Avatar de Inconnu

Les rumeurs font travailler les policiers… un peu trop

Le sergent Emmanuel Cuillerier, de la Sûreté municipale de Hawkesbury, se vidait le cœur dans un article du 31 octobre 1974 du journal Le Carillon. « Les rumeurs qui persistent à circuler dans Hawkesbury et la région font perdre un temps précieux à la Sûreté municipale. » Ils se plaignaient du surcroît de travail occasionné par les rumeurs qui circulaient un peu partout « à la suite du décès d’un jeune homme trouvé dans une salle de toilettes d’un garage local » et les gens téléphonaient afin d’en apprendre davantage sur cette « vague de meurtres » qui secouait Hawkesbury. Les médias de la presse écrite et des postes de radio et de télévision appelaient pour confirmer ces rumeurs. Le sergent avait répondu personnellement à 48 appels pendant un quart de travail ordinaire et ses collègues en avaient reçu plus du double « dans une seule période de 24 heures ». Cuillerier ajoute qu’il « y a 22 ans, la Sûreté municipale recevait 85 appels par année, et cette année, à date, le nombre d’appels atteint 1,625 ». Le sergent recommandait aux gens d’écouter la radio et de regarder la télévision pour tout apprendre au lieu d’appeler au poste de police. « Quant aux ‘commères des deux sexes’, (je) leur recommande fortement de se tenir occupées de façon plus digne. » Voilà pour la leçon du jour!

* * *

Je vous avais parlé récemment de l’arrivée des femmes dans la Sûreté provinciale de l’Ontario. Le Carillon du 31 octobre 1974 nous présente l’agente Danielle Bouchard, la première femme à joindre les rangs du détachement de Hawkesbury. C’était de toute évidence une affaire de famille. « Pour l’agent Bouchard, les forces policières n’ont rien de vraiment secret ayant vu son père, Marcel Bouchard, de la Sûreté de Montréal œuvrer toute sa vie dans ce domaine. Trois des frères de Danielle travaillent présentement avec la Sûreté de la Communauté urbaine de Montréal, alors que les deux autres considèrent fortement faire leur entrée dans les forces policières. » Elle avait été professeur d’éducation physique au niveau secondaire depuis trois ans, mais « la monotonie de son précédent emploi » l’avait incitée à changer de carrière.

* * *

Une autre chose que j’avais oubliée. « Une section de l’autoroute 417, à 12 milles à l’est de Casselman, sert de laboratoire extérieur pour la conduite de certaines expériences tentées par le Conseil national des recherches. » On en parle dans l’édition du 31 octobre 1974. Cette autoroute n’est pas encore ouverte au grand public. Les expériences sont reliées « à la puissance de différents systèmes d’éclairage pour les automobiles » et la section non ouverte « sert également au Conseil des recherches à évaluer la performance au volant de conducteurs sous l’influence de l’alcool ou de la drogue, ou des deux ». Ce projet avait été entrepris par le réseau de télévision CTV, en collaboration avec le Centre national des recherches, la Fondation de la recherche sur la toxicomanie de l’Ontario et le Bureau d’assurance du Canada.

* * *

Parlant de la 417, on apprend dans l’édition du 7 novembre 1974 qu’elle sera ouverte à la circulation de la frontière du Québec jusqu’à la hauteur de Ramsayville, à l’est d’Ottawa, dès le 8 novembre. La section entre Ramsayville et le Queensway serait terminée l’automne suivant.

Avatar de Inconnu

Un nouveau conseil consultatif des affaires franco-ontariennes

Le gouvernement provincial s’intéresse aux Franco-Ontariens un peu plus. On peut lire dans l’édition du 10 octobre 1974 du journal Le Carillon qu’Omer Deslauriers (né à Hawkesbury) présidera le nouveau Conseil consultatif des affaires des Franco-Ontariens, dont la création a été annoncée par le ministre des Collèges et Universités, James Auld. « Le conseil renseignera le ministre sur les questions qui relèvent de son ministère et qui touchent les Franco-Ontariens. » Un effort parmi tant d’autres…

* * *

Fernand Guindon avait démissionné comme député provincial de Stormont pour tenter sa chance aux élections fédérales du 8 juillet, qu’il avait perdues aux mains du maire de Cornwall, Edward Lumley. Il fallait bien sûr une élection complémentaire pour le remplacer. Comme le rapporte Le Carillon du 24 octobre 1974, les électeurs préfèrent le néo-démocrate George Samis à ses adversaires le conservateur Guy Léger et le libéral Paul Rouleau, sans oublier le créditiste Alcide Hamelin. Vous aurez remarqué la prédominance des noms francophones.

* * *

IKO Industries Limited, « une usine de fabrication de produits servant à la construction de toitures, s’installera dans le parc industriel de Hawkesbury, à l’angle nord-est des rues Cameron et Spence ». La nouvelle est publiée dans l’édition du 31 octobre 1974. « Elle doit commencer ses opérations à l’automne de 1975… et commencera avec 75 employés permanents. » IKO exploite déjà des usines à Brampton, en Ontario, et à Calgary, en Alberta. IKO est toujours là et a pris de l’expansion avec les années. Ses produits sont vendus un peu partout.

* * *

Contexte du temps :

Articles publicitaires vantant les mérites de la Buick Apollo, de la Buick Skylark, de la Buick Skyhawk, de la Chevrolet Nova, de la Chevrolet Caprice, de la Pontiac Astre, de la Pontiac Grand Ville Brougham et de la Pontiac Safari… sans oublier la Gran Fury de Plymouth. – Nick TV annonce des syntoniseurs-amplificateurs Telefunken, le nec plus ultra à cette époque. – Les raisins rouges se vendent un dollar pour trois livres à l’IGA Lapointe. – L’album « Live in Memphis » d’Elvis Presley est offert à 5,77 $ chez Walkers. – Le Centre des données fiscales est à la recherche de centaines de personnes qui recevront une formation de mécanographes pour le traitement des déclarations d’impôt 1975. C’est écrit comme ça dans la publicité.

Avatar de Inconnu

Un ralentissement économique causé par les conflits ouvriers

La nouvelle n’était pas réjouissante. « Un manque de main-d’œuvre et les grèves illégales du printemps seraient les causes principales du ralentissement des expansions d’industries dans la ville et de la perte de 800 emplois qui auraient été créées par ces expansions. » Claude Kingsbury signe un texte à cet effet dans l’édition du 19 septembre 1974 du journal Le Carillon. La déclaration n’était pas de n’importe qui, mais de William Sutherland, le gérant de l’usine de Duplate Canada à Hawkesbury. Sutherland avait affirmé que « les industries ont beaucoup à offrir à Hawkesbury, en commençant par de l’emploi pour les chômeurs, de l’avancement pour les gens qui y demeurent déjà, une activité bancaire accrue, de nouvelles sources de revenus pour les marchands et les communautés religieuses, un surcroît de revenus en taxes pour augmenter les services offerts à la population, une croissance de la population à part d’amener d’autres personnes qui exploiteront des idées nouvelles qui profiteront à la collectivité. » Voilà pour la leçon d’économie industrielle. Dans sa présentation devant les membres de la Chambre de commerce, « il a fait état du manque de logement, des services de récréation qui devraient être améliorés, des routes d’accès à la ville qui devraient être construites, en n’oubliant pas les loisirs et les sports qui doivent eux aussi jouer une part importante dans l’attrait de personnes et d’industries dans la région ». Il venait d’appuyer directement les projets de Route du Nord et de complexe sportif. Quant aux récentes grèves longues et illégales, le gérant de l’usine Duplate disait qu’elles « sont en partie la cause de l’abandon de projets d’expansion d’industries dans la région; car, face à cette situation, des industries ne s’établiront pas dans la région alors que d’autres la quitteront ». Ses propos provoquent une série de lettres de porte-parole syndicaux et du président régional du NPD.

* * *

Une pleine page de publicité dans l’édition du 26 septembre 1974 dans laquelle Julie et Bill Harden signalent le 25e anniversaire de leur bijouterie… une véritable institution à Hawkesbury. Je viens d’apprendre que cette bijouterie, encore en affaires à Hawkesbury après toutes ces années, a fermé ses portes. Par contre, les enfants du couple Harden (Bill, Brent et Reginald) sont aujourd’hui des gens d’affaires de réputation. Le Groupe Harden, par exemple, développe et aménage des complexes commerciaux à Rockland, Hawkesbury et Vaudreuil (Québec), entre autres.

* * *

Retenez ce nom parce que je reparlerai de lui : Goldyn Sunderland. Le rapport que le commissaire à la restructuration des comtés unis de Prescott et Russell produira éventuellement avait, à mon point de vue, beaucoup de sens et je l’ai défendu vigoureusement. J’y reviendrai.

* * *

Une publicité de MacEwen Ford Sales, de Maxville, dans l’édition du 26 septembre 1974. Le nom de MacEwen est évidemment des plus connus dans la région et même au-delà de la région par ses stations-service aux couleurs distinctives. Tout avait commencé à Maxville, un petit village au sud de St-Isidore-de-Prescott.

Avatar de Inconnu

Un « grand » chef décède… Rémi Lecôt

Le cancer le rongeait depuis huit ans et, à l’âge de 65 ans, l’ancien chef de police Rémi Lecôt s’éteint le 29 août 1974. Dans l’édition du 5 septembre du journal Le Carillon, je signe un long reportage sur ses funérailles en l’église St-Alphonse. J’y note que « les habitués de cette église n’entendaient plus la voix de stentor qui faisait vibrer les murs de ce temple depuis tellement d’années ». C’est que Rémi Lecôt faisait partie de la chorale de cette paroisse. Le curé Rodolphe Couture, dans son homélie, avait rappelé « l’image traditionnelle du ‘saint’, le chrétien qui fait passer ‘les autres’ avant lui-même. Il était avant tout une sorte d’apôtre, transmettant à tous ceux qu’il connaissait ou qui passaient devant lui sa sérénité, sa bonhommie, ses encouragements et ses vertus. » J’ai parlé de lui dans des billets précédents (14 septembre, ainsi que les 12 août et 29 avril 2011), notamment en référence à sa retraite de la Sûreté municipale à l’été de 1972. Son beau-frère, l’ancien maire Victor Bruneau, était décédé six mois plus tôt, en février 1974. (J’ajoute que Rémi et Esther étaient les voisins de cour arrière de mes beaux-parents, avec qui ils étaient de grands et proches amis.)

* * *

Le maire Philibert Proulx utilise son vote prépondérant pour tuer dans l’œuf le projet d’un nouveau complexe sportif à Hawkesbury. Il en est question dans l’édition du 5 septembre 1974 et j’en profite pour écrire un très long éditorial sur cette question. J’opine que la population a non seulement besoin de nouvelles installations sportives modernes, mais qu’elle y est favorable. Sur les ondes du poste CFML de Cornwall, Proulx explique qu’il avait eu recours à son votre prépondérant « parce qu’il ne veut pas être accusé d’avoir construit un complexe ». L’article ajoute ceci : « Référant à la campagne menée par le journaliste Jean-Maurice Filion, du Carillon, en faveur d’un complexe, M. Proulx a dit que M. Filion ne représentait qu’une opinion parmi 6,600 électeurs et qu’il (le maire) n’avait jamais été influencé malgré tout ce que M. Filion a fait et qu’il ne l’influencera jamais. » J’avais oublié que j’avais « mené campagne » puisque je ne faisais qu’appuyer ce que je sentais être un mouvement populaire. Dans l’édition du 12 septembre 1974, un long reportage fait état de la « démonstration de masse de 225 personnes, accompagnées d’une pétition de plus de 1,000 signatures » qui avait été organisée à l’hôtel de ville « pour inviter le Conseil à reconsidérer sa décision ». De toute façon, un référendum tranchera la question en décembre 1974 ou la tranchera-t-il réellement? J’y reviendrai, bien sûr.

* * *

Ces 55 000 syndiqués avaient été jusque-là membres du Syndicat international des Travailleurs unis du papier. Le 1er septembre 1974, ces travailleurs (qui comprennent ceux de l’usine locale de la CIP) « se séparent pour former un syndicat canadien indépendant. Il sera connu sous le nom de Syndicat canadien des travailleurs du papier et regroupera 200 sections locales réparties dans neuf provinces. (…) Il n’y a pas d’usine de pâtes et papiers dans l’Île-du-Prince-Édouard. »

* * *

Le Nouveau parti démocratique de l’Ontario tient son congrès biennal à Sudbury et le militant NPD connu de Glengarry-Prescott-Russell, Raymond DesRochers, y est élu au sein de l’exécutif provincial. « C’est la première fois qu’un Franco-Ontarien est élu à ce poste. » DesRochers propose même, en français (une autre première), la candidature de Stephen Lewis à la chefferie du parti. Lewis obtient facilement un deuxième mandat lors de ce congrès.

Avatar de Inconnu

Des jardins détruits… à cause d’une panne d’électricité

Un orage peut parfois causer des problèmes inhabituels. C’est ce qui s’est produit le 9 juillet 1974 et on en parle dans l’édition du 18 juillet du journal Le Carillon. La panne avait forcé une cessation complète des opérations à l’usine de la CIP. « C’est une panne d’électricité qui est à la source de la destruction complète ou partielle de plusieurs jardins potagers ou d’agrément dans le secteur ouest de Hawkesbury. » Pendant la panne de cinq heures, il y avait eu des émissions d’anhydride sulfureux plus élevées que normalement. Les résidents du secteur étaient habitués aux émanations « normales » mais pas à celles d’une telle intensité. Ce sont des milliers de dollars de dommages qui ont été rapportés cette fois. Plusieurs récoltes étaient irrécupérables. Il ne faut pas oublier que les jardins potagers étaient courants à cette époque. C’était sans oublier les odeurs nauséabondes qui découlaient de ces émissions inhabituelles. J’avais signé le reportage et j’avais pris de très nombreuses photos pour illustrer l’ampleur des dégâts.

* * *

André Boyer était propriétaire du journal Eastern Ontario Review, un hebdo de langue anglaise de Vankleek Hill, depuis 45 ans. Dans Le Carillon du 1er août 1974, nous apprenons qu’il vend son entreprise à ses deux fils, Jean-Paul et Bernard. Il était le propriétaire du Review depuis le 15 avril 1929. Les frères Boyer ont vendu le journal plusieurs années plus tard. Ils n’avaient pas eu la « flamme » de leur père.

* * *

Je ne me souviens pas du tout de cette chaîne de magasins qui en comptait 50. En cette mi-août de 1974, Walkers ouvre une succursale à Hawkesbury, au 210 de la rue Principale. Une sorte de magasin à rayons. Aucun souvenir.

* * *

Il en coûtera 2 250 200 $ pour construire le nouveau Foyer Prescott-Russell, à Hawkesbury. Le projet verra le jour au coin nord-ouest de l’intersection Spence et Cartier. Le Conseil des comtés unis en avait décidé ainsi, mais par un vote très serré de 11 contre 10. Le nouveau foyer aura 150 lits et le terrain sera acheté de la firme Hawkesbury Realty Ltd. Ce sont semble-t-il des pressions du gouvernement ontarien qui auraient favorisé Hawkesbury, parce qu’un plus grand nombre de services sont possibles dans un milieu urbain. Plusieurs membres du Conseil auraient préféré rénover et agrandir le Foyer situé à L’Orignal. Je reviendrai d’ailleurs sur cette question du Foyer à L’Orignal un peu plus tard. Une bonne histoire à raconter.

* * *

Ainsi, nous apprenons dans l’édition du 29 août 1974 que Jean Léveillé est le nouveau surintendant en chef du Conseil des écoles catholiques de Prescott et Russell. Il remplace Jacques Beauchemin. Il avait été le premier directeur général du nouveau Conseil des écoles séparées de Timmins de 1969 à 1971. J’en parle parce que Léveillé, Timmins et Foyer Prescott-Russell se rejoindront dans une future histoire à raconter.

Avatar de Inconnu

Une campagne intéressante… des résultats prévisibles

Le très gros titre de la une du journal Le Carillon du 11 juillet 1974 est éloquent : « Ethier triomphe » et c’était vrai. Alors que les observateurs avaient cru en une lutte serrée à cause des candidats en cause, le député libéral fédéral sortant Denis Ethier est facilement réélu avec une écrasante majorité de 11 891 votes. Le candidat progressiste-conservateur et maire du Canton de Russell, Bernard Pelot, se classe deuxième avec 6 585 votes, alors que le néo-démocrate Raymond DesRochers, qui avait été omniprésent depuis de très nombreux mois et bien avant le déclenchement d’une élection, se contente de 5 484 votes. DesRochers avait été convaincu de sa victoire. En tout cas, c’est l’impression qu’il dégageait depuis des mois. Quant à Pelot, il avait été rejeté par les électeurs dans son propre canton avec 1 296 votes, alors que DesRochers allait en chercher 1 781 et Ethier, 5 563. Pelot pouvait se dire qu’il avait au moins récolté plus de voix que ses adversaires dans le village de Russell. (Ce village est toujours très conservateur aujourd’hui et chaque élection le démontre.)

* * *

Dans Stormont-Dundas, le ministre du Travail de l’Ontario, Fernand Guindon, avait abandonné son poste pour tenter sa chance au fédéral. Les électeurs lui avaient préféré Ed Lumley, le maire de Cornwall. Les électeurs avaient le choix entre deux candidats très solides, mais ont accordé une pluralité de 4 027 voix à Lumley. Quant à Guindon, il a annoncé le soir de l’élection que c’était la fin de sa carrière politique après 17 années à Queen’s Park.

* * *

À l’échelle du pays lors de cette élection, Pierre-Elliott Trudeau avait repris un gouvernement majoritaire « avec 140 sièges sur 264 et près de 45 p. cent du vote populaire ». Quant aux conservateurs de Robert Stanfield, ils sont passés de 106 députés à 95, pendant que les néo-démocrates de David Lewis dégringolaient à 15 sièges au lieu des 31 qu’ils détenaient auparavant. Les créditistes de Réal Caouette, tous au Québec, passaient de 15 à 12 députés. « Le seul député indépendant sera le maire Leonard Jones, de Moncton, choisi candidat conservateur dans sa circonscription mais désavoué par son chef Robert Stanfield avant les élections. » La preuve qu’en fin de compte, ce sont les électeurs qui décident.

* * *

En éditorial commentant les résultats de l’élection, j’écris que « quoiqu’en disent les partisans des autres partis, Denis Ethier a représenté ses concitoyens comme personne d’autres n’a su le faire depuis longtemps. Son assiduité parfaite aux Communes, son poste de whip du caucus libéral ontarien, sa présidence de l’important comité permanent des travaux publics et des ressources naturelles, sa présence assidue et régulière un peu partout dans les comtés constituent la preuve irréfutable que nous avons eu en Denis Ethier un excellent député ». Les chaussures allaient être très grandes pour le député qui lui succéderait éventuellement.

* * *

J’ai revu Denis Ethier dans le cadre de la dernière campagne électorale fédérale de mai 2011. Il était en grande forme et récoltait encore le grand respect des libéraux de la circonscription… mais pas assez pour influencer le résultat général du scrutin dans « sa » circonscription devenue tristement conservatrice.

Avatar de Inconnu

Le nouveau pont passerait par la Grande-Île

Je n’ai jamais su si l’idée était sérieuse ou non parce qu’elle n’avait pas refait surface. « Le futur pont interprovincial reliant les deux rives de l’Outaouais à la hauteur de Hawkesbury, dont la construction a été confirmée la semaine dernière par le gouvernement fédéral, devrait enjamber la Grande-Île. » C’est Le Carillon du 4 juillet 1974 qui s’y réfère. C’était l’idée du conseiller municipal Claude Demers et il suffirait de dépenser cinq millions de dollars de plus pour le faire. Pas grave quand c’est l’argent des autres. « Selon les chiffres cités la semaine dernière, il en coûterait $10,450,000 pour un pont dont la descente serait située sur le terrain vis-à-vis l’avenue Railway, alors que $14,500,000 seraient nécessaires pour un pont qui enjamberait sur la Grande-Île. » Bien sûr, le nouveau pont sera construit un jour, mais juste à côté de l’autre et aboutissant sur la même rue John légèrement redessinée.

* * *

J’aimais bien ce gars-là, très sympathique. Il avait été le premier directeur général du nouveau Conseil des écoles catholiques de Prescott et Russell et l’avait guidé dans ses premiers pas. Dans l’édition du 4 juillet 1974, on apprend que Jacques Beauchemin démissionne de son poste pour un emploi au sein du bureau régional du ministère de l’Éducation à Ottawa. La dernière fois que j’ai vu Jacques, c’était à l’Hôpital pour enfants de l’Est de l’Ontario. J’y étais pour un rendez-vous avec mon garçon et lui, avec son petit-fils. Jacques avait travaillé dans le nord de l’Ontario et adorait la pêche… la vraie comme il se plaisait à me dire… les vrais gros poissons des lacs du nord de la province. Il voulait m’y amener une fois… mais je n’ai jamais eu la patience pour pêcher… au grand déplaisir de mon père et des frères aînés.

* * *

Nous étions en campagne électorale en ce début d’été de 1974 et Le Carillon du 4 juillet publiait un texte sur la rémunération des députés fédéraux. Ainsi, un député touchait alors 18 000 $ par année, en plus d’une allocation annuelle de 8 000 $ à 9 659 $ pour frais divers, en fonction de leur circonscription électorale. Et le Premier ministre lui? Il recevait 25 000 $ de plus que son salaire de député. Je ne me souviens pas si je l’avais fait intentionnellement, mais je soupçonne que oui. Je juxtapose un article dans la même page sur le nouveau salaire minimum qui entrera en vigueur en Ontario le 1er octobre 1974. Il passera de 2,00 $ l’heure à 2,25 $ l’heure. Et je fais les calculs comparatifs pour vous en prenant une semaine de 40 heures, normale pour l’époque, ce qui donne un salaire hebdomadaire de 90 $ ou de 4 680 $ par année. Nos députés étaient donc bien payés pour l’époque.

* * *

Le tout nouveau Centre récréatif d’Embrun était officiellement inauguré le 28 juin 1974 et il en est question dans l’édition du 4 juillet. Évidemment, le député Denis Ethier y était de même que son adversaire progressiste-conservateur Bernard Pelot, maire du Canton de Russell par hasard, et du député provincial Albert Bélanger. Le nouvel édifice de 165 000 $ accueillait près de 300 personnes pour l’occasion, dont plusieurs anciens présidents du Centre récréatif d’Embrun, soit Royal Comtois, Fernand Lortie, Reynald Cléroux, Honoré Bourdeau, Jean-Paul Lafortune, Albert Bourdeau, Maurice Lemieux, en plus de Camille Piché, le président d’alors. Ce Centre s’est retrouvé récemment au milieu d’un débat politique autour de sa fermeture, de sa vente, ou de sa location à une entreprise locale. Le Conseil municipal tente d’économiser et ses membres ne sont pas nécessairement toujours favorables au village d’Embrun dans leurs réflexions politiques.

Avatar de Inconnu

Les clubs d’âge d’or pour « acheter » des votes

Il y avait eu les quais et les bureaux de poste, maintenant, il s’agissait des clubs d’âge d’or. Au point où le député libéral sortant Denis Ethier en fait une publicité électorale dans l’édition du 20 juin 1974 du journal Le Carillon. « Citoyens de l’âge d’or, proclame-t-il. Durant cette semaine du citoyen ‘senior’ de l’Ontario. Tout en vous souhaitant les meilleurs vœux, il serait peut-être opportun de rappeler à la population de Glengarry-Prescott-Russell combien notre gouvernement a contribué à la réalisation de ces projets ‘Nouveaux Horizons’. Votre député, Denis Ethier, conscient de la popularité d’un tel programme, a obtenu ‘PLUS’ pour Glengarry-Prescott-Russell que tout autre comté au Canada. » Le journal avait en effet publié de très nombreux articles au cours de la dernière année sur les subventions versées aux nouveaux clubs d’âge d’or qui étaient nés au lendemain de l’introduction du programme Nouveaux Horizons.

* * *

Une petite annonce retient mon attention dans l’édition du 20 juin 1974. On peut y lire qu’Eugène Brunette, « 2 milles à l’est de St-Eugène Ont., sur chemin de Rigaud », organise un encan d’animaux et de machines aratoires le samedi 22 juin à sa ferme. Mansel Hay, le réputé encanteur de Dalkeith, présidera à la vente de « 60 bêtes, 20 taures Holstein, 2 taureaux; machinerie agricole au complet, 2 terres, antiquités, etc. Tout doit être vendu. » J’y fais référence pour deux raisons. D’abord, la ferme voisine, jusqu’en 1959, était celle de ma sœur et de mon beau-frère; j’y allais pour les aider, même si j’étais plutôt jeune avant 1959. Évidemment, j’ai bien connu cet Eugène et sa femme Thérèse (veuve qui habite Hawkesbury depuis de nombreuses années). Ensuite, parce que cette ferme a été achetée par des entrepreneurs qui l’ont transformée en ce qui est connu aujourd’hui comme la Ferme Skotidakis et leurs produits laitiers de chèvre sont vendus dans de nombreuses grandes surfaces, y compris à Ottawa.

* * *

Charles de Lotbinière Harwood est le directeur général du protocole pour le Comité organisateur des Jeux olympiques de 1976 (COJO) qui auront lieu à Montréal. Il est conférencier lors d’un souper interclubs à Hawkesbury et affirme aux 140 participants qu’il « est convaincu que le COJO peut autofinancer les jeux qui atteignent un budget total de $60 millions, (…) M. de Lotbinière Harwood a mentionné que la vente des timbres et de la monnaie allait bon train. » Lyse Huot signe un reportage sur sa conférence dans l’édition du 27 juin 1974. « À cause de la fréquentation quotidienne des Jeux, 250,000 personnes par jour seront à la recherche d’un endroit pour loger. COJO considère tous les endroits qui sont à une distance raisonnable de Montréal. Même Hawkesbury serait considérée puisqu’elle n’est qu’à environ une heure et demie de Montréal. Si cette situation se réalise, la région bénéficiera certainement d’une retombée économique. » C’est ce qu’il affirmait. À ce que je me souvienne, Hawkesbury n’a jamais profité de retombées liées aux Olympiques de 1976. Oh, j’oubliais : « Le chef du protocole a avoué que le contribuable canadien ne recevra aucune facture pour payer les dettes encourues par les Jeux olympiques de 1976. » Il avait pourtant déclaré que les jeux s’autofinanceraient. De la vieille histoire!

Avatar de Inconnu

Ethier n’avait pas aimé que le journaliste ne morde pas à l’hameçon

Le chef néo-démocrate David Lewis avait retiré son appui aux libéraux minoritaires de Pierre Trudeau et conséquemment, le pays se retrouvait en campagne électorale en ce début d’été de 1974. Dans Glengarry-Prescott-Russell, le libéral sortant Denis Ethier devait affronter le progressiste-conservateur Bernard Pelot et le néo-démocrate Raymond DesRochers. L’Union nationale des cultivateurs avait donc organisé une « réunion contradictoire » des candidats à l’école secondaire Glengarry d’Alexandria. Ethier refuse d’y participer, claque la porte et se rend dans la salle du club d’âge d’or rencontrer les 80 « personnes réunies là pour un cours de danse »; il affirmait que le débat avait « été préparé d’avance pour le NPD ». Le journaliste Charles Burroughs rédige un compte rendu fidèle de la soirée et ses interventions des autres candidats, dont la démarche d’Ethier… mais il ne suit pas Ethier.

Lorsque le journal Le Carillondu 13 juin 1974 est publié, je reçois la visite de Denis Ethier à mes bureaux et il commence à accuser Burroughs d’incompétence et d’ignorance; Ethier avait espéré que les journalistes le suivent et sortent de la rencontre des candidats eux aussi. Charles avait respecté mes consignes et avait couvert l’événement que je lui avais demandé de couvrir. Je n’ai pas mâché mes mots avec Ethier et je n’ai pas ménagé ma colère. En fait, je lui ai demandé et obtenu qu’il s’excuse auprès de Charles pour « ses attaques injustifiées ». C’est une anecdote de ma carrière que je retiens encore.

Ethier réagit par une publicité payée dans l’édition de la semaine suivante, celle du 20 juin 1974. Il y explique les raisons qui ont motivé son geste. « L’organisatrice de ce débat refusant de respecter les règles traditionnelles de notre comté, qui donnent au candidat représentant le parti au pouvoir, seul le privilège d’une réplique de cinq minutes. Et contrairement à ce que les journaux ont rapporté, je maintiens que je fus informé de ce débat par l’éditeur du journal Glengarry News, et non pas, par les organisateurs. Les faits réels sont que : Seul le candidat socialiste fut consulté assez longtemps à l’avance afin que la date lui convienne et lui donne en plus le temps de s’assurer que son orateur suppléant soit disponible. Devant cette attitude partisane de la part des organisateurs, j’ai refusé d’y participer. Comme candidat dans une campagne électorale, le moins que l’on puisse espérer d’un groupe, qui se dit non-partisan, est d’être traité avec égale courtoisie. » Je reviendrai sur cette élection qui aura lieu un mois plus tard.

* * *

Oh! En passant… le nouveau bureau de poste de Bourgetest inauguré par le député libéral sortant Denis Ethier le 11 juin 1974. Construction d’un nouveau bureau de poste est synonyme de campagne électorale comme je l’ai déjà mentionné dans des billets précédents.

* * *

Rockland avait son « Centre La Ste-Famille » qui était rapidement devenu populaire dans cette communauté. À Hawkesbury, le Service de loisirs parrainerait un centre semblable et dans l’édition du 13 juin 1974, on apprend qu’il sera connu sous le nom de « Centre Le Chenail » et qu’il sera aménagé dans l’ancienne salle de quilles du Centre Mémorial. « Son rayonnement d’activités se veut plus que qu’urbain, car il englobera Hawkesbury, L’Orignal, Alfred, Chute-à-Blondeau, St-Eugène, Ste-Anne-de-Prescott, Vankleek Hill et Lefaivre car les services offerts le seront aussi pour les nombreuses écoles de la région. » L’aide monétaire proviendrait au Collège Algonquin, du Secrétariat d’État et du Conseil des arts de l’Ontario. Le centre culturel Le Chenail a poursuivi ses activités communautaires pendant de très nombreuses années. André Villeneuve en était devenu l’âme inspiratrice.

Avatar de Inconnu

Fumer autre chose que des « cigarettes des autres »

Vous rappelez-vous de « La Québécoise »? Probablement pas. Le Carillon publie un message publicitaire dans son édition du 30 mai 1974. « Une nouvelle cigarette vient d’être lancée sur notre marché. Fabriquée à Louiseville, elle est de grandeur long format ou 85 mm et est munie d’un filtre de très haute qualité. Elle porte le joli nom de ‘LA QUÉBÉCOISE’ et est présentée dans un emballage orangé de 25 cigarettes, des plus modernes, qui reflète bien le caractère dynamique de la société. Les meilleurs tabacs blonds, de type Virginie, du Québec ont été sélectionnés pour donner à la cigarette toute sa faveur et sa finesse. » La Société des Tabacs Laurentiens Inc. avait retenu les services de nul autre que Jean Duceppe comme porte-parole. Et quel était son slogan : « Pourquoi fumer des C.D.A.? » La Société se défendait de vouloir inciter « la jeunesse à multiplier indûment l’usage du tabac, mais plutôt de lancer une offensive pour déplacer une part importante de ce marché au profit d’une société québécoise ». Je me souviens d’en avoir acheté un paquet et de ne pas l’avoir aimée. Je ne me souvenais pas combien longtemps cette cigarette a été publicisée sur le marché. Par contre, Santé Canada, dans un rapport lié au Règlement sur le potentiel incendiaire des cigarettes, fait état des résultats de ses échantillons prélevés entre octobre 2005 et mars 2010. Selon ce rapport, « La Québécoise », alors fabriquée par Bastos du Canada Limited, étaient toujours sur le marché en mai 2007. Je ne fume plus depuis 35 ans, donc je ne pourrais vous le confirmer.

* * *

L’Association Lacordaire du Canada change de nom; elle sera connue dorénavant sous le vocable de « Sobriété Canada ». Le journal du 30 mai 1974 en parle. Alors que les Lacordaires préconisaient une abstinence totale d’alcool, l’organisme avait réorienté ses programmes et « met davantage l’accent sur l’aide aux buveurs excessifs et sur l’apport positif d’une consommation d’alcool toujours modérée et uniquement occasionnelle ». Les buveurs du dimanche, quoi! Et le président national du mouvement, Jean-Louis Vennes, avait ajouté que « toute personne qui se préoccupe du problème de l’alcoolisme et qui elle-même n’abuse pas d’alcool peut joindre ses efforts personnels aux nôtres ». Je n’ai plus entendu parler de ce mouvement depuis très longtemps.

* * *

Dans l’édition du 6 juin 1974, je signe mon premier éditorial; je signerai le dernier 13 ans plus tard. C’est que notre collaborateur Paul Huneault, de son vrai nom Marcel Desjardins, venait d’obtenir une promotion au journal La Presse et il devenait donc impossible pour lui de poursuivre sa collaboration de six ans avec nous. Avec Marcel, les éditoriaux étaient souvent axés sur les scènes fédérale et provinciale; dorénavant, les éditoriaux du Carillon allaient offrir une perspective locale et régionale. Quant à une autre chronique qu’il signait en page éditoriale et intitulée « Au fil des jours », sa rédaction serait partagée entre mes journalistes de l’époque, Charles Burroughs, Claude Kingsbury et Lyse Huot. (En passant, Lyse est maintenant directrice des publications et des communications pour l’Association des universités et collèges du Canada. Lorsqu’elle était directrice du Service des communications de l’Université d’Ottawa, elle avait embauché un autre de mes anciens journalistes, Yvon Legault, comme agent de communications. Je reviendrai sur celui-ci plus tard.)

* * *

Le projet de complexe sportif à Hawkesbury retient toujours les attentions et les débats se poursuivent. Dans l’édition du 13 juin 1974, on apprend que l’emplacement favorisé serait le terrain au coin sud-est des rues Spence et Cameron. Le terrain aurait été donné par Patchogue-Plymouth. Récemment, à cet endroit, c’est un immense entrepôt et magasin de type « outlet » que la société Bentley a construit. Quant au complexe, j’y reviendrai encore quelques fois.