avait soufflé en sens inverse… Le village de St-Isidore-de-Prescott aurait pu être anéanti au complet ». L’article se référait bien sûr à l’incendie majeur qui avait détruit la meunerie de Maurice Lamoureux et la manufacture de portes et fenêtres de Roger Ménard. Le feu aurait pris naissance dans la partie supérieure de l’élévateur à grains de M. Lamoureux par suite de la surchauffe d’une courroie. Une centaine de pompiers volontaires avaient combattu les flammes pendant presque toute la journée de ce samedi 11 février. Les dommages étaient supérieurs à 275 000 $, ce qui était énorme pour l’époque. Heureusement, les deux proprios ont pu sauver leurs papiers importants et dans le cas de Roger Ménard, son coffre-fort. Les 25 employés de la meunerie et la quarantaine de chez Ménard étaient de retour au travail le lundi suivant, les deux ayant pu reloger leurs opérations très rapidement.

« Ironie du sort, lit-on en encadré, les pompiers volontaires de St-Isidore avaient reçu un nouveau camion-pompe vendredi et avaient rempli d’eau le réservoir de 700 gallons samedi matin, quelques heures seulement avant le début de l’incendie. (…) Les volontaires n’avaient pas encore eu la chance d’essayer le camion. » Ce dut être un sacré bon exercice!

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Dans cette édition du 16 février, en référence au Conseil des comtés unis de Prescott et Russell, on peut lire et entrefilet : « Le Comité sur la vente et la promotion du livre Histoire des comtés unis de Prescott et Russell, rédigé par Lucien Brault, suggère que l’on étudie la possibilité de donner le livre en question à des élèves de huitième année (ou sept et huit) puisqu’il s’est avéré presque impossible de se débarrasser (c’est le mot utilisé)des éditions nombreuses par la vente. » Dans une édition subséquente, sans doute en réaction à des commentaires défavorables, cette décision avait été positionnée comme étant un « projet du Centenaire ». Il n’en reste pas moins que quelqu’un avait tout simplement commandé beaucoup trop d’exemplaires de ce livre de Lucien Brault.

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Vous aurez compris que l’abondance des bureaux de poste est quelque chose que je déplore. Déformation professionnelle de mon long passage à Postes Canada. Quoi qu’il en soit, toujours dans l’édition du 16 février 1967, le ministre fédéral des Travaux publics annonce qu’un bureau de poste sera construit à St-Isidore. L’entrepreneur A. Séguin, de St-Eugène, le construira au coût de 24 935 $. Il n’y a pourtant pas d’élection fédérale en perspective… mais vaut mieux se préparer, j’imagine. Et le nom du député Viateur Éthier n’est pas dans l’article, ce qui est plutôt surprenant. Le bureau de poste est toujours là; comme tous les autres construits à l’époque…, moratoire libéral/conservateur oblige!

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Une garderie voit le jour à Hawkesbury

Dans l’édition du journal Le Carillon du 29 décembre 1966, on nous apprend que le Conseil municipal a adopté un règlement créant l’École prématernelle de Hawkesbury Nursery School. C’était une décision avant-garde. Un groupe de femmes influentes de la ville militait depuis quelque temps pour doter la ville d’une structure de garderie municipale.

La garderie était « fondée pour les parents (pères ou mères) qui doivent s’absenter le jour à cause du travail obligatoire pour vivre ». Est-ce possible que l’on écrivait ainsi? La garderie est destinée aux enfants des contribuables de Hawkesbury, mais si l’espace le permet, les enfants de l’extérieur pourront la fréquenter moyennant des frais de « 30,00 $ mensuellement ». Près de 80 p. cent des frais d’exploitation seront défrayés par des subventions provinciales. La première garderie prématernelle allait s’installer dans un local de la rue Principale, en face du presbytère de la paroisse St-Alphonse. Sa première « directrice » serait Jacqueline Lafrenière. Plus tard, la prématernelle s’est installée dans le nouvel hôtel de ville, sous la bibliothèque municipale. Mes deux enfants l’ont fréquentée. Elle existe toujours et porte aujourd’hui le nom de « Garderie Centre éducatif soleil des petits Jacqueline Lafrenière »… comme il se doit.

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Une pleine page en cette fin décembre pour annoncer le « Concours premier bébé 1967 ». Il me semble qu’il aurait fallu publiciser ce concours au mois de mars ou à la St-Valentin, pour que les parents se préparent, non?

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En cette fin de 1966, il y avait encore quatre cinémas dans la région : le Régent de Hawkesbury, le Laurentien de Grenville, le Cartier de Rockland et le Cinéma Lachute. L’Ottawan avait fermé ses portes à Hawkesbury il y a quelques années. Ce dernier cinéma me rappelle un souvenir : le clown Clarabell, de la populaire émission The Howdy Dowdy Show, avait été de passage pour rencontrer les enfants. Ce clown ne « parlait » qu’à l’aide d’un petit klaxon.