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Les dortoirs des garçons ressemblaient à un chenil

Je ne sais pas si cela existe encore de nos jours parce que nous n’en entendons jamais parler. Quoi qu’il en soit, en 1975, « le Grand Jury des assises d’hiver de la Cour suprême de l’Ontario, siégeant à L’Orignal, a déploré certaines situations à la prison de L’Orignal, à l’annexe B de l’Hôpital général de Hawkesbury et à l’école Champlain d’Alfred ». Il en était question dans l’édition du 3 avril 1975 du journal Le Carillon. Le Grand Jury était composé de citoyens ordinaires de la région et son rôle consistait à visiter et à inspecter les « institutions de la région qui bénéficient d’assistance financière du gouvernement ontarien ». C’était avant l’avènement de l’ombudsman de la province. Ces citoyens préparaient un rapport qui était alors rendu public. Ce sont leurs recommandations qui retenaient l’attention bien évidemment. Cette fois-là, le Grand Jury avait visité trois résidences particulières, la maison de convalescence Pleasant Rest à L’Orignal, le Foyer La Marquette, aussi à L’Orignal et le Casselman Nursing Home, à Casselman bien sûr. Dans les trois cas, le Grand Jury n’a rien trouvé d’anormal. Quant à l’annexe B de l’Hôpital général, l’ancien hôpital Notre-Dame, les membres du Grand Jury avaient conclu « que l’édifice n’est pas du tout adéquat pour le soin des malades ». Cette situation serait corrigée par l’ouverture du nouvel hôpital et Notre-Dame a fermé ses portes depuis belle lurette, comme la prison de L’Orignal d’ailleurs. Quant à l’école Champlain d’Alfred, que l’on connaissait sous le nom d’école de réforme, « les membres ont trouvé que les nouveaux dortoirs des garçons ressemblaient à un chenil, les garçons ne profitant pas d’intimité ». Le rapport précisait que « les futurs quartiers des filles sont adéquats, avec des chambres individuelles pour chacune ». Cette ancienne école Champlain loge aujourd’hui le campus du Collège d’Alfred de l’Université de Guelph.

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Le Conseil d’éducation de Prescott-Russell et son Comité consultatif de langue française ne s’étaient jamais bien entendus et en cette veille de printemps de 1975, « le dialogue est rompu ». C’est que le Conseil d’éducation avait décidé qu’il n’accorderait aucune étiquette linguistique aux écoles sous sa juridiction, ni française, ni anglaise. Comme le rapporte Le Carillon du 3 avril 1975, la délégation du CCLF s’était même fait refuser le droit de parole lors de la plus récente réunion du CEPR. Seule la réforme des conseils scolaires, beaucoup plus tard, viendrait régler ces problèmes. Le journal consacrait une pleine page à ce conflit et je dois avouer que la lecture des divers articles ne m’a pas permis de brosser un portrait juste de toute la situation et de la résumer adéquatement. Disons que fondamentalement, cela se résumait à la réticence habituelle de plusieurs de reconnaître de manière officielle la réalité du français dans notre coin. Cette réticence ne provenait pas de concitoyens anglophones, mais bien de francophones qui avaient toujours peur d’offenser la minorité du coin. Parce qu’à l’époque, les anglophones étaient une minorité dans la région.

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En 1975, les gens déploraient la situation économique, comme on le fait de nos jours, surtout dans les médias. Le Carillon du 3 avril 1975 reproduisait un texte qu’avait publié le Bureau d’éthique commercial de Montréal dans son récent bulletin et qui voulait démontrer « le ridicule de la présente situation ». J’aime encore ce texte, que je trouve pertinent 37 ans plus tard (et rien à voir avec les stands à ‘hot dogs’ d’Alfred), et le voici :

« Il y avait une fois un bonhomme demeurant le long de la route et dont le commerce était de vendre des ‘hot dogs’…

Il était dur d’oreille, donc il n’écoutait pas la radio. Il avait la vue faible, donc il ne lisait pas les journaux. Mais il vendait d’excellents ‘hots dogs’. Il avait même installé des affiches sur la route pour vanter la qualité de son produit. Il s’installa même sur le bord de la route pour crier: ‘Monsieur, achetez et mangez un bon hot dog!’ Tout le monde l’encourageait. Il dut augmenter ses achats de viande et de pain, ce qui l’amena à acheter un plus gros poêle pour agrandir son commerce.

Finalement, il se décida à faire venir son fils du collège pour donner un coup de main au commerce.

Tout allait pour le mieux quand tout à coup quelque chose de terrible survint. Son fils lui dit: ‘Papa, avez-vous écouté la radio ou avez-vous lu les journaux? Il règne présentement une forte dépression économique et la situation est encore pire en Europe. Tout s’en va chez le diable!’ C’est alors que le père se fit la réflexion suivante: ‘Mon fils doit avoir raison lui qui a été au collège, qui lit les journaux et écoute la radio’. Alors le papa se décida à diminuer ses commandes de viande et de pain, enleva ses annonces devant la porte et ne se soucia plus d’offrir ses ‘hot dogs’ le long de la route.

Le résultat: ses ventes de ‘hot dogs’ déclinèrent à un point mort du jour au lendemain tant et si bien que le père dit à son fils: ‘Tu as raison, nous sommes en effet en pleine période de dépression économique’. »

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Une triple tragédie à la CIP de Hawkesbury

C’était la première fois, depuis un quart de siècle, qu’un accident de travail à la CIP de Hawkesbury faisait des morts et c’était évidemment la manchette de l’édition du 20 mars 1975 du journal Le Carillon. Robert Denis, 35 ans, Joseph Piché, 51 ans, et Rhéal Parent, 42 ans, « faisaient partie d’une équipe d’entretien qui avait été convoquée samedi matin afin d’effectuer des réparations mineures dans l’usine, avant sa réouverture, lundi. » À cause d’une diminution des commandes, l’usine avait été fermée depuis le 14 février et l’entreprise en avait profité pour réparer et installer de nouveaux équipements. Le trio était en train d’effectuer « des réparations à un lessiveur, appareil de 60 pieds de haut et de 15 pieds de diamètre, recouvert de briques à l’intérieur et qui sert à la cuisson du bois sous pression ». Le lessiveur avait été rempli partiellement de copeaux de bois « pour servir de plateforme à l’équipe de réparation ». Les copeaux avaient généré un gaz mortel et les trois victimes n’ont eu aucune chance. Robert Denis avait été le premier, suivi de Joseph Piché qui tentait de lui porter secours et de Rhéal Parent, qui devait lui aussi tenter d’aider les deux autres. En passant, Rhéal Parent était le propriétaire de notre premier logis comme nouveaux mariés. Nous y habitions quand notre fille est née. La nouvelle nous touchait drôlement directement.

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J’étais méchant envers mon futur employeur. Dans ma chronique du 6 mars 1975, j’écris ceci : « Décidément, ce service postal canadien en perd tous les jours. Un communiqué des organisateurs du 21e carnaval de Québec, rédigé le 26 janvier, estampillé à la poste de Québec le 31 janvier, est parvenu aux bureaux du Carillon le 27 février. Aux postes, on parle d’une possibilité de grève pour obtenir de meilleurs salaires, sans doute parce que l’on est débordé de travail? » Méchant, méchant!

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Gisèle Richer, de Rockland, devient vice-présidente de la toute nouvelle Régie des loteries de l’Ontario. Gisèle est bien connue pour son implication communautaire à Rockland et aussi au sein des mouvements franco-ontariens, dont l’ACFO. L’ancien ministre Fernand Guindon est le seul autre membre francophone du conseil d’administration de la Régie. Et comme le précise l’article du 20 mars 1975, « la Loterie ontarienne, dont le premier tirage devrait avoir lieu à l’été, offrirait un premier prix de $100,000 et les billets se vendraient à $1 l’unité ». Nous sommes encore loin des millions d’aujourd’hui et des multiples loteries provinciales et nationales.

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À l’affiche du Théâtre Régent de Hawkesbury, ce qui allait devenir un incontournable. « The Sound of Music » met en vedette Julie Andrews et le Canadien Christopher Plummer et des chansons que plusieurs connaissent maintenant par cœur. « The happiest sound in all the world » peut-on lire dans la publicité.

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Ce n’était pas un poisson d’avril, mais le 1er avril 1975, le Canada adopterait « l’échelle thermométrique Celsius ». Comme on peut le lire dans l’édition du 27 mars 1975, « une température de 20 degrés Celsius est habituellement celle d’une maison confortable, d’une pièce, non surchauffée (…) à 0 degrés Celsius l’eau gèle (…) moins dix degrés Celsius correspond à une belle journée d’hiver (…) l’on a aucune hésitation à se rendre à la plage quand il fait 30 degrés Celsius ».

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Était-ce une mission impossible?

« Le Conseil des comtés unis de Prescott-Russell deviendra un organisme tout à fait différent, quelque temps vers 1978, si un rapport de restructuration, en voie de préparation, est adopté comme tel. » Goldyn Sunderland, le commissaire retenu pour réaliser cette étude de restructuration, venait de faire connaître sa méthode de travail et l’essence de son mandat au Conseil des comtés unis. Je signe un long texte dans l’édition du 27 février 1975 du journal Le Carillon.

« À la fin de l’étude, dans le rapport final, le commissaire Sunderland entend souligner de façon particulière certains éléments qu’il juge importants : l’influence de l’accroissement de la population sur le développement régional; le développement futur et les mouvements de population en fonction des besoins dans chaque municipalité; les points d’intérêt des communautés; les frontières des municipalités; déterminer s’il faut un ou deux niveaux de gouvernement; analyser les amalgamations, les annexions et les consolidations; les relations entre les municipalités; division des responsabilités entre les gouvernements locaux et les comtés; une hiérarchie de planification; la réorganisation du Conseil et de ses comités; le rôle et le choix des dirigeants du Conseil; le système de représentation des gouvernements municipaux; la responsabilité des membres du Conseil auprès de la population; toute autre question relevant de la restructuration des comtés unis. »

C’était toute une mission. J’aimais bien jaser avec Sunderland. J’y reviendrai forcément en temps utile.

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Nous sommes en 1975 et il y avait la Loterie olympique, en prévision des Jeux olympiques de Montréal l’année suivante. L’Ontario ne voulait pas se sentir seule et a décidé de créer sa propre loterie provinciale.Il en est question dans l’édition du 20 février 1975. « Le gouvernement utilisera le produit de la loterie pour apporter un soutien financier aux programmes d’activités culturelles, sportives et de loisirs à travers la province. » Les modalités de la loterie ne sont pas encore déterminées, mais les intentions sont nobles. « On s’attend à que la vente des billets de loterie rapporte quelque $100 millions d’ici deux ans. (…) Le revenu disponible pour l’aide à la culture, aux sports et aux loisirs, devrait atteindre $40 à $50 millions. » J’en parle parce que les profits de la loterie allaient contribuer à la construction de nouvelles installations sportives partout en Ontario et dans la région, dont, bien sûr, le fameux complexe sportif de Hawkesbury.

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Ah, cette 417. Cette fois, il est question d’assurance-automobile. Le ministre fédéral de la Consommation et des Corporations est conférencier à l’école polyvalente de Plantagenet et laisse entendre que « l’ouverture de l’autoroute 417 pourrait amener une baisse des primes d’assurance-automobile ». Le ministre André Ouellet (oui, celui-là, mon ancien patron) répondait à une question d’un étudiant qui se demandait si la nouvelle autoroute 417, en libérant la 17, pouvait engendrer une diminution des primes étant donné que les risques d’accidents seront moindres sur la 17. Un agent d’assurance, Richard Cayen, avait expliqué qu’il faudrait attendre trois ans « le temps de mener une enquête pour déterminer le pourcentage d’accidents qui seront survenus pendant cette période ». Je n’ai aucune idée si la nouvelle autoroute a effectivement fait réduire les primes pour les automobilistes habitant le long de la 17.

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Feu vert pour un nouvel hôpital

« Après dix années de recherches, de sondages, de discussions et de pourparlers avec les représentants du ministère ontarien de la Santé et les autorités compétentes, le gouvernement ontarien vient de donner le feu vert au projet de construction d’un nouvel hôpital général pour Hawkesbury et la région. » C’était la manchette de l’édition du 20 février 1975 du journal Le Carillon. Les Sœurs de la Charité d’Ottawa géreront le nouvel hôpital de cinq millions de dollars et de 80 lits, avec une possibilité d’expansion à 120 lits « quand les besoins se feront sentir ». L’article rappelle que « les travaux de construction seraient mis en chantier vers la fin de 1975 et le nouvel hôpital pourrait ouvrir ses portes aux débuts de 1978 ». Le nouvel hôpital remplacerait les deux annexes de l’Hôpital général existantes. L’Hôpital général de Hawkesbury a d’ailleurs reçu l’autorisation cette année d’agrandir son établissement.

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Son nom apparaît en évidence pour la première fois dans l’édition du 13 février 1975 du journal Le Carillon. L’équipe bantam de Hawkesbury était l’une des 126 participantes au tournoi national bantam de Granby et « Yvan Joly recevait le titre du gentilhomme du tournoi ». Je reviendrai sur l’histoire d’Yvan qui allait être repêché, un jour, par l’organisation du Canadien de Montréal. Yvan, en passant, est aujourd’hui directeur de la publicité au journal Le Carillon.

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1975… question de le rappeler… était l’Année internationale de la femme décrétée par l’Organisation des nations unies.

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Le journal du 20 février 1975 annonce également l’ouverture du Comptoir populaire de Hawkesbury, sur la rue James. « À travers le Comptoir populaire, on désire rejoindre les gens moins fortunés et leur fournir, non seulement des vêtements et des meubles usagés, mais un service qui leur permettra de retrouver leur vigueur, leur énergie. On veut aussi conseiller les gens en matière de services communautaires et plus important, établir des contacts humaines. » C’était une initiative d’Alice Lamarche. Le Comptoir était destiné à toute la population de Prescott et Russell. Comme le notait Mme Lamarche, « ce comptoir n’est pas destiné seulement aux défavorisés, mais s’adresse à tous les gens qui désireraient étirer leur budget, particulièrement en cette période où l’inflation annule pratiquement le pouvoir d’achat des individus. » Le projet avait reçu des appuis de partout. Le concept de comptoir populaire est solidement établi dans de nombreuses municipalités.

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Je retiens le dernier paragraphe d’un article sur l’enseignement du français en Ontario et sur la récente création du Conseil consultatif des affaires franco-ontariennes, dont la présidence avait été confiée à Omer Deslauriers, le président sortant de l’Association canadienne-française de l’Ontario.

« L’enseignement français en Ontario remonte au régime français. Il sera bientôt trois fois centenaire puisqu’il date de l’ouverture d’une école au fort Frontenac (aujourd’hui Kingston) en 1678. Après la Conquête, les écoles françaises jouirent des mêmes droits que les écoles anglaises jusqu’en 1885. Alors commencèrent les vexations qui devaient aboutir au fameux Règlement XVII, en 1912. Peu à peu, les Franco-Ontariens, tantôt par la résistance ouverte tantôt par les pressions politiques, ont corrigé la situation injuste qui leur était faite et ils envisagent l’avenir avec confiance. »

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Un projet touristique de plus d’un million à Plantagenet

Les Entreprises Plantor Ltée avaient un projet ambitieux pour la région de Plantagenet, soit « un complexe touristique de plus d’un million » de dollars. Le groupe d’entrepreneurs ne craignait manifestement pas les effets néfastes de la nouvelle autoroute 417. Différentes sources laissent entendre que les actionnaires seraient « des hommes d’affaires et des professionnels de la région, dont plusieurs de Plantagenet même ». Ce centre touristique se situerait le long de la route 17 face au parc provincial Nation (il y avait un parc provincial à cette époque), en bordure de la rivière Nation-Sud. Selon Le Carillon du 13 février 1975, « ce centre comprendrait un vaste hôtel du nom d’hôtel Jessop’s Falls et est déjà en construction, ainsi qu’un restaurant et un bar. Un terrain de camping devrait être aménagé ainsi que des pistes de motoneiges; une cabane à sucre apparaîtra également dans le projet. Toujours selon nos sources, une salle de réception serait à la disposition de la clientèle et une piscine intérieure ». Le projet a été partiellement réalisé, mais je doute qu’il s’agissait d’un investissement d’une telle ampleur. À un certain moment, ce motel est devenu le Centre de l’amour… mais pas ce que vous pourriez penser… plutôt un centre religieux charismatique et une maison de retraite.

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« La section de Prescott-Russell de l’Association canadienne-française de l’Ontario craint que la francophonie soit menacée dans le sud du territoire par l’influence de la nouvelle autoroute 417. » Je traite de la question dans mon éditorial du 6 février 1975 du journal Le Carillon. « Décidément, cette nouvelle route sera blâmée et tenue responsable d’à peu près tous les problèmes qui surgiront dans les comtés unis. Pourquoi toujours faire porter le fardeau d’une faute à quelqu’un ou quelque chose d’autre? » Je voulais soulever le point que c’était aux gens de s’occuper de leurs affaires au lieu de toujours attendre que quelqu’un d’autre le fasse à leur place. « L’ACFO estime que la nouvelle route créera des liens entre la population majoritairement anglophone du nord de Stormont et Dundas et celle majoritairement francophone du sud de Prescott et Russell. L’assimilation par les anglophones n’est qu’une question de temps selon l’ACFO et on encourage Toronto à intervenir. Encore Toronto… » J’ajoutais que l’arrivée de la 417, justement, était « une occasion rêvée de revaloriser la culture franco-ontarienne et de la faire connaître aux compatriotes anglophones ». Je notais que le Conseil des comtés unis, très représentatif du territoire avec un membre élu, au moins, de chaque municipalité, aurait sans doute un rôle plus important à jouer. Je parlais dans le vide, comme cela m’est arrivé souvent.

Mais voilà, dès la semaine suivante, je devais apporter un bémol. « Ces jugements avaient été conçus à la lumière de renseignements tout à fait incomplets pigés d’une source qui devrait normalement être fiable. » C’est que l’ACFO avait soumis un mémoire, dont j’ignorais l’existence, et qui reprenait essentiellement la plupart de mes arguments éditoriaux pour contrer cette menace d’assimilation. J’avais donc corrigé le tir et rendu à l’ACFO ce qui lui revenait. L’ACFO, en somme, reprochait aux autorités provinciales d’avoir négligé de consulter la population des comtés unis avant de décider de la 417. Le choix de la population, dans un tel cas, aurait été évident selon l’ACFO… l’élargissement de la 17 à quatre voix.

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Un nouveau centre médical à Plantagenet

« Le canton de Plantagenet-Nord inaugurera en juin prochain un centre médical moderne dans sa municipalité. » L’article est publié dans l’édition du 23 janvier 1975 du journal Le Carillon. Ce centre médical, « outre les bureaux de la Société d’aide à l’enfance de Prescott-Russell déjà situés à Plantagenet, comprendra des cabinets de consultation de médecine générale, de dentiste et de spécialistes de passage ». Un contrat de 337 000 $ avait été adjugé à la compagnie Noël Couture Construction Ltd, de Cornwall. Comme le précise l’article, « les services du centre médical seront destinés à la population du canton de Plantagenet-Nord, du village de Plantagenet et des territoires avoisinants ». Ce centre est toujours au même endroit, à Plantagenet.

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Une fille de Hawkesbury se retrouve en page couverture du magazine Châtelaine de janvier 1975. Le Carillon en parle dans son édition du 23 janvier. Monique Clément était la fille de M. et Mme Gabriel Clément et elle avait été couronnée reine du carnaval local en 1970. Depuis « seulement une année », elle travaillait pour la « prestigieuse agence Audrey Morris, de la métropole ». Elle était devenue Monique Girouard (Jean-Pierre, son mari). Aucune idée de ce qu’elle est devenue.

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Dans ma chronique du 23 janvier, je note que Claude Kingsbury, un journaliste de mon équipe, s’en va au journal Le Droit. La routine, quoi! Apprentissage au Carillon, progression vers Le Droit. J’ai eu beaucoup de journalistes comme ça. En rétrospective, c’était bien. Claude Lamarche, de St-Jérôme, remplacera Kingsbury après un échec lamentable avec une autre journaliste stagiaire. Lamarche resterait quelques années avant de retourner à St-Jérôme, cette fois au journal Le Nord. Il y était jusqu’à sa mort il y a quelques années.

Je note dans ma chronique du 6 février 1975 que « trois anciens journalistes du Carillon ont maintenant les pieds bien placés au quotidien La Presse de Montréal. Marcel Desjardins est chef divisionnaire du bureau de Québec; Denis Lord est maintenant courriériste parlementaire pour La Presse à Ottawa; Michel Hotte est au pupitre au bureau de Montréal ».

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Bernard Bertrand, le président de la station CFML de Cornwall, « vient de franchir le premier pas dans le but de l’implantation d’un poste de radio affilié à Hawkesbury ». Le terrain pour l’installation d’une tour émettrice, au sud de Hawkesbury, avait déjà été acheté. Il se préparait à soumettre une demande en ce sens au CRTC. J’y reviendrai.

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Il avait passé une bonne partie de sa vie au service de sa communauté. Dans l’édition du 30 janvier 1975, on apprend que l’ancien maire du canton de Hawkesbury-Est, Daniel Brunet, est décédé. Il avait 70 ans. « M. Brunet avait été conseiller de Hawkesbury-Est pendant dix ans, de 1948 à 1957, avant de venir sous-préfet pendant sept ans, de 1958 1964. En 1965, il devenait maire de sa municipalité, poste qu’il occupa jusqu’au 1er janvier 1974, au moment de sa retraite. » Plus d’un quart de siècle de services politiques. Hawkesbury-Est, en passant, comprenait les villages de Chute-à-Blondeau, de St-Eugène et de Ste-Anne-de-Prescott.

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L’effet de la 417, des commerçants de la 17 se plaignent

J’y ai fait référence. Les commerçants le long de la route 17 se plaignaient des conséquences néfastes de l’ouverture de la nouvelle autoroute 417 sur l’achalandage de leurs commerces et leurs chiffres d’affaires. Ainsi, dans l’édition du 16 janvier 1975 du journal Le Carillon, on peut y lire que « le ministre de l’Industrie et du Tourisme, Claude Bennett et le député J.-Albert Bélanger apportent peu de foi aux déclarations des commerçants de la route 17 qui ont fait état d’une baisse de leur chiffre d’affaires allant jusqu’à 90 pour cent depuis l’ouverture de l’autoroute 417 ». Bélanger avait même accusé le président du Comité intérimaire de la route 17, Harry Gow, « d’avoir transformé la situation en ballon politique », Gow étant alors le président de l’Association de Prescott-Russell du Nouveau parti démocratique. Pour sa part, le ministre des Transports et Communications, John S. Trew, avait rappelé que « la 417 a été construite expressément pour diminuer le fardeau de circulation sur la route 17 et cet objectif a été atteint ».

Le député Bélanger avait également proposé aux marchands de la 17 de se regrouper en coopérative et d’établir un centre de services sur la route 417. « Il y a actuellement trop de services sur la route 17 depuis l’ouverture de la 417 et il est normal que quelques commerces doivent fermer leurs portes. » Voilà pour l’appui du député. Bélanger qui avait expliqué que le ministère possédait des terrains « à mi-chemin des deux extrémités de la 417 » et qu’une telle coopérative pourrait sans doute les obtenir « pour une période de 20 ans ». Dans une déclaration parallèle, le député avait répondu aux gens de Rockland qui réclamaient un pont interprovincial à la hauteur de leur ville « que c’était là l’un de ses plus grands rêves »… jamais réalisé bien sûr.

Dans la rubrique « Au fil des jours » de cette même édition, le journaliste Charles Burroughs se réfère à l’envers de la médaille, un garagiste de L’Orignal qui « signale que depuis l’ouverture de la nouvelle autoroute, ses heures d’affaires sont beaucoup plus régulières et que chiffre de ventes s’est stabilisé ». Burroughs note que ce garage est en face de l’usine d’Ivaco, « qui emploiera éventuellement plus de 500 travailleurs », donc tous des clients potentiels. En conclusion, il écrivait qu’une « signalisation plus adéquate sur la 417 saura peut-être ramener sur la route 17 une partie de la circulation disparue, mais pas au détriment de la sécurité ».

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Tout n’allait pas pour le mieux à la nouvelle station de télévision communautaire CFVO-TV. Dans l’édition du 16 janvier 1975, on apprend que la Coopérative de télévision de l’Outaouais « a procédé, lundi, au congédiement surprise de tous ses employés de la salle des nouvelles, y compris le directeur de l’information Louis Tardif ». La direction en avait décidé ainsi « dans le but d’augmenter la programmation locale ». En plus de Tardif, les journalistes Lyse Huot (qui avait commencé sa carrière au Carillon), Michel Beauparlant, Robert Philibert et René Petit produisaient l’émission « La Quotidienne ». Notons que Petit est toujours à l’œuvre, mais à l’antenne de CBOFT et on peut le voir presque quotidiennement à l’antenne du Téléjournal. Je me suis référé récemment au cheminement professionnel de Lyse Huot, mais je n’ai aucune idée de ce qui est arrivé aux trois autres. CFVO éprouvait aussi des difficultés à recruter des actionnaires.

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Une réaction « baveuse »… c’est vrai!

C’était une réaction baveuse, je le reconnais, mais je n’avais pu résister à la tentation. J’y ai fait allusion à quelques reprises, mes relations et celles du journal Le Carillon avec le maire Philibert Proulx, de Hawkesbury, n’étaient pas toujours les plus cordiales. Décembre étant un mois plutôt calme pour l’information, la présence du maire à une émission de la station radiophonique CFML de Cornwall, le dimanche 1er décembre 1974, nous avait permis de « remplir » deux pages dans l’édition du 12 décembre. J’avais retranscrit son entrevue intégralement et je m’étais amusé à parsemer le texte de notes explicatrices. Je m’étais servi du texte pour démontrer ce que nous laissions entendre chaque fois que nous « accusions » le maire Proulx « d’induire la population en erreur ». Par exemple, il avait laissé entendre en ondes que le journal retirait chaque mois « de $300 à $350,000 d’annonces ». La porte était trop belle et il fallait l’ouvrir. J’avais écrit un éditorial dans lequel j’affirmais que si c’était le cas, nous prendrions l’argent et nous construirions un complexe sportif et un énorme gymnase à côté, que nous remettrions ensuite aux autorités municipales et à la population. Évidemment, ce n’était que pour remplir des pages avant Noël. Et j’ajoutais cette note de la rédaction à la toute fin : « Nous savons que nos lecteurs prennent avec un grain de sel le contenu du présent éditorial… de la même façon que les payeurs de taxes de Hawkesbury devront prendre, pendant les deux prochaines années, les propos de notre maire farfelu, Philibert Proulx. » Une anecdote d’une autre époque.

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Un jeune violoneux de Fournier, dans l’Est ontarien, est bien connu des amateurs de musique country du coin. Bobby Lalonde, comme on l’apprend dans l’édition du 2 janvier 1975 du journal Le Carillon, est appelé à remplacer Paul Ménard dans l’orchestre de Willie Lamothe pour quelques épisodes de « Le Ranch à Willie », Ménard ayant été victime d’un malaise cardiaque. Bobby avait été invité à le remplacer pendant sa convalescence. « Parlant de Bobby Lalonde (16 ans), son deuxième long-jeu sera mis en vente au cours de janvier. » Aujourd’hui, Bobby exploite un magasin d’instruments de musique à Vankleek Hill. J’imagine qu’il joue encore du violon ici et là.

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Je note dans ma chronique du 9 janvier 1975 que notre caricaturiste Daniel McKale a commencé à produire ses chefs-d’œuvre pour le journal Le Droit. Il continue toujours sa collaboration avec nous, comme il se l’était toujours promis. Il allait devenir le caricaturiste attitré de ce quotidien à un certain moment et il le restera jusqu’à son décès.

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C’était réellement anodin. Dans l’édition du 16 janvier 1975, je signe un article alléguant que les élus du Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell siégeaient dans l’illégalité depuis les quatre dernières années. L’article se référait à des clauses de la Loi ontarienne d’éducation qui stipulait que les conseillers scolaires devaient « remplir une déclaration d’office et un serment d’allégeance à la Reine », ce qui n’avait jamais été fait. Les élus ont mis « un terme à cette irrégularité » en tenant une autre assermentation.

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La 417… un impact négatif somme toute

C’était à prévoir comme le précise la manchette de l’édition du 28 novembre 1974 du journal Le Carillon : « L’ouverture de la nouvelle 417… Un impact économique négatif tout le long de la Transcanadienne ». Le journal y consacre deux pages. Le secteur d’Alfred et ses « célèbres stands à patates frites » est particulièrement touché. « Un bon nombre de restaurateurs, garagistes, aubergistes, épiciers, bouchers et autres pourvoyeurs ont subi une chute rapide de leur chiffre d’affaires, allant dans certains cas jusqu’à 80 p. cent. (…) Les commerçants routiers de Hawkesbury jusqu’à Orléans en ont ressenti les effets. » Pourtant, tout le monde avait réclamé cette autoroute afin de réduire le volume de la circulation et réduire le nombre d’accidents mortels sur la vieille route 17. Et maintenant, « les commerçants parlent de 60 mises à pied dans la seule région d’Alfred ». En fait, le milieu commercial tout le long de la 17 ne s’est jamais remis de l’influence néfaste de la nouvelle 417.

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Le référendum sur le projet d’un nouveau complexe sportif à Hawkesbury était le véritable enjeu du scrutin municipal du 2 décembre 1974 et la population est d’accord avec les promoteurs du projet dans une proportion de 1 739; mais 1 500 avaient quand même manifesté leur opposition. Le maire réélu Philibert Proulx avait donc eu raison de s’inquiéter pendant les longs débats des mois précédents; il savait que l’opinion était partagée. Mais voilà, le référendum avait été concluant et il fallait bien maintenant que le Conseil municipal aille de l’avant. Pourtant, le maire Proulx avait déclaré au journaliste Michel Tremblay de Radio-Canada qu’il continuerait à s’opposer au projet. « Ce n’est pas la population de Hawkesbury qui lui dicterait la façon de diriger les affaires de la ville » avait-il affirmé. J’y reviendrai forcément.

Entre temps, des nouveaux venus arrivent au Conseil de Hawkesbury, les conseillers Gilles Thériault et Jean-Guy Parisien. Le préfet Laurent Cayen avait été réélu sans opposition, alors que l’ancien conseiller scolaire Lucien Berniquez avait été élu sous-préfet sans opposition lui aussi.

Dans la région, là où il y avait opposition à la mairie, Bruno Massie gagne son pari à Alexandria; Roland Bercier fait de même dans Plantagenet-Nord; et André Lalonde mérite la victoire dans le canton d’Alfred, comme le fait Marcel-C. Leduc dans le canton de Longueuil. Dans Plantagenet-Sud, l’ancien maire J.-Henri Séguin revient à son poste en défaisant le maire sortant, alors que dans le canton de Russell, l’ancien sous-préfet et conseiller scolaire Gaston Patenaude hérite de la mairie.

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Une énorme publicité dans l’édition du 21 novembre 1974 dans laquelle le Théâtre Laurentien de Grenville y annonce la projection du film de l’heure, réalisé par William Friedkin. « L’Exorciste », devenu depuis un film culte.

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Le peuple et la politique… pas toujours facile à comprendre

Des fois, il est difficile de comprendre le peuple en politique. Ainsi, pour les élections de décembre 1974 dans les municipalités de la région, pas moins de 12 maires sont réélus sans opposition dès la séance de mise en candidature. Comme on peut le lire dans l’édition du 14 novembre 1974 du journal Le Carillon, « à la surprise générale des observateurs, à Hawkesbury, le maire sortant Philibert Proulx a été réélu sans aucune opposition ». Et il n’était pas seul, onze autres maires ayant mérité un appui semblable de leurs électeurs : Roger Charron à Rockland, Marcel Châtelain à Alfred, Paul-Émile Lévesque à Casselman, André Landriault à L’Orignal, Lucien Groulx à Plantagenet, Donat Bergevin à St-Isidore-de-Prescott, L.-Ernest Brisson dans le canton de Cambridge, Roger Ouellette dans le canton de Clarence, Pierre Perrault à Vankleek Hill, Arthur Lachaîne dans Hawkesbury-Est, Jean-Rolland Charbonneau dans Hawkesbury-Ouest. Tout ce beau monde dormirait en paix jusqu’au prochain scrutin de décembre 1976. Et Daniel McKale pourra s’inspirer du maire Proulx pendant encore deux ans.

Je m’empresse d’expliquer en éditorial de la même édition que « le maire Philibert Proulx, qui a accédé à son poste par suite du décès de M. Victor Bruneau, ne sait toujours pas (il l’a avoué lui-même) si le public est d’accord avec sa façon d’administrer la ville. En effet, le fait qu’il n’ait pas d’adversaire est loin de signifier que la population lui est favorable. » Le ‘chien de garde’ Claude Demers, comme il se décrivait lui-même, avait décidé de ne pas solliciter un autre mandat, surtout parce qu’il avait manqué d’appuis pendant sa « campagne de nettoyage ». Ses messages ne passaient pas. En éditorial, je signalais toutefois que « le rôle du Carillon comme ‘chien de garde’ des intérêts du public sera accentué au cours des deux prochaines années ». Évidemment, c’était là une mission de tout journal qui se respectait.

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Je ris en lisant l’annonce du Centre photographique Hawkesbury dans l’édition du 7 novembre 1974. Bernard J. Bogue, son propriétaire, y vante les mérites de « l’appareil photographique le plus révolutionnaire au monde: le nouveau SX-70 de Polaroid ». Et la publicité d’ajouter : « Il ne se produit dans la vie d’un homme qu’une ou deux découvertes tellement révolutionnaires qu’elles changent radicalement se façon de vivre. La télévision en fut une. Nous croyons que le SX-70 de Polaroid en est une autre. » Si vous lisez ce texte et que vous n’avez aucune idée de quoi je parle, parlez-en à vos parents!

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Le Mail de Hawkesbury, angle Spence et Cartier, est inauguré officiellement le 27 novembre 1974. On y retrouve les magasins et boutiques suivantes : Le Signet, Candy Man, A&P, Greenberg’s, le restaurant Dominion, The Three B’s, la Boutique du Sportif, Radio Shack, Phildar, The Treble Clef, Le Chateau, Rachel Bariteau et Troy Cleaners. Ce mail, très fréquenté à l’époque et pendant de nombreuses années par la suite, n’est plus que l’ombre de lui-même.