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Pauvres libéraux, ils manquent de crédit politique

La campagne électorale du printemps de 1979 est ponctuée de petits incidents intéressants. Le libéral sortant Denis Ethier affirme que le gouvernement fédéral se sent lésé dans le cadre des programmes partagés parce que les provinces prennent tout le crédit politique. Le candidat progressiste-conservateur Gordon Johnson affirme, sans fournir de preuves, que des gens lui téléphonent et lui offrent de rembourser ses dépenses électorales s’il retire sa candidature. Quant au candidat néo-démocrate Paul de Broeck, il veut convertir l’école Champlain en pénitencier fédéral et reproche aux maires des municipalités de Prescott et Russell de participer trop activement à des activités politiques partisanes. Il leur reprochait d’avoir été en avant-scène lors du congrès libéral. Ce ne sont que quelques exemples. Tous ces éléments font l’objet d’articles dans Le Carillon du 18 avril 1979. Et on apprend dans le journal du 28 avril que Gary O’Brien sera le candidat du Parti marxiste-léniniste dans Glengarry-Prescott-Russell.

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« Six conseillers sur 12 sont donc en conflit d’intérêts, directement ou indirectement, lors de négociations avec les enseignants pour leur contrat de travail et le quorum au Conseil des écoles catholiques de Prescott et Russell est fixé à 50 p. cent des membres plus un, soit sept membres. » C’était une des conclusions d’un rapport par la firme Gowling et Henderson sur les risques de conflits d’intérêts autour de la table du conseil. L’étude avait été commandée par le président du CECPR, Jacques Prévost, lui-même en position de conflit d’intérêts étant marié à une enseignante. C’était aussi le cas du vice-président Jean-Roch Brisson. Rolland Saumure, Roger Cayer et Yves St-Denis étaient des enseignants ou directeurs d’école dans d’autres conseils, mais la firme d’experts-conseils avait conclu que toute décision d’un conseil scolaire a une certaine influence sur les conseils environnants. Jacqueline Lafrenière était directrice d’une école prématernelle. On en parle dans Le Carillon du samedi 28 avril 1979. Le président Prévost avait commandé l’étude sans en parler aux membres du Conseil. Souvenez-vous que je vous avais raconté que mes adversaires politiques, lorsque j’avais posé ma candidature à ce même conseil scolaire, avaient fait campagne en disant à tout le monde que je serais toujours en position de conflits d’intérêts.

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Le sort de l’école Champlain d’Alfred est décidé depuis longtemps, mais on ne sait trop quoi en faire quand les jeunes délinquants n’y seront plus. Dans le journal du 16 mai 1979, on apprend que le député provincial Albert Bélanger insiste toujours pour l’école devienne un collège d’agriculture pour les francophones d’ici et d’ailleurs. Il y reviendra souvent.

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Dans le journal du 16 mai 1979, on apprend aussi que l’avenir des Hawks, l’équipe de hockey de Hawkesbury dans la Ligue centrale junior « A », n’est pas du tout certain, à cause surtout des déficits financiers que l’organisation accumule. Comme l’écrit Yvon Legault à la fin de son article : « Une histoire à suivre… de très près ».

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Les rois incontestés de la frite et du hot-dog

« Le restaurant Leduc passe à l’histoire dans Hawkesbury » était le titre d’un petit encadré dans une pleine page de publicité du journal Le Carillon du 11 avril 1979 marquant le 25e anniversaire du Restaurant Leduc, du 812 de la rue Principale à Hawkesbury. L’endroit était réputé pour ses frites et ses hot-dogs. Ce petit encadré est plutôt intéressant en rétrospective; le restaurant n’existe plus à cet endroit depuis longtemps, les frères Leduc l’ayant relocalisé à côté de l’ancienne école Christ-Roi. Je sais que le nouveau restaurant est toujours là, mais je n’en connais pas les propriétaires maintenant. À tout événement, voici ce texte:

« Membres d’une famille hautement connue dans le monde des affaires de la ville de Hawkesbury, Rolland Leduc, alors âgé de 17 ans, ainsi que son frère Roger Leduc, 23 ans, ont eu, le 18 avril 1954, l’heureuse initiative d’investir la somme de $1,200 pour l’ouverture de leur restaurant.

Afin que leur investissement porte profit, il fallait qu’ils y mettent beaucoup de temps et d’ardeur, c’est pourquoi Rolland a travaillé 11 heures par jour, sept jours par semaine durant les trois premières années. Le 10 février 1955 en particulier, la recette de la journée a été de $3.50 et celle de toute cette semaine-là a été de $47.00. Les frères Leduc par leur persévérance et en maintenant la qualité de leurs produits ont réussi en 1960 la vente record de 50,000 hot-dogs.

Dans le but de donner un meilleur service à leur clientèle, le 5 février 1962 débute un agrandissement avec nouvelle décoration qui donnait un cachet particulier au restaurant Leduc. Deux mois plus tard, le feu affectait l’édifice, mais les deux frères Leduc remirent tout sur pied à force de travail, et deux semaines plus tard le restaurant était en pleine opération.

En 1972, l’intérieur de l’établissement était rénové au complet, ce qui donnait une atmosphère des plus agréables pour leur clientèle qui venait déguster un bon repas de qualité et un très bon service.

Notre succès tient de la satisfaction de notre clientèle dont nous sommes fiers. Nous profitons de notre 25e anniversaire pour offrir nos sincères remerciements pour votre encouragement, pour lequel nous sommes très reconnaissants. »

Et c’était signé par les frères Roger et Rolland Leduc. J’étais un de leurs fidèles clients. En fait, pour moi, leurs frites étaient en quelque sorte le point de référence.

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Le magazine Newsweek avait écrit à propos du film : « A mass entertainment of high class and energy… a major feat in filmmaking. » Christopher Reeve était la vedette de « Superman », qui était alors à l’affiche dans la région, mais la publicité était axée autour des réputations de Marlon Brando et Gene Hackman, Reeve étant alors un inconnu. Il a rapidement éclipsé les deux autres dans la faveur populaire.

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La compagnie Amoco Fabrics (Patchogue) avait offert de louer l’ancien Centre Mémorial pour en faire un entrepôt pour ses produits et était prête à verser un loyer annuel de 10 000 $ à cet effet. La nouvelle en avait surpris plus d’un autour de la table du Conseil municipal, mais les conseillers étaient prêts à y consentir si la Commission des affaires municipales autorisait le changement de zonage nécessaire. De toute façon, le Centre Mémorial serait partiellement démoli éventuellement. Dans la partie qui serait épargnée sont aujourd’hui les quartiers locaux du détachement de la Police provinciale de l’Ontario.

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L’Orignal veut annexer Ivaco

L’enjeu politique était énorme et sans doute prématuré, mais il faut parfois semer à tous vents dans l’espoir de récolter un jour. Comme je l’explique dans l’édition du 11 avril 1979 du journal Le Carillon, « le village de L’Orignal veut reprendre le territoire qui lui appartenait à partir de son incorporation en 1876 jusqu’en 1941, comprenant l’emplacement actuel des usines de la société Ivaco et qui se trouve depuis dans les limites du canton de Longueuil ». La décision du Conseil municipal de L’Orignal permettrait d’ajouter entre 2500 et 3000 acres à son territoire de 1410 acres. « Le Conseil municipal a décidé de procéder de la sorte par suite des demandes répétées de la société Ivaco de relier ses usines au réseau d’égouts municipal. (…) Ivaco voudrait déverser quotidiennement quelque 6000 gallons d’égouts dans le système municipal. » Ivaco avait soumis une telle demande cinq ans auparavant.

« Pour Longueuil, l’annexion représenterait la perte de deux entreprises industrielles (Ivaco et Stebro), des garages Kingsbury et Landriault, du restaurant Aimé’s Finest Foods, du centre administratif du Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell, du garage du ministère des Transports et Communications en bordure de la route 17, d’une centaine de propriétés privées et, même, de l’emplacement envisagé du futur hôtel de ville du canton. » L’Orignal, le canton de Longueuil, le canton de Hawkesbury-Ouest et le village de Vankleek Hill ont été fusionnés en la municipalité de Champlain en 1998, moins de 20 ans après le souhait du conseil de L’Orignal.

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Philibert Proulx ne lâchait pas prise. Pour les élections fédérales de 1979, il avait tenté encore une fois sa chance, mais il devait affronter Denis Ethier, le député sortant, devant les 1400 délégués rassemblés à St-Isidore. Proulx s’était désisté à la dernière minute comme on peut le lire dans l’édition du 11 avril 1979. Ethier allait affronter le progressiste-conservateur Gordon Johnson et le néo-démocrate Paul de Broeck. J’y reviendrai inévitablement.

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Plusieurs conseillers scolaires du Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell voulaient la tête de leur directeur général Jean Léveillé depuis belle lurette et ils ne s’en cachaient plus. Le cabinet d’avocats Paris, Mercier, Sirois et Paris, d’Ottawa, avait même été retenu pour analyser le contrat de directeur et soumettre un rapport. « Le contrat d’emploi qui lie le directeur général du Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell, M. Jean Léveillé, au Conseil est plus exigeant que ne l’est la loi de l’éducation de l’Ontario face à ce poste. » Un article de Monique Castonguay traite de la question dans le journal du 11 avril 1979. Le rapport des avocats insistait sur le fait que « le contrat existant (…) n’entrave aucunement les exigences de la loi et de fait, il impose au directeur de l’éducation le devoir de gérer d’une façon efficace le système scolaire au point de vue éducationnel et administratif, toujours sous les politiques établies de temps en temps par le Conseil ». Voilà… mais cela ne satisferait pas les mécontents. Une histoire à suivre.

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Le CECPR déménage dans le vieux Foyer

Le Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell, dont les bureaux étaient situés à trois adresses de la rue Principale, déménagera dans ses nouveaux locaux de l’ancien Foyer Prescott-Russell à compter du 23 avril. Il en est question dans l’édition du 4 avril 1979 du journal Le Carillon. Ce n’est pas ce que le directeur général Jean Léveillé avait souhaité, mais la pression publique et le simple bon sens avaient dominé. En 2012, le conseil scolaire, qui regroupe par contre un territoire beaucoup plus grand, y a toujours son centre administratif.

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La bourse André-Paquette, au nom du président-éditeur du journal Le Carillon, était remise annuellement « à l’étudiant le plus méritant du cours de journalisme français du Collège Algonquin d’Ottawa. Le récipiendaire est choisi par un comité indépendant. » En 1979, son premier lauréat était un jeune homme d’Alfred, Yves Rouleau, que j’avais embauché. Il était toujours dans ma salle des nouvelles lorsque j’ai quitté le journal au printemps de 1987.

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Décidément, la promotion des produits locaux (ou canadiens) était à la mode comme j’ai y fait référence dernièrement. Dans le journal du 4 avril 1979, c’est au tour du ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario de vanter les mérites des produits ontariens dans une publicité.

« Les fruits et les légumes de la récolte de l’été en Ontario sont maintenant en vente. La plupart sont frais: choux, carottes, pommes, pommes de terre, panais, rutabagas et le reste. D’autres sont en conserve ou sont surgelés. Mais tous ont la saveur exquise qui distingue les produits ontariens. Comparez les prix des produits de l’Ontario à ceux des produits importés et vous saurez tout de suite pourquoi les fruits et les légumes ontariens constituent la meilleure aubaine que votre marchand puisse vous offrir.

De plus, non seulement vous obtenez une valeur sûre quand vous acheter des produits ontariens, mais vous contribuez à renforcer l’économie de la province. »

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Pour ceux qui doutaient encore du besoin d’un complexe sportif, les statistiques compilées par le directeur des loisirs, Gilles Lefort, étaient éloquentes. Du 6 janvier au 26 mars, « un total de 64 486 amateurs de sport ont franchi les tourniquets du nouveau complexe sportif de Hawkesbury pour assister ou participer aux différentes activités ». L’article du journaliste Yves Rouleau est publié dans le journal du 4 avril 1979. Les Hawks avaient attiré 10 200 spectateurs pendant cette période, alors que le hockey mineur et ses nombreuses parties en intéressaient 12 900. Le patinage libre avait regroupé 7 093 participants. « Quant à la piscine, elle a attiré 2 050 baigneurs du niveau scolaire, soit 1 250 de l’élémentaire et 800 du secondaire. De plus, 9 400 baigneurs du public général se sont rendus à la piscine. »

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Ivaco préfère la Suisse à Hawkesbury

Hawkesbury n’aura pas finalement la nouvelle industrie qu’elle souhaitait tant obtenir. « Les propriétaires de la société Ivaco ont décidé de ne pas établir à Hawkesbury la nouvelle compagnie de fabrication de pipelines qui aurait permis la création de quelque 500 nouveaux emplois dans la région. » La nouvelle est à la une de l’édition du 28 mars 1979 du journal Le Carillon. Ivaco avait décidé de s’installer plutôt en Suisse. La société Ivaco était très cachotière et l’avait démontrée maintes fois depuis son arrivée dans la région au début des années 70. « La décision de ne pas s’installer à Hawkesbury aurait été prise parce qu’un membre du Conseil municipal parlait trop. Ce serait là, du moins, la raison invoquée par le conseiller juridique de M. Ivanier. » Par contre, il y aurait eu une autre raison. « Il semble que la nouvelle entreprise aurait éprouvé éventuellement de sérieux problèmes d’approvisionnement de matériaux bruts, notamment du fer ou de l’acier. Ces matériaux auraient été obtenus par l’entremise de la compagnie Sidbec, une société gouvernementale québécoise, mais celle-ci aurait indiqué qu’elle ne livrerait pas les matériaux en question à une usine qui s’installerait à l’extérieur du Québec. » Le PQ est maintenant au pouvoir, ne l’oublions pas.

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Danielle Martin, originaire de St-Hyacinthe mais installée en Ontario depuis 10 ans, publie un livre de poésie intitulé « À Perce-Poche » par les éditions Prise de Parole dans la collection « Les Perce-Neige (…) réservée aux auteurs qui font preuve de talent prometteur et qui n’ont jamais eu l’occasion d’être publiés par un éditeur ». Dans son recueil, Danielle avait publié un poème intitulé « Drapeau en berne », en mémoire de la tragédie de mars 1975 à la CIP. Son conjoint, Justin, était professeur d’art à l’École secondaire régionale de Hawkesbury. Deux noms bien connus à Hawkesbury à cette époque.

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Le Premier ministre Pierre Elliott Trudeau dissous le parlement et déclenche des élections fédérales pour le 22 mai 1979. « Au moment de la dissolution de la Chambre des communes, les positions respectives des partis étaient les suivantes: Libéraux 133, Progressistes-conservateurs 98, Nouveau parti démocratique 17, Crédit social 9. Cinq députés siégeaient comme indépendants et deux sièges étaient vacants, pour un total de 264. » J’y reviendrai.

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On y fait référence une première fois dans Le Carillon du 28 mars 1979. « L’idée de transformer l’école Champlain d’Alfred en collège d’agriculture du genre de celui de Kemptville sera apportée à la réunion annuelle de la Fédération de l’agriculture du comté de Prescott, le mercredi 4 avril, à la salle communautaire du canton de Calédonia à St-Bernardin. » La question allait être présentée par Jean Poirier, l’animateur de l’ACFO, conférencier à la soirée. Ça aussi j’y reviendrai forcément.

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C’était une première rumeur liée aux élections du 22 mai. « Le député fédéral sortant de Glengarry-Prescott-Russell aux Communes, M. Denis Ethier, a démenti la rumeur voulant qu’il cède sa place à M. Jean-Luc Pépin comme candidat libéral aux élections du mardi 22 mai dans sa circonscription. » On pouvait lire la nouvelle dans l’édition du 31 mars 1979 du journal Le Carillon Weekend Le Moniteur & The Echo.

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Cinq journaux hebdomadaires… une petite région

La situation économique n’était pas du tout la même qu’aujourd’hui, même si elle était toujours difficile à l’échelle nationale et mondiale. « La population de la région de Hawkesbury sera desservie par pas moins de cinq journaux hebdomadaires à compter du 2 mars prochain. » C’est ce qu’on peut lire dans Le Carillon du 14 février 1979. « En effet, à compter de cette date, cinq hebdos seront en service: trois à distribution par vente – Le Carillon, Le Moniteur & The Echo Weekend et The Review de Vankleek Hill – ainsi que deux à distribution gratuite – Le/The Guide et le Hawkesbury Express. Le Carillon, The Review et Le/The Guide existent déjà, alors que les deux autres verront le jour à compter de la première semaine de mars. Le nouveau journal Weekend est la propriété du journal Le Carillon, tandis que le Hawkesbury Express est la propriété de MM. Marcel Rozon et Jean-Robert Danis. » Rozon voulait un journal pour diffuser les publicités de son épicerie grande surface, alors que Danis était un ancien du Carillon et un ancien directeur des communications au Conseil d’éducation de Prescott-Russell. Quant au Weekend, il s’agissait quasiment d’une deuxième édition hebdomadaire pour Le Carillon au début… un exercice unique parmi les journaux communautaires canadiens. Quelques mois plus tard, le Weekend était transformé en Le Carillon Weekend pour en faire officiellement une deuxième édition hebdomadaire. C’est mon équipe et moi qui produisions aussi ce deuxième journal, qui comprenait certains textes en anglais. Pour attirer les lecteurs aux premières publications, j’avais mis la main sur une vieille photographie des élèves de l’école Christ-Roi prise 40 ans auparavant. La photo était très large. J’avais décidé de la publier par section à la une du nouveau Weekend sur six semaines. Si le lecteur voulait voir la photo dans sa totalité, il devait se procurer les six premières éditions du nouveau journal.

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« Les écoles secondaires de Casselman et d’Embrun seront dorénavant reconnues comme ‘écoles secondaires françaises’ par le Conseil d’éducation de Prescott-Russell. » Dans un texte à la une, le journaliste Charles Burroughs écrit que « ce geste qui a pris les observateurs par surprise a été posé lors d’une réunion à huis clos » et fait intéressant, la résolution en ce sens avait été parrainée par une conseillère anglophone, Roberta Histed. « En fait, les écoles de Casselman et d’Embrun abritent depuis plusieurs années une clientèle scolaire exclusivement francophone, et le ministère de l’Éducation, dans son répertoire annuel des écoles secondaires de la province, les reconnaît déjà comme écoles françaises. » La résolution avait fait suite à la présentation d’une pétition de 900 noms « par le conseiller Pierre Pelletier ». La réalité ne changeait pas, mais elle devenait tout au moins officielle.

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Je note dans ma chronique du 21 mars 1979 que « Marcel Desjardins, un gars de Hawkesbury, est maintenant rédacteur en chef délégué aux nouvelles télévisées à la télévision française de Radio-Canada à Montréal. Marcel a commencé sa carrière au Carillon en 1958, puis il a travaillé successivement au Droit d’Ottawa, La Presse de Montréal et Montréal-Matin. Il était directeur de l’information à ce journal quand ce dernier a cessé de paraître. » J’avais une grande admiration pour Marcel; c’est pour ça que je m’y réfère souvent.

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Le bien-être de nos enfants… l’avenir en dépend

« En 1979, nous avons l’intention de renforcer ces services et ces programmes car nous croyons que la paix et la prospérité de l’avenir dépendent du bien-être de nos enfants aujourd’hui. » C’est le gouvernement ontarien qui l’affirmait dans une publicité dans le journal Le Carillon du 24 janvier 1979. Pourquoi? « 1979 a été proclamée Année internationale de l’enfant par les Nations-Unies dans le but d’attirer l’attention sur tous les enfants du monde. En Ontario, le gouvernement a toujours considéré que les enfants constituent la ressource la plus précieuse et a déployé tous les moyens possibles pour leur procurer santé, éducation et programmes sociaux. » Et il y avait cet avertissement important… « Cependant, pour que l’Année de l’enfant soit une vraie réussite en Ontario, nous avons besoin du soutien de tout le monde… de votre soutien. Vous seul, parent ou ami, êtes capable de donner l’amour et les soins qui sont tellement essentiels au développement harmonieux de l’enfant. » Le message conserve encore aujourd’hui toute sa pertinence.

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« L’usine de Hawkesbury de la Compagnie internationale de papier vient d’être mise en accusation par le ministère ontarien de l’Environnement. L’acte d’accusation présenté à la CIP vendredi dernier précise que la compagnie a omis de se plier aux exigences d’une ordonnance de contrôle de la pollution qui remonte à 1975. » Il en est question dans le journal du 7 février 1979. « La CIP, en vertu de l’ordonnance de 1975 devait soumettre au plus tard le 31 décembre 1977 ses plans pour la mise en place d’installations contre la pollution. Le ministère avait ordonné à la CIP, à cette date, de mettre sur pied un programme de contrôle de la pollution en neuf étapes, qui a été partiellement suivi depuis. Une enquête menée par le ministère a déterminé que la CIP émettait dans l’Outaouais et dans l’atmosphère des quantités excessives de polluants. » J’en parle parce que les dépenses nécessaires à enrayer et prévenir les problèmes de pollution à l’usine seraient un facteur dans la décision de la CIP de fermer l’usine moins de trois ans plus tard. À suite évidemment.

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Une autre invention dont l’automobiliste aurait pu se passer. « Les conducteurs qui font peu de cas des lois de la route auront une raison de plus de se méfier alors que la Sûreté de l’Ontario s’apprête à utiliser des voitures ‘fantômes’ dans ses patrouilles routières. » C’est ce qu’on peut lire dans le journal du 7 février 1979. « Depuis lundi, des voitures ordinaires munies de radar peuvent être utilisées un peu partout dans le comté de Prescott. Jusqu’à maintenant, les appareils radar étaient utilisés dans les autos-patrouilles régulières de la Sûreté de l’Ontario, a laissé savoir l’agent des relations communautaires Les Howard. Maintenant, les deux types de voitures seront mis en service. » Et ce que l’article ne dit pas… les policiers pourront attraper deux fois plus d’automobilistes délinquants, au moins.

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Des vacances de Noël gâchées

L’ingénieur George Scott était un sympathique bonhomme qui venait souvent nous voir au journal et qui avait toujours de bonnes anecdotes pour nous. « George Scott est un ingénieur à la retraite, spécialisé dans l’industrie de l’aluminium. Il est citoyen de Hawkesbury depuis quelques années et actif au sein de quelques organismes communautaires. » Dans Le Carillon du 10 janvier 1979, je raconte que « les vacances de Noël auront toujours une signification particulière dans sa vie, puisqu’elles auront été reliées aux troubles qui secouent l’Iran ». La compagnie Reynolds International, de Richmond, en Virginie (É.-U.), avait retenu ses services comme ingénieur-conseil spécial auprès de l’Iranian Aluminum Company.

« Le travail de M. Scott consistait à surveiller des travaux d’expansion de la compagnie à Araq, une ville située dans les environs de Téhéran, la capitale iranienne secouée depuis quelques mois et plus intensément depuis quelques semaines, par des conflits internes majeurs.

M. Scott se souvient d’ailleurs très bien des premières échauffourées, début novembre, alors qu’il habitait à l’hôtel Royal Gardens de Téhéran. Il a rapporté des diapositives montrant des mécontents brûlant des meubles et détruisant des pancartes, avec l’armée observant attentivement. C’est le 6 novembre que le Shah imposait la loi martiale dans son pays.

Les conflits ont augmenté en importance et les ressortissants étrangers ont été obligés, dernièrement, de quitter le pays. M. Scott, en vacances au Canada pour Noël, devait reprendre son poste en Iran après les Fêtes, mais son départ a été retardé indéfiniment. Cette semaine, M. Scott était au siège social de la Reynolds, en Virginie, où il aidait à réviser le projet et la participation de la compagnie. La date de son retour en Iran est indéterminée.

Quant aux problèmes iraniens, M. Scott affirme qu’il est très difficile pour un étranger de comprendre réellement les causes réelles du conflit, un mélanger de religion et de politique, avec les pétrodollars en arrière-plan. »

George Scott, un ancien pilote de la RCAF pendant la Deuxième Guerre, était déménagé à Ottawa éventuellement. J’ai perdu trace de lui, mais je tiens pour acquis qu’il est décédé depuis longtemps.

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J’avais fait référence à une recommandation des experts-conseils de Price Waterhouse à l’effet qu’au sein d’une administration municipale, la politique doit être aux politiciens et que l’administration doit être aux administrateurs. Le conseiller André Tessier l’avait rappelé dans le cadre d’un débat sur le « renvoi » de l’administrateur en chef Raymond Lacroix au poste de commissaire industriel de la ville. Il en est question dans le journal du 17 janvier 1979. C’est le conseiller Claude Demers qui avait « proposé que l’administrateur Lacroix soit nommé commissaire industriel à plein temps, ceci au même salaire qu’il bénéficie présentement ». Demers n’avait pas caché son jeu et ses convictions qu’il pouvait faire mieux que tout le monde. « L’administrateur, à cause de sa personnalité, éprouve de la difficulté à s’acquitter de sa tâche: premièrement, être exigeant et voir, sans fléchir, à ce que chaque chef de département opère le plus efficacement et économiquement; deuxièmement, négocier un contrat avec le personnel syndiqué et faire des recommandations au conseil concernant le personnel non syndiqué. Il croit que le Conseil actuel peut s’acquitter de ces deux tâches. » Tout l’argent versé à Price Waterhouse l’avait été manifestement pour rien.

Mais comme on peut le lire dans Le Carillon du 24 janvier 1979, « les membres du Conseil municipal de Hawkesbury ont démontré leur confiance en l’administrateur en chef Raymond Lacroix par un vote de 7-1 pris mercredi soir dernier, lors d’une réunion spéciale à huis clos. Seul le conseiller Claude Demers a voté contre ce vote de confiance envers M. Lacroix. » Personnellement, je n’avais aucune inquiétude pour l’avenir de Raymond Lacroix, un gars compétent à mes yeux.

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L’ACFO s’en prend à Postes Canada

« Au lieu de vous mêler de statistiques sur la langue parlée des Canadiens, vous pourrez alors vous concentrer plus assidûment sur la livraison du courrier. » L’avertissement était de l’Association canadienne-française de l’Ontario et était destiné à Gilles Lamontagne, alors ministre fédéral des Postes. Dans une lettre au ministre, l’ACFO dénonçait « une pratique du ministère jugée discriminatoire envers les francophones du pays ». Il s’agissait en fait d’une publication sur la langue d’usage des « chefs de ménage » desservis par les postes canadiennes. Il en est question dans Le Carillon du 3 janvier 1979.

« L’ACFO a décelé des contradictions fondamentales entre les données de Postes Canada et celles du recensement de 1976. Les listes intitulées ‘Nombre de chefs de ménage pour les bureaux avec facteurs’ ne comptent aucun francophone à Toronto à part les 53 commerces dont la langue d’usage est le français; aucun francophone à Windsor, Sault-Ste-Marie et Thunder Bay. À North Bay, il n’y aurait que 37 foyers francophones, 6 à Kingston et 21 à Pointe-aux-Roches. Se référant au recensement de 1976, l’ACFO rappelle que Toronto comptait 30 635 francophones; North Bay, 8 410; Windsor, 11 515; Thunder Bay, 2 475; Sault-Ste-Marie, 3 715; Kingston, 1 020; et Pointe-aux-Roches, 1 330. » L’ACFO qualifiait ces listes comme étant « une insulte aux francophones hors Québec qui se sentent mis au rancart prématurément dans plusieurs régions du pays ».

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Le centre culturel Le Chenail avait dû quitter ses locaux du Centre Mémorial qui allait bientôt être démoli partiellement et avait aménagé dans un local au 251 de la rue William, toujours à Hawkesbury bien entendu. Le conseil d’administration, présidé alors par Pierre Bédard, était composé de Claude Laframboise, Richard Hudon, Ghislain Portugais, Constant Lalonde, Gustave Stang, Fernande Lajoie-Gagnon, Lise Castonguay, Ann Durocher et Lise Villeneuve. Le coordonnateur des activités était Daniel Proulx. Des noms qui évoquent bien des souvenirs. Les lecteurs du journal pouvaient suivre assidûment les activités de cet organisme puisque nous avions offert une chronique hebdomadaire à ce centre culturel. Il en est justement question dans le journal du 3 janvier 1979.

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Une pleine page de publicité dans le journal du 3 janvier 1979 pour promouvoir le poste CBOF 1250 de Radio-Canada à Ottawa; c’était avant que la station ne diffuse sur la bande FM. Parmi les noms des animateurs de l’époque, Michel Picard (toujours à son poste d’ailleurs, mais à la télé, et qui retourne à la radio à l’automne, tout en restant aussi à la télé), Pierre McNicoll, Claude Lavoie, Murielle Paquin, Gustave Héon. J’y fais référence parce que j’étais souvent interviewé par les gens de Radio-Canada (radio et télé) à cause de mon rôle de rédacteur en chef du plus important journal communautaire de langue française en Ontario et un des plus importants hors Québec. J’avais dû devenir membre de l’Union des artistes et mon nom figurait dans le bottin de cette organisation. Je me souviens d’avoir trouvé cela plutôt bizarre. Mais il fallait être membre pour participer aux émissions de radio et de télé. En 1987, alors que j’étais rendu à Postes Canada, j’avais même participé à une émission pilote sur les affaires franco-ontariennes qui aurait été animée par André Nadeau pour la radio de Radio-Canada à Ottawa et qui aurait été diffusée à l’échelle du réseau ontarien. Ce projet n’avait pas été retenu par la direction.

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Jean Poirier à l’ACFO

Pas moins de 26 candidats avaient postulé le poste d’animateur de la régionale de Prescott-Russell de l’Association canadienne-française de l’Ontario. L’organisme, alors présidé par Michel Dignard, d’Embrun, avait choisi de confier le poste à un traducteur-pigiste du canton d’Alfred, Jean Poirier. Poirier deviendrait rapidement un nom connu dans les comtés et, éventuellement, sera élu député provincial à Queen’s Park pour remplacer Don Boudria. J’y reviendrai forcément. On en parle dans Le Carillon du 20 décembre 1978.

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Le ministère fédéral de l’Industrie et commerce voulait forcément profiter la période de magasinage des fêtes pour encourager l’achat des produits de chez nous. Dans une demi-page de publicité dans l’édition du 20 décembre 1978, le ministère lance l’invitation : « Magasinons à la canadienne » avec le titre « Choisir un produit de chez nous c’est une habitude qui nous rapporte ». Le court texte se lisait ainsi :

« Choisir un produit fabriqué au Canada, c’est choisir un produit dont on est sûr de la qualité.

Acheter un produit fabriqué au Canada, c’est stimuler la création d’emplois chez nous, tout en ayant l’assurance d’acquérir un des meilleurs produits qui soient sur le marché.

Acheter un produit fabriqué au Canada, c’est aussi favoriser l’épanouissement de l’économie du pays.

C’est aussi nous permettre de maintenir une position favorable dans nos échanges avec l’étranger.

C’est pourquoi dorénavant, les produits fabriqués ici porteront de plus en plus une étiquette de chez nous: la feuille d’érable.

Quand vous magasinerez, recherchez les produits fabriqués au Canada: ils sont de qualité et sont du pays. »

C’était bien longtemps avant l’avènement des magasins d’articles à un dollar!

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« Le Vieux Logis », au 158 est, de la rue Principale, avait été une expérience de grand restaurant gastronomique à Hawkesbury et Roger Charest y avait cru. Son « Menu du Réveillon » des fêtes de 1978 était offert au prix de 22,50 $ par personne. Ce qu’il comprenait? « Le Kir. La terrine de canard maison. Le coulibiac de saumon. La caille blottie dans son nid. Le cochon de lait farci. Les légumes du marché. Plateau de fromages. L’orange soufflée. Breuvages: thé-café. » Ce restaurant n’a pas duré énormément longtemps à Hawkesbury.

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« Après une attente de plus de trois mois, Gilles Hébert a finalement obtenu, mercredi dernier, le droit d’évoluer pour les Hawks de Hawkesbury, créant du même coup un précédent qui fera époque dans les annales de la jurisprudence au pays. » La phrase est du journaliste Yvon Legault qui raconte le dénouement de cette longue histoire dans le journal du 27 décembre 1978. Les Cataractes de Shawinigan, de la Ligue junior majeure du Québec, avaient voulu empêcher Hébert de jouer pour les Hawks ou toute autre équipe ontarienne d’ailleurs et refusait de la libérer de leur organisation. « Hébert a obtenu une injonction contre l’Association canadienne du hockey amateur (ACHA) et les Cataractes de Shawinigan à la suite du verdict final du juge A. Hollingworth de Toronto. Cette injonction permet à Hébert d’évoluer pour l’équipe locale et assurer que tout autre individu ou organisation n’empêchera pas ce dernier de faire ainsi. (…) Le juge Hollingworth a basé son jugement sur le fait que l’injonction ne nuira pratiquement pas aux Cataractes, tandis qu’une décision contraire aurait fait des dommages quasi indéterminables à Hébert. Il a également pris en considération le fait que Hébert accorde plus d’importance à ses études qu’au hockey. » Quant à l’avocat Gerry Langlois, qui avait défendu les intérêts du jeune Hébert, il avait expliqué que c’était « la première fois qu’un jeune de plus de 18 ans obtient une injonction pour obtenir sa libération d’une équipe. C’est un cas type. Je suis certain toutefois que ce ne sera pas le dernier cas du genre. L’expérience de Gilles profitera certainement à d’autres jeunes dans les années à venir. » Le monde du hockey organisé, c’était un monde à part et cruel…