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D’importants dommages à l’usine Dansereau

Les pertes étaient énormes pour l’époque. Les flammes causent des dommages de plus de 750 000 $ à l’usine Georges Dansereau et fils de Grenville, une division de la compagnie Mason and Risch, et « une centaine d’employés se retrouvent en chômage ‘temporaire’ à la suite de l’incendie ». Un long article y fait référence dans l’édition du 14 décembre 1972 du journal Le Carillon. « La section incendiée était la plus vieille des installations de la firme Dansereau. (…) L’élément destructeur aurait pris naissance dans l’entrepôt, où quelque 100,000 pieds de bois franc étaient empilés, pour se propager très rapidement aux séchoirs et à la section des bureaux. » Les employés ont repris le travail peu de temps après, heureusement.

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Pour économiser de l’argent, le gouvernement ontarien avait décidé de s’occuper lui-même de l’entretien du pont Perley. C’est le service municipal de voirie qui s’en occupait jusqu’alors. Les conséquences de cette décision ont été évidentes dès l’arrivée de la première neige. Ainsi, dans l’édition du 21 décembre 1972, on apprend que « le mauvais entretien du pont interprovincial Perley est à la source de l’embouteillage gigantesque qui a paralysé la circulation sur la rue Principale pendant six heures d’affilée samedi après-midi ». Par suite de violentes bourrasques de neige, les descentes du pont Perley se sont transformées en patinoire. Les « difficultés des automobilistes à l’entrée du pont Perley, sur la rue John, ont créé un bouchon de circulation qui a paralysée la rue Principale, depuis le rue Hampden jusqu’à la rue McGill, jusque vers 20 heures en soirée ».

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« MM. Gaston Patenaude, d’Embrun, et Lucien Berniquez, de Hawkesbury, les deux nouveaux membres du Conseil d’éducation, participeront à une conférence à l’intention des nouveaux conseillers scolaires, en janvier à Toronto. » J’en parle dans ma chronique du 21 décembre 1972. Patenaude et Berniquez deviendront éventuellement maire de leur municipalité respective, le canton de Russell et la ville de Hawkesbury, mais le secteur scolaire avait été un bon tremplin politique. Berniquez avait acquis de l’expérience en gérant la campagne à la mairie d’Yvon Montpetit. Patenaude était sous-préfet du canton de Russell. Dans un cas comme dans l’autre, j’y reviendrai.

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Tiens, tiens! Un encadré intéressant dans l’édition du 21 décembre 1972. « Le programme TIP (Turn In a Pusher), qui se répand de plus en plus chez nos voisins du sud, vient d’être instauré à Alexandria, où un groupe de parents, alarmés de voir la consommation de drogues chez les jeunes, se sont cotisés pour créer un fonds afin de récompenser le porteur de tout renseignement amenant l’arrestation et la condamnation subséquente de trafiquants de drogues. » Bien sûr, « l’anonymat est à la base de tout le système ». Une sorte de précurseur du programme Échec au crime (Crime Stopper). « Le programme TIP à Alexandria est l’initiative d’un citoyen d’Alexandria, qui tient évidemment à rester dans l’ombre. Découvrant que son jeune fils utilisait régulièrement de la drogue, il se souvint d’un article paru dans une revue où il était fait mention du programme TIP. Il n’eut aucune difficulté par la suite à regrouper plusieurs autres parents qui avaient des idées semblables aux siennes. »

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Un campus permanent du collège Algonquin

Le nouveau maire Yvon Montpetit l’avait fortement souhaité lors de son élection en 1970 et il avait lancé une grande étude communautaire afin de le justifier. C’était par contre la Jeune chambre de Hawkesbury qui en avait assumé l’organisation, mais avec des fonds municipaux. Comme je l’écris dans un reportage dans l’édition du 7 décembre 1972 du journal Le Carillon, le groupe responsable de cette étude propose « la création d’un campus permanent du collège Algonquin à Hawkesbury ». Il s’agissait là de l’une des conclusions de l’étude, les autres étant « l’ouverture de salles communautaires, la publication d’un bottin de renseignements, l’embauche d’un animateur social, les communications entre les organismes de services ». Le groupe, présidé par l’ancien préfet Marcel Gélineau, avait « recommandé la création d’un campus permanent du collège Algonquin à Hawkesbury afin de desservir de 500 à 600 étudiants diplômés des écoles secondaires de Hawkesbury, Vankleek Hill et Plantagenet et d’offrir des cours qui répondent à leurs besoins ». Le collège Algonquin avait déjà un campus permanent à Pembroke « pour seulement 124 étudiants ». Le collège allait éventuellement avoir un campus à Hawkesbury. Tout ça bien avant l’arrivée de La Cité collégiale.

L’étude communautaire traitait de divers volets, dont celui de la santé. « Les participants ont déploré que la vasectomie et la ligature des trompes à l’Hôpital général de Hawkesbury étaient interdites pour des principes de religion, comme dans tous les hôpitaux affiliés à l’Association des hôpitaux catholiques du Canada et dirigés par des religieuses. Ces deux interventions sont pratiquées à la clinique Smith. » En ce qui a trait à l’information, à la communication et à la participation, on « a déploré la non-participation à l’étude communautaire des clubs sociaux, du clergé, des conseillers municipaux et scolaires, ainsi que des représentants des services gouvernementaux ».

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Il n’était pas encore question de fermer tout l’hôpital, comme cela serait proposé quelques décennies plus tard, mais la seule suggestion de fermer le service d’obstétrique avait soulevé les boucliers des autorités municipales de la région. Comme on peut le lire dans Le Carillon du 7 décembre 1972, « les maires des municipalités de la région située près de la ville d’Ottawa rencontreront le député provincial Albert Bélanger, pour protester contre la fermeture du département d’obstétrique de l’hôpital St-Louis-Marie-de-Montfort, à Ottawa ». Les maires de Plantagenet, Russell, Cambridge, Casselman, Clarence Creek, Orléans et Rockland voulaient que Bélanger intervienne le plus rapidement possible. « Le caractère francophone de l’hôpital St-Louis-Marie-de-Montfort est un facteur qu’il est également important de considérer. » Le ministre de la Santé avait changé d’idée finalement devant tant de pressions, parce que l’Association canadienne-française de l’Ontario avait aussi mobilisé les francophones et les médecins avaient eux aussi fortement réagi.

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Des élections municipales ont lieu un peu partout autour de Hawkesbury. Ainsi, Bernard Pelot, qui avait été candidat libéral indépendant au dernier scrutin fédéral, défait le maire sortant Ernest Burton dans le canton de Russell, alors que Bruno Massie montre la porte au maire sortant Jean-Paul Touchette d’Alexandria. À St-Isidore-de-Prescott, Donat Bergevin est réélu une quatrième fois, alors que Marcel Châtelain déloge Fernand Larocque à la mairie d’Alfred. Ailleurs, les maires avaient été réélus sans opposition lors des mises en candidature comme cela se produisait régulièrement à l’époque.

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Des millions pour développer la Grande Île

« Le développement des 3,092,760 pieds carrés de la Grande Île nécessitera des investissements de quelques millions de dollars au cours des prochaines années. » L’affirmation rapportée dans l’édition du 2 novembre 1972 du journal Le Carillon cite un conseiller touristique du ministère de l’Industrie et du Tourisme de l’Ontario. Plusieurs misaient sur le développement de cette île pour en faire une attraction touristique pour Hawkesbury, mais l’idée de millions de dollars allait décourager la moindre initiative. En 2011, cette Grande Île est toujours un bel espace inutilisé au bord d’une belle rivière et voisine d’un pont neuf tout récent.

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Je trouvais qu’il était injuste pour les conseillers scolaires Yvan Séguin et Doris Mallette, représentants de Hawkesbury au Conseil des écoles catholiques de Prescott et Russell, de ne pas savoir si les contribuables voulaient d’eux ou non puisqu’ils ne faisaient jamais face à leur électorat. Même si j’avais un énorme respect pour eux et que j’avais en fin de compte aucun désir d’être élu (j’aurais été souvent en conflits d’intérêts étant donné que ma femme était enseignante de ce Conseil), j’ai décidé de leur offrir l’occasion d’être confirmé par scrutin. Je soumets donc ma candidature au scrutin du 4 décembre, qui est confirmée dans l’édition du 9 novembre 1972 du journal Le Carillon. Je ferai une campagne très minimale, mon seul désir étant que les gens aient le choix d’aller voter pour leurs conseillers scolaires. Bien sûr, Séguin et Mallette seraient réélus, mais cette fois avec la conviction que c’était le choix des électeurs. Je leur referai le même coup à l’élection suivante, avec les mêmes résultats.

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Cela peut paraître du déjà vu pour les citoyens actuels de la Cité de Clarence-Rockland, mais dans l’édition du 23 novembre 1972 du journal Le Carillon, la manchette annonce la démission du maire de Rockland, Georges Martin, un an avant la fin de son mandat de deux. Il avait été élu conseiller en 1962, puis maire en 1966, réélu les deux élections subséquentes. Le maire Martin était la cible de toutes sortes d’accusations à saveur politique et il en avait assez. « Dernièrement, écrit-il dans sa lettre de démission reproduite intégralement dans le journal, j’étais la cible de violentes accusations grossièrement exagérées. J’ai lancé un défi de faire enquête sur mon administration en exigeant que si l’accusateur principal me trouvait innocent qu’il laisse son poste public. Cet accusateur et son agitateur endiablé (et compagnie) ont consacré de nombreuses heures à fouiller toutes sortes de dossiers et à faire circuler un document des plus diffamatoires probablement jamais vu dans toute l’histoire de Rockland. Leurs recherches confirmaient toutefois mes déclarations d’être un serviteur honnête et celui avait voulu laisser planer des doutes sur mon intégrité m’a évidemment exonéré en laissant récemment son poste public. Quant à son collaborateur jaloux, le temps rend normalement justice à des tels individus. » Roger Charron le remplacera à la mairie.

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Denis Ethier remplace son frère aux Communes

Glengarry-Prescott-Russel demeure dans le giron libéral comme prévu. Denis Ethier remporte l’élection du 30 octobre 1972 avec une pluralité de 7 773 voix sur son plus proche adversaire, le conservateur Jean-Louis Montreuil. Ethier récolte 14 674 votes, alors que Montreuil se contente de 6 901. Le néo-démocrate Jacques Boyer se range troisième avec 2 490 votes, alors que le libéral indépendant Bernard Pelot réussit quand même à obtenir 2 479 votes. Le créditiste Wilfrid-Raymond Marin s’en tire avec 1 708 votes.

Mais la vraie histoire se déroule au niveau national. Trudeau et ses libéraux font élire 110 députés sur les 264 que comptent les Communes, alors que le soir-même du scrutin, les observateurs donnaient Robert Standfield vainqueur. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agissait d’un gouvernement minoritaire. Trudeau comptait sur les 31 députés néo-démocrates pour conserver le pouvoir. Tout ça dans l’édition du journal Le Carillon du 2 novembre 1972. J’y reviendrai forcément.

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Dans la région de Hawkesbury-Lachute, tout le monde connaît la laiterie Lowe et son excellente crème glacée. Dans l’édition du 5 octobre 1972, un encadré dans la section des nécrologies attire mon attention : « Un autre membre de la famille Lowe, des produits laitiers du même nom, est décédé lundi matin après une brève maladie. Il s’agit, cette fois, de M. Clifford Lowe, 48 ans, président de Lowe Brothers Dairy, dont les frères Jim, George et Martin l’ont précédé dans la tombe en l’espace de quatre ans seulement. Un autre frère, Bernard, est, lui aussi, décédé subitement il y a quelques années. » Clifford laissait quatre enfants, dont Kevin, qui allait s’illustrer plus tard dans la Ligue nationale de hockey avec les Oilers d’Edmonton. Il fait toujours partie de cette organisation.

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McKale pond une caricature à point dans l’édition du 19 octobre. Un panneau montre le candidat conservateur Jean-Louis Montreuil (propriétaire d’un magasin de tissu à la verge) en train de dérouler une longue pièce de tissu avec en sous-titre « Des promesses… à la verge », alors que l’autre panneau montre Denis Ethier (propriétaire d’une boulangerie) en train de lancer des tranches de pain avec le sous-titre « Du pain enrichi… de promesses ». Qu’il était bon ce McKale! Je me demande si ses collections de caricatures sont encore accessibles.

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J’en parle dans ma chronique du 26 octobre 1972. « Le Conseil des étudiants de l’École secondaire régionale de Hawkesbury vient de publier la première édition de son nouveau journal ‘Desiderata’ dirigé par Dominique Demers et plusieurs autres étudiants. » Dominique allait joindre les rangs du service des nouvelles plus tard; j’y reviendrai.

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La compagnie montréalaise Canadian Uniforms Ltd annonce sa venue à Hawkesbury et la création d’une quarantaine d’emplois. Il s’agissait de la troisième entreprise à s’installer à Hawkesbury en 1972 après la Sun Metal Products Ltd, une entreprise de fabrication de roues de l’Indiana, et la Hawkesbury Kitchen Ltd, qui fabrique des meubles de cuisine.

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Des piscines intérieures dans les écoles secondaires

Un vœu pieux! Le Carillon du 21 septembre 1972 en parle. « D’ici 1975 dans Prescott-Russell, trois écoles secondaires seront dotées d’une piscine intérieure », alors que les trois autres écoles auraient la leur au cours des deux années subséquentes. « Tous les membres du Conseil d’éducation ont été favorables à l’idée de construire des piscines intérieures, principalement à cause de l’adoption d’une nouvelle loi permettant aux conseils scolaires et aux conseils municipaux à collaborer financièrement à des initiatives communautaires, ce qui était interdit jusqu’à maintenant, même si les taxes proviennent de la même source. » Aucune piscine intérieure, ni extérieure, ne sera construite finalement. L’idée du Conseil d’éducation sous-entendait la collaboration des conseils municipaux concernés, ce qui était une utopie en fin de compte. L’idée était quand même géniale.

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« L’Ontario, la province la plus populeuse du Canada, compte actuellement 482,045 citoyens francophones » peut-on lire dans l’édition du 28 septembre 1972 du journal Le Carillon. Statistique Canada venait de le confirmer. Ces francophones étaient répartis presque à parts égales (un tiers chacune) dans les régions de l’Est et du Nord; les autres sont essentiellement dans le Sud de l’Ontario et la région du grand Toronto. « Prescott et Russell sont les seuls comtés de la province dont la majorité de la population est francophone. » À cette époque, « le groupe francophone constitue le plus fort élément de la population ontarienne dont la langue maternelle n’est pas l’anglais ». Les autres étaient répartis ainsi : Italiens, 344 285; Allemands, 184 880; Ukrainiens, 80 230; Néerlandais, 77 475; Polonais, 73 985. Manifestement, les Asiatiques n’avaient pas commencé à s’installer en grand nombre.

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« La candidature de Denis Ethier suscitait des craintes au sein du Parti libéral. Est-ce le moment, se demandait-on, de choisir un deuxième candidat qui vient de la même région que le premier et qui par surcroît est le frère de l’autre? » C’est ce qu’opinait Paul Huneault (Marcel Desjardins) dans l’éditorial du 28 septembre 1972. Mais il était déjà trop tard. Lors d’un congrès d’investiture à St-Isidore-de-Prescott, devant près de 2 000 personnes, Denis Ethier devient le candidat libéral pour succéder à son frère, le député Viateur Ethier. Il remporte la course par seulement deux votes… 242 contre 240 pour son plus proche adversaire, Philibert Proulx. Germain Tessier, de Hawkesbury, avait été éliminé après le deuxième tour, alors que Fernand Boucher, de Rockland, et Adrien Gadbois, le maire de Charlottenburg, avaient été éliminés dès le premier tour. Proulx et Tessier avaient mené campagne avec de la publicité dans les journaux et des pancartes lors du congrès; Tessier avait même inondé la salle de jeunes bruyants et un ensemble instrumental. Quant au « candidat choisi, M. Denis Ethier, il s’est contenté de serrer la main aux personnes. Il n’avait aucune pancarte et aucune identification visible, Il n’avait pas utilisé les journaux avant le congrès de mercredi. » Je reviendrai évidemment sur la prochaine élection fédérale du 30 octobre avec Denis Ethier comme candidat libéral.

Du côté des conservateurs, le candidat sera Jean-Louis Montreuil. Cet homme d’affaires et conseiller municipal de Hawkesbury est le choix des délégués lors d’un congrès également tenu à St-Isidore, le centre de rassemblement politique favori des deux grands partis. Montreuil n’avait eu qu’un adversaire, soit Brian West, d’Alexandria. Sept autres personnes avaient été mises en candidature, mais toutes avaient invoqué des motifs personnels pour refuser la nomination.

Entre temps, le Nouveau parti démocratique avait choisi Jacques Boyer, un professeur à l’école secondaire St-Laurent de Cornwall, comme candidat pour cette même élection. Une soixantaine de militants avaient participé au congrès d’investiture. Boyer n’avait pas eu d’adversaire.

Bernard Pelot, conseiller municipal dans Russell, avait déjà indiqué qu’il se porterait candidat libéral indépendant. Et Wilfrid-Raymond Marin, de Ste-Rose-de-Laval, portera les couleurs du parti Crédit social de Réal Caouette. La table est mise.

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La naissance des clubs d’âge d’or

C’était, à toutes fins utiles, le début des clubs d’âge d’or au pays. Le ministère de la Santé nationale et du Bien-être social avait créé le programme Nouveaux-Horizons « dans une perspective de développement social permettant aux citoyens âgés de plus de 65 ans de sortir de leur isolement, de s’entraider et de s’adonner à des activités créatrices ». Il en est question dans l’édition du 7 septembre 1972 du journal Le Carillon. « Les subventions serviront à l’organisation de projets, à la location de locaux à l’achat d’équipement, à l’administration générale de l’initiative et même pour l’embauche de personnel. » Les députés auraient une nouvelle raison de « trouver » des contributions à la veille d’élections.

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Mes propos dans ma chronique du 14 septembre 1972 pourraient s’appliquer encore aujourd’hui parce que l’on entend souvent des critiques adressées aux journalistes.

« Le maire Yvon Montpetit disait, lors de la cérémonie de la fête du Travail, que les critiques dans les journaux à l’endroit du Conseil municipal, n’avaient pas la même valeur que celles exprimées directement par les citoyens. Si l’auteur de cette chronique n’est pas considéré comme un citoyen (étant contribuable comme un autre), quel statut a-t-il? De toute façon, il faut l’admettre, la majorité des ‘suggestions’ retransmises dans cette chronique à l’intention des membres du Conseil municipal ou d’autres organismes proviennent de lecteurs qui sont, eux, des citoyens tel que déterminé par le maire Montpetit. »

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Le projet représente un investissement de six millions de dollars et la création éventuelle de cent emplois supplémentaires dans le canton de Longueuil. La société Ivaco annonce en effet la construction d’une deuxième usine, voisine de celle qu’elle a construite et exploite depuis 1971. Celle-là, qui emploie 200 personnes, fabrique du fil métallique; la nouvelle se spécialisera dans la fabrication de billettes d’acier pour alimenter entre autres la première usine. L’usine de fabrication de billettes « sera exploitée comme une division de Sivaco Wire and Nail Company, une filiale à appartenance entière d’Ivaco ». L’usine existante en était une d’Industrial Fastners L’article du 14 septembre 1972 rappelle qu’Ivaco « est l’un des grands producteurs de fil-machine, de fil métallique et de divers produits en fil, de clous, de boulons, d’essieux et de pièces de précision ».

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Et voilà, cette nouvelle était attendue depuis belle lurette. On en parle dans le journal du 14 septembre 1972. « Le tronçon de la nouvelle autoroute 417, entre la frontière du Québec et le chemin de Chute-à-Blondeau, sera ouvert à la circulation au cours des prochains jours (…) le tronçon d’une longueur de 6.22 milles de l’autoroute 417, à partir de la frontière Ontario-Québec jusqu’à un mille à l’ouest du restaurant-garage Half-Way House, était maintenant prêt à recevoir la circulation sur ses deux voies ». Ce restaurant-garage n’existe plus depuis très longtemps.

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Le dimanche, ça commence à quelle heure?

Les propos du curé de la paroisse St-Dominique de Hawkesbury et vicaire épiscopal de la zone 6 du diocèse d’Ottawa, Mgr Gérard Charrette, occupent quasiment les deux tiers d’une page dans l’édition du 24 août 1972 du journal Le Carillon. Dans son texte, Mgr Charrette écrit avoir « remarqué, et plusieurs de mes confrères aussi, que plusieurs fidèles d’abstiennent de la messe dominicale quand ils ont assisté à une messe privée de mariage le samedi après-midi ». Il y rappelle que « c’est samedi, le 30 janvier 1971, que la messe dominicale le samedi soit entra en vigueur dans le diocèse d’Ottawa ». Il soulignait que « le plus grand nombre des autres pays du monde ont encore un dimanche de 24 heures, et non d’une trentaine d’heures ». Et il ajoutait que dans le diocèse, « pour la région de Hawkesbury, il a été convenu que la messe dominicale ne devancerait pas 7 heures du soir. Il est donc très clair qu’il n’est pas laissé à chacun de décider si sa messe de mariage ou de funérailles du samedi après-midi puisse compter pour sa louange dominicale. Ces messes restent des messes privées et non l’hommage public de toute la Communauté à son Seigneur. » Le bon curé a dû se retourner dans sa tombe quand la messe « dominicale » du samedi est passée à 5 heures de l’après-midi dans la plupart des paroisses. Et bien sûr, les églises se sont vidées depuis l’époque de Mgr Charrette.

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Si le hockey n’est pas une religion au Canada, le lecteur du journal du 24 août 1972 aurait pu croire le contraire. Le journal reproduit un communiqué de la société Radio-Canada sur la série Canada-Russie, celle regroupant des joueurs de la Ligue nationale. « Pour bien des amateurs, il s’agit d’un rêve qui devient une réalité. Jamais au Canada pareil enthousiasme n’a été soulevé autour d’un événement sportif. » Le hockey est plus qu’un sport national selon Radio-Canada. « C’est un élément de culture sur lequel repose la fierté de tout un peuple. » Le communiqué cite l’inoubliable René Lecavalier, qui assurerait la description des matchs, et pour qui il était indispensable qu’une telle série ait lieu. « Certains vont même jusqu’à dire que ce sera l’événement sportif du siècle. » Évidemment, les Canadiens seront rivés à leur petit écran pour les matchs en sol canadien des 2, 4, 6 et 8 septembre, alors que ce sera de même pour les parties en sol soviétique des 22, 24, 26 et 28 septembre. Le reste, comme on dit, fait partie de l’histoire.

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C’était tout un changement que le gouvernement ontarien avait apporté à ses lois électorales. Comme l’explique un texte dans l’édition du journal Le Carillon du 31 août 1972, en Ontario, lors des prochaines élections scolaires, « les catholiques pourront appuyer le secteur de leur choix ». Les électeurs catholiques qui ne sont ni propriétaires ni locataires auront « le choix d’être inscrits comme contribuables des écoles séparées ou des écoles publiques pour la première fois cette année ». Jusque-là, le droit de vote aux élections municipales et scolaires était réservé aux propriétaires et locataires. « La nouvelle loi permet aux catholiques qui ne sont ni propriétaires ni locataires, comme les conjoints, les étudiants, les chambreurs, de même que les prêtres et les religieuses, de voter lors des prochaines élections de conseils pour les écoles séparées catholiques, si tel est leur choix » et cela s’appliquait à tout électeur de 18 ans et plus.

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Gilbert Patry succède à Rhéal Leroux

Hawkesbury n’avait plus de directeur des loisirs depuis le 15 mai et il aura fallu trois mois pour trouver un successeur à Rhéal Leroux. Dans le journal Le Carillon du 3 août 1972, on apprend que Gilbert Patry, de Témiscamingue, est le nouveau directeur des loisirs. Il touchera 10 000 $ par année (Leroux recevait 7 500 $). « Outre M. Patry, trois autres candidats sollicitaient le poste de directeur municipal de loisirs. Il s’agit de MM. Pierre Benson, de Rockland, de Jacques Lortie, de Hammond, et John Le Vasseur, de Swift Current, en Saskatchewan. » Quant à Patry, son poste à Témiscamingue avait été aboli, conséquence directe de la fermeture de l’usine locale de la CIP.

Par contre, dans l’édition du 10 août 1972, on apprend que « le Comité municipal des loisirs serait sur le point d’être dissous ». Les membres du Conseil n’étaient pas satisfaits du travail des membres du comité et de « leur inaptitude à faire fonctionner le programme estival des loisirs ». La question ne sera débattue que plus tard.

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Sa prestance, sa voix, sa gentillesse. On ne pouvait ignorer la présence de l’ancien chef de police Rémi Lecôt lorsqu’il se trouvait en quelque part. Il était presque le stéréotype du policier idéal. Dans l’édition du 3 août 1972, il est question de la fête qu’on lui a réservée à l’occasion de sa retraite de la Sûreté municipale. Il y avait passé 29 années. Plus de 250 personnes s’étaient réunies à la grande salle du motel Holiday pour souligner l’occasion. Dix ans après son arrivée à Hawkesbury, en 1953, « il accédait à la direction de la Sûreté municipale jusqu’à sa démission en 1966, pour des raisons de santé ». Il était toutefois demeuré à la Sûreté, mais comme adjoint du nouveau chef Wilfrid Villeneuve, qui avait été son collègue depuis 1943. Rémi Lecôt était né à Ville Saint-Laurent et il avait « épousé en deuxièmes noces Mlle Esther Bruneau, la sœur de l’ancien maire Victor Bruneau ». Rémi Lecôt était le père de Bruno, qui occupe ces jours-ci le poste de directeur général du Concours international de labours (20 au 24 septembre) à Chute-à-Blondeau.

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Le Conseil municipal de Rockland sera doté d’un comité dont le mandat sera de mousser la construction d’un nouveau pont « entre l’Ontario et le Québec ». Le maire Roger Charron explique, dans l’édition du 3 août 1972, que « la construction d’un tel pont au-dessus de la rivière Outaouais faciliterait les relations entre les citoyens des deux provinces voisines ». Les seuls ponts reliant les deux rives étaient à Ottawa et à Hawkesbury. « Parmi les avantages que procureraient le futur pont, M. Charron a cité la facilité qu’auraient alors les résidents du Québec d’accéder à l’autoroute 417 présentement en construction du côté ontarien. » C’était avant que l’on parle de l’autoroute 50. Les débats autour de la construction d’un nouveau pont se poursuivent toujours, mais c’est plutôt pour en construire un autre près d’Ottawa et non entre Cumberland et Hawkesbury, comme le réclamaient les autorités municipales de Rockland.

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Belle-Rivière? Non, ça se dit mal en anglais.

Tout le monde connaît forcément le nom de Mirabel, l’endroit où a été construit un immense aéroport qui devait répondre aux besoins de transport aérien pour la région de Montréal pendant des décennies et qui ne sert presque plus à rien aujourd’hui. Mais dans l’édition du 20 juillet 1972 du journal Le Carillon, on apprend que le nom choisi par les autorités municipales de l’époque n’était pas Mirabel, mais plutôt Belle-Rivière. « Le Conseil municipal de Sainte-Scholastique a retenu le nom de ‘Belle-Rivière’ pour désigner la nouvelle entité municipale, après avoir invité la population à se prononcer lors d’un sondage. Au cours de ce sondage, 214 citoyens avaient choisi le nom de Mirabelle (sic) contre un peu moins de 200 en faveur de Belle-Rivière ». Par ailleurs, d’autres noms avaient été suggérés lors du sondage, soit « La Vérendrye, Belle-Mont, Sauvé et Chénier ». Bien sûr, ce serait Mirabel qui deviendrait éventuellement le nom officiel. Pourquoi? Parce que la décision ultime relevait du gouvernement fédéral et que « dans plusieurs milieux, on croit en effet que le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial élimineront ce choix pour la simple raison que ce nom est difficile à prononcer en anglais, langage international de l’aviation ».

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La fréquence des accidents mortels s’accentuait sur la route 17 et les autorités locales souhaitaient que le gouvernement ontarien accélère la construction de la nouvelle autoroute 417. Le gouvernement provincial a écouté les doléances et décide d’accélérer les travaux afin que l’autoroute puisse être terminée en 1974 au lieu de 1977. Il en est question dans l’édition du 20 juillet 1972 du journal Le Carillon. « Du côté québécois, l’autoroute no 40, la voie à laquelle se rattachera la future 417, est complétée depuis déjà plusieurs années. Cette autoroute a en effet été parachevée peu avant l’ouverture de l’Exposition internationale de Montréal en 1967. » L’article rappelle que la 417 évitera les deux principales villes des comtés unis, soit Rockland et Hawkesbury. « Quant à l’autoroute 417, les travaux de construction ont été entrepris en 1969 et à cette époque, les autorités ontariennes prévoyaient qu’ils se poursuivraient pendant une période de dix ans. Le coût de cette voie rapide a été estimé à $65,000,000. De cette somme, un montant de $43,700,000 a déjà été dépensé. On prévoit maintenant que la balance des crédits nécessaires à la construction de l’autoroute sera votée lors de l’adoption du prochain budget ontarien. »

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Un article du 27 juillet 1972 rappelle que les employés de l’Hydro-Ontario sont en grève depuis dix-sept jours que les « cultivateurs ontariens perdent des milliers de dollars ». Selon l’article, des pannes d’électricité s’étaient prolongées pendant plus de 48 heures à certains endroits « entraînant l’asphyxie de centaines de poulets et la traite des vaches laitières n’a pu être effectuée dans plusieurs endroits à cause du manque d’électricité ».

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Les hautes instances du Parti libéral du Canada ont eu gain de cause. Torrance Wylie ne sera pas candidat à la succession de Viateur Ethier comme porte-étendard des libéraux dans Glengarry-Prescott-Russell. On y fait référence dans l’édition du 27 juillet 1972 du journal Le Carillon. La décision de Wylie laissait donc le champ libre au frère du député Viateur Ethier, Denis Ethier, au préfet de la ville de Hawkesbury, Philibert Proulx, à l’homme d’affaires de Hawkesbury et L’Orignal, Germain Tessier, ainsi qu’au préfet de la ville de Rockland, Fernand Boucher.

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Une première grève… mais pas la dernière

Industrial Fasteners (Ivaco) vient à peine d’ouvrir ses portes dans le canton de Longueuil. Les 102 employés sont membres des Métallos d’Amérique (United Steelworkers of America) depuis moins de six mois et ils déclenchent la première d’une longue série de grèves qui allaient paralyser cette usine au fil des années. L’article du 15 juin 1972 laisse supposer que la grève « serait longue ». Il semble que cela faisait l’affaire de l’employeur. « Du côté patronal, les dirigeants de la compagnie veulent profiter de la grève pour nettoyer l’intérieur de l’usine et effectuer quelques réparations. » Les grévistes voulaient « que le salaire de base à l’usine soit porté de $2.12 à $2.75 dès la première année du contrat de trois ans ». L’employeur offrait une majoration immédiate de 30 cents l’heure, « avec des augmentations proportionnelles à chacune des deux années suivantes ». La grève ne durera finalement que quelques jours. Les employés acceptent un salaire de 2,71 $ l’heure, ce qui n’est pas loin de leur première demande.

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Lucienne Bruneau était une « institution » à Hawkesbury. Elle avait enseigné à quelques générations d’enfants aux écoles Bonsecours (note du blogueur : je n’ai pu trouver où se situait cette école à Hawkesbury), Christ-Roi, Sacré-Cœur, Marguerite-Bourgeois, St-Joseph puis Paul VI. C’est de cette école que « Mlle Bruneau » prend sa retraite à la fin de juin 1972. On lui organise une fête comme il se doit et Le Carillon du 6 juillet 1972 lui consacre presque une page. Elle a été collègue de ma femme pendant sept ans à l’école Paul VI.

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Il vient à peine d’arriver à Ottawa en avril 1971 et il s’est propagé depuis lors au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et dans les Territoires-du-Nord-Ouest. Il sera utilisé d’un bout à l’autre du pays au début de 1974, mais dans l’Est ontarien il sera en vigueur à compter du début de juillet 1972. Le Carillon du 6 juillet 1972 parle évidemment du nouveau « code postal ». « Le code postal canadien, ‘unique en son genre au monde’, vise à faciliter le tri du courrier et sa distribution. » Un long article explique le fonctionnement du code postal et sa formulation « ANA NAN » (alpha numérique alpha, espace, numérique alpha numérique). Aujourd’hui, le code postal est devenu un outil essentiel dans le traitement et l’acheminement du courrier pour Postes Canada mais aussi tous ses concurrents, ainsi que dans les campagnes de marketing ciblé. On le tiens pour acquis.

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Les membres du Conseil municipal constatent leur erreur du passé, mais doivent subir les conséquences. Un article dans Le Carillon du 13 juillet 1972 laisse entendre que les membres du Conseil « sont écœurés » de l’inaction dans l’organisation des loisirs de Hawkesbury. Rien ne va plus dans les loisirs depuis le départ de Leroux et son successeur n’a pas encore été embauché; des membres du Conseil s’en prennent au Comité des loisirs qui n’observe pas les recommandations du Conseil. « Les membres du Conseil ont d’ailleurs décidé que le système des loisirs serait démantelé, révisé et entièrement réorganisé dès que le nouveau directeur des loisirs aura été embauché. » On ne veut pas perdre ses pouvoirs du passé. Trop de chefs gâtent la sauce, manifestement!