La Dame repose finalement en paix

« L’annonce que le corps de la Dame de la Nation a été enseveli sans que l’on ait levé le voile sur son identité, onze ans après son repêchage des eaux de la rivière Nation près de Casselman, a suscité un vif regain d’intérêt pour le cas. » Le récit se retrouve dans l’édition du 21 janvier 1987 du journal Le Carillon. La Sûreté provinciale avait reçu huit appels téléphoniques après cette annonce. « La semaine dernière, la morgue de Toronto a fait savoir que le corps de la mystérieuse Dame de la Nation avait été enterré dans un cimetière de la ville. Le corps a été congelé pendant 11 ans à la morgue de Toronto pendant que l’enquête piétinait au début puis, faute de pistes, a été laissée en veilleuse. » Le corps de la Dame de la Nation avait été repêché le 3 mai 1975 après avoir été dans l’eau pendant une dizaine de jours, selon les rapports de l’époque. Complètement nue, elle « avait les mains et les pieds liés par des cravates ».

Malgré les nouveaux appels, la police était prudente, « car l’affaire de la Dame de la Nation a pratiquement pris la proportion d’une légende dans la région de Casselman. Une victime d’accident automobile a déjà raconté avoir perdu la maîtrise de son véhicule après avoir vu une femme marcher sur la Nation. Des camionneurs, probablement des adeptes de récits d’histoires à faire peur, ont raconté qu’ils avaient maintes fois, au volant de leur bolide durant la nuit, fait le mirage de heurter une femme debout en plein milieu de la chaussé, sur la 417, à la hauteur du pont de la Nation où a été retrouvé le corps en 1975. Ces camionneurs affirmaient même qu’ils avaient été tellement effrayés par ces visions qu’ils préféraient dorénavant emprunter le 17 plutôt que la 417. » Voilà, en 2013, c’est toujours une bonne histoire à raconter… et le crime n’a pas encore été résolu.

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En 1987, ils avaient même un dimanche bien à eux. Aujourd’hui, le film Ben-Hur et les références à Mère Teresa les ramènent dans nos pensées, mais c’est à peu près tout. Je tiens pour acquis que cette terrible maladie n’a pas encore été totalement éradiquée. « Les fidèles des diverses paroisses de Prescott et Russell seront invités à contribuer à la cause du Secours aux lépreux, dimanche (25 janvier) », peut-on lire dans l’édition du 21 janvier 1987. Le thème de la campagne était « Oui, les lépreux, ça existe encore… il ne faut pas les oublier ». Les chiffres étaient quand même éloquents. « Le Secours aux lépreux, à qui seront versées les contributions de dimanche, est une société sans but lucratif, intermédiaire entre 75 000 donneurs canadiens et 15 millions de victimes. En 1985, par exemple, l’organisme a distribué plus de 2 500 000 $ dans 30 pays, par 65 programmes, aidant environ 200 000 lépreux et leurs familles. »

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Encore dernièrement, Postes Canada se plaignait de sa pauvre situation financière. Ce n’est pas nouveau. Dans le journal du 28 janvier 1987, le député libéral fédéral de Glengarry-Prescott-Russell, Don Boudria, faisait référence à la pétition qu’il faisait circuler afin de stopper les plus récentes initiatives de rationalisation de la société d’État. Boudria avait « critiqué les plans visant à ne plus offrir le service de livraison à domicile pour les nouvelles résidences en zones urbaines, à la fermeture de 1 700 bureaux ruraux et à la privatisation de 3 521 autres, à l’élimination de la distribution rurale aux clients demeurant à moins de deux kilomètres d’un bureau de poste et à l’augmentation des taux d’affranchissement. » Une des premières décisions des libéraux, quand ils prendront le pouvoir six ans plus tard, sera justement de décréter un moratoire sur la fermeture des bureaux de poste, moratoire qui sera étrangement maintenu par les conservateurs plusieurs années plus tard alors que c’est sous leur règne que les postes avaient commencé leur transformation. Et si Postes Canada, à partir de 1987, avait pu réaliser ses projets de rationalisation comme une entreprise commerciale ordinaire, la société d’État serait-elle aujourd’hui en si piètre position financière?

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