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La publicité sur les cigarettes… c’est fini!

Tout s’était accéléré en cet été de 1971. « Le ministre de la Santé nationale et du Bien-être social aura mis deux ans avant d’arrêter le contenu de la loi sur la cigarette, c’est-à-dire avant d’interdire aux fabricants canadiens la publicité des produits à cigarette à la télévision, la radio, dans les journaux ou au moyen de primes et de coupons. » Paul Huneault/Marcel Desjardins s’y référait dans un éditorial du 17 juin 1971 du journal Le Carillon. « Cette période de réflexion aura aussi permis à M. John Munro de réduire sa consommation personnelle de cigarettes de trois paquets à un paquet et demi par jour. » Toute forme de publicité sera interdite à compter du 1er janvier 1972. À cette époque-là, je fumais environ un paquet de Mark Ten (les coupons bien connus) par jour. J’ai mis fin à cette habitude il y a maintenant près de 35 ans quand mon fils était tout jeune, un vendredi en fin de journée, quand j’ai eu terminé la dernière cigarette de mon paquet. Une des meilleures décisions de ma vie.

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Je note, depuis un certain temps, qu’il se passe rarement une semaine en ce début des années 70, sans qu’il n’y ait un accident routier mortel dans la région desservie par le journal Le Carillon, tant du côté ontarien que québécois. Les incidents de toutes sortes sont nombreux, y compris un trop grand nombre de noyades.

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« Dès le 1er juillet, le salaire minimum fédéral passera de $1.65 à $1.75 l’heure dans toutes les entreprises sous la juridiction du gouvernement fédéral » rapporte Le Carillon dans son édition du 24 juin 1971. « Malgré cette hausse, il est à noter qu’en s’en tenant à $1.75 l’heure, en raison de 40 heures par semaine, cela signifie un salaire annuel de $3,640. Pourtant la somme citée comme étant la limite de la pauvreté, pour une famille de quatre individus, reste à $3,750, soit $110 de plus que la somme offerte par la nouvelle augmentation. »

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La comparaison était plutôt curieuse. Les quartiers généraux de la Forêt expérimentale Larose, à Bourget, avaient été officiellement inaugurés par le ministre ontarien des Terres et forêts, René Brunelle. « Le maire du canton de Clarence, Roger Ouellette, municipalité au sein de laquelle se trouve une bonne partie de la forêt, faisait remarquer au conseiller Albert Giroux, de Hawkesbury, présent à la cérémonie, que la Forêt Larose était aux cantons de Clarence et de Cambridge, ce que la CIP, Duplate et Patchogue étaient à Hawkesbury. » La Forêt Larose avait 17 employés permanents et en embauchaient une centaine à temps partiel pendant la saison estivale. « Mme Ferdinand Larose, l’épouse de l’agronome qui, en 1928, a mis sur pied le développement de la forêt qui porte aujourd’hui son nom, participait à la cérémonie en compagnie de sa fille, Mme Françoise Labelle. »

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« Bref, vous voyez ce que cela veut dire »

La publicité du Bureau fédéral de la statistique dans Le Carillon du 27 mai 1971 ne pouvait être plus claire dans ses explications. « Le recensement, c’est votre affaire. Tout le monde a le droit et le devoir d’y participer. » La publicité était liée au grand recensement national du 1er juin 1971 et à cette époque, la contestation de son utilité ne faisait pas partie des débats. Personne ne doutait du caractère privé et confidentiel du recensement; aucun incident n’avait laissé supposer le contraire. « Les renseignements recueillis devenus statistiques, seront utilisés par les nombreux groupements qui participent à l’organisation de notre avenir » précise l’annonce de presque une page. « C’est ainsi, par exemple, que trouvant dans tel quartier un grand nombre d’enfants âgés de moins de cinq ans, votre commission scolaire saura qu’il faudra peut-être construire une nouvelle école. Ou encore que là où il existe trop de logements insalubres, il faudra sans doute prévoir leur démolition et le réaménagement urbain. Bref, vous voyez ce que cela veut dire. » En 2011, les politiciens conservateurs de Stephen Harper ne voient pas le recensement avec les mêmes yeux. Le recensement de 1971 était le premier au cours duquel les personnes pouvaient remplir le questionnaire dans le confort de leur maison, sans la présence d’un recenseur. Quant aux exploitants agricoles, « les renseignements que vous fournirez seront très utiles à l’établissement des programmes gouvernementaux nécessaires au développement agricole ». L’annonce ajoutait que sans ces renseignements « sur vous-même et votre famille, le recensement ne sera pas complet ». Et en 1971, le recensement était obligatoire et personne ne s’en plaignait.

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La rumeur était trop persistante. Le Carillon du 3 juin 1971 rapporte que la société japonaise Toyota construirait une usine de fabrication d’automobiles dans le canton de Longueuil, sur un terrain voisin des installations de l’Industrial Fastners (Ivaco). La rumeur se propageait étant donné le refus de plusieurs intervenants de nier une telle possibilité. Bien sûr, Toyota ne s’est jamais installée à Longueuil, bien qu’Ivaco y construise éventuellement une deuxième usine. J’y reviendrai.

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Louis-Denis Lord, celui avec qui j’avais tenté de syndiquer le journal, quitte Le Carillon pour joindre les rangs de la salle des nouvelles du journal Le Droit le 7 juin. Il n’aura passé que deux années à Hawkesbury finalement. La dernière fois que j’ai parlé à Louis-Denis, il était directeur des politiques de ressources humaines à la Société Radio-Canada. Il est sans doute retraité lui aussi.

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L’organisation des loisirs municipaux à Hawkesbury est un phénomène nouveau depuis l’embauche d’un directeur des loisirs et Rhéal Leroux, le directeur, ne tarde pas à agir. Mais tous ne sont pas d’accord, notamment le conseiller municipal Jean-Louis Montreuil, dont les propos sur la justification des dépenses municipales à ce chapitre fait couler de l’encre. Le Service des loisirs de Hawkesbury est justement présidé par André Paquette, l’éditeur du journal Le Carillon, et dans un article publié dans l’édition du 10 juin 1971, Paquette ne se gêne pas pour rétablir les faits. Selon ses calculs, « le coût réel du service municipal des loisirs pour les contribuables de Hawkesbury s’établit à seulement $2.66 par personne, par année ». Quant à Rhéal Leroux, il affirme carrément que « Montreuil ne comprend pas ce qu’est un service de loisirs » et il s’empresse de lui fournir cette explication publiquement. Il invite Montreuil à participer aux rencontres du comité « où il pourrait s’informer davantage sur le service qu’on est à établir sur une base permanente et où il pourrait lui-même formuler les suggestions qu’il juge à propos ». Montreuil avait aussi critiqué le « Drop-In » aménagé au Centre Guindon et dont certains citoyens critiquaient le fonctionnement et le comportement des jeunes qui le fréquentaient, au nombre de 300 selon Leroux, à peu près un jeune sur trois de Hawkesbury. Et le coup de matraque qui réveille : « Il est vrai, admet d’autre part Rhéal Leroux, que des jeunes posent parfois des gestes décevants et que leur comportement général puisse déplaire. Mais il ne faut pas pour autant accuser les organisateurs de loisirs; le service de loisirs vient à peine de prendre naissance, alors que la population était déjà là avant. Ce n’est pas nous qui les avons élevés, dit-il, ce sont les parents; le service des loisirs ne fait en somme, à cet égard, qu’hériter d’une situation créée par d’autres. » Son intervention publique, lors d’un point de presse en compagnie du président du Service des loisirs, lui avait créé des problèmes auprès des élus du Conseil, qui n’avaient pas du tout apprécié ses critiques à l’endroit d’un des leurs. Il ne faut pas oublier que Leroux venait à peine de commencer sa permanence au poste de directeur des loisirs.

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Le canton de Russell veut sa bibliothèque

Tiens, tiens; c’est intéressant cet article! Je le retrouve dans l’édition du 27 mai 1971 du journal Le Carillon et il est question d’un projet d’une bibliothèque dans le Canton de Russell. « Un groupe de citoyens du canton de Russell souhaiteraient l’établissement d’une bibliothèque publique pour desservir la population anglaise et française de ce territoire. (…) Le groupe (…) voudrait que la bibliothèque soit construite ou aménagée soit à Embrun ou dans le village de Russell. » Une bibliothèque paroissiale existait déjà à Embrun, « mais elle a été dissoute il y a quelques années et les livres ont alors été remis aux écoles primaire et secondaire d’Embrun ». Évidemment, les promoteurs du projet étaient pragmatiques et comprenaient leur communauté : « L’aménagement d’une bibliothèque publique représenterait certains problèmes à cause de la répartition de la population, soit 70 p. cent de francophones et 30 p. cent d’anglophones. Le premier groupe veut un genre de bibliothèque, tandis que l’autre a lui aussi sa préférence. » Ce dilemme se pose toujours en 2011 (avec une population maintenant répartie presque également entre francophones et anglophones) dans le cadre du récent débat sur l’avenir de la succursale de la bibliothèque publique du canton de Russell à Embrun. Et l’article prophétise sans doute sans le savoir : « Le groupe d’intéressés doit également communiquer avec le Conseil d’éducation et le Conseil des écoles catholiques afin d’obtenir leur aide, si possible, pour la réalisation du projet de bibliothèque. » En 2011, c’est justement le Conseil scolaire (qui regroupe aujourd’hui les deux entités) qui vient à la rescousse et qui logera la succursale d’Embrun dans une de ses écoles locales. Bizarre! Mais la population d’Embrun n’est pas contente.

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J’ai déjà écrit que le maire Yvon Montpetit avait été beaucoup trop en avant de son temps pour la ville de Hawkesbury. Dans l’édition du 27 mai 1971 du journal Le Carillon, un long article fait état des grandes idées du maire pour sa ville. « L’avenir de la ville ne réside pas que dans l’essor de son industrie manufacturière : il faudra aussi, selon lui, attacher une importance de premier plan au secteur du tourisme et des loisirs et équiper la ville en conséquence, en tirant parti de toutes ses possibilités. » Ainsi, Montpetit veut fermer un tronçon de la rue Principale pour le transformer en mail piétonnier, entre la rue John et la rue McGill. Notons qu’il était alors question de la Route du Nord ou Boulevard du Chenail, qui aurait détourné la circulation de cette partie de la rue Principale. Cela sous-entendait des élargissements de rues secondaires et l’aménagement de parcs de stationnement. Montpetit envisageait également des services de plein air et des terrains de camping en bordure de la rivière (un atout majeur de la ville de Hawkesbury qui n’a jamais été réellement exploité à sa capacité). Un peu plus tard, Montpetit allait suggérer un projet semblable à Ontario Place pour la Grande île. Comme je disais, il était en avant de son temps. Rien de tout ça ne s’est matérialisé, la volonté politique et publique n’étant pas là.

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Oh la la! L’Association du hockey mineur de Hawkesbury n’est pas contente du tout. Le Conseil municipal, qui est devenu plus conscient de son obligation de récupérer le coût de ses services, et qui doit maintenant générer suffisamment de revenus pour aller de l’avant avec des projets de loisirs, a décidé que l’Association, dès la prochaine saison de hockey, devra payer un loyer de 5 000 $ par année pour la location de la glace du Centre Mémorial. De son côté, l’Association voulait « absolument obtenir le droit de disputer gratuitement des rencontres au Centre Mémorial, sans être obligée de débourser $5,000 pour louer la glace ». C’était peine perdue. Les temps avaient changé et il en coûterait dorénavant plus cher pour inscrire ses enfants au hockey mineur.

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Plus de peur que de mal… mais quand même!

« La population de Hawkesbury a vécu des heures de peur et d’angoisse, vendredi soir dernier, alors qu’un nuage d’ammoniaque a enveloppé tout le secteur ouest de la ville, obligeant ainsi près de 3,000 personnes à évacuer leurs demeures. » Toute la première page du journal Le Carillon du 13 mai 1971 y est consacrée à cet incident à l’usine de la CIP de Hawkesbury et deux pleines pages intérieures. Le gaz provenait d’un wagon-citerne garé sur les terrains de l’usine. Heureusement, « seulement 60 des 480 employés étaient alors au travail ». « Pendant les cinq heures que l’ammoniaque a continué à se répandre avant que des experts venus de Brockville réussissent vers 1h30 samedi matin, à déceler la fuite et à la colmater, pas moins de 215 personnes ont reçu des soins dans les hôpitaux de la ville. » Une valve de sécurité défectueuse aurait été à l’origine de la fuite inquiétante, la première à survenir à l’usine locale. La fuite s’était produite après qu’un employé de l’usine, Malcolm Dicaire, 62 ans, « eut ouvert une des valves du wagon-citerne contenant pas moins de 70 tonnes d’ammoniaque ». Dicaire avait subi des brûlures majeures aux jambes, aux bras et au visage et il a dû être hospitalisé pendant plusieurs jours avant de retourner chez lui. L’événement avait été couvert par tous les grands médias. Il y avait eu finalement plus de peur que de mal, mais ç’aurait été une toute autre histoire si la fuite en aurait été une de chlore, un produit que l’usine de la CIP utilisait à la tonne chaque jour. Le chlore est un gaz mortel, contrairement à l’ammoniaque.

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Dans l’édition de la semaine suivante, celle du 20 mai, une autre tragédie fait la une et trois pages intérieures. Cette fois, ce sont 55 acres de terre qui s’enfoncent et bloquent la rivière Nation-Sud à Lemieux, dans la région de Casselman. Je me souviens vivement de ce reportage que j’avais réalisé sur place. « Les gens du secteur Casselman-Lemieux n’oublieront pas pour longtemps le glissement de terrain, rappelant la tragédie de St-Jean-Vianney, qui s’est produit en bordure de la rivière Nation-Sud dans la nuit de dimanche à lundi. Une superficie de près de 55 acres s’est en effet engloutie, pour des raisons encore mystérieuses, laissant à la vue un immense cratère. » Pour mettre le tout en perspective, l’article faisait référence à une superficie de « 2,400,000 pieds carrés » répartie surtout sur la ferme de Marcel Leroux, mais aussi dans une partie de la Forêt Larose et sur la ferme de Rosaire Desjardins.

« La terre effondrée a aussitôt été emportée par le courant de la rivière Nation-Sud jusqu’à une distance d’un mille de chaque côté de l’éboulement, brisant en certains endroits les poteaux d’électricité. Les horloges dans la maison du père de Marcel Leroux se sont arrêtées à minuit et dix minutes. » Par suite de ce glissement de terrain, il a fallu redessiner le tracé de la route 138 et éventuellement, le village de Lemieux allait être évacué. Je reviendrai sur cette partie de l’histoire en temps opportun.

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Toujours dans l’édition du 20 mai, je parle dans ma chronique de l’ouverture officielle d’Ontario Place, le projet du gouvernement provincial à Toronto, qui a été aménagé sur les berges du lac Ontario, à proximité des terrains de l’Exposition nationale du Canada. « Les prix d’entrée quotidiens sont de $1 pour les adultes et de 50 cents pour les étudiants. » Aujourd’hui, le prix d’admission au guichet est de 29 $ par personne ou 15 $ pour un enfant ou une personne aînée. Une famille de quatre déboursera 99 $ pour une journée. Il y a des prix pour la saison bien sûr.

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Il y aurait 37 districts bilingues… pour commencer

La Loi sur les langues officielles avait été une initiative de Pierre Elliott Trudeau et de son gouvernement. La loi était en vigueur au pays et pour la mettre plus facilement en pratique, la « création de 37 districts bilingues » avait été recommandée par le Conseil consultatif des districts bilingues à la Chambre des communes. « Les districts bilingues sont des zones où les organismes fédéraux devront être en mesure de servir les citoyens dans les deux langues officielles du pays. » Deux de ces districts englobaient des provinces entières, le Québec et le Nouveau-Brunswick; l’Ontario en compterait 12, le Manitoba, huit, la Saskatchewan, sept, l’Alberta, trois, la Nouvelle-Écosse, deux, et un seul à Terre-Neuve, dans l’Île-du-Prince-Édouard et en Colombie-Britannique. « Le Conseil suggère également qu’on prenne en considération la création de 24 autres districts après le recensement de 1971. » En Ontario, les districts seraient les suivants : Cochrane, Renfrew-Nipissing, Sudbury, Timiskaming, Carleton (Ottawa), Glengarry, Midland-Penetang, Prescott, Russell, Stormont, Welland-Port Colborne et Windsor-Essex-Kent. Dans chaque district, des voix s’élèveraient pour protester contre l’imposition de services bilingues et l’obligation d’embaucher des personnes bilingues au détriment des unilingues. Cette critique est soulevée encore de nos jours un peu partout, y compris la capitale nationale.

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C’était une de nos fiertés régionales du milieu artistique. Les habitués de l’hôtel Sportsman Inn de Pointe-aux-Chênes, réputé pour sa musique « country-western », le connaissait bien; c’est un peu là qu’il avait été découvert. Quoi qu’il en soit, je parle de lui dans ma chronique du 6 mai 1971. « Ronnie Prophet, le fils de Mme Elsie Prophet, de Calumet, connaît une popularité croissante aux États-Unis, où il fait carrière de chanteur depuis une dizaine d’années. Résidant de Nashville, au Tennessee, Ronnie sera covedette avec Danny Thomas au club Harrah’s de Reno, au Nevada, en juin. » Quelques années plus tard, Ronnie animerait des émissions de musique country à la télévision canadienne. Ronnie habite maintenant au Missouri. Il était né à Hawkesbury, mais avait passé sa jeunesse à Calumet.

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J’imagine difficilement lire un tel titre dans un journal de nos jours, mais le 6 mai 1971, dans Le Carillon, on voyait qu’à Alexandria, « Le Conseil se refuse une hausse de salaire ». Les membres du Conseil avaient en effet rejeté une recommandation de leur comité de finances visant à majorer du tiers leur rémunération annuelle. Pourtant, le comité était formé des membres du Conseil; c’est à n’y rien comprendre. « En rejetant la recommandation du comité des finances, les membres du Conseil ont laissé entendre qu’ils n’avaient pas besoin d’augmentation de salaire présentement. » J’imagine que c’était l’influence du maire Jean-Paul Touchette. Après son élection à ce poste, en 1967, il avait fait réduire son salaire de 2 000 $ à 1 500 $. Les conseillers touchaient environ 360 $ par année, en plus de 100 $ pour la présidence d’un comité. Le préfet recevait 200 $ de plus.

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Répétez après moi : La 417 est la clef du développement

Le député provincial Albert Bélanger, comme plusieurs autres, était catégorique, l’autoroute 417 était la clef du développement des comtés. Il avait fait cette affirmation après avoir été confirmé comme porte-étendard du Parti progressiste-conservateur aux prochaines élections en Ontario. On en parle dans Le Carillon du 29 avril 1971. Bélanger était convaincu que l’ouverture de l’autoroute 417 allait attirer les touristes américains. « L’industrie touristique est l’espoir de l’avenir pour sa circonscription et il juge cela aussi important que la ‘grosse industrie’. Il a ajouté que la ‘grosse industrie’ pollue alors que l’industrie touristique, elle, n’ajoute pas à la pollution. » J’en conclus qu’il n’était pas de ceux qui tentaient d’attirer des « grosses industries » à Hawkesbury et dans la région. Bélanger avait même déclaré que le gouvernement provincial « étudie sérieusement la possibilité de convertir la Forêt Larose, la plus importante forêt expérimentale de reboisement de l’Ontario, en parc provincial, près de l’autoroute 417 ». Cela ne s’est jamais matérialisé et le développement touristique sur grande échelle non plus. L’autoroute 417, en fin de compte, ne servait qu’à transporter rapidement les automobilistes d’Ottawa vers Montréal et vice versa; ils n’avaient pas le temps de s’arrêter. Par contre, le nouveau Parc aquatique Calypso, à Limoges, est en train de prouver que le développement touristique est possible à condition d’y investir adéquatement.

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Les conducteurs de camions et d’automobiles les appréciaient l’hiver, mais les autorités gouvernementales avaient jugé que les inconvénients étaient largement supérieurs aux avantages. Donc, comme le rapporte Le Carillon du 29 avril 1971, le gouvernement ontarien a décidé que les pneus cloutés seraient interdits à compter du 30 avril. Le ministre du Transport et de la Voirie, Charles MacNaughton, avait admis « que les pneus munis de crampons peuvent faciliter, dans certaines circonstances, la conduite sur des surfaces glacées ». Mais il s’était empressé d’ajouter que des recherches poussées « ont cependant démontré que ces pneus n’offrent aucun avantage sur les pneus à neige ordinaires sur le neige ou la neige fondante ». Les pneus toutes saisons n’étaient pas encore à la mode. MacNaughton avait affirmé, « qu’au contraire, les pneus cloutés augmentent le distance de freinage sur les surfaces d’asphalte ou de béton, qu’elles soient sèches ou mouillées ». En fait, ces pneus cloutés endommageaient les routes, effaçaient les lignes de démarcation et compliquaient le contrôle du véhicule dans les courbes prononcées. Le gouvernement n’aimait pas ça.

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Contexte de l’époque

La/le célèbre Guilda est en vedette à l’Auberge Bourgetel de Bourget en cette fin d’avril 1971, alors que Baby Papillon, « une danseuse exotique de 350 lb », est sur la scène de l’hôtel Bar-X de Grenville. Ce dernier hôtel était le « trou » par excellence du coin et s’y rendre était à ses risques et périls. Je crois y être entré une seule fois… et j’ai compris que ce n’était pas un endroit à fréquenter. – Le magasin Continental vous offre une « Forme de tête en Styrofoam » au prix de 59 cents. Nous sommes à l’époque des perruques pour les sorties de la fin de semaine. Au même magasin, les hommes pouvaient acheter une paire de pantalons au prix de 5,77 $, alors que trois livres, en français ou en anglais, se vendaient 81 cents. – Chez Farmer, si vous vouliez être à la mode, les « hot pants » se vendaient 4,98 $. Si mes yeux ne me trompent pas, les « hot pants » sont revenus à la mode en 2011!

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Après six mois, une fréquence différente

Voilà maintenant un peu plus de six mois que je publie « Le blogue de Jean-Maurice » et, en plus du changement de présentation, je crois qu’il est aussi temps de modifier la fréquence de publication. Depuis le 18 janvier dernier, je publiais un billet chaque jour, ce qui représente, vous l’aurez deviné, une somme de travail importante. J’ai aussi constaté, après près de 8 000 visites et 235 textes publiés, que mes lecteurs prennent une pause pendant la fin de semaine. Donc, à compter de maintenant, je publierai mes billets cinq jours par semaine au lieu de sept. Ce sera plus simple pour moi et vous aurez la fin de semaine pour lire ce que j’aurai publié les cinq jours précédents… si vous n’êtes pas abonnés bien sûr… sinon, vous les recevez dès leur publication dans votre boîte de courriels.

Cela dit, j’en profite pour vous remercier de vos visites sur mon blogue et j’espère que son contenu vous plaît. En tout cas, dans mon cas, j’ai toujours le même immense plaisir à l’écrire. Mes « Retour sur hier » me rappellent de nombreux souvenirs de ma carrière journalistique, des gens que j’ai cotoyés… et la petite histoire de mon coin de pays.

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Des « séparatistes » à Hawkesbury

« La séparation de Hawkesbury des comtés unis remonte à la surface » selon le titre d’un article dans l’édition du 29 avril 1971 du journal Le Carillon. Ce n’était pas la première fois qu’il en était question, mais c’est la première fois que le sujet était abordé lors d’une réunion publique réunissant des représentants des différents clubs sociaux de Hawkesbury. Le dentiste Henri Larocque n’y était pas allé par quatre chemins. Il avait « demandé si la ville de Hawkesbury payait $463,000 pour aider les cultivateurs, qui profitent déjà d’une réduction de 25 p. cent de leurs taxes, pour alléger le fardeau des taxes scolaires ». Larocque s’était interrogé « sur l’utilité d’être associé au Conseil des comtés unis, si la ville n’obtient pas les services en proportion des argents déboursés ». Hawkesbury n’était pas la seule ville à se poser cette question, Cumberland, Rockland et Russell l’avaient fait à maintes reprises. C’était la nature d’une structure de gouvernement régionale. L’ancien préfet Germain Tessier avait rappelé aux participants « qu’il y avait peu d’espoir que Hawkesbury se sépare des comtés, puisque le gouvernement provincial ne le permettra plus, la tendance étant aux gouvernements régionaux ». Aujourd’hui, les gouvernements régionaux et les municipalités fusionnées sont la norme en Ontario, comme au Québec d’ailleurs.

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Les pauvres députés fédéraux et les sénateurs n’avaient pas eu d’augmentations salariales depuis huit ans. Le gouvernement Trudeau a voulu corriger la situation et il en question dans Le Carillon du 29 avril 1971. « Les députés fédéraux et les sénateurs recevront désormais respectivement $26,000 et $22,000 par année si la Chambre des communes adopte le projet de loi que vient de déposer le gouvernement Trudeau. » Le gouvernement proposait en effet « de porter de $12,000 à $18,000 le salaire de base des députés, tandis que leur allocation de dépenses passerait de $6,000 à $8,000. Cette allocation n’est pas taxable. » Dans le cas des sénateurs, le salaire de base était identique à celui des députés, mais « leur allocation de dépenses passerait de $3,000 à $4,000, soit $22,000 par année au lieu de $15,000 ». C’était quand même supérieur à la moyenne de bien des gens à cette époque. En 2011, le salaire de base d’un député aux Communes est de 157 731 $ par année, en plus de toutes sortes d’allocations.

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Sous l’administration du maire Yvon Montpetit, encore toute nouvelle en ce printemps de 1971, les « chicanes » étaient fréquentes autour de la table du Conseil, comme l’avaient démontré les débats entourant l’embauche d’un ingénieur municipal. Plusieurs têtes fortes siégeaient à la même table. Dans l’édition du 29 avril 1971, un article y fait référence. « Les divergences d’opinions sont essentielles au bon déroulement d’une assemblée ‘législative’. Le maire Yvon Montpetit a insisté lundi soir sur le fait que le Conseil municipal est un corps ‘législatif’ et non ‘exécutif’ et que les différences d’opinions sont nécessaires, utiles et essentielles si l’on veut de bonnes décisions ». Voilà, ses propos sont toujours pertinents 40 ans plus tard, mais le public n’accepte pas toujours que ses élus se « chicanent » constamment. Et Montpetit de conclure à l’époque que « le ‘spectacle’ de la semaine dernière était peu important comparé à ceux qui se déroulent quotidiennement à la Chambre des communes ou au Sénat américain ». Le récent débat sur le plafonnement de la dette américaine a confirmé la pertinence des propos de l’ancien maire Montpetit quatre décennies plus tard.

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C’est décidé… Hawkesbury aura son propre ingénieur

La décision avait été prise d’embaucher un ingénieur municipal à plein temps pour la ville de Hawkesbury. Le Conseil municipal, surtout le maire Yvon Montpetit et le conseiller Claude Demers, qui travaillaient souvent de concert, avait jugé pertinent que la ville ait son propre ingénieur au lieu de toujours compter sur les services d’ingénieurs-conseils, jugés plus coûteux. Au moment de choisir un candidat, ça n’a pas été aussi simple. Le Carillon du 22 avril 1971 nous raconte les longues délibérations du Conseil municipal, ponctuées de prises de bec et de guerres de procédures, pour choisir un candidat. Le choix s’était d’abord fixé sur l’ingénieur Kenneth Ménard, mais plusieurs membres du Conseil avaient éliminé sa candidature, prétextant qu’on lui aurait promis le poste lors de la campagne électorale. Il était en effet le candidat privilégié par Montpetit et Demers. Évidemment, l’ancien ingénieur municipal Ghislain Séguin, qui était maintenant à son propre compte, obtenait la grande part des contrats d’ingénierie-conseil de la ville et il n’appréciait pas du tout les intentions du nouveau Conseil. Il perdait son temps avec ses arguments parce que la décision était inévitable. Il y aurait encore de longs et fréquents débats. Ultimement, c’est l’ingénieur Kenneth Ménard qui serait embauché et qui occuperait le poste pendant de très nombreuses années. C’est lui qui était là lorsque je siégeais au Conseil municipal de Hawkesbury vers la fin des années 80.

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Un sondage de la Société de logement de l’Ontario démontre que « la majorité des travailleurs de la ville gagnent moins de $6,000 » par année. Et ce « malgré son essor industriel des trois dernières années, malgré les prévisions optimistes sur son avenir économique, Hawkesbury semble demeurer une ville de travailleurs à petits salaires ». Rappelez-vous mes commentaires dans des billets de blogue précédents à l’effet que plusieurs nouvelles industries étaient du secteur du textile… qui paient de petits salaires justement. Le sondage de la SLO démontrait également que les situations des femmes était pire, « la presque totalité d’entre elles gagnaient moins de $6,000 et plus de la moitié, moins de $3,000, en 1970 ». Pas pour rien que la ville et la région n’éprouvaient pas de difficultés à se faire « déclarer zone défavorisée ». Par contre, la SLO affirmait que 610 nouveaux emplois environ seraient créés à Hawkesbury en 1972. Le texte du 22 avril 1971 ne précise pas si ces emplois seront plus payants.

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La ville de Rockland avait jugé que son aréna, construit au début du siècle, ne répondait plus aux exigences de la ville. Un comité avait été formé dans le but « de mousser le projet de construction d’un nouvel aréna dans cette ville ». C’est ce qu’on apprend dans l’édition du 22 avril 1971. Au moins deux marchethons avaient été organisés afin d’amasser des fonds et plus d’une centaine de citoyens y avaient participé. Un nouvel aréna a été construit éventuellement. Quarante ans plus tard, ce « nouvel » aréna n’était plus adéquat du tout et ne sert d’ailleurs plus à cette fin. Tout récemment, les citoyens de Rockland ont commencé à profiter des nouvelles installations de l’Académie internationale de hockey qui vient d’y inaugurer un complexe sportif de nouvelle génération. L’arrivée de cette Académie a été précédée d’une longue histoire grandement documentée sur le Web. Je n’aborderai pas cette question dans mon « Retour sur hier » puisqu’il s’agit d’histoire récente qui lie à la fois celle du Canton de Russell et de la Cité de Clarence-Rockland.

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Un petit texte intéressant dans la section sportive du 22 avril 1971. « Guy Lafleur, celui que les experts de hockey reconnaissent comme étant actuellement le meilleur joueur junior au pays, sera fêté dans sa ville natale, Thurso, le samedi 19 juin prochain. » Le reste, évidemment, fait partie de l’histoire. En passant, le député de Glengarry-Prescott-Russell à Queen’s Park et ancien maire de Rockland, Jean-Marc Lalonde, se plaît à répéter à qui veut l’entendre, depuis 40 ans, que Guy Lafleur a joué son hockey pee-wee de 1962 à Rockland. Après tout, Thurso est de l’autre côté de l’Outaouais à la hauteur de Rockland. C’est Lalonde qui avait convaincu ses parents, manifestement.

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Deux mille lacs et une quarantaine de rivières de plus pour les pêcheurs

La démocratisation de la chasse et de la pêche en quelque sorte. Le gouvernement du Québec avait décidé « de rendre accessibles à la population des territoires jusqu’à maintenant confiés à des ‘clubs privés’ dans le cadre d’un programme de trois ans ». Le gouvernement du Québec venait donc « de révoquer 112 baux et de retirer à 105 autres locataires les droits exclusifs de chasse et de pêche qu’ils détenaient sur les terres de la Couronne ». Ces mesures du ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche « permettront de mettre à la disposition des citoyens 3,000 milles carrés et territoires de chasse et pêche, comportant 2,000 lacs et une quarantaine de rivières ». On apprend dans l’édition du 8 avril 1971 du journal Le Carillon que le retrait des droits de chasse et de pêche a touché pas moins de 32 clubs privés dans la région de l’Outaouais, dont sept dans le comté de Papineau (qui faisait partie du territoire de couverture du journal).

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En Ontario, le ministère de l’Éducation avait décidé que ses futurs enseignants seraient mieux qualifiés. Ainsi, un article dans Le Carillon du 15 avril 1971, explique que « les personnes intéressées à se lancer dans la carrière de l’enseignement devront rencontrer des exigences plus sévères avant d’obtenir un certificat d’instituteur » et ce à compter de 1973. Le ministre venait d’annoncer que « les étudiants qui s’inscriront dans les écoles normales ontariennes devront détenir au préalable un diplôme universitaire en arts ou en sciences, puis devront compléter une année dans une école normale ». À cause de cette politique, tous les nouveaux professeurs des écoles élémentaires ontariennes seraient tous des diplômés d’université dès 1974. En annonçant la nouvelle, le ministre de l’Éducation, Robert Welch, avait « conclu que les années 70 seront marquées par des efforts pour atteindre la qualité et la responsabilité en éducation ». Évidemment, meilleures qualifications signifiaient meilleures rémunérations.

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Les hausses du prix de l’essence, ce n’est pas d’aujourd’hui. Il en est question dans l’édition du 15 avril 1971. « La plupart des compagnies d’essence ont emboîté le pas, cette semaine, à la société Imperial Oil et ont annoncé des hausses du prix de l’essence de deux à trois cents le gallon pour tout l’Est du Canada. » Les hausses étaient en réaction à une nouvelle taxe vénézuélienne sur le pétrole exporté de ce pays. « Dans la plupart des centres de l’Est ontarien et de l’Ouest du Québec, l’essence régulière se vend maintenant plus de 51 cents le gallon alors que le prix de la super oscille entre 55 et 56 cents. » Nous ne sommes pas encore au système métrique et au litre d’essence. Si vous faites le calcul, par contre, 51 cents le gallon ce sont 2,32 $ le litre et 55 cents, 2,50 $. En d’autres mots, 40 ans plus tard, nous ne payons pas si cher que ça, non?

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Pendant ce temps, le ministère des Postes décrétait une majoration des tarifs postaux, faisant passer le prix du timbre de 6 cents à 8 cents le 1er janvier 1972. Il s’agissait du prix pour envoyer une lettre ordinaire. Le ministre Jean-Pierre Côté avait justifié cette décision par le fait « que le déficit de $113 millions prévu pour cette année aux postes canadiennes, ainsi que celui de $140 millions anticipé pour 1972, ont incité le gouvernement à décréter de nouvelles hausses des tarifs postaux ». C’était en effet l’époque des déficits annuels élevés et cumulatifs aux postes.