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Proulx ne démissionnera jamais

Sa réaction était prévisible… Sur les ondes du poste CFML de Cornwall, dans le cadre de l’émission « Hawkesbury vous parle », le maire Philibert Proulx affirme qu’il « ne démissionnera jamais, sera candidat aux élections de décembre et a même conclu qu’il sera maire en 1977 ». J’en parle dans l’édition du 8 avril 1976 du journal Le Carillon. « Le maire a soutenu qu’il n’avait pas de conflit d’intérêts et que ses vacances en Floride n’avaient rien à faire avec sa position de maire. Il a répété qu’il n’acceptera jamais de pot-de-vin et qu’il a le support de tous les membres du Conseil. » Sur ce dernier point, il semblait ignorer que le conseiller Jean-Louis Montreuil avait écrit une lettre au rédacteur nous félicitant pour notre reportage et notre appel à la démission du maire. Le journal avait d’ailleurs reçu de nombreuses lettres (sur deux pages) en ce sens. Tous n’avaient pas été d’accord et le silence de plusieurs en disait long. Un trop grand nombre n’avait rien vu de mal dans les agissements du maire. Quant à Proulx, sur les ondes, « il a repris son thème habituel que les critiques rendent un homme populaire et que ‘Proulx est le plus populaire des comtés’. Il a répété qu’il a ‘fait son possible’, que ‘jamais je démissionnerai’ et qu’il n’a ‘rien fait de mal. » Et Proulx avait ajouté que « son épouse lui demande depuis longtemps de démissionner ».

Toute cette histoire tombait bien mal, comme on peut le lire dans le journal du 8 avril 1976. Pas moins de 155 contribuables avaient présenté une pétition dans laquelle ils « ont demandé au ministre ontarien du Trésor, de l’Économie et des Affaires intergouvernementales la création d’une commission d’enquête pour tirer au clair la situation qui existe actuellement et pour apporter des éclaircissements à des questions restées jusqu’ici sans réponse ». Leur demande n’était pas liée à la question du condo en Floride, mais plutôt aux nombreuses plaintes sur les factures des élus et sur le remboursement de leurs dépenses, de même que sur des irrégularités dans l’octroi de contrats et ainsi de suite, dont les frais liés au projet de complexe sportif. Il n’y a pas eu bien sûr de commission d’enquête. Les prochaines élections de décembre viendront heureusement corriger certaines situations. J’y reviendrai forcément.

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Le juge Louis-Pierre Cécile avait exonéré la CIP de tout blâme à la suite de la mort tragique de trois employés de cette usine le 15 mars 1975. Le ministère du Travail avait porté le jugement en appel et cette fois, le juge Omer Chartrand, de la Cour du comté de Prescott, condamne la CIP à une amende 1 000 $ pour négligence criminelle. La peine maximale qu’aurait pu imposer le juge Chartrand était dix fois plus importante.

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Voilà un maire brave et visionnaire. André Landriault est maire de L’Orignal et, dans un mémoire au commissaire Goldyn Sunderland, il recommande que son village soit fusionné avec le canton voisin de Longueuil. Sunderland est celui qui étudie la restructuration des comtés unis de Prescott et Russell et de leurs municipalités locales. La raison principale invoquée par Landriault? L’influence des usines d’Ivaco sur la population de son village ainsi que l’utilisation des installations des loisirs par les contribuables voisins qui ne paient pas leur juste part. C’est dans l’édition du 14 avril 1976 sous la plume de Charles Burroughs.

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Je le surprends… dans un condo de Floride

J’avais hâte de vous raconter cette histoire. « Le maire Proulx devrait démissionner » est la grande manchette, en lettres blanches sur fond rouge vif, du journal Le Carillon du 1er avril 1976 et ce n’était pas un poisson! Je consacre un texte à la une et deux éditoriaux à cette affaire dont je me souviens encore tellement bien. Toute l’histoire avait commencé après un appel téléphonique d’une source fiable qui m’annonçait que le maire Philibert Proulx passait des vacances en Floride dans le condo de l’ingénieur qui était pressenti pour le futur complexe sportif. Évidemment, il fallait aller au fond des choses. Je communique avec le service d’information téléphonique de Fort Lauderdale et j’obtiens le numéro de téléphone du condo en question, qui était bel et bien au nom de l’ingénieur. Et j’appelle! Mais la voix de la personne qui me répond n’est pas celle que j’attendais… c’était la voix du conseiller Gilles Thériault… et je lui demande, bien innocemment (ou hypocritement, à votre choix), de parler à Philibert; il s’empresse de me le passer. Je lui ai bien sûr demandé de m’expliquer sur-le-champ ce qu’il faisait dans le condo d’un ingénieur pressenti pour un projet de quelques millions de dollars. Je résume la suite dans le journal. Évidemment, je venais de gâcher drôlement leurs vacances.

« Le maire Philibert Proulx et le conseiller municipal Gilles Thériault, accompagnés de leurs épouses, ont passé des vacances en Floride pendant les deux premières semaines de mars. Pendant ces deux semaines, ils pouvaient être rejoints à un certain numéro de téléphone (que Le Carillon connaît et a utilisé) inscrit dans l’annuaire téléphonique de Fort Lauderdale au nom d’un M. Raoul Routhier, à l’adresse 2100 Ocean Lane. Pendant leurs vacances, MM. Proulx et Thériault résidaient à cette adresse, tous deux l’ont reconnu verbalement. Le M. Raoul Routhier en question est un partenaire de la firme d’ingénieurs-conseils Dupuis, Morin, Routhier et Associés, celle qui a déjà tracé des plans pour un complexe sportif à Hawkesbury et celle qui a préparé des esquisses pour la transformation du Centre Mémorial en complexe sportif. » Dans le même article, j’explique qu’un membre du Conseil avait demandé « à ce que le nom de la firme d’ingénieurs-conseils soit éliminé du projet de règlement 3029, d’autant plus que la description des travaux n’était pas rattachée au document ». Il s’agissait du règlement qui aurait autorisé le projet d’un complexe sportif. « Présentement, il n’y a aucun contrat octroyé à quiconque et la décision d’aller de l’avant ou non avec le projet d’un complexe de $2 millions n’a pas encore été prise. » Notons que le ministère du Travail de l’Ontario avait « condamné » en quelque sorte le vieux Centre Mémorial dans une lettre le 29 mars et qu’il avait exigé une certification de sécurité par des ingénieurs, tout au moins. La situation était soudainement très urgente.

Dans un premier éditorial, je fais état de la crédibilité perdue du maire Proulx et j’accorde le bénéfice du doute au conseiller Thériault, qui m’avait assuré que « lui et son épouse étaient les invités du maire Proulx et qu’il ne connaissait pas le propriétaire de l’appartement ». Le maire Proulx se défendait d’avoir payé pour l’appartement et d’en avoir les preuves (que nous n’avons jamais vues). « Sans parler de pot-de-vin, il faut tout de même reconnaître que le maire Philibert Proulx et le conseiller Gilles Thériault se sont placés dans une situation que l’on peut qualifier de ‘conflit d’intérêts’ » et je réclamais la démission immédiate du maire Proulx. Je réclamais également un report de la décision sur le complexe, mais je savais pertinemment que ce n’était pas une solution étant donné que le Centre Mémorial avait été condamné et qu’il fallait assurer les services d’une patinoire aux amateurs sportifs locaux.

Je continue mon histoire lundi…

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Le CEPR refuse d’appuyer la cause de Windsor

Le Conseil d’éducation de Prescott-Russell n’était pas reconnu pour être le plus ardent défenseur de la cause franco-ontarienne et ses membres l’ont démontré encore une fois en refusant d’appuyer les étudiants de Windsor, dans le sud-ouest de l’Ontario, qui réclamaient une école secondaire de langue française. Les étudiants de Prescott et Russell, quant à eux, avaient débrayé à Hawkesbury, Vankleek Hill et Plantagenet, tandis que ceux des écoles de Rockland, Casselman et Embrun avaient protesté par des lettres et des télégrammes afin d’appuyer à leur façon les étudiants de Windsor. Quant aux membres du CEPR, ils prétextaient « qu’ils étaient ignorants de la situation financière du conseil de Windsor et des raisons pour lesquelles on refuse une école française » et avaient refusé d’appuyer la cause. Comme le rapporte le journaliste Charles Burroughs dans Le Carillon du 18 mars 1976, « les conseillers Gaston Chevrier et Jim Baribault ont fait front commun pour signaler que le CEPR peut difficilement se mêler des choses qu’il ne connaît pas. La conseillère Roberta Histed a été plus loin, soulignant que le CEPR n’a pas le droit d’imposer sa volonté aux autorités scolaires de Windsor. » Il aurait sans doute fallu les installer dans un carré de sable pour qu’ils puissent s’y enfouir la tête! J’ajoute que le CEPR n’avait désigné qu’une seule école « reconnue officiellement française dans Prescott-Russell », soit celle de Plantagenet. Les étudiants de Windsor obtiendraient éventuellement gain de cause et leur école secondaire s’appellera « Essex ».

Dans le journal du 25 mars, un autre texte citait le président du CEPR, Léo Binette, qui avait affirmé que le CEPR n’avait « pas refusé d’appuyer moralement les francophones de la région de Windsor ». Binette avait même ajouté que « selon lui, il appartient à l’Association canadienne-française de l’Ontario et aux autres organismes de promotion de la francophonie de faire pression auprès des autorités scolaires de la région de Windsor ». Voilà, comme je disais, un carré de sable aurait été une nécessité.

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Les conseillers de Price Waterhouse avaient fortement recommandé aux autorités municipales de Hawkesbury de « nommer un administrateur en chef » afin de régler les nombreux problèmes de gestion municipale qui s’accumulaient depuis plusieurs années et qui donnaient lieu à des débats houleux et le mécontentement général parmi les fonctionnaires municipaux. Price Waterhouse recommandait également de « réduire substantiellement le nombre de comités existant », en plus d’enlever « les responsabilités administratives des comités et de les déléguer aux chefs des départements ou au personnel-cadre ». Il était même question d’abandonner les réunions du Conseil le jour et de les tenir plutôt en soirée, afin bien sûr que le personnel puisse travailler pendant la journée et être plus efficace. Le Conseil adopterait éventuellement une majorité des recommandations du groupe d’experts-conseils.

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Ils en avaient été la grande inspiration et les responsables de son succès et sa popularité. Dans l’édition du 25 mars 196, un article rapporte que « Léo-Paul Myre, Michel Bruneau et André Villeneuve ont laissé leurs postes au centre d’activités culturelles Le Chenail à Hawkesbury ». Ils avaient simplement laissé la place à de nouveaux-venus, Gilles Proulx, comme coordonnateur, et Claudette Boyer, secrétaire-administrative. (Je note en passant que j’ai toujours la magnifique peinture que Gilles nous avait offerte en cadeau de noces. Malheureusement, nous avons perdu de vue ce sympathique ami au fil des années. Quant à Claudette, elle était une amie d’enfance qui, heureusement, était aussi une amie de ma future femme. Disons simplement qu’elle m’a été d’une aide précieuse en cours de route!)

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Elle non plus ne serait pas bonne pour les chiens

« Pas bonne pour servir de chenil ». Cette fois, c’était le commentaire du Grand Jury des assises du printemps dans Prescott et Russell et le jury ne parlait pas de l’école Champlain d’Alfred. (Un Grand Jury précédent avait tiré des conclusions semblables. Voir mon billet de blogue du 9 janvier 2012.) Dans Le Carillon du 18 mars 1976, donc, il est question de ce rapport du Grand Jury qui était présenté « comme toutes les années depuis 1824 » et dont « c’était la dernière fois cette année ». La réponse, donc, à la question que je me posais justement dans ce billet du mois dernier. Le « chenil », c’est la prison de L’Orignal. « Le Grand Jury a averti de ne pas tenter de vendre cet édifice au ministère de l’Agriculture car, selon la section vétérinaire, il ne rencontre pas les normes énoncées pour un chenil. » Les autres commentaires liés à la prison (nourriture, gardiens) étaient plutôt favorables. Quant à l’école Champlain, le Grand Jury de 1976 n’avait que de bons commentaires et ils n’ont rien trouvé à reprocher au dortoir des garçons, contrairement au Grand Jury de l’année précédente. L’école Champlain étant réservée aux délinquants de 16 ans et moins, et l’institution n’étant qu’à moitié occupée, le Grand Jury recommandait d’y amener les garçons de 16 à 18 ans. « Les dossiers des jeunes qui y sont réhabilités devraient être détruits à l’âge de 23 ans ou cinq années après leur sortie de l’école Champlain. » Comme le note l’article, « pour la première fois, le rapport du Grand Jury était destiné aux citoyens bilingues, c’est-à-dire qu’une partie était rédigée en anglais et une autre partie en français. Il n’y avait pas de traduction. »

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En 1976, le Secrétariat d’État offrait son aide aux minorités de langue officielle dans les communautés locales. Le Secrétariat s’en vante dans une pleine page de publicité dans l’édition du 18 mars 1976.

« Le Secrétariat d’État, vous le savez, s’intéresse à toutes les initiatives visant à la promotion sociale et culturelle des minorités de langue officielle. Mais saviez-vous que le Secrétariat d’État, par sa Direction des groupes minoritaires de langue officielle, fournit gratuitement le concours de personnes-ressources qui peuvent, par leurs conseils, leur sens de l’organisation et leurs connaissances, collaborer à la réalisation de tout projet de nature à susciter le développement de la communauté. Nos conseillers aident à formuler les projets, expliquent les mécanismes des programmes gouvernementaux, coordonnent différentes initiatives pour éviter la duplication et simplifient le cheminement administratif des projets. Ils sont plus de 40 à travers le Canada, sans compter l’apport des spécialistes qu’ils peuvent engager et assigner à votre projet, si sa bonne réalisation le nécessite. »

Voilà, des sortes de missionnaires auprès des minorités linguistiques défavorisées.

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Une bonne nouvelle pour les gens d’Alexandria. Le ministre ontarien des Loisirs et des Affaires culturelles, Robert Welch, avait annoncé qu’une subvention de 466 875 $ serait versée pour la construction du nouveau Palais des sports de Glengarry à Alexandria. La somme, qui était supérieure à la moitié des coûts totaux prévus de 850 000 $, proviendrait des produits de la nouvelle loterie provinciale Wintario.

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Patry avait remplacé Leroux… il part lui aussi

Il avait remplacé le premier directeur des loisirs, Rhéal Leroux, et semblait à l’aise dans son poste, mais voilà que le 5 mars 1976, Gilbert Patry quitte son poste; il avait remis sa démission le 26 février. Dans le journal du 11 mars, un grand texte sur les dessous de cette nouvelle affaire qui frappait les loisirs à Hawkesbury. « Pour les observateurs de la scène municipale, la démission du directeur des loisirs Gilbert Patry n’a pas constitué une surprise puisque c’était un secret de polichinelle que certains membres du Conseil souhaitaient son départ depuis quelques années. » (Il était là depuis moins de quatre ans.) Patry était parfois laissé pour compte. Quelques mois auparavant, par exemple, c’est par Le Carillon qu’il avait vu les plans de la conversion du Centre Mémorial en complexe sportif; on l’avait tenu à l’écart. Lors d’une réunion le 18 décembre 1975, Patry avait formulé des demandes précises. « Premièrement, il désirait un vote de confiance de la part du Conseil; deuxièmement, il souhaitait un appui et une collaboration entre le Conseil et le Service des loisirs; troisièmement, il voulait que le Conseil reconnaisse leurs responsabilités; quatrièmement, il désirait une confirmation en besoin du personnel existant et de leurs valeurs; cinquièmement, il demandait un ajustement de salaire et des conditions de travail dans un délai raisonnable; sixièmement, il souhaitait que le Conseil reconnaisse la viabilité des services offerts au domaine des activités culturelles et artistiques. » Et comme j’ajoute dans mon article à la une, « dix semaines plus tard, c’est-à-dire lors de la remise de sa démission, M. Patry n’avait toujours pas reçu de réponses à ses requêtes ». Tout était encore une fois à recommencer dans la gestion des loisirs à Hawkesbury et l’histoire se répéterait. J’aimais bien Patry qui était en place depuis août 1972. Vous aurez remarqué que, contrairement à Leroux, Patry a plutôt été un « gestionnaire » qu’un « visionnaire » en ce qui concerne les loisirs à Hawkesbury. C’est pour ça que je n’ai pas parlé de lui dans mon blogue depuis la référence à son embauche.

La démission de Patry créé des remous parmi les employés et les cadres de la municipalité. Ainsi, comme on peut le lire dans l’édition du 18 mars 1976, « l’ingénieur municipal Kenneth Ménard, le surintendant Richard Lacroix, la directrice de la prématernelle Jacqueline Lafrenière, et le dessinateur et surveillant des projets Jean-Guy Parisien, en ont assez des mauvaises communications existant entre l’administration municipale et ses employés ». C’était le reflet de malaises profonds pour lesquels les élus cherchaient désespérément des solutions. Price Waterhouse avait d’ailleurs été chargé d’analyser la situation. J’y reviendrai.

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Le projet-pilote sur les services judiciaires en français aura finalement lieu à Sudbury. Le ministre de la Justice, Roy McMurtry, en a décidé ainsi après consultation avec divers intervenants. On en parle dans Le Carillon du 4 mars 1976. Plusieurs groupes francophones réclamaient un tel projet-pilote depuis plusieurs mois. « Rémy Beauregard, secrétaire-général pour l’ACFO, a affirmé que ce qui compte pour l’instant, c’est de sensibiliser la population de Sudbury de façon à ce que l’expérience pilote s’avère un succès. »

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La grève des employés d’Hydro-Hawkesbury se prolonge depuis le 7 janvier est n’est toujours pas réglée. Cette fois, ce sont les employés de Duplate Canada qui déclenchent une grève. Claude Tremblay rédige un texte explicatif dans Le Carillon du 11 mars 1976. Je me réfère souvent aux nombreuses grèves parce que plusieurs intervenants avaient souligné que ces arrêts de travail nuisaient à la réputation de la ville de Hawkesbury et à son développement industriel. Vous aurez remarqué qu’il y a longtemps que je n’ai pas parlé de nouvelles industries à Hawkesbury, alors que la question revenait souvent pendant un certain temps.

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Joe? Joe qui déjà?

Après les libéraux ontariens, voilà que ce sont les progressistes-conservateurs fédéraux qui ont un nouveau chef. Comme Robert Nixon pour les libéraux ontariens, Robert Stanfield dirigeait ses progressistes-conservateurs fédéraux depuis 1967 lui aussi. Au congrès de leadership tenu à Ottawa, c’est Joe Clark qui devient chef progressiste-conservateur. On en parle dans Le Carillon du 26 février 1976. Clark est peu connu à l’échelle nationale. « Dans Prescott-Russell, le nouveau chef conservateur n’aura pas de difficultés à se faire connaître. Par son mariage, il s’est créé des liens avec la circonscription provinciale de Prescott-Russell, ayant épousé Maureen McTeer, de Cumberland, active depuis longtemps (même si elle n’a que 23 ans) dans l’organisation conservatrice et dans les campagnes électorales du député Albert Bélanger. » En passant, Maureen tenait mordicus à son nom de fille. J’ai déjà parlé d’elle dans des blogues précédents.

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Il y a 36 ans, c’est quand même relativement loin. Comme je le répète souvent dans mon blogue, les actualités de l’époque sont souvent d’actualité aujourd’hui. Ainsi, dans le journal du 4 mars 1976, une publicité cite Fernand Séguin, vulgarisateur scientifique populaire à la télévision et membre du Conseil des sciences du Canada. Retenez que nous sommes en 2012…

« Après avoir étudié attentivement le dossier de l’énergie, j’ai acquis la conviction profonde que nous risquons de connaître bientôt une pénurie grave de nos ressources énergétiques. Nous avons vécu trop longtemps dans la double illusion que nos réserves étaient illimitées et que la technologie allait nous offrir des solutions à bon marché. Cette double illusion a perpétué sur le continent nord-américain des habitudes de gaspillage que sont sans équivalent dans le monde.

Depuis 1960, notre consommation d’énergie per capita ne cesse d’augmenter. À ce rythme, nous prévoyons que nous ne pourrons plus suffire à nos besoins dès 1984.

Il faut maintenant faire face à la réalité.

Nos ressources, en particulier le pétrole, deviennent de plus en plus difficiles à extraire. Nous allons donc connaître une augmentation considérable des prix qu’il nous faudra payer pour nous chauffer, nous éclairer, nous transporter, ce qui influencera radicalement nos habitudes de vie.

Un espoir est encore possible, à condition que nous prenions dès maintenant la décision d’économiser nos ressources.

Au lieu de nous dire ‘Après moi le déluge’, ménageons l’énergie, en pensant plus particulièrement à nos enfants. C’est peut-être le seul héritage que nous pourrons leur laisser! »

Le texte de Séguin était publicisé par Énergie, Mines et Ressources Canada. Il avait évidemment raison quant à la flambée des prix de l’énergie. Et 1984 est passée et nous n’avons pas manqué d’énergie pour combler nos besoins. En passant, 1984 est l’année du lancement du premier ordinateur Mac d’Apple, qui allait faire entrer dans les maisons l’ordinateur personnel… source de consommation d’énergie il va sans dire.

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Le bilinguisme! Stop! Ça peut coûter cher!

Oups! Un instant… ça peut coûter cher finalement! Le Conseil municipal de Hawkesbury avait adopté en principe que la ville soit déclarée officiellement bilingue, question de valider une situation qui existait de facto depuis longtemps. Mais comme le rapporte Le Carillon du 12 février 1976, ce n’était pas aussi simple que ça et c’est le conseiller juridique Edmond Woods qui venait brouiller les cartes. Les discussions entouraient la formulation et l’adoption du règlement municipal qu’il faudrait adopter. Woods voulait simplement savoir « pourquoi la ville voulait adopter un règlement pour ce qui existe déjà en fait ». Le rôle de Woods, bien entendu, était de conseiller les élus sur les implications de toutes leurs décisions… une sorte d’avocat du diable! « Me Woods a invité les membres du Conseil à analyser attentivement toutes les implications d’un règlement qui rendrait l’usage de l’anglais et du français obligatoire, d’autant plus que l’anglais sera toujours la langue d’interprétation dans les cours de justice. » Ainsi, « l’adoption d’un règlement exposait la municipalité à des coûts considérables advenant certaines demandes de la part de citoyens francophones ou anglophones ». Le maire Philibert Proulx soutenait qu’il fallait quand même adopter un règlement. « Le conseiller Claude Drouin a dit qu’il faut un commencement à tout et que la proclamation du bilinguisme par les municipalités amènera éventuellement l’usage du français devant les tribunaux. » L’adoption du règlement était donc partie remise. (Je note en passant que le fils de Claude Drouin, Yves, qui allait un jour devenir maire de Hawkesbury, jouerait un rôle plusieurs années plus tard dans la fondation de l’Association française des municipalités de l’Ontario.)

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Paul D’Aoust Construction, d’Ottawa, obtient le contrat de 2 999 760 $ pour la construction du nouveau Foyer Prescott-Russell à Hawkesbury. Selon l’article du 19 février 1976, la construction commencera à la mi-mars et le projet sera terminé à la mi-mai 1977.

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Le comité des écoles élémentaires publiques du Conseil d’éducation de Prescott-Russell avait eu un éclair de génie pour régler les problèmes de discipline dans les classes sous sa juridiction… ramener le martinet. Comme l’écrit Charles Burroughs dans son article du 19 février 1976, « le comité des écoles publiques a dû reporter à une date ultérieure l’adoption d’un rapport préconisant le retour du martinet, dans certaines circonstances et sous certaines conditions ». Le directeur d’éducation Edgar Mageau n’était pas d’accord. « Le savoir ne s’acquiert pas par le fond de la culotte » et il avait soutenu que « le rapport n’offre pas aux élèves de protection suffisante contre un directeur d’école qui manquerait de jugement dans l’administration du martinet ». Voilà! Quant au conseiller Robert Cusson (un avocat qui deviendrait un jour juge de la Cour provinciale), il avait déclaré que « l’usage de cet instrument est tout simplement ridicule ». Il avait ajouté ne pas comprendre comment le conseil « peut s’octroyer lui-même le pouvoir de faire souffrir un être humain, alors que la question de la violence revient constamment dans la conversation. L’application de châtiments corporels ne peut servir qu’à promouvoir des attitudes de violence chez nos élèves. » Les conseillers du secteur public tenaient mordicus au retour du martinet, mais ils n’obtiendraient pas gain de cause. (Je crois vous avoir dit que j’avais déjà reçu le martinet de mon principal de l’époque, Horace Dubois. À ce que je sache, je ne suis pas devenu violent. Bien que certaines personnes vous diront que je les avais « attaquées » par des propos virulents en éditorial. Mais ce n’est pas pareil!)

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Stuart Smith… vous vous en rappelez? Pas moi!

C’était un psychiatre de Burlington, en Ontario, et il était devenu chef du Parti libéral de l’Ontario. Stuart Smith avait remplacé Robert Nixon, qui dirigeait le parti depuis 1967. Nixon n’était jamais devenu premier ministre de la province et Smith le sera encore moins. En fait, n’eut été de cet article dans Le Carillon du 29 janvier 1976 parlant de son élection à la tête du parti, je ne m’aurais jamais souvenu de lui. Parce que je retiens plutôt le nom de son adversaire du congrès de leadership, celui qui deviendra son successeur et qui, lui, sera premier ministre… David Peterson. À ce moment-là, les libéraux comptaient 36 députés dans un parlement minoritaire avec à sa tête le premier ministre progressiste-conservateur Bill Davis.

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Le mouvement « C’est l’temps », qui vise l’amélioration des services en français en Ontario, reçoit l’appui de la Fédération des femmes canadiennes-françaises ainsi que du commissaire fédéral aux langues officielles, Keith Spicer. Le mouvement ne laissait personne indifférent. On en parle dans les éditions du 29 janvier et du 5 février 1976. Je n’entre pas dans les détails parce que ce qui y était écrit était essentiellement les arguments répétés depuis de nombreuses années par ceux et celles qui réclamaient de tels services. Outre la détermination, il n’y avait rien de nouveau dans leurs démarches.

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Les 4 000 membres de l’Association des policiers provinciaux de l’Ontario font appel au grand public pour réclamer « un plébiscite sur la peine capitale ». Il en question dans l’édition du 5 février 1976. L’Association soutient « que le gouvernement est incapable de sa décider sur la peine capitale et invite la public à faire des pressions auprès de leurs » députés. « Les policiers provinciaux maintiennent que 70 p. cent de la population du pays est en faveur de la peine de mort et que seul un plébiscite pourra sensibiliser le gouvernement. Les policiers provinciaux déclarent que la peine capitale, qui ne veut pas nécessairement dire la pendaison, devrait être utilisée contre les personnes ayant causé la mort à cause d’un crime prémédité. » Heureusement, les députés fédéraux ne les écouteraient pas et le public encore moins.

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C’était beaucoup d’argent pour l’époque. « Un jeune homme de 18 ans, de Wendover, s’est mérité un prix de $250,000 lors du tirage de la loterie Olympique. Rolland Labonté, dont le billet chanceux avait été acheté par sa sœur, travaille pour une firme de construction à Ottawa et, dimanche, il s’est couché (peut-être sans dormir) beaucoup plus riche. Rolland est le fils de M. Régent Labonté. » On en parlait dans Le Carillon du 5 février 1976.

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« L’Arnouche »… une autre tentative de journal local

Le programme fédéral d’Initiatives locales était très populaire en 1975 et 1976 et plusieurs en profitaient pour lancer des projets de journaux ou de publications. Cette fois, L’Arnouche est mis sur pied pour renseigner les gens de Casselman, Embrun, St-Albert, Limoges et Crysler. Dans Le Carillon du 22 janvier 1976, il est question de la première édition de cette publication. Par contre, à compter du 26 juin suivant, il n’y aurait plus de subventions pour assurer la survie du journal et, bien entendu, il ne survivra pas longtemps. L’équipe était composée de la rédactrice-en-chef Lyse Huot (j’ai parlé d’elle à quelques reprises dans mon blogue), de la rédactrice Marie-Claire Boulerice, de l’agente d’information Marita Charbonneau et de la responsable des ventes Francine Desnoyers. Les collaborateurs étaient France Couillard pour les dessins, Raymond Lemieux pour les photos, et pour les corrections, Jean-Pierre Perreault, prof à l’école secondaire de Casselman, et le curé Joseph Bernier (oui, oui, le curé).

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La Chambre de commerce de Hawkesbury veut absolument empêcher la fermeture du bureau du Canadien National dans la ville. C’est la manchette de l’édition du 29 janvier 1976. Le CN avait déjà transféré ses services de télégramme (une autre époque assurément) à Ottawa et les gens d’affaires locaux en étaient mécontents. Cette fois, le CN n’offrirait plus aucuns services directement à Hawkesbury. Claude Tremblay explique tout ça dans son article à la une. Les démarches de la Chambre de commerce ne donneront rien, le CN ayant pris sa décision.

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L’économie n’est pas bonne. « Le Conseil municipal de Hawkesbury a suspendu indéfiniment le projet du Boulevard du Chenail. » Il en est question dans Le Carillon du 29 janvier 1976. La décision était à prévoir puisque ce dossier n’aboutissait à rien depuis plusieurs années. Cette route du nord allait éventuellement voir le jour, heureusement, et la rue Principale ne serait plus jamais la même.

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Dans ma chronique du 29 janvier, je note que « la chaîne Walkers, propriété de Marks and Spencer, cessera bientôt ses opérations à Hawkesbury et que le local actuel du magasin sera ensuite occupé par les entreprises Peoples (par les diamantaires connus), une chaîne de magasins à rayons ».

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Un autre signe des temps dans l’édition du 29 janvier 1976. « Après 92 ans, la maison Eaton vient de publier son dernier catalogue – l’édition printemps-été 1976 – qui mettra un terme à la vente de marchandises dans ce secteur. Ainsi, la tradition qui date de 1884 (1927 en français) vient de prendre fin et les enfants n’auront plus le loisir d’y aller à grands coups de couteaux dans l’un des livres sacrés du consommateur. » Donc, il est facile de se souvenir que le dernier catalogue Eaton a été publié l’année des Olympiques de Montréal.

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Saputo… à Hawkesbury, pas ailleurs

« La firme Saputo souhaite s’établir à Hawkesbury et non pas ailleurs dans Prescott: à $4,000 l’acre, services compris, la décision se conçoit facilement. (…) Les Industries IKO ont versé un montant identique. Les rumeurs de concessions sous la table sont fausses. » Je traitais évidemment de la question des Fromageries Saputo dans mon éditorial du 5 février 1976. J’expliquais que la ville de Hawkesbury ne serait pas la grande perdante si Saputo abandonnait son projet parce qu’elle récupérerait simplement « un terrain qu’elle hésitait à vendre à Saputo en premier lieu ». Non, « les grands perdants seront donc les producteurs laitiers de Prescott qui seront privés d’un débouché supplémentaire pour leur lait, surtout les surplus de production » et sans oublier les frais de transport moindres. C’était tellement évident.

J’affirmais également que « les interventions politiques des députés Albert Bélanger et Osie Villeneuve n’ont pas leur raison d’être » et qu’il fallait « donc blâmer le député Bélanger pour ses agissements ». J’ajoutais que « depuis plusieurs années, les cultivateurs veulent de meilleurs revenus. Les politiciens font campagne en temps d’élection en disant qu’ils feront tout pour améliorer le sort des cultivateurs (des producteurs laitiers nécessairement). Le récent comportement des députés Bélanger et Villeneuve se comprend difficilement. » Quant aux allégations de liens douteux, j’écrivais que « si le crime organisé veut établir une base dans la région de Hawkesbury, il ne demandera sûrement par la permission au gouvernement ».

Le 4 février 1976, j’accompagne une délégation de la ville de Hawkesbury aux installations de Saputo à Montréal et à Maskinongé et j’en parle dans mon éditorial du 12 février 1976. Le Conseil municipal était représenté par le maire Philibert Proulx, le préfet Laurent Cayen et les conseillers Jean-Maurice Larocque et Jean-Guy Parisien. Ma première constatation : « Si les installations de la compagnie Les Fromages Saputo Ltée, qui seront construites à Hawkesbury, sont aussi bien administrées et aussi propres que celles qui existent à Montréal et Maskinongé, ce sera définitivement un atout pour la ville. » En référence aux rumeurs de liens avec le crime organisé, j’ajoute qu’elles « ont été lancées injustement par des jaloux et des politicailleurs. Il faudra soumettre des preuves tangibles et irréfutables pour nous faire affirmer le contraire. »

À Montréal, nous avions été reçus par le vice-président et directeur général des Fromages Saputo, Emanuele (Lino) Saputo, qui « n’a pas tenté de dissimuler quoi que ce soit ». Le président de l’entreprise, Frank Saputo, « était occupé à réparer lui-même son camion », mais son frère avait pris la peine de nous le présenter quand même. Emanuele « a rappelé les harcèlements policiers dont a été victime l’entreprise familiale en 1972. Ces harcèlements attribuables, selon lui, au fait qu’ils aient des noms italiens et que des criminels notoires nommé Bonanno et Di Bella aient tenté d’acheter des actions dans l’entreprise familiale il y a une vingtaine d’années. La jalousie des concurrents est une autre possibilité. » (Lors de la visite, si ma mémoire est bonne, c’est Luigi Saputo qui était mon guide, l’autre frère de Lino. Et j’avais trouvé plutôt bizarre que le criminaliste réputé Michel Proulx était présent à notre rencontre. Proulx a été nommé juge plus tard et est décédé en janvier 2007.)

« En choisissant Hawkesbury, sur la recommandation même du ministère ontarien de l’Environnement (ce n’est pas écrit), les Fromages Saputo veulent faire profiter en premier lieu les plus de soixante producteurs laitiers de la région de Ste-Anne-de-Prescott qui expédient déjà leur lait à la fromagerie montréalaise. Mercredi, deux camions de Sauvé Transport, de Ste-Anne, livraient du lait chez Saputo. »

Mais tout ça était peine perdue, les dommages étaient faits et il était trop tard. Saputo ne s’installerait pas à Hawkesbury et je n’oublierais pas le rôle de Bélanger lors de la prochaine élection provinciale (sur laquelle je reviendrai en temps utile). Je me suis souvent demandé ce qu’il serait advenu si le projet avait été de l’avant. Il y avait déjà, dans l’ouest des comtés, le Fromagerie de St-Albert et son cheddar réputé; il y aurait eu, dans l’est, Saputo. Je me suis souvent demandé quel effet Saputo aurait eu sur le développement économique et agroalimentaire de notre région et quel rôle il aurait joué dans l’élaboration du projet d’un collège d’agriculture à Alfred. Quant aux membres de la famille Saputo que j’avais eu le plaisir de rencontrer, ils m’avaient laissé une très bonne impression. Bien sûr, en 2012, la réputation de Saputo n’est plus à faire; il suffit de voir leurs installations de St-Hyacinthe le long de l’autoroute 40.