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Gabrielle Miner… le symbole du bénévolat

J’écoutais une entrevue à l’antenne de la première chaîne de Radio-Canada le lundi 15 octobre dernier avec la personnalité de la semaine, une femme reconnue pour l’intensité de son bénévolat depuis de très nombreuses années. Dans Le Carillon du 11 avril 1981, nous avions publié un long reportage sur une bénévole connue assurément de tous à Hawkesbury et dans la région. « Propriétaire d’un service de pourvoyeur durant 29 ans, restauratrice pendant presque aussi longtemps, Mme Gabrielle Miner » avait également accumulé pas moins de 43 années de bénévolat auprès d’au moins une dizaine d’organismes. « Si je ne fais rien, je me sens inutile » avait-elle déclarée à notre journaliste Louise Bellec, une stagiaire du cours de journalisme du collège Algonquin. Mme Miner avait déploré que « de plus en plus, les gens d’aujourd’hui, s’ils ne sentent pas la ‘piasse au bout’, contribuent de moins en moins de leur temps libre au bénévolat. » Tous ceux qui fréquentaient le complexe sportif la connaissaient : elle y était responsable du fonctionnement des deux casse-croûte. Les organismes qui profitaient de ses largesses et de ses temps libres étaient très nombreux, dont les Auxiliaires de l’Hôpital général, les Auxiliaires de la Légion canadienne et le cercle de l’Association des fermières de l’Ontario. Il y avait aussi le Cercle d’artisanat, le Club 50 de l’âge d’or, les Dames conservatrices de Prescott-Russell et les Femmes chrétiennes » Et il ne faut pas oublier la chorale de la paroisse St-Alphonse-de-Liguori, la Société canadienne de la Croix-Rouge, la Société canadienne du cancer, la Fondation canadienne des maladies du cœur et l’Association canadienne de l’arthrite. Pourquoi? « C’était pour sa satisfaction personnelle, car elle voit dans le bénévolat la nécessité de faire le bien. » Elle était souvent au journal pour nous faire la promotion de sa plus récente cause. Au moment du reportage, elle avait 63 ans.

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Le Parti québécois est reporté au pouvoir lors des élections provinciales du 13 avril 1981 avec 80 députés. Les libéraux de Claude Ryan en font élire 42. L’Union nationale est pratiquement disparue, sans député, et avec à peine 4 p. cent du vote populaire. Le journal du 15 avril 1981 en parlait surtout parce que Ryan était le député du comté d’Argenteuil et il avait été réélu avec une confortable majorité, mais moindre que l’élection précédente.

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La journaliste Monique Castonguay réalise un reportage abondamment illustré dans le journal du 18 avril 1981 sur l’ouverture d’une nouvelle industrie à Embrun, spécialisée dans la fabrication de tuyaux de drainage pour les fermes surtout. Jean-Guy Lapointe, qui installait de tels drains depuis une douzaine d’années, avait jugé bon d’invertir un million de dollars afin de fabriquer les tuyaux dont il avait besoin. Cette nouvelle industrie créerait une douzaine de nouveaux emplois. Cette usine est toujours là. Lapointe a également diversifié ses activités au fil des années et est devenu entrepreneur et lotisseur. C’est lui qui nous a vendu notre maison quand nous sommes déménagés à Embrun en 1989 dans sa toute nouvelle subdivision.

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La guerre des colas n’est pas d’aujourd’hui. Dans le journal du 18 avril 1981, Coca-Cola publie une pleine page de publicité montrant une bouteille de son produit bien connu et affirmant que « Depuis l’enquête de Pepsi en mai 1980, Coca-Cola a doublé son avance sur Pepsi en matière de ventes nationales, bien que Pepsi vous ait raconté qu’un grand nombre de buveurs de Coke soient passés à Pepsi. La popularité du cola préféré au pays continue de s’accroître. » Leur affirmation était basée sur les « ventes au gallon, selon la plus récente enquête effectuée dans les marchés d’alimentation ».

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Ils sont partout ces Franco-Ontariens

Dans Le Carillon du 28 mars 1981, l’Assemblée des centres culturels de l’Ontario, dont le secrétaire général était André Sarazin, de Rockland, publiait deux pages dans laquelle elle faisait la promotion de ses nombreux membres. Il était surprenant de découvrir l’existence de certains d’entre eux. L’Ontario n’en comptait pas moins de 13. Il y avait bien entendu le centre Le Chenail de Hawkesbury et La Ste-Famille de Rockland, que les lecteurs connaissaient bien. Mais il y avait aussi La chasse-galerie de Willowdale, La Ronde de Timmins, le Centre des jeunes de Sudbury, Le Centre communautaire francophone de Toronto, Le Patro d’Ottawa, le Centre d’activités françaises de Penetanguishene, Les Trois p’tits points d’Alexandria, Les Compagnons des francs loisirs de North Bay, le centre Les Copains d’Iroquois Falls, Le Griffon de St. Catharines et le Centre régional de loisirs culturels de Kapuskasing. Ça suffisait pour démontrer que des Franco-Ontariens, il y en avait dans tous les coins de la province.

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C’était un entrefilet dans le journal du 4 avril 1981. « Le bureau de direction de la section locale 28 du Syndicat canadien des travailleurs du papier profitera de la Fête du travail, en septembre, pour commémorer le 40e anniversaire de l’union dans l’usine de la Compagnie internationale de papier (CIP) à Hawkesbury. » Le local 28 ne célébrera jamais son 42e anniversaire!

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L’éducation a toujours été le sujet de débats et d’analyses et de transformations. Au printemps de 1981, dans Prescott-Russell, c’est le projet d’écoles secondaires catholiques qui retenait l’attention. Aux États-Unis, il était aussi question de refondre le système scolaire secondaire et dans Le Carillon du 8 avril 1981, j’avais justement reproduit douze suggestions du journaliste américain Henry Grunwald, du magazine Time, dans le cadre d’une série sur le renouveau américain. Les voici :

« (1) Promotion en fonction de la réussite – Décerner le diplôme seulement à ceux qui auront réussi à maîtriser les matières; les autres recevraient un certificat de participation. Cela redonnerait de la valeur au diplôme. Une société qui ne connaît pas l’échec ne peut connaître la réussite.

(2) Les éducateurs doivent fixer les programmes – Les programmes doivent répondre aux besoins de la société en général et non aux goûts des individus.

(3) Les examens sont essentiels – La préparation d’un test objectif représente un véritable défi pour l’étudiant.

(4) Admettre que les enfants diffèrent – Il y a des talentueux et des plus lents. Il faut grouper les jeunes selon leurs besoins communs, leurs forces ou leurs faiblesses. Le but: une éducation de qualité pour chaque enfants et non pas une éducation uniforme.

(5) La discipline est nécessaire – On ne doit pas tolérer ceux qui intimident ou dérangent les autres et la direction des écoles doit avoir toute l’autorité nécessaire pour y remédier. Les écoles ne sont pas des garderies pour délinquants; ce sont des centres pour apprendre.

(6) Célébrer l’excellence – Rétablir les prix, bourses et trophées pour les meilleurs; les recommandations. Les enfants ont ainsi une récompense à viser.

(7) Récompenser les bons enseignants – Les payer bien pour stimuler l’excellence. Leur laisser la liberté de se concentrer sur leur enseignement et non pas sur la paperasse. Les communautés qui traitent leurs enseignants comme des professionnels auront sans doute des enseignants qui agiront comme des professionnels.

(8) Les devoirs à la maison sont utiles – Les enfants peuvent pratiquer ce qu’ils ont appris à l’école, ce qui permet en même temps de meilleurs contacts entre les parents et les enfants, et un remède aux ‘déchets télévisés’.

(9) Les écoles sont pour éduquer – Ignorer les groupes d’intérêt et concentrer sur la lecture, la grammaire et les mathématiques. Pour les besoins spéciaux, organiser des programmes après les heures de classe ou les samedis.

(10) Réduire le contrôle gouvernemental – Éliminer la paperasse inutile et coûteuse. Laisser aux conseils scolaires et aux parents la gestion dans les communautés.

(11) Le pluralisme est désirable – Créer diverses sortes d’écoles, selon les besoins, où tous pourraient s’inscrire, à leur choix, sans restrictions.

(12) Viser le raisonnable – Améliorer la connaissance afin de réduire la pauvreté et la discrimination. Cela peut signifier fouiller davantage dans les poches du public, mais ce ne sera peut-être pas nécessaire quand la paperasserie et les choses inutiles auront été éliminées. »

Voilà, la perspective d’un individu il y a 31 ans, mais plusieurs éléments me semblent toujours pertinents.

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Un fardeau lourd à porter…

C’était le titre d’un commentaire dans la chronique « de choses et d’autres » de Charles Burroughs dans Le Carillon du 25 mars 1981. Charles écrivait ceci : « Don Boudria, qui est devenu un des plus jeunes représentants à Queen’s Park jeudi dernier (…) aura certainement un fardeau lourd à porter. Un des seuls députés francophones de l’Assemblée législative, et par surcroît dans l’Opposition, il devra faire preuve d’un entêtement exceptionnel s’il entend réaliser ses promesses électorales, dont certaines iront certainement à l’encontre de l’attitude conservatrice démontrée jusqu’ici par le gouvernement conservateur, maintenant majoritaire. On pense à l’inclusion de l’article 133 de la Constitution et à la loi-cadre sur la langue française en Ontario (le bill 89 d’Albert Roy), deux mesures qui sont réclamées depuis longtemps par les leaders de la francophonie ontarienne. M. Boudria a plus de chance de voir passer sa promesse de réduire la différence de 29% entre les taux d’électricité ruraux et urbains, promesse qui a également été faite par M. Davis l’automne dernier. De toute façon, il sera très intéressant pour les voteurs de ma génération de voir agir un député siégeant dans l’Opposition pour Prescott-Russell, chose que l’on n’avait pas vue depuis près de 30 ans. »

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Dans mon éditorial de la même édition, je notais d’ailleurs que « Don Boudria se rendra à Toronto avec un mandat ferme et un vote de confiance des Franco-Ontariens de sa circonscription. Une analyse des résultats indique en effet que le député sortant Albert Bélanger n’a été victorieux que dans 28 bureaux de scrutin, comparativement aux 148 de Boudria. Ce qui est éloquent, c’est que les bureaux gagnés par Bélanger sont principalement dans des secteurs où il y a concentration de familles anglophones. » Prescott-Russell est représenté par un libéral depuis cette élection-là. Ce serait intéressant de suivre Boudria à Queen’s Park où il se taillera rapidement une réputation. À suivre, évidemment.

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Ah oui, dans Ottawa-Est? Albert Roy n’avait fait qu’une bouchée d’Omer Deslauriers, à qui les conservateurs de Bill Davis avaient confié la tâche de déloger cette épine libérale franco-ontarienne. Roy avait amassé 14 131 voix contre les 4 312 de Deslauriers. Roy et Boudria feraient un beau tandem.

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Le ministère du Travail publie une annonce liée aux nouveaux salaires minimums qui seraient en vigueur en Ontario à compter du 31 mars 1981. Le taux horaire général sera de 3,30 $ au 31 mars et passera à 3,50 $ le 1er octobre suivant. Le taux horaire du bâtiment sera de 3,55 $ puis de 3,75 $. On n’irait pas loin avec ça aujourd’hui! Par contre, au 1er avril, la « pension de base de la sécurité de la vieillesse passera de $202.14 à $208.20 » par mois et par le fédéral cette fois. Les deux éléments sont dans le journal du 25 mars 1981.

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« Nous avons un message à transmettre »

« Et si la circonscription électorale de Prescott-Russell changeait son fusil d’épaule demain; optait pour autre chose que le parti progressiste-conservateur? Pourquoi pas! » Je commençais mon éditorial du 18 mars 1981 de cette façon parce que Le Carillon, comme à chaque élection municipale, provinciale ou fédérale, faisait valoir son point de vue sur les différents candidats en lice et proposait son choix ou expliquait sa neutralité, le cas échéant. « Depuis trop longtemps, le parti conservateur considère notre région comme un ‘droit acquis’ (…) Un bon député saura de toutes façons à quelles portes il faut frapper. » Je n’avais toujours pas digérer les obstacles systématiques pour empêcher Saputo de s’installer à Hawkesbury et je trouvais qu’il ne s’en faisait pas encore assez en Ontario pour nous reconnaître, les Franco-Ontariens. J’avais donc incité les électeurs à opter pour Don Boudria. « Si vous êtes un lecteur assidu du Journal des débats de l’Assemblée législative de l’Ontario, vous aurez été insulté de voir d’autres députés user de sarcasme envers le vôtre le peu de fois qu’il s’est levé. Même aux réunions des comités, il a été silencieux. C’est beau le travail ‘en coulisse’, mais une minorité a besoin de plus que cela. » Et je concluais que « nous avons un message à transmettre. Nous souhaitons des changements. Nous utiliserons notre droit de vote pour le faire savoir à tout le monde! »

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Le soir des élections, alors que je retournais chez moi à pied, quelques automobilistes m’avaient crié qu’ils avaient suivi mes conseils. Ils n’étaient pas les seuls. « Les libéraux de Prescott-Russell ont savouré tous les instants d’une victoire qui leur échappait depuis 1948, jeudi soir (le 19) à leur quartier général du complexe commercial Hawkesbury Centre à Hawkesbury. » Don Boudria, un conseiller municipal de Cumberland et fonctionnaire fédéral, « a remporté le siège de Prescott-Russell avec une surprenante majorité de 5 240 votes sur le député conservateur sortant J.-Albert Bélanger qui régnait à Queen’s Park depuis 1967 ». Boudria avait récolté 15 142 votes, alors que Bélanger en obtenait 9 902; le néo-démocrate Claude Dion devait se contenter de 1 828 votes. Soixante pour cent de l’électorat s’était prévalu de son droit de vote, comparativement à 55 % à l’échelle de la province. Par contre, Boudria se retrouverait dans l’opposition officielle à Queen’s Park, Bill Davis ayant obtenu 70 sièges comparativement aux 34 des libéraux de Stuart Smith et aux 21 des néo-démocrates de Mike Cassidy. Chez les conservateurs, on ne m’aimait pas trop. L’accès au quartier général de Hawkesbury avait même été interdit aux journalistes. C’était tout dire! Tous les résultats avaient été publiés dans le journal du 21 mars 1981. J’ajoute que Boudria faisait campagne depuis trois années. Ça victoire était évidente avant les élections.

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« La fiesta, c’est fini Plus d’alcool aux comtés unis » peut-on lire comme titre dans le journal du 18 mars 1981. « Insidieusement, jeudi matin, l’ère de la grande sécheresse s’est installée au centre administratif des comtés unis de Prescott-Russell, à L’Orignal. Le stock de boissons alcooliques constitué par les membres pour leur propre usage lors des sessions régulières du Conseil a été déménagé, et il n’est pas question pour l’instant que cette pratique, vieille de 13 ans, recommence à brève échéance. » Après un incident en janvier, « l’administrateur en chef Raymond Ouimet a tout simplement décidé de ne plus s’en mêler ». La réserve avait été constituée parce que les élus, à l’heure du lunch, s’absentaient et revenaient tard pour la session d’après-midi. « Avec un bar ouvert à l’intention des membres, cette pratique a été abandonnée et il était beaucoup plus facile de les garder sur les lieux pour des réunions de comités et pour la session d’après-midi, qui début à 14 heures. » Eh oui, les sessions d’après-midi étaient toujours plus animées!

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Il fallait être déterminé

Nous sommes encore au début de 1981 et des événements de la sorte sont tellement rares dans notre région. Ils sont encore plus rares quand ils concernent « un jeune homme de 32 ans de la paroisse de Treadwell ». Le journaliste Yves Rouleau raconte son histoire dans Le Carillon du 28 février 1981. « Jean-Pierre Fredette participera le dimanche premier mars à une cérémonie religieuse devenue de plus en plus rare. Jean-Pierre Fredette sera ordonné diacre à cette date, c’est-à-dire la dernière étape avant l’ordination en tant que prêtre. » Jean-Pierre était ce que l’on qualifie de vocation tardive. « Membre d’une bonne vieille famille canadienne-française d’une époque déjà révolue, avec ses 13 enfants, le fils de M. et Mme Josephat Fredette a toujours assisté avec intérêt aux cérémonies religieuses, sans toutefois laisser présager une future vocation. » Contrairement aux habitudes, il n’avait pas fréquenté le séminaire dès la fin du primaire, ni la fin du secondaire. En fait, « il a décroché un emploi au ministère de l’Environnement, pendant 10 ans il y a gagné sa vie ». Jean-Pierre sera ordonné prêtre. Il a été curé à Embrun quelques années pendant que j’y habitais. Tout récemment, il était curé des paroisses unifiées de Hawkesbury. Il est maintenant curé aux paroisses Saint-Sébastien et à la paroisse Saint-Louis-Marie-de-Montfort à Ottawa.

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« Du haut de la montagne artificielle du parc d’attractions Wonderland, la vue s’étend jusqu’à la tour du centre-ville de Toronto, à 32 km de distance. » Un long texte fait référence à « ce monde de fantaisie de 144 hectares construit au coût de $115 millions (…) situé à une demi-heure au nord-ouest de Toronto (…) qui sera inauguré au printemps de 1981 et qui devrait accueillir de deux à trois millions de visiteurs durant sa première saison » dans le journal du 28 février 1981. Nous nous y étions rendus avec nos deux enfants. Wonderland est toujours là bien sûr… plus imposant que jamais; nous y sommes retournés avec trois de nos petits-enfants.

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Il s’en est fallu de peu. Depuis plusieurs mois, les enseignants à l’emploi du Conseil des écoles catholiques de Prescott et Russell menaçaient de déclencher la grève et avaient donné un mandat approprié à leurs négociateurs. La grève devait être déclenchée le mardi 10 mars. Une entente de principe est survenue le samedi précédent et les enseignants la ratifiaient le lundi soir juste avant l’échéance. L’article est dans le journal du 11 mars 1981. Je m’en souviens parce que ma femme aurait été au nombre des grévistes. En fait, les piquets pour ses collègues de l’école Paul VI de Hawkesbury étaient dans son auto parce que nous avions été les chercher à Wendover cette fin de semaine-là. Tous étaient prêts et déterminés.

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La campagne électorale ontarienne bat son plein en ce 11 mars 1981 et le journal brosse un portrait des trois candidats « Bélanger: Un travailler social acharné », « Boudria: Celui qui veut être roi… » et « Dion: La sincérité… ». Albert Bélanger, Don Boudria et Claude Dion, respectivement candidats conservateur, libéral et néo-démocrate. À suivre, bien entendu.

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Le petit ruisseau qui voulait devenir grand

Je pense que c’est la seule fois qu’une telle inondation se produisait le long du ruisseau Hawkesbury. Le Carillon du 25 février 1981 y consacre quatre pages de textes et de photos. Les conséquences avaient été grandes. « Le cinquième jour après la crue du petit ruisseau Hawkesbury, survenue dans la journée de vendredi (20 février), l’Hôpital général est toujours fermé aux patients et on ne prévoit pas qu’il ouvrira avant vendredi de cette semaine. À quelque distance de l’hôpital, ce sont des résidents des rues Kipling, Prospect et Bon Pasteur qui s’affairent toujours, cinq jours après l’inondation au grand ménage. » Plusieurs s’en souviennent forcément encore aujourd’hui.

« Tel est le branle-bas que le petit ruisseau de Hawkesbury, presque à sec durant les mois d’été, a provoqué lorsqu’il est sorti de son lit vendredi, écrit le journaliste Yves Rouleau. L’inondation, aussi importante qu’inattendue, a été causée par un embâcle sous le pont du chemin de fer derrière l’hôtel Bridge Inn et provoquée par les pluies torrentielles des jours précédents. Elle a entraîné l’évacuation de l’hôpital et de quelques résidences longeant la rivière. Les dommages ont été évalués sommairement à $750,000. »

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La nouvelle avait été gardée secrète en quelque sorte, mais le chat était quand même sortit du sac et Charles Burroughs en parle dans sa chronique du 25 février 1981. « Le député de Glengarry-Prescott-Russell sera immobilisé pendant au moins un mois à la suite d’une attaque cardiaque qu’il a subie le 1er février dernier. Présentement hospitalisé au Centre médical de la Défense nationale, à Ottawa, M. Ethier est au repos complet. (…) M. Ethier, on s’en souvient, a déjà subi une opération chirurgicale majeure il y a quelques années, mais avait réussi à reprendre un rythme de vie à peu près normal. » Ethier, Denis de son prénom.

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Je résume généralement les anciens articles pour le contexte de mon blogue. Cette fois, j’en reproduis un dans sa quasi intégralité parce qu’il s’agissait du dénouement d’une longue affaire qui avait retenu l’attention des médias pendant plus d’une année et dont la conclusion établirait un précédent pour tous les cas semblables ailleurs en Ontario. Le texte ne porte aucune signature et je ne me souviens plus de qui de mon équipe l’avait rédigé.

« Un comité sélect de l’Assemblée législative ontarienne, chargé d’étudier les recommandations de l’Ombudsman de l’Ontario, a atteint les mêmes conclusions que ce dernier en donnant raison à la famille Edward Burton, à qui la Commission de logement de Prescott-Russell a refusé à maintes reprises l’accès à un logement au loyer basé sur le revenu à Hawkesbury.

Ce comité sélect (…) insiste, à la lumière de ses recommandations, sur une révision des procédures d’admission recommandées par la Société d’habitation de l’Ontario.

En ce qui concerne l’affaire Burton, le Comité sélect reprend textuellement les recommandations contenues dans le rapport de l’Ombudsman, daté de décembre 1979, ordonnant à la Commission de logement de Prescott-Russell d’admettre immédiatement la famille Burton dans un logement subventionné et, si aucun n’est présentement disponible, de lui offrir le premier qui sera éventuellement libéré.

De plus, le Comité sélect précise que la Société d’habitation de l’Ontario devra donner plus d’autonomie aux commissions locales de logement si on veut éviter des injustices du genre à l’avenir.

On se souviendra que ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Burton a fait couler beaucoup d’encre, à l’automne 1979 et au début de 1980, alors que cette famille, forcée de quitter son logement de la rue Régent à Hawkesbury voué à la démolition, avait essuyé des refus répétés de la part de la Commissions de logement de Prescott-Russell pour un logement au loyer basé sur le revenu. Un groupe d’intervenants, parmi ceux-ci l’animateur communautaire du Collège Algonquin à Hawkesbury, M. Richard Hudon, ont tenté sans succès de faire revenir la Commissions sur sa décision, soumettant le cas d’abord à une publicité intensive dans les médias, ensuite au bureau de l’Ombudsman de l’Ontario et enfin du premier ministre William Davis, qui lui l’a référé au Comité sélect de la Législature.

Dans un communiqué de presse émis cette semaine, M. Hudon, tout en démontrant sa satisfaction quant au dénouement de l’affaire, précise également que la recommandation du Comité sélect aura des répercussions futures sur l’ensemble des commissions locales de logement en Ontario. ‘Pour nous qui étions impliqués à défendre les principes d’une vraie justice équitable pour tous, nous demandons à ce que le député sortant, M. Bélanger, ainsi que les candidats dans la présente campagne électorale se joignent à nous pour exercer des pressions auprès de la Commission de logement de Prescott-Russell pour que cette dernière et son président, M. Jean-Maurice Demers, s’en tiennent à la recommandation du Comité sélect de la Législature et respectent ces recommandations’, de dire M. Hudon.

‘L’intransigeance de la Commission de logement de Prescott-Russell et surtout celle déployée par son président J.-Maurice Demers aura servi la cause des gens démunis de l’Ontario car elle aura provoqué cette enquête’, devait-il ajouter. »

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Cumberland… aucune compensation

En 1969, le canton de Cumberland s’était détaché des comtés unis de Prescott-Russell pour se joindre à la municipalité régionale d’Ottawa-Carleton. « Le canton de Cumberland réclamait des comtés unis une compensation monétaire pour des déboursés qu’il avait faits dans le passé pour des propriétés publiques. » Comme le rapportait Le Carillon du 18 février 1981, « la Commission des affaires municipales de l’Ontario, saisie de l’affaire en 1974, a en effet décidé qu’il n’y avait pas là matière à poursuite. (…) La Commission a décidé que les propriétés publiques n’étaient pas traitées selon la loi comme les actifs d’une société privée, et que donc il n’y avait aucun actif à partager lors de la dissolution. » La MROC avait donc décidé de ne plus chercher à obtenir compensation après douze années de rencontres nombreuses entre les divers intervenants.

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Un petit brin d’histoire dans ma chronique du 21 février 1981 (tiens, tiens, le jour de mes 35 ans!). « L’hôtel Royal, démoli cette semaine, a rappelé certains souvenirs à plusieurs. Très peu se souviennent, toutefois, du temps où l’hôtel était connu sous le nom d’Hôtel Canada Atlantic. C’est là que le club Rotary tenait ses réunions vers 1930. La rue du Carillon, en face de cet hôtel, se nomme précisément la rue Canada-Atlantique, sans doute parce que les gens empruntaient cette rue quand ils débarquaient du quai du Chenail jadis. » Les hôtels King Edward et Royal n’existant plus, il ne restait que l’hôtel Bridge Inn sur la rue Principale. Lui aussi serait démoli quelques années plus tard.

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Dans Le Carillon du début des années 80, nous recevions une chronique de l’Office de l’éducation chrétienne du diocèse d’Ottawa signée par différents prêtres et qui s’intitulait « Lumière sur la route ». Je retiens celle que nous avions publiée dans l’édition du 21 février 1981 sous la plume de l’abbé Gérard St-Denis, maintenant monseigneur et que je croise très régulièrement ici et là dans la région, et qu’il avait titrée « Un monde en question ». (Retraité, Mgr St-Denis aide aux célébrations soit à L’Orignal, soit à Vankleek Hill et partout où on a besoin de ses services pastoraux. Il avait aussi été professeur au petit séminaire quand j’y étudiais.) Je la retiens aussi parce qu’elle fait référence au chef d’œuvre de Luc Plamondon et Michel Berger dont on connaît si bien les chansons et les airs plus de 30 ans plus tard. La voici :

« J’ai vu Starmania. C’est un grand opéra-rock, une dramatique en chansons. C’est monté et interprété avec brio. Mais surtout, c’est d’une densité humaine combien profonde. Certes, comme toute dramatique, Starmania insiste sur des sentiments et des idées au point peut-être de les exagérer. Mais ça demeure tellement vrai…

Un monde de violence… Qui est-ce qui viole les filles? Qui met le feu aux buildings? Préparez-vous pour la bagarre! Autour de nous il tombe des bombes! Je suis la violence personnifiée!

Un monde de solitude… On est toujours tout seul au monde! On n’a qu’une vie, pourquoi la partager? Chacun fait son ego trip! Devant mon miroir, j’ai rêvé d’être une star!

Un monde où se posent avec acuité les grandes questions de l’existence… Tout ce qu’on veut c’est d’être heureux… avant d’être vieux! Je suis vos désirs secrets! J’ai pas d’mandé à v’nir au monde! J’veux pas travailler juste pour travailler! J’suis pas heureux mais j’en ai l’air! J’ai pas d’passé, j’ai pas d’avenir! Pourquoi la vie, pourquoi la mort?

Et un monde d’aspiration, d’appel… J’aurais voulu être un artiste! Dans les villes de l’an deux mille, la vie sera bien plus facile! Laissez-moi partir! Ce soir j’irai voir à travers le miroir si la vie est éternelle! Y a-t-il quelqu’un dans l’univers qui puisse répondre à nos questions, à nos prières?

Devant tout cela, il me vient des réponses ou, au moins des morceaux de réponses… Mais les réponses sont-elles appropriées? Ne faut-il pas surtout écouter les questions et leurs résonnances dans la vie de ceux qui nous entourent, et dans la nôtre? Oui, il me semble qu’il faut entendre les questions, les écouter, se laisser prendre pas les questions. Autrement, que valent les réponses? »

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L’IGA Lapointe… le stationnement avec vue

Les motards et amateurs de motos s’y donnent rendez-vous maintenant, pas à cette épicerie, mais devant le concessionnaire de motos qui s’y est installé il y a plusieurs années. Et lors de la publication du journal Le Carillon du 31 janvier 1981, c’était toujours l’épicerie Lapointe IGA qui se trouvait à ce coin de l’intersection des rues Principale et John à Hawkesbury. Et la nouvelle était à l’effet que Benoît Thériault venait « de se porter acquéreur du magasin Lapointe IGA qui sera transformé en épicerie Richelieu. Benoît, comme on le sait, est propriétaire du Métro de Vankleek Hill ». Dans ma chronique, je note que « le Marché Lalonde à Alfred avait changé de mains le jour du 20e anniversaire de fondation de ce magasin. Cette fois, dans le cas de l’IGA Lapointe, l’annonce de la vente coïncide avec l’anniversaire de naissance du propriétaire, Joffre Lapointe. M. Lapointe est né un 1er février. » Le terrain de stationnement en face de ce magasin était le lieu de rencontres par excellence des « jeunes amoureux » et même d’autres qui s’y installaient dans leur automobile simplement pour regarder les autos qui tournaient de la rue Principale pour emprunter la rue John. Ils n’avaient pas grand-chose à faire. Le fils de Joffre, Claude, est propriétaire de l’agence de voyages à Embrun et habite dans le même condo que moi à Ottawa.

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Les gouvernements minoritaires durent rarement longtemps. Dans le journal du 4 février 1981, nous apprenons que le premier ministre conservateur William Davis avait dissous l’Assemblée législative et avait convoqué les Ontariens aux urnes le 19 mars suivant. « À la dissolution de la Chambre, lundi, le Parti conservateur possédait 58 sièges, soit cinq de moins que la majorité absolue de 63, le Parti libéral comptait 34 députés et le Nouveau parti démocratique, 33. » À suivre, bien sûr.

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Ça, c’était plutôt rare. Le Carillon du 4 février 1981 nous en parle. « En 72 heures, les 71 employés de soutien de l’Hôpital général de Hawkesbury ont utilisé deux moyens de pression fort distincts, le sit-in et la grève illégale, afin de forcer une reprise des négociations en vue du renouvellement de leur convention collective. Le dernier acte de cette grève aura été aussi inattendu que les précédents. Mardi matin, les grévistes sont rentrés au travail à la suite de l’émission d’une injonction de la Cour suprême les forçant à agir ainsi. » Les négociations se poursuivaient.

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Les négociations se poursuivaient depuis quelques années et avaient finalement porté fruits. « D’ici trois semaines, l’achat de la Clinique Smith de Hawkesbury par la Corporation de l’Hôpital général sera un fait accompli. (…) L’achat de la Clinique Smith, qui comprendra l’édifice érigé sur un terrain de 120 pieds de façade par 250 de profondeur, au coût de $1 300 000, stipule que l’annexe B de l’Hôpital général fermera ses portes en même temps que sera finalisée la transaction. L’achat de la clinique comprendra également les bureaux des médecins consultants qui sont situés dans l’ancienne résidence des infirmières voisine de la clinique. » L’annexe B était l’ancien hôpital Notre-Dame, au coin des rues Régent et William.

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Plusieurs partisans et citoyens souhaitaient qu’Omer Deslauriers, originaire de Hawkesbury, porte la bannière des conservateurs dans Prescott-Russell aux prochaines élections provinciales. Deslauriers avait déjà décidé de se porter candidat, mais n’avait pas choisi de circonscription. Dans le journal du 18 février 1981, on apprend que ce sera dans la circonscription d’Ottawa-Est et qu’il y affrontera le libéral Albert Roy. Celui-ci avait répliqué en exprimant son mécontentement à la « décision de ce dernier de venir lui faire du trouble » et il avait ajouté que « Omer a vendu ses principes. Les Conservateurs sont convaincus que si on donne une bonne job aux Franco-Ontariens, ils fermeront leur gueule. » Bang! Il fallait quand même un certain courage pour affronter Albert Roy, sachant quasiment d’avance les résultats.

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Démystifier la politique : une bonne idée

Je trouve que l’idée était intéressante. L’Union culturelle des Franco-Ontariennes (autrefois connue sous le nom de Cercle des fermières) de Prescott-Russell et Glengarry afin décidé d’organiser une série de cours « afin de démystifier la politique aux yeux » de leurs membres et des autres qui participeraient à de tels cours. Les cours de gestion municipale traiteraient de nombreuses perspectives : les différents paliers de gouvernements, les élus et les conflits d’intérêts, la planification des finances, l’imposition des taxes et l’obtention de subsides et octrois, les types de conseils municipaux (cantons, villages, villes et cités), le besoin d’implication des francophones en politique, les conseils de comtés et scolaires, le fonctionnement des différents organismes de loisirs régionaux, les questions d’intérêt local, et finalement, la gamme des services gouvernementaux offerts en français en Ontario. L’UCFO avait obtenu une subvention du Secrétariat d’État pour lui aider à offrir ces cours. C’est dans l’édition du 21 janvier 1981 du journal Le Carillon.

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Une grande partie de la population locale et régionale le connaissait. Pendant neuf ans, il avait été administrateur du Service de bien-être de la ville de Hawkesbury. Quand ces services locaux ont été régionalisés en 1969 (la même année que la régionalisation de la gestion scolaire), Doris Davidson est devenu l’administrateur et il est demeuré à ce poste jusqu’à sa retraite anticipée le 1er mai 1981, pour cause de maladie. Dans le journal du 28 janvier 1981, on apprend que M. Davidson est décédé le 26 janvier à l’âge de 62 ans. « Il a été vice-président de l’Association Action-Progression, un organisme à but non lucratif voué aux handicapés des comtés, et plus récemment, il parrainait la fondation des Ateliers de l’Est, un projet de réhabilitation pour alcooliques à Hawkesbury qui a dû plus tard fermer ses portes faute de financement. »

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Édouard Beniak, Normand Côté et Raymond Mougeon, du Centre d’études sur l’éducation franco-ontarienne, avaient été sévères envers la qualité du français parlé et écrit « chez les Franco-Ontariens de la 9e à la 12e année à l’école secondaire de Hawkesbury ». Ils avaient étudié à la fois le français formel (l’écrit et lors d’entrevues par exemple) et le français informel (le français quotidien). « Lorsqu’il termine ses études, l’élève de l’école secondaire de Hawkesbury parle et écrit un français douteux, ce qui peut être attribuable à l’habitude de celui-ci de communiquer dans la vie de tous les jours dans un français informel et aussi à un enseignement qui ne s’applique pas suffisamment à corriger l’élève à partir des difficultés concrètes qu’il éprouve avec la langue. » Je me demande quelles seraient les conclusions si une telle étude était reprise en 2012? Dans le journal du 28 janvier 1981. Dans les éditions subséquentes, nous constatons qu’il y avait eu tout un débat après la parution de cet article et les auteurs ont même réagi, en nous accusant d’avoir faussé le sens de leurs conclusions. J’avais décidé de publier leurs conclusions dans leur intégralité et laisser les lecteurs juger. La conclusion était évidente; ils n’avaient tout simplement pas aimé notre choix de mots et notre traitement un peu « sensationnel ».

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Un article dans les pages intérieures du journal du 28 janvier 1981 et qui n’avait surpris personne. « Le sous-préfet du canton de Cumberland, M. Don Boudria, doit annoncer aujourd’hui sa candidature comme porte-étendard du Parti libéral lors des prochaines élections provinciales dans la circonscription de Prescott-Russell. M. Boudria, qui prépare sa candidature depuis quelques années, doit en effet donner une conférence de presse cet après-midi à la salle de la Légion canadienne, à Rockland. Militant du Parti libéral depuis 1972, M. Boudria se proclament ouvertement candidat depuis trois ans, et il tentera lors qu’une prochaine convention du parti de se faire acclamer candidat officiel en vue de la prochaine élection. Âgé de 31 ans, M. Boudria est acheteur en chef du Parlement et siège comme sous-préfet du canton de Cumberland, la plus vaste municipalité de la circonscription depuis six ans. Il a pris une part active à plusieurs campagnes électorales fédérales et provinciales pour le compte du Parti libéral. » À suivre!

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Une question pressante apparemment

L’idée était de Roland Saumure, de Bourget, le président sortant du Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell, un organisme qui gérait alors les écoles de niveau élémentaire exclusivement. La résolution du conseiller Saumura précisait « que la population de Prescott-Russell veut une éducation catholique pour ses enfants et que les demandes pour une éducation catholique après la 8e année se font de plus en plus pressantes ». C’est la première fois que nous entendions exprimer un tel souhait et rien n’avait laissé supposer que la question était « pressante ». Saumure avait même proposé que je fasse partie du comité spécial qui devrait être formé pour étudier la question; ce comité regrouperait évidemment des représentants élus et professionnels du CECPR, mais aussi des gens de l’extérieur. Saumure était pressé et il souhait que cela puisse se faire pour septembre 1981. Il en est question dans Le Carillon du 20 décembre 1980.

Dans mon éditorial du 23 décembre 1980, je commente évidemment cette intention et je pose la question, en référence aux parents : « En veulent-ils une? » parce que je n’étais pas sûr que la demande existait, bien que je reconnaissais que la suggestion de Saumure « vaut la peine d’être étudiée ». J’ajoutais que « le système élémentaire francophone actuel est catholique ‘légalement’; le système public est non confessionnel. Les enfants d’un système ne sont pas meilleurs ou moins bons que ceux de l’autre. (…) Une interrogation importante est donc de savoir si les parents utilisent le système parce qu’il est catholique, parce qu’il est francophone ou par habitude? (…) L’enseignement est sensé former un ‘bon chrétien’; les ‘bons chrétiens’ font légion dans les religions ‘protestantes et dans les autres dénominations religieuses ». Et je conclus qu’à « bien des endroits, il y a un désir de retour aux valeurs traditionnelles (dont celles inculquées par la religion catholique). Est-ce que la population de Prescott-Russell préfère cela, oui ou non? » Évidemment, je n’ai pas été invité à faire partie du comité avec une attitude comme celle-là.

Le débat avait été de courte durée, mais reviendrait plusieurs années plus tard lors d’une autre refonte de l’administration scolaire en Ontario. Il y a aujourd’hui des écoles secondaires catholiques de langue française et de langue anglaise.

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La grève des employés du Marché Lalonde d’Alfred avait été de courte durée. Le débrayage avait commencé le mardi 23 décembre et les syndiqués étaient rentrés au travail le 30 décembre… le temps, sans doute, de profiter des congés de Noël. Les détails sont rapportés dans le journal du 30 décembre 1980. Il y avait beaucoup de Lalonde à Alfred. Ainsi, le président du syndicat du Marché Lalonde se nommait Rhéal Lalonde. « Le syndicat a opté pour l’arrêt légal de travail par 33 votes en faveur de la grève contre deux syndiqués s’y opposant. Le 23 décembre, les syndiqués ont entrepris de faire du piquetage à l’entrée du magasin et dans le stationnement. Toutefois, une rencontre des grévistes, lundi matin, a permis de constater que la solidarité s’était quelque peu effondrée et que plusieurs se questionnaient sur la validité de l’option de la grève. » La grève avait été interrompue, mais les négociations se poursuivaient. La convention collective serait signée au printemps de 1981.

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J’en parle dans ma chronique du 30 décembre 1980. « Une cause, habilement défendue par Me Jerry Langlois, de Hawkesbury, vient de créer un précédent juridique au Canada. La Cour Suprême du pays a décrété, unanimement, qu’une femme qui a vécu avec son époux de droit commun pendant 20 ans a droit à la moitié des actifs de son ancien partenaire. Rosa Becker, maintenant de Franklin Centre (près de Valleyfield), avait opéré une entreprise de fabrication de miel, à Vankleek Hill, pendant une vingtaine d’années avec son compagnon Lothar Pettkus. Après leur séparation, Rosa Becker avait obtenu, par voie de cour, 40 ruches et $1,500. Il y a deux ans, la Cour d’appel de l’Ontario a révisé la cause et a accordé la moitié des actifs, décision ratifiée par la Cour Suprême. »