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Du Beethoven par les violons, du Haydn par les cuivres

L’Orchestre du Centre national des Arts était venu donner un concert en l’église de la paroisse St-Alphonse-de-Liguori et j’y avais assisté. J’écrivais ensuite ce commentaire d’une naïveté un peu discordante, dans Le Carillon du 13 décembre 1978 : « Ainsi, en écoutant cette excellente musique dans ce temple où l’acoustique est de grande qualité, nous nous imaginions un chef de gouvernement à la place du chef d’orchestre avec ses ministres et députés derrière les instruments, chacun voulant en arriver à fournir aux contribuables (l’auditoire) les meilleurs services, chacun travaillant en harmonie et à l’unisson. Nous nous imaginions un chef d’entreprise devant ses employés, un chef de syndicat devant ses syndiqués, un professeur devant ses élèves, un curé devant ses paroissiens. Nous nous imaginions tout ce qui pouvait être réussi quand on décide de se donner la main, quand on décide de suivre les règles du jeu. Parce qu’il était facile de comprendre ce qui se produirait si les violons jouaient du Beethoven, pendant que les cuivres jouaient du Haydn, si les musiciens ignoraient le chef d’orchestre. » C’était en 1978… Bien avant le tintamarre des étudiants québécois de 2012.

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La direction de l’Hôpital général de Hawkesbury avait annoncé que la population de Hawkesbury et la région pourrait compter sur les services d’un nouveau chirurgien général, le Dr Lowesha Kapijimpanga. Un sympathique bonhomme qui n’avait sans doute pas apprécié mon sens de l’humour plusieurs années plus tard. Je devais prononcer quelques mots devant des étudiants à l’école secondaire, comme lui. J’ai voulu faire le comique en expliquant aux étudiants que dans mon métier, quand nous faisions une erreur, nous l’imprimions dans notre journal pour que les générations futures la voient, contrairement aux chirurgiens qui, eux, enterraient leurs erreurs. Heureusement, je n’ai jamais eu besoin de ses services!

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J’imagine mal qui aurait bien pu profiter de « 280 minutes d’érotisme » comme le proclame le Théâtre Laurentien dans une publicité du 13 décembre 1978 annonçant la projection « pour la première fois » de « tous les amours de Sylvia Kristel au même programme ». Elle avait été la tête d’affiche – ou devrais-je dire le « corps » d’affiche – des films « Emmanuelle », « Emmanuelle l’antivierge » et « Goodbye Emmanuelle ». Contexte de l’époque, bien entendu.

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Après cinq ans, c’était la culmination d’un rêve. « La première activité des nouvelles installations est la joute des Hawks, vendredi soir, contre les Raiders de Nepean, à 20 h 15. Samedi et dimanche, entre 10 heures et 16 heures, le public pourra visiter les locaux, sans frais. Les activités régulières commencent le 26 décembre. » Un véritable cadeau de Noël pour les contribuables. Le nouveau complexe sportif était terminé. « Quant au Centre Mémorial, il ferme ses portes à compter du 31 décembre. » Tout ça, avec de nombreuses photos, dans Le Carillon du 20 décembre 1978.

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Longtemps le point de référence

Syndicated Develpments, de Toronto, et son associée Parola Realties Ltd, de Hawkesbury, annoncent la construction d’un nouveau centre commercial, Hawkesbury Centre, dont le locataire principal sera la chaîne Loblaws. Le centre a été pendant longtemps le point de référence commercial dans le centre-ville de Hawkesbury, jusqu’à ce que l’épicerie décide de s’installer le long de la route 17, dans les limites de la ville somme toute, mais le départ allait avoir une influence sur l’achalandage du vieux quartier commercial. L’annonce du projet avait soulevé un grand enthousiasme. Nous en parlons dans Le Carillon du 6 décembre 1978.

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Nous avions été poursuivis en libelle quelques fois à cause de notre politique de permettre des lettres au rédacteur sans identifier leurs auteurs. « Nous avons toujours été particulièrement fiers de notre politique éditoriale et, particulièrement, de nos section des ‘lettres à l’éditeur’ où les lecteurs pouvaient véhiculer leurs propres opinions. Le Carillon, et c’est une de des raisons de sa grande crédibilité, n’a jamais hésité à publier dans ses pages des opinions contraires à celles exprimées en éditorial. Nous nous sommes d’ailleurs toujours fait un devoir de publier toutes les lettres à l’éditeur, à condition qu’elles soient signées et qu’elles n’attaquent par malicieusement un individu en particulier. » Bien que nous connaissions les auteurs, nous permettions l’usage d’un pseudonyme, sachant que ce n’est pas tout le monde qui voulait être connu, mais nous étions grandement convaincus de la liberté d’expression de chacun.

Comme je l’écris en éditorial dans l’édition du 6 décembre 1978, « une récente décision de la Cour suprême du Canada vient de porter un dur coup à cette même démocratie, en restreignant cette liberté d’expression ». De nombreux journaux canadiens avaient la même politique de protection de l’anonymat. « La décision se résume ainsi: le journal peut publier une lettre à condition que la direction pense la même chose que son auteur. Vous voyez les conséquences. (…) Par le passé, le journal pouvait toujours invoquer le principe généralement reconnu du ‘fair comment’ (commentaires honnêtes) pour se défendre d’une accusation de libelle ou de diffamation, à condition que ces commentaires soient basés sur des faits véridiques. Le journal pouvait invoquer cette défense pour lui-même et également pour les auteurs des lettres à l’éditeur. » Ce que nous avions fait à quelques reprises. La décision de la Cour suprême remettait tout ça en question et nous avions dû modifier notre politique en conséquence, « le journal était après tout une entreprise commerciale qui ne peut risquer des pertes financières inutiles ». Nous avions incité les lecteurs à s’en plaindre au député Denis Ethier, sachant très bien que la décision de la Cour suprême, en fait, faisait l’affaire des politiciens.

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Francis Fox est député d’Argenteuil-Deux-Montagnes et il annonce que « le pénitencier de Mirabel ira de l’avant ». Le projet de 130 millions de dollars, tout inclus, destiné à loger éventuellement 368 détenus dans un milieu de sécurité maximum « et y planifier des programmes réels de réhabilitation » n’irait jamais de l’avant. Il était prévu en fait pour Saint-Canut, tout à côté de l’aéroport de Mirabel. Une autre belle promesse qui voulait « faire avaler la pilule » d’un aéroport dont personne ne voulait dans ces communautés.

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Des vaches malades… mais elles n’étaient pas folles

La manchette du journal Le Carillon du 29 novembre 1978 semait une certaine inquiétude dans la région à forte concentration agricole et rurale. Ce n’était pas encore la crise de la vache folle, mais la brucellose n’annonçait rien de bon. « Tous les troupeaux de l’Est ontarien subiront les épreuves permettant de déceler la brucellose. » La nouvelle avait été confirmée par le député fédéral de Glengarry-Prescott-Russell, Denis Ethier. « Tous les troupeaux de Prescott seront éprouvés systématiquement, en raison de la forte incidence de la brucellose dans le comté et des pressions exercées par différentes agences agricoles, notamment la Fédération de l’agriculture de l’Ontario. » La FAO poursuivait ses démarches depuis longtemps et réclamait un tel programme de détection. « Les États-Unis se sont servis de la crainte de la brucellose comme une menace. Ils l’utilisent comme excuse conte l’admission de notre bétail reproducteur. La majorité des producteurs de Prescott n’ayant pas fait subir ces épreuves à leurs bêtes, ils éprouvent beaucoup de difficultés à exporter leur bétail. »

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Ça c’était plutôt rare dans la région. « Les deux pilotes d’avion à réaction militaire d’entraînement de type Tudor ont réussi à s’éjecter de leur appareil en difficulté, vendredi, peu avant qu’il ne s’écrase dans un champ à proximité du village de St-Eugène. » La nouvelle est publiée dans le journal du 29 novembre 1978. « L’avion avec à son bord ses deux pilotes avait quitté la base des forces armées de St-Hubert, à destination d’Uplands à 3 h 55, et quelques minutes après le décollage, l’appareil a connu des problèmes de réacteur, lequel s’est arrêté définitivement. Les pilotes se sont éjectés de l’appareil à 6,000 pieds d’altitude et l’avion s’est écrasé dans un champ propriété de M. Rolland Lafrance, dans la troisième concession de Hawkesbury-Est, à 2.7 km au nord-est de St-Eugène. (…) Le lieutenant John Thornton, 23 ans, de Moose Jaw, en Saskatchewan, et son élève, Stephen Klubi, de 22 ans, ont effectué avec succès la manœuvre d’éjection et ont atterri à un quart de mille du point d’impact de l’appareil. » Pendant la Deuxième Guerre mondiale, en passant, il y avait un aéroport militaire justement à St-Eugène. La dernière fois que j’y suis allé, les ruines des hangars étaient encore visibles… mais c’était il y a très longtemps.

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J’en fais mention dans ma chronique du 29 novembre 1978. « Le Conseil canadien des chrétiens et des juifs vient d’assurer la publication de la version anglaise des Héritiers de Lord Durham, de la Fédération des francophones hors Québec. Le titre: ‘The Heirs of Lord Durham: A Manifesto of a Vanishing People’. »

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Tout le monde le connaissait à Hawkesbury; en tout cas, tous les hommes. Théo Lenoir était barbier, comme son fils Michel l’est éventuellement devenu. Il exploitait un populaire salon où l’on discutait de tout. J’étais un de ses clients. Le 23 novembre 1978, il décède à l’âge de 66 ans.

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Une autre personnalité très connue de Hawkesbury décédait le 1er décembre 1978. Il avait été au service de la Banque canadienne nationale (BCN) à Hawkesbury, membre actif du conseil de la paroisse St-Dominique et sénateur du club Richelieu. Aurèle A. Préfontaine (A.A. comme on l’appelait) avait 82 ans. Son fils Gérald (Jeff pour les intimes) était un expert-comptable réputé qui est éventuellement déménagé à Ottawa; parmi ses clients, un certain Jean Chrétien. Vers la fin des années 90, il faisait partie du conseil d’administration de la Société canadienne des postes, alors que j’y travaillais aux relations avec les médias.

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Les « votes secs »… une exaspération

« Le maire Laurent Cayen, le préfet Lucien Berniquez et le sous-préfet Gilles Thériault avaient été réélus sans opposition lors de la présentation des candidatures le 23 octobre dernier. » Le Carillon publie tous les résultats des élections municipales et scolaires du 13 novembre 1978 dans son édition du 15 novembre. Mais le vote pour le choix des six conseillers avait quand même retenu l’attention. « À cause du très grand nombre de ‘votes secs’ déposés lundi, c’est en fin de compte un Conseil municipal non représentatif qui a été élu par la population lors du scrutin municipal. » Claude Drouin, sans aucune surprise, avait obtenu l’appui de 2493 électeurs, tandis qu’Edward Mullin en récoltait 2069. Tous les autres élus avaient obtenu sensiblement moins de votes que ces deux-là : Claude Demers (1820), Kenneth Gray (1782), Armand Brunet (1604) et André W. Tessier (1587). Au Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell, Jacqueline Lafrenière avait été élue alors que Doris Mallette était réélu; Yvan Séguin n’avait pas sollicité de nouveau mandat après une dizaine d’années à son poste. Au Conseil d’éducation de Prescott-Russell, la population avait élu Jean-Guy Parisien (de nombreux ‘votes secs’ lui aussi), Rolland Desforges et Gilles Myner. En éditorial, j’avais déploré le recours aux votes secs. « Ce sont précisément les politiciens qui encouragent les ‘votes secs’ et on vous le dit carrément en pleine face. »

Mais c’est à Rockland que l’intérêt avait été le plus grand. Le maire sortant Jean-Marc Lalonde avait été facilement réélu alors que les observateurs accordaient de bonnes chances à son adversaire Roger Charron. Georges Martin, ancien maire, avait perdu son poste de préfet aux mains de Jean-Claude Marinier, qui était à Rockland ce que Claude Demers était à Hawkesbury… un « chien de garde » plus négatif que positif. À Vankleek Hill, Aurèle Fournier avait été réélu maire (570), mais non sans que Gary Barton (554) lui donne la frousse. Le jeune Robert L. Racine (564) délogeait Paul-Émile Lévesque (434) à la mairie de Casselman.

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J’aime toujours ces histoires. À l’époque, ces articles étaient bons vendeurs de journaux. Cette fois, dans le journal du 22 novembre 1978, il s’agit de la « vision » de Rhéal Deschamps, le propriétaire et capitaine du traversier entre Lefaivre et Fassett. Cette nuit-là, lui et deux autres personnes, étaient sans doute fatiguées et sous l’effet d’une nuit froide. « M. Deschamps, de même que d’autres témoins dignes de foi, ont observé pendant plus d’une heure un objet non identifié qui s’est immobilisé au-dessus de la rivière Outaouais, et muni de deux lumières puissantes dont ils pouvaient voir la réflexion dans l’eau. » Leur description du phénomène était pourtant assez précise : « Ça ressemblait à une soucoupe posée sur une table avec au bas deux lumières très blanches qui se reflétaient dans l’eau » tout ça « à 300 pieds de hauteur en plein milieu de la rivière ». Vous aurez remarqué, selon mes billets précédents sur les phénomènes inexpliqués, qu’ils se produisaient toujours dans ce secteur de la région de l’Outaouais.

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« Les autorités municipales de la ville de Hawkesbury loueront la vieille école Christ-Roi pour une période de 10 ans au coût nominal de $1. (…) L’entente de location prévoit une période de dix ans avec option d’achat du bâtiment et du terrain pour la somme de $1 après dix ans. (…) La ville sera responsable de l’opération, de l’entretien et des réparations à l’édifice en plus de protéger le tout par des assurances. » En échange, la ville vendrait une parcelle de terrain dans le bloc 1 de la subdivision de Hawkesbury Realty pour une somme identique de 1 $, « quand le CECPR aura besoin de construire une école dans le secteur sud de la ville ». Il n’y a toujours pas de nouvelle école dans le secteur sud pour le Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell.

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Ramenons le patronage… et vite

J’imagine difficilement quelqu’un faire une telle déclaration en 2012, bien que l’on soupçonne fortement que c’est encore souvent la réalité. « Citant l’ancien premier ministre Leslie Frost, le président de l’Association progressiste-conservatrice de Prescott-Russell a sommé William Davis d’adopter une attitude plus partisane et d’avoir recours au patronage lorsque des emplois sont disponibles dans la région. » Comme le rapporte Charles Burroughs dans le journal Le Carillon du 1er novembre 1978, « J.-Maurice Demers n’y est pas allé par quatre chemins: ‘Prenons soin de nos Conservateurs d’abord, les autres auront les miettes’ a-t-il lancé à l’intention de la centaine de militants » du Parti progressiste-conservateur réunis en assemblée générale annuelle. Demers avait toutefois précisé que « nous parlons ici de patronage logique. C’est-à-dire que lorsque deux candidats sont sur un même pied en termes de qualifications, le Conservateur doit l’emporter. » Demers avait même déclaré sans hésitation qu’aucun « parti politique ne peut survivre s’il ne pratique pas le patronage. (…) Il a également insisté que les Libéraux fédéraux, eux, ne se gênent pas lorsqu’il s’agit de nommer leurs partisans à des postes. » Même le député provincial Albert Bélanger et le candidat conservateur fédéral Gordon Johnson avaient appuyé Demers. « Tous deux ont souligné que les partis politiques doivent démontrer une certaine gratitude envers leurs militants. » En passant, Demers avait aussi blâmé la grève des postes pour la non-livraison des invitations à plus de 700 conservateurs et la faible assistance à l’assemblée annuelle.

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« M. Gérard Lévesque, bien connu de tous ceux qui œuvrent dans le milieu des affaires franco-ontariennes, a été embauché hier soir comme secrétaire-général de l’Association canadienne-française de l’Ontario, où il succède à M. Rémy Beauregard. » La nouvelle de dernière heure fait la une du journal du 1er novembre 1978. J’étais un peu biaisé parce que Gérard et moi avions été dans les mêmes classes au petit séminaire. Sa sœur Claire (la femme de Jean-Louis Diamond, un enseignant de secondaire bien apprécié) habitait Vankleek Hill et était très impliquée dans la communauté. « Il a été choisi parmi plus de vingt candidats. Il est présentement à l’emploi de la Direction des langues officielles au Conseil du trésor du Canada. » Gérard avait une feuille de route très longue. « Il arrive à l’ACFO avec une longue expérience dans le milieu franco-ontarien: co-fondateur du mouvement C’est l’temps, initiateur du dossier du conseil scolaire homogène de langue française dans Ottawa-Carleton, président du Conseil consultatif de langue française d’Ottawa, actif au journal Le Carrefour à l’époque, chez les scouts, au Patro St-Vincent, à Centraide, à l’ACELF et il a même été secrétaire-général adjoint de l’ACFO de 1971 à 1974. » Un excellent choix pour succéder à Beauregard.

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Don Kearns était bien connu à Hawkesbury. Il était propriétaire des hôtels Bridge Inn et Royal et ce n’était pas suffisant. Dans ma chronique du 8 novembre 1978, j’explique que Don « est maintenant également propriétaire du restaurant-motel Holiday ». Jimmy Assaly avait décidé de vendre son établissement et de prendre une retraite plutôt bien méritée, mais sans avoir préalablement inculqué un solide sens des affaires à ses enfants.

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Le lendemain, ils avaient été remplacés… tous

Les autorités municipales de Hawkesbury ne voulaient rien entendre des récriminations des 18 pompiers volontaires insatisfaits. Ces derniers avaient d’ailleurs mis leur menace à exécution et démissionné en bloc. Comme le rapporte Le Carillon du 11 octobre 1978, « en moins de 24 heures, tous ont été remplacés ». Et comme le précise l’article, « en fait, moins de trois heures après la démission officielle, dix nouveaux pompiers étaient déjà recrutés, et 24 heures après, ce nombre était passé à 21. Les pompiers démissionnaires ont fait remise de leur équipement au chef Lacelle, vers 17 heures, vendredi soir, et à 14 heures samedi, tous les postes étaient comblés. » À Hawkesbury, le travail de pompier volontaire était un travail à temps partiel très convoité et cette situation le démontrait clairement. Gabriel Lacelle, le chef des pompiers, s’était dit « contrarié par tous ces événements, survenus à la veille de la Semaine de prévention des incendies ». Il avait regretté le départ des 18 volontaires, « mais l’administration municipale n’a pas voulu modifier ses plans ». L’imposition des quatre quarts de travail pour les pompiers volontaires allait donc se matérialiser, ce que les démissionnaires ne voulaient pas. « Les pompiers volontaires reçoivent une allocation de base de $200 par année et $8 l’heure lorsqu’ils répondent à une alerte. » Les démissionnaires voulaient 500 $ et 12 $. Ils n’ont rien eu. Les pompiers volontaires ont blâmé toute l’histoire sur le conseiller Claude Demers. « Cette malheureuse histoire a commencé il y a plus de deux ans et c’est le conseiller Demers qui en est à l’origine », peut-on lire dans l’édition du 18 octobre 1978.

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Gérald Leroux, ce jeune hockeyeur de St-Bernardin qui avait évolué avec les Spitfires de Windsor de la Ligue junior majeure de l’Ontario, avait signé un contrat avec les Racers d’Indianapolis, une équipe de l’Association mondiale de hockey. Qui jouaient avec les Racers à ce moment-là? Selon l’article du journal du 11 octobre 1978, on y retrouvait « des gars comme Gary Smith, Reynald Leclerc, Gary Inness et Richard Leduc (…) d’autres joueurs connus comme Michel Parizeau, Dave Fortier, Claude St-Sauveur et Claude Larose ». Je dois avouer qu’à part Larose, aucun de ces noms ne me rappelle quelque chose. Ah, j’oubliais! Il y avait aussi avec Leroux un certain Wayne Gretzky, « ancien des Greyhounds de Sault-Ste-Marie ». Et comme le précise l’article, « Leroux et Gretzky sont les deux plus jeunes joueurs des Racers ». Chez les Racers, il y avait « pas moins de huit joueurs de langue française ». On parle encore de Gretzky aujourd’hui. Quant à Leroux, on apprendra dans le journal du 29 novembre suivant que Leroux « n’évolue plus pour les Racers d’Indianapolis. (…) Leroux a plié bagages et il s’est joint à l’équipe Muskegon de la Ligue internationale. »

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Le sort de l’école Champlain d’Alfred faisait l’objet de multiples spéculations depuis un bon bout de temps. « Les mesures d’austérité du gouvernement fédéral ont arrêté temporairement les négociations entre le fédéral et la province pour la transformation de l’école Champlain d’Alfred en centre de réhabilitation pour maniaques sexuels et en centre pour surveillance protective. (…) L’école Champlain pourrait également servir de centre de formation pour le personnel des pénitenciers canadiens. » C’est ce qu’on peut lire dans le journal du 18 octobre 1978. Rien de cela ne s’est matérialisé.

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À la une du 18 octobre 1978, une photo de deux piqueteurs devant le bureau de poste de Hawkesbury. « La grève des postiers, déclenchée à minuit lundi soir, a paralysé le service postal dans tout le pays. » À cette époque, les postiers et les facteurs étaient représentés par deux syndicats distincts; ils seraient fusionnés par décret fédéral une dizaine d’années plus tard. La grève de 1991 serait la première regroupant les deux groupes d’employés et qui aboutirait à la première convention collective du Syndicat canadien des travailleurs des postes (le mot « travailleuses » a été ajouté quelques années plus tard).

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Le cardinal et son chapelet

C’était il y a plus de 30 ans, donc il ne fallait pas s’en surprendre. Comme on peut le lire dans le journal Le Carillon du 20 septembre 1978, « une pétition circule présentement dans les différentes paroisses du diocèse d’Ottawa afin de recueillir un nombre important de signatures pour rétablir la radiodiffusion du chapelet quotidien sur les ondes de Radio-Canada ». La pétition aurait été une initiative de la Légion de Marie. L’évêque auxiliaire Gilles Bélisle avait « signalé qu’il existe encore une station de radio à Montréal qui diffuse le chapelet. Il a rappelé qu’il y a quelques années, plusieurs stations transmettaient l’enregistrement du chapelet avec le cardinal Paul-Émile Léger. ‘La récitation du chapelet faisait beaucoup de bien aux personnes malades, dans les hôpitaux et à la maison’, a-t-il ajouté. » C’était comme ça. Je m’en souviens vaguement, mais je crois que chez mes parents, nous écoutions le cardinal et son chapelet avant d’écouter la diffusion des matchs de hockey des Canadiens… avant l’arrivée de la télévision bien sûr. Et si vous vous posez la question : non, je ne suis pas vieux!

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« En 1928, l’agronome du comté de Russell, M. Fernand Larose, entreprit de convertir le ‘désert de Bourget’ en forêt productive. C’est à cette époque qu’une entente a été conclue avec le gouvernement provincial. M. Larose serait fier aujourd’hui s’il pouvait être témoin du résultat de ses efforts. » Il est évidemment question de la Forêt Larose dans ce texte du journal du 27 septembre 1978 et de son 50e anniversaire. « La Forêt Larose est non seulement destinée à la production du bois et à la création d’emplois, elle sert aussi aux amateurs de chasse, de pique-nique, de ski de randonnée, de motoneiges et de grande nature. » La citation était d’Al Peacock, un coordonnateur des ressources forestières pour le compte du ministère des Ressources naturelles de l’Ontario.

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Voilà deux autres jeunes hockeyeurs talentueux. Yvan « Puce » Joly de Hawkesbury évoluait toujours avec les 67’s d’Ottawa. Maintenant, ce sont Daniel Franche, de L’Orignal, et Jean-Pierre Leroux, de St-Bernardin, qui franchissent les portes de la Ligue junior majeure de l’Ontario. Les deux signent un contrat avec les Spitfires de Windsor. Le rédacteur sportif Yvon Legault s’amusait maintenant à « couvrir » les exploits de trois jeunes hockeyeurs de la région dans la Ligue junior majeure de l’Ontario.

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Les négociations étaient toujours difficiles entre les pompiers (ou les policiers) et les autorités municipales à Hawkesbury. Il ne fallait donc pas se surprendre en lisant un reportage dans Le Carillon du 4 octobre 1978. Les 18 pompiers volontaires avaient menacé de démissionner « si la ville ne revient pas sur sa décision de leur imposer des quarts de travail ». Gracieux, les pompiers volontaires avaient indiqué qu’ils resteraient en poste jusqu’à ce que la municipalité leur ait trouvé des remplaçants. Je me souviens de ce débat parce que mon beau-père était justement un pompier volontaire et que lui non plus n’avait pas aimé la proposition municipale. À suivre!

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Que ceux qui jouent versent les sous

Eugene MacDonald était l’éditeur de l’hebdomadaire Glengarry News d’Alexandria et ses éditoriaux retenaient l’attention, souvent partout au pays. Dans une édition à la mi-septembre de 1978, deux mois avant les élections municipales et scolaires du 13 novembre 1978, il avait pondu un texte que j’avais jugé d’une grande pertinence et que j’avais traduit pour les lecteurs du journal Le Carillon. Je le reproduisais dans l’édition du 20 septembre. Je pense que son propos est toujours d’à-propos :

« Trop souvent, les élections se font et se gagnent sur les critères de qui tu connais et non pas ce que tu connais. Dans bien des cas, la seule compétence offerte par des candidats est leur longévité.

Je suis un citoyen d’ici depuis toujours. L’arbre en face de ma maison est là depuis toujours aussi.

Au cours de la prochaine campagne, posez des questions à vos candidats. Obligez-les à se prononcer. Quelle est leur position quant aux réunions à huis clos? Que pensent-ils de la planification? Favorisent-ils des subventions à tous vents ou la municipalité devrait-elle adopter le principe: ‘Que ceux qui jouent versent les sous’?

Nous devons également nous assurer que les gens élus à un poste public reconnaissent la nécessité de consulter leurs contribuables entre les élections. L’arrogance est le résultat le plus commun de la victoire.

Nous devrions également demander à nos candidats de quelles façons ils se sont préparés à leur poste. Se sont-ils donné la peine de jeter un coup d’œil à la loi municipale ou de se familiariser avec la loi de l’éducation, la loi de la planification, la loi du drainage, la loi de la conservation ou toute autre loi gouvernant une municipalité (ou un conseil scolaire)?

Les bonnes intentions, dans ce monde d’aujourd’hui, ne sont pas suffisantes. Vous ne confieriez pas la gouverne d’un paquebot géant à un aide-marmiton. Pourquoi confier le gouvernail du gouvernement à un incompétent?

Aujourd’hui, le conseiller municipal – ou le conseiller scolaire – doit voir à des plans officiels, des règlements de zonage et toute une série de lois provinciales. Cela ne veut pas dire qu’il vous faut être un avocat ou un ingénieur pour être candidat à un poste public, mais ceux qui désirent poser leur candidature devraient au moins démontrer l’effort nécessaire et leur bonne foi, en cherchant à se renseigner le plus possible au préalable.

Le poste représente des millions de dollars et affecte des milliers de personnes. Il est grand temps que l’on exige davantage de nos dirigeants élus. »

Voilà! Des propos ou « des avertissements » encore valables de nos jours quasiment à tous les paliers de gouvernement.

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Un gars bien ordinaire de St-Pascal-Baylon

Il avait été « un gardien de buts au sein de l’Association du hockey mineur de Rockland jusqu’à l’âge de 13 ans » avant d’évoluer « dans l’organisation des 67’s d’Ottawa chez les bantams et les midgets ». Il avait joué une année de hockey junior avec les défunts Castors de Hull de la Ligue centrale. « Il a obtenu une bourse d’études de l’Université St-Lawrence à l’issue de cette unique saison chez les juniors et il est demeuré quatre ans à cette institution. Il a été repêché par les Islanders de New York par la suite. » Ce gars originaire de St-Pascal-Baylon était maintenant « directeur des sports du Collège Algonquin d’Ottawa » et il avait accepté le poste d’instructeur des Nats de Rockland, de la Ligue junior « B » du district d’Ottawa. Nous n’avions donc pas fini d’entendre parler de Jacques Martin. Oui, celui-là! Tout ça dans Le Carillon du 13 septembre 1978. Priorité : Martin avait décidé « de mettre sur pieds un système de jeux de base » avec les Nats.

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Je vous avais parlé des intentions du Conseil municipal de Hawkesbury d’annexer une parcelle de terrain du Canton de Hawkesbury-Ouest. Dans l’édition du 20 septembre 1978, nous apprenons la raison : la société Ivaco, déjà solidement implantée dans le Canton de Longueuil, voisin du village de L’Orignal, « aurait l’intention de construire une usine de fabrication de tuyaux de pipe-line ». Faute d’annexion rapide, « la ville de Hawkesbury acceptait de vendre 42 acres de son parc industriel, à l’extrémité est de la ville, au prix réduit de $1,000 l’acre, afin de s’assurer que l’usine soit construite à Hawkesbury. On parle de création de 400 nouveaux emplois. » Dans l’édition de la semaine suivante, les autorités municipales s’empressent d’infirmer la nouvelle à l’effet que ce soit Ivaco, en affirmant qu’il s’agit d’une autre entreprise qui préfère toujours l’anonymat. Quoi qu’il en soit, un autre beau rêve irréalisé.

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Dans la même édition, les lecteurs apprenaient que « IKO Industries Limited, un des plus importants fabricants canadiens de revêtements pour toitures établi à Hawkesbury depuis 1975, construirait vraisemblablement une deuxième usine à proximité de ses installations actuelles ». IKO Industries, qui exploitait alors des usines à Brampton, Calgary et Bruxelles, est encore aujourd’hui l’un des principaux employeurs de la ville de Hawkesbury, sinon le plus important compte tenu de la fermeture de Duplate.

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On les voyait partout à l’époque. « Les dernières statistiques de l’Association des scouts du Canada, district d’Ottawa, font état de 1,176 personnes actives dans le mouvement (membres de comités protecteurs, animateurs, aumôniers, pionniers, éclaireurs et louveteaux). On en compte 372 ou 21% dans Prescott-Russell. Du total, cela représente 125 participants de plus qu’en 1976. Les chiffres de 1978 ne sont pas connus. Trois nouvelles unités dans la région en 1977: la 34e de Plantagenet, la 50e de Bourget et la 44e de Bourget. » Tout ça dans ma chronique du 20 septembre 1978.

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Les politiques aux politiciens et l’administration aux…

L’administration municipale de Hawkesbury tentait de se réorganiser depuis quelques années et les études de spécialistes s’empilaient sur les tablettes de l’hôtel de ville. Il ne fallait donc pas se surprendre d’une autre étude de la firme Price Waterhouse, la deuxième par ces experts-conseils sur la même question, qui tirait quasiment les mêmes conclusions, sauf qu’il y avait cette fois le facteur du nouveau complexe sportif. Un long article sur cette dernière étude dans Le Carillon du 6 septembre 1978. La grande conclusion : « Les politiciens devraient s’occuper uniquement des politiques et les administrateurs, uniquement d’administration. » C’était assez simple, mais pas aussi simple de la mettre en pratique. Les politiciens des petites municipalités (Hawkesbury était somme toute une petite municipalité) se croient imbus d’une mission supérieure et se mêlent de tout; on le voit encore aujourd’hui chaque fois qu’un cadre supérieur se fait montrer la porte ou décide qu’il a en assez et démissionne. Quant au complexe sportif, Price Waterhouse proposait même des taux horaire de location de 50 $ au lieu des 35 $ qu’il en coûtait pour le Centre Mémorial. « Price Waterhouse recommandait la création de plusieurs nouveaux emplois dans le complexe sportif, notamment des responsables des opérations, de la piscine et de la programmation d’activités. » Les adversaires rappelleraient éventuellement à tout le monde qu’ils avaient eu raison de prévoir une majoration considérable des frais d’exploitation de nouvelles installations sportives.

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Un pont porte son nom sur le chemin liant St-Isidore-de-Prescott à Plantagenet. Dans le journal du 6 septembre 1978, les lecteurs apprennent le décès, à l’âge de 63 ans, de celui qui avait dirigé l’administration municipale du Canton de Plantagenet-Sud pendant six ans. « J.-Henri Séguin est décédé lundi après-midi à l’extérieur de sa résidence de Fournier. »

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L’événement était important. La nouvelle Résidence Prescott-Russell (communément connue sous le nom de « Foyer ») ouvrait ses portes à Hawkesbury le 14 septembre 1978 et le journal avait publié un cahier spécial de 20 pages pour marquer l’occasion. Cette résidence est encore là et a fait la manchette tout récemment lorsqu’elle a accueilli une trentaine de résidents de la Place Mont-Roc voisine, qui se retrouvaient sans logement à la suite d’un incendie important qui a fait deux victimes. Le tout nouveau bâtiment moderne remplaçait l’ancien Foyer Prescott-Russell, à L’Orignal, un établissement qui était né en 1906 afin de venir en aide aux handicapés physiques et mentaux, mais qui a changé de vocation en 1952 quand les Sœurs de la Charité d’Ottawa ont mis sur pied un centre pour « secourir les personnes âgées ». Quant à la nouvelle Résidence, ma mère avait décidé d’y aménager au début des années 90; elle y est décédée paisiblement une nuit d’automne 1994 à l’âge de 90 ans.

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Ses concepteurs avaient prévu un véritable centre de villégiature sur les bords de la rivière Nation à l’ouest de Plantagenet. L’hôtel Jessop’s Falls avait permis d’entretenir des espoirs d’attraits touristiques dans ce secteur. Voilà que dans le journal du 13 septembre 1978, on apprend que l’hôtel Jessop’s Falls « vient d’être transformé en centre de prière charismatique et sera maintenant connu sous le vocable ‘Le Centre de l’amour’ ». Le nom faisait bien rire pour un ancien motel. « Le Centre de l’amour deviendrait un important centre de congrès et de retraite, orienté principalement vers les couples mariés et les couples de fiancés, en association avec les groupements Marriage Encounter et Engaged Encounter. » Je crois que le centre est toujours là et que sa vocation en est encore une de centre de prières. Les employés de l’hôtel avaient perdu leur emploi puisque « les opérations du Centre de l’amour seraient assurées par une équipe de bénévoles non rémunérés, comme cela se fait dans la majorité des centres du genre ».