Ramenons le patronage… et vite

J’imagine difficilement quelqu’un faire une telle déclaration en 2012, bien que l’on soupçonne fortement que c’est encore souvent la réalité. « Citant l’ancien premier ministre Leslie Frost, le président de l’Association progressiste-conservatrice de Prescott-Russell a sommé William Davis d’adopter une attitude plus partisane et d’avoir recours au patronage lorsque des emplois sont disponibles dans la région. » Comme le rapporte Charles Burroughs dans le journal Le Carillon du 1er novembre 1978, « J.-Maurice Demers n’y est pas allé par quatre chemins: ‘Prenons soin de nos Conservateurs d’abord, les autres auront les miettes’ a-t-il lancé à l’intention de la centaine de militants » du Parti progressiste-conservateur réunis en assemblée générale annuelle. Demers avait toutefois précisé que « nous parlons ici de patronage logique. C’est-à-dire que lorsque deux candidats sont sur un même pied en termes de qualifications, le Conservateur doit l’emporter. » Demers avait même déclaré sans hésitation qu’aucun « parti politique ne peut survivre s’il ne pratique pas le patronage. (…) Il a également insisté que les Libéraux fédéraux, eux, ne se gênent pas lorsqu’il s’agit de nommer leurs partisans à des postes. » Même le député provincial Albert Bélanger et le candidat conservateur fédéral Gordon Johnson avaient appuyé Demers. « Tous deux ont souligné que les partis politiques doivent démontrer une certaine gratitude envers leurs militants. » En passant, Demers avait aussi blâmé la grève des postes pour la non-livraison des invitations à plus de 700 conservateurs et la faible assistance à l’assemblée annuelle.

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« M. Gérard Lévesque, bien connu de tous ceux qui œuvrent dans le milieu des affaires franco-ontariennes, a été embauché hier soir comme secrétaire-général de l’Association canadienne-française de l’Ontario, où il succède à M. Rémy Beauregard. » La nouvelle de dernière heure fait la une du journal du 1er novembre 1978. J’étais un peu biaisé parce que Gérard et moi avions été dans les mêmes classes au petit séminaire. Sa sœur Claire (la femme de Jean-Louis Diamond, un enseignant de secondaire bien apprécié) habitait Vankleek Hill et était très impliquée dans la communauté. « Il a été choisi parmi plus de vingt candidats. Il est présentement à l’emploi de la Direction des langues officielles au Conseil du trésor du Canada. » Gérard avait une feuille de route très longue. « Il arrive à l’ACFO avec une longue expérience dans le milieu franco-ontarien: co-fondateur du mouvement C’est l’temps, initiateur du dossier du conseil scolaire homogène de langue française dans Ottawa-Carleton, président du Conseil consultatif de langue française d’Ottawa, actif au journal Le Carrefour à l’époque, chez les scouts, au Patro St-Vincent, à Centraide, à l’ACELF et il a même été secrétaire-général adjoint de l’ACFO de 1971 à 1974. » Un excellent choix pour succéder à Beauregard.

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Don Kearns était bien connu à Hawkesbury. Il était propriétaire des hôtels Bridge Inn et Royal et ce n’était pas suffisant. Dans ma chronique du 8 novembre 1978, j’explique que Don « est maintenant également propriétaire du restaurant-motel Holiday ». Jimmy Assaly avait décidé de vendre son établissement et de prendre une retraite plutôt bien méritée, mais sans avoir préalablement inculqué un solide sens des affaires à ses enfants.

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