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Le tourisme… c’est à qui la faute en fin de compte?

Finalement, ce ne serait pas seulement la faute de la future autoroute 417 si l’industrie touristique ne voyait jamais le jour dans Prescott et Russell. Le ministre du Tourisme et député de Stormont, Fernand Guindon, avait affirmé lors d’une rencontre de la Chambre de commerce de Hawkesbury que l’absence d’industrie touristique était attribuable « à l’inaction des hommes d’affaires régionaux ». Je signe un reportage à cet effet dans Le Carillon du 9 décembre 1971.

Après avoir souligné que la région n’avait pas obtenu « sa juste part des $1,700,000,000 de revenus touristiques infusés dans l’économie ontarienne » en 1970, Guindon avait « affirmé que le monde des affaires de Hawkesbury et la région avait manifesté un laisser-aller et que ces groupes doivent participer davantage à la réalisation d’attractions touristiques valables ». Guindon, comme plusieurs autres intervenants après lui au fil des années, parlait à des oreilles sourdes.

Ce même soir, un autre conférencier avait retenu l’attention. Charles St-Germain, un conseiller municipal de la ville d’Ottawa et président du Conseil du tourisme du Bas-Outaouais, avait « soutenu que l’industrie touristique rapportait beaucoup de revenus sans nécessiter pour autant des investissements considérables ». Il avait répété encore une fois que « la région de Hawkesbury possède tous les atouts nécessaires mais que personne ne s’est donné la peine de les faire connaître et de les développer ».

St-Germain y était allé de plusieurs suggestions, jamais réalisées, qui pourraient redevenir intéressantes face au succès du parc aquatique Calypso de Limoges.

« Ces suggestions comportent
– l’érection de plaques spéciales aux frontières de Prescott et Russell expliquant les origines des noms de ces deux comtés;
– l’aménagement d’un village Algonquin près de L’Orignal, où cette nation indienne a déjà vécu;
– l’aménagement d’un village du même genre sur la ferme Ross, près du club de golf, où les Iroquois ont déjà habité;
– l’installation de ‘postes de traite’ dans ces deux centres où les associations locales pourraient vendre des objets de leur confection;
– la mise en service d’une réplique d’un bateau à vapeur, Hawkesbury ayant été la première ville de l’Outaouais à posséder un tel bateau, sur lequel les visiteurs pourraient s’embarquer et prendre des randonnées sur la rivière;
– la mise en service d’un traversier de type ancien entre les deux rives;
– la conversion de la Seigneurie de L’Orignal (la résidence du Dr Drummond Smith à cette époque) en un centre de réception, cette seigneurie étant une des trois qui ont existé en Ontario et une des plus importantes au Canada. »

Finalement, le conférencier St-Germain avait blâmé le gouvernement ontarien « de ne pas avoir revendiqué le fait historique de prestige et que Carillon a été choisie uniquement parce que le chanoine Lionel Groulx, historien du Québec bien connu, avait dicté l’histoire à sa façon ». Il se référait à la bataille de Dollard-des-Ormeaux qui aurait eu lieu réellement « à cinq milles à l’est de Hawkesbury, alors que les preuves formelles à cet effet existent ». Un débat qui s’est estompé depuis belle lurette autour des découvertes archéologiques de l’époque près de Chute-à-Blondeau.

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Les libérateurs des épouses arrivent en ville

« Les libérateurs des épouses » est un sous-titre qui soulève des questions dans l’édition du journal Le Carillon du 2 décembre 1971. Il s’agit d’une publicité de l’Hydro de Hawkesbury et le titre principal est « Devinez qui fait la vaisselle? ». Bien sûr, c’était il y a 40 ans et je vous reproduis, par pur plaisir, le texte de cette publicité que personne n’oserait publier de nos jours :

« Depuis des années, la vaisselle était considérée comme un des maux nécessaires de la vie.

Mais maintenant, depuis l’avènement des nouveaux lave-vaisselles électriques, de plus en plus de gens considèrent la vaisselle comme une corvée inutile.

Voyons ensemble ce que les lave-vaisselles électriques peuvent épargner à nos épouses. Comme: la routine monotone du lavage et de l’asséchage des couverts et chaudrons jour après jour; la crainte des mains rougies par l’eau de vaisselle; les lendemains de la veille; et les heures consacrées à la vaisselle qui pourraient être utilisées à meilleur escient.

Pensons-y bien. Une montagne de vaisselle sale accompagne les joies de Noël. Alors croyez-vous qu’il y ait plus beau cadeau, à cette occasion, qu’un lave-vaisselle électrique?

Voyez votre vendeur d’appareils électriques au plus tôt, au sujet des nouveaux lave-vaisselles électriques. On ne les appelle pas les libérateurs des épouses pour rien, vous savez. »

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Les vendeurs d’autos usagées n’avaient pas toujours bonne réputation en 1971 et le gouvernement du Québec, toujours soucieux de protéger ses consommateurs, décide de prendre les mesures qui s’imposent. « À compter du premier février 1972, tous les vendeurs d’automobiles usagées devront posséder un permis de travail s’ils exercent leur profession dans le Québec. Ce règlement s’applique tout aussi bien au vendeur itinérant qu’au vendeur régulier. » C’est ce qu’on pouvait lire le 2 décembre 1971 dans le journal Le Carillon. Chaque permis serait émis pour une durée d’un an et devait être renouvelé. « Ces permis seront émis soit pour une personne, soit pour une société. Le coût du permis variera de $10 pour une personne seule jusqu’à $3,000 pour une entreprise comptant plus de 1,000 représentants. »

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Aujourd’hui, au Québec, l’industrie vinicole se porte assez bien et la qualité des vins s’améliore d’année en année. Les vignobles sont de plus en plus nombreux. Mais la culture de la vigne est un phénomène relativement récent, soit moins de 40 ans. Dans le journal Le Carillon du 2 décembre 1971, un article décrit les expériences en cours du Collège Macdonald de Ste-Anne-de-Bellevue. « En Ontario, la viticulture se pratique avec succès, surtout dans la région de Niagara; elle doit se réussite à l’utilisation de variétés provenant d’un croisement de vigne européenne et d’espèces américaines. Au Collège Macdonald, on tente d’adapter la vigne européenne au Québec en modifiant les conditions du milieu dans lequel elle est appelée à vivre. » Les chercheurs du collège avaient tenté diverses expériences afin de reproduire le meilleur climat possible pour permettre la croissance des vignes. « On espère que les conclusions de 1971 constitueront un premier déblayage de la voie conduisant à l’adaptation possible de la viticulture à certaines régions du Québec. »

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Bernard Charlebois… un bien triste souvenir

Ils étaient plus de 300 policiers venus d’un peu partout, mais surtout de la Sûreté municipale de Montréal, assister aux funérailles de l’agent Bernard Charlebois en l’église St-Alphonse-de-Liguori de Hawkesbury. Bernard était de Hawkesbury et était policier à Montréal depuis 1963. Le maire Jean Drapeau et le chef de police de Montréal, Jacques Saulnier, s’étaient déplacés, de même que la chorale de la Fraternité des policiers de Montréal. Bernard Charlebois, 27 ans, laissait son épouse Sergine (Pharant) et ses deux filles, Anne-Marie et Chantal. Le policier avait été mortellement atteint par une balle de calibre .38 alors qu’il répondait « pour la troisième fois en autant de jours à une alerte donnée par un dispositif d’alarme défectueux » à l’usine de fabrication Imperial Converters. Croyant avoir affaire à un voleur, « un employé de la firme Dominion Electric Protection a tiré en direction de l’agent Charlebois ». Une triste histoire. Mon frère était policier à ce moment-là et je ne pouvais que penser à lui pendant la cérémonie.

Dans les années 58-60, Bernard Charlebois avait été camelot du journal Le Carillon, un travail que ses frères Paul et Denis ont eux-mêmes faits quelques années plus tard. Marcel Desjardins, qui l’avait connu justement à cause de ça lorsqu’il travaillait au journal Le Carillon, lui rend d’ailleurs un hommage dans l’édition de la semaine suivante, celle du 18 novembre 1971.

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Ces travailleurs jouaient littéralement avec leurs vies, mais les accidents étaient très rares. Le dernier accident mortel, en fait, remontait à quinze ans auparavant. Cette fois, un homme de Brownsburg, Émile Ouellette, devait laisser sa vie à la CIL (Canadian Industries Ltd). Il travaillait dans la section des détonateurs de l’usine de Brownsburg, une usine de fabrication de munitions. Le père de la victime, Jean-Réal, était le président de la commission scolaire de l’endroit.

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Voilà, le Conseil municipal semble décidé. Une nouvelle bibliothèque municipale sera construite dans un nouvel édifice annexé à l’hôtel de ville et tant qu’à y être, on aménagera une nouvelle école prématernelle dans la section au rez-de-chaussée. Le projet à l’étude fait état d’une dépense de 300 000 $, mais la part des contribuables ne serait finalement que de 5 000 $ si les subventions souhaitées sont obtenues. Le projet sera réalisé. J’y reviendrai.

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La Colonial Homes Ltd, une usine spécialisée dans la construction de maisons préfabriquées, ferme ses portes à Hawkesbury. L’entreprise torontoise exploitait son usine depuis 1954 et employait une trentaine de personnes. Les conditions économiques prévalant au Canada et surtout au Québec, son principal marché, ont justifié cette fermeture. On s’attendait à ce que F. Truck Rental cesse également ses opérations locales étant donné que son client ne serait plus là. C’est ce qui est arrivé.

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L’effet de la 417… faudrait bien qu’on s’entende

Le président du Conseil du tourisme du Bas-Outaouais est catégorique : « La route 417 détruira le tourisme dans les comtés ». Jusque-là, les principaux intervenants ne faisaient que louer les mérites de cette autoroute et chacun répétait à la moindre occasion que la route apporterait la prospérité au territoire de Prescott-Russell. Comme je l’ai écrit à quelques reprises dans mon blogue, cela ne s’est jamais matérialisé. Dans l’édition du journal Le Carillon du 14 octobre 1971, un article cite Charles St-Germain, le président susmentionné et également conseiller municipal d’Ottawa. Il était d’avis que « même si la route 417 promet une vague de prospérité touristique en provenance des États-Unis pour Cornwall, Ottawa et Montréal, cette même route sera nuisible aux intérêts touristiques des villages et municipalités situées le long de la route transcanadienne, à moins que les organisations et les autorités municipales de Rockland, Alfred, Plantagenet, Vankleek Hill et Hawkesbury n’agissent de façon à attirer les touristes hors de cette autoroute. » St-Germain avait déploré « l’absence de chambres de commerce active dans les municipalités riveraines de l’Outaouais et d’organisations touristiques énergiques ». Il parlait dans le vide.

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En octobre 1971, Jean Chrétien est ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien et à ce titre, il est responsable des parcs nationaux du pays. Dans l’édition du 28 octobre du journal Le Carillon, on y lit une annonce sur les préparatifs pour l’aménagement du Parc national Forillon en Gaspésie. La loi exigeait des consultations sur le développement de tels parcs. Comme le précise l’annonce, « Les parcs sont par les présentes dédiés au peuple canadien pour son bénéfice, son instruction et sa jouissance… et ces parcs doivent être entretenus et utilisés de manière qu’ils restent intacts pour la jouissance des générations futures ». J’ai visité le parc Forillon il y a quelques années et c’est là que j’ai appris (on ne m’avait pas parlé de ça à l’école) que les Nazis s’étaient très rapprochés du territoire canadien pendant la Deuxième Guerre. Une section comporte toujours les installations de défense (canons compris) qui avaient été aménagés afin de freiner toute tentative des Allemands de se rendre plus loin dans le golfe Saint-Laurent. Si vous n’y êtes jamais allés, faites le détour.

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Signe des temps; reflet d’une époque. Dans l’édition du 28 octobre, un texte rapporte que « les membres du Conseil des écoles catholiques des comtés unis de Stormont, Dundas et Glengarry ont décidé d’interdire dans les écoles sous leur juridiction la distribution d’un livre traitant du contrôle des naissances ». Le conseil provincial de la Ligue des femmes catholiques avait condamné cette publication, affirmant que « les renseignements médicaux contenus dans le bouquin sont manifestement destinés à favoriser la promiscuité chez les jeunes. (…) les affirmations contenues dans le bouquin portent atteinte à la dignité humaine ». Tous les membres du conseil scolaire ont pourtant avoué ne pas avoir vu le bouquin en question avant de l’interdire malgré tout. Que dirait la Ligue devant Internet et tout ce que les jeunes y « découvrent »?

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Le citoyen Lucien Berniquez avait voulu regrouper ses concitoyens en comité et il avait convoqué tous les intéressés à une importante réunion à la salle des Chevaliers de Colomb, lieu de rassemblement par excellence à Hawkesbury. Il en question le 4 novembre 1971. Pourtant, cent personnes avaient payé leur cotisation depuis la formation du comité en mai. Dans la salle ce soir-là, une seule personne (à l’exception de Berniquez et de moi-même), un employé de Bell Canada résidant de Hawkesbury depuis sept années à peine. Lucien Berniquez a poursuivi ses efforts en vain et a décidé qu’il s’occuperait lui-même de ses ambitions. Un jour, il est devenu maire de Hawkesbury et j’étais un de ses conseillers. Lucien était superviseur des facteurs à Hawkesbury et a été une de mes références quand j’ai postulé un emploi à Postes Canada en 1987. Lucien est décédé il y a plusieurs années.

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La campagne provinciale de 1971… c’en était toute une

Stephen Lewis est le chef du Nouveau parti démocratique en Ontario et il s’arrête à Hawkesbury afin d’appuyer le candidat de son parti, Yvon Montpetit, dans le cadre des élections provinciales du 21 octobre 1971. Le Carillon du 14 octobre en parle, notamment que Lewis avait caractérisé le journal comme étant « socialiste » et contre son candidat. Lewis n’avait pas hésité à reprocher aux conservateurs leur inertie passée. « L’Est de l’Ontario a toujours été une région oubliée et que rien d’important ne s’y était produit pendant les 28 années du règne conservateur. » Lewis ne comprenait pas l’absence d’industries de service dans le secteur et ne pouvait admettre « qu’une région si longtemps représentée par les conservateurs a été pendant si longtemps oubliée ». En rétrospective, il avait raison.

Dans la salle des nouvelles, nous n’étions pas d’accord avec les intentions éditoriales du propriétaire. Cela n’a pas d’importance; il prendrait lui-même la plume; c’est son journal après tout. Dans l’édition du 14 octobre, celle précédant l’élection, André Paquette y va d’un long éditorial qu’il intitule « Lettre d’un père à son fils ». Son fils avait maintenant droit de vote depuis que le gouvernement ontarien avait abaissé à 18 ans le droit de vote dans la province. Paquette réagissait entre autres à un reportage publié dans Le Petit Journal de Montréal et qui se référait à Montpetit comme « l’avocat des pauvres de Hawkesbury ». Paquette écrit à son fils : « Comme le dit Le Petit Journal, Yvon Montpetit, c’est un ‘adolescent attardé’ et moi j’ajoute qu’il manque gravement de maturité. Il s’est fait élire maire sans passer par l’expérience du Conseil… et maintenant il voudrait te représenter à la législature ontarienne. C’est comme si tu voulais bâtir ta maison en commençant par le toit, ça ne tiendrait pas. »

Paquette cite également des affirmations de Montpetit dans Le Petit Journal liées à une séparation éventuelle du Québec : « Si le Québec se sépare? Je ne sais pas. Pour dire vrai, mon sentiment est que l’Est de l’Ontario devrait négocier avec le Canada et le Québec son annexion au Québec si jamais le Québec se sépare évidemment. » Montpetit avait répété ce que plusieurs citoyens de Hawkesbury disaient à hautes voix. Et de conclure Paquette, « c’est parfaitement clair… Yvon Montpetit nous a vendus d’avance ». Comme vous voyez, Lewis ne s’était pas plaint pour rien. Dans l’édition de la semaine suivante, celle du mercredi 20 octobre, (le journal avait été devancé parce qu’il produirait une édition spéciale le vendredi), Paquette revient à la charge et recommande à ses 25 000 lecteurs de voter Bélanger et donc, de réélire le gouvernement de William Davis.

La campagne de 1971 avait été solide. Trois candidats « forts » étaient en lice et les échanges publicitaires étaient fougueux. Il y avait longtemps qu’une campagne électorale régionale n’avait pas soulevé autant d’intérêt. Bélanger savait que la concurrence était majeure et il avait sorti ses canons et ses boulets rouges. Dans une publicité, il rappelle entre autres qu’il a obtenu plus de 24 millions de dollars en subventions au cours des quatre années précédentes.

Au Conseil municipal, le préfet Philibert Proulx, également candidat libéral, avait reproché au conseiller Claude Demers, également agent officiel du candidat néo-démocrate et maire Yvon Montpetit, (vous comprenez la situation), d’avoir promis aux résidants du secteur Old Mill de régler leurs problèmes en échange de leur appui électoral au candidat Montpetit. Il en est question dans l’édition du 20 octobre et ce n’est là qu’un exemple de la nature du débat à cette époque.

Quoi qu’il en soit, lors du scrutin du 21 octobre, c’est un balayage conservateur en Ontario. Le parti obtient 79 sièges, alors que les néo-démocrates et les libéraux en récoltent 19 chacun. Dans Prescott-Russell (chiffres officiels publiés le 28 octobre), Albert Bélanger écrase littéralement ses rivaux avec 10 950 votes, devançant largement Philibert Proulx avec ses 5 451 votes et Yvon Montpetit, avec ses 4 723. Une majorité de 5 499. En passant, Bélanger célébrait ses 50 ans le jour même des élections. Un beau cadeau, il va sans dire. À Hawkesbury, Bélanger avait obtenu 2022 votes comparativement à 1510 pour Montpetit et 1035 pour Proulx. Le taux de participation avait été de 75 p. cent, un taux que l’on n’a pas vu depuis fort longtemps.

Le soir des élections, fallait bien que je fasse mon travail de journaliste. Je me suis rendu au quartier général des néo-démocrates, rue Principale à la hauteur de la rue James. Certains connaissaient mes sympathies personnelles pour Yvon Montpetit, mais la majorité non. Et compte tenu de l’opposition de mon éditeur à leur candidat, je n’étais pas le plus bienvenu… surtout après que les résultats ont commencé à démontrer la défaite inévitable de leur candidat. J’ai craint que je ne sortirais pas indemne de la bâtisse, jusqu’à l’intervention de l’organisateur de Montpetit, Rhéal Leroux, qui m’a accompagné à la marche très rapide le long de la rue James pour m’éloigner de ce merdier. Je ne leur avais pas dit que j’avais voté pour Montpetit.

Disons que les employés de l’usine Duplate, dont plusieurs étaient parmi les partisans du NPD, étaient en grève depuis deux semaines et que le climat n’était pas des plus sains… surtout le soir d’une défaite amère.

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Ça sent l’élection à plein nez

Ce « Message important aux résidants de l’Ontario âgés de 65 ans ou plus » tombe à point pendant la campagne électorale provinciale et la publicité dans l’édition du 7 octobre 1971 sentait la politique à plein nez. « Le 1er janvier 1972, les paiements de primes d’assurance médicale et d’hospitalisation seront abolis pour tous les résidents de l’Ontario âgés de 65 ans ou plus. Ceci suivant la politique du Gouvernement de l’Ontario annoncée récemment. »

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Vous vous souvenez sans doute au billet dans lequel je me suis référé à Marcel Leroux et à sa ferme de Lemieux. Le glissement de terrain du 17 mai 1971 avait emporté une soixantaine d’âcres de sa ferme. Cette fois, dans l’édition du 7 octobre 1971, il est question des dix vaches qu’il a retrouvées mortes empoissonnées. « Les vaches auraient succombé après avoir absorbé du poison utilisé par le ministère des Terres et Forêts pour le contrôle des arbres dans la Forêt Larose. Une partie de cette forêt expérimentale est située à côté de la ferme Leroux et la clôture n’était pas en bonne condition. » Les carcasses avaient été retrouvées près des seaux contenant le poison en question. Ce n’était décidément pas une bonne année pour Leroux.

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Quelque 200 Franco-Ontariens se réunissent à Niagara Falls pour l’Opération anti-assimilation lancée par l’Association canadienne-française de l’Ontario. Les comtés unis de Prescott et Russell y sont évidemment représentés. L’édition du 7 octobre 1971 du journal Le Carillon fait référence à ce rassemblement de la fin de semaine précédente. Il y est évidemment grandement question des lendemains de la commission présidée par Thomas Symons, le président de l’Université Trent de Peterborough, chargée d’étudier la loi 141 et la situation scolaire des francophones de l’Ontario. L’ACFO avait affirmé que la loi 141 adoptée en 1969 « constituait un pas dans la bonne direction », mais « le manque de précision de cette loi et la trop grande latitude qu’elle laisse aux commissions scolaires régionales ont toutefois valu aux Franco-Ontariens toutes sortes de tracasseries que seules des modifications législatives peuvent prévenir ».

« Les participants au colloque de fin de semaine ont d’ailleurs recommandé de bannir les expressions ‘écoles bilingues’ et ‘classes bilingues’ qui ne sont que des formes déguisées pour désigner l’assimilation légale et polie des francophones qui fréquentent ces institutions. (…) Les principes de l’ACFO demandant donc l’établissement de deux systèmes basés sur les langues, soit le français et l’anglais. Actuellement, les divisions sont basées sur la religion, soit catholiques et protestantes. » Pour l’ACFO, « les modifications énumérées sont jugées comme étant une solution temporaire qui devra être suivie d’une solution plus profonde qui s’attaquera à la racine du mal, soit le manque de pouvoirs des francophones au sein des structures administratives. » Ce n’était qu’un débat parmi tant d’autres pendant un si grand nombre d’années en Ontario.

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Un directeur des loisirs sans solde… le temps d’une élection

L’implication politique de Rhéal Leroux n’est pas récente. Pour les élections provinciales de 1971, il était l’organisateur du candidat néo-démocrate et maire de Hawkesbury, Yvon Montpetit. Dans l’édition du 23 septembre du journal Le Carillon, on peut y lire qu’afin « de ne pas être accusé de faire de la politique active aux frais des contribuables, le directeur des loisirs Rhéal Leroux a demandé et obtenu un congé sans solde du 27 septembre au 24 octobre ». La permission a été accordée, bien sûr. Et fait intéressant, « M. Leroux continuera toutefois son travail comme directeur des loisirs, principalement dans le but d’assurer la bonne marche du programme d’automne. Pour ce faire, M. Leroux sera à son bureau du parc Mémorial les lundis, mercredis et vendredis matin et travaillera également pour les loisirs, toujours sans paye, la nuit ». Voilà pour du professionnalisme.

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Le nouveau parc provincial Carillon, à l’est de Chute-à-Blondeau, en était à sa première année d’existence et répondait manifestement à un grand besoin. « Pas moins de 45,471 personnes ont franchi la barrière du parc provincial Carillon au cours de sa première saison d’opérations » lit-on dans l’édition du 23 septembre. La moyenne de 352 visiteurs par jour se répartissait en 288 pique-niqueurs et 64 campeurs. À l’époque, on y trouvait l’une des plus belles plages de la région. Je n’y ai pas mis les pieds depuis de très nombreuses années.

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Oui, c’était il y a 40 ans. Le Cinéma Laurentien de Grenville présentait la version française du film « Love Story » avec Ali MacGraw et Ryan O’Neal. La musique était de Francis Lai. Dans le texte de l’annonce : « Elle était belle. Et terriblement intelligente. Elle aimait Mozart et Bach. Et les Beatles. Et moi. » Et il fallait obligatoirement des Kleenex dans sa poche!

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Laurier Lapierre avait été un des deux animateurs, avec Patrick Watson, de la populaire et controversée émission radio-canadienne « This Hour Has Seven Days » et il siégeait au conseil national du Nouveau parti démocratique. Il était présent à Hawkesbury lors du lancement de la campagne du candidat néo-démocrate Yvon Montpetit. Je retiens un paragraphe de mon article de l’époque sur les propos de Lapierre : « Il a mentionné que le peuple, quand il perd confiance dans les processus démocratiques, cherche à trouver d’autres solutions. Il a ajouté qu’une bonne partie du peuple québécois, lors de la crise d’octobre 1970, sympathisait avec la cause du FLQ, malgré les événements tragiques de cette époque et même s’ils n’étaient pas d’accord avec les méthodes radicales utilisées. » Sans autre commentaire.

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Une annonce électorale qui avait fait parler d’elle lors de la campagne électorale de 1971 : « Proulx connaît les problèmes des travailleurs C’EN EST UN! » L’annonce ne précisait pas s’il se référait au fait qu’il était un « problème » ou un « travailleur ». L’annonce a été répétée plusieurs fois. Reste à savoir à ce que l’électeur penserait. J’y reviendrai.

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Une campagne électorale qui ne s’annonce pas trop « propre »

La campagne électorale en vue des élections provinciales du 21 octobre 1971 en Ontario s’annonce fort intéressante. Le député conservateur sortant Albert Bélanger sera encore de la course, bien sûr, et il devra affronter le libéral Philibert Proulx et le néo-démocrate Yvon Montpetit. Vous aurez remarqué que ces deux-là sont respectivement préfet et maire de la ville de Hawkesbury à cette époque. Et les deux ne s’aiment pas du tout. Lors d’une réunion précédente, le maire avait même lancé à Proulx… « Va donc ch… ». La campagne ne sentirait pas bon! Et imaginez le climat autour de la table du Conseil. L’agent officiel de Montpetit était un autre conseiller municipal, Claude Demers, qui n’aimait pas Proulx non plus. J’y reviendrai.

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De nos jours, le concept des contributions par déduction à la source est bien accepté et populaire. Centraide est l’organisme le plus connu. Mais à l’automne de 1971, les entreprises locales comprenaient mal les intentions de la Fédération des œuvres de Hawkesbury, qui avait été créée quelques mois plus tôt. On en parle dans l’édition du 23 septembre du journal Le Carillon. « Le président du comité provisoire de la fédération, M. Philippe Latreille, a mentionné que seulement quatre ou cinq entreprises, sur une trentaine environ, ont répondu à la demande jusqu’à maintenant. » Les trois plus gros employeurs, Duplate, Patchogue Plymouth et la CIP, avaient refusé « la déduction hebdomadaire des contributions de leurs employés directement de leur salaire ». Les conseils scolaires régionaux ont également rejeté cette idée. Les contributions auraient été volontaires, bien sûr. « M. Latreille a ajouté que la Fédération n’a pas sa raison d’être si les contributions ne peuvent être prélevées du salaire (…) le but est de concentrer en une seule campagne celles d’une dizaine d’organisations de la ville, afin de permettre à celles-ci de recueillir de meilleurs montants pour leurs œuvres. » L’idée n’irait pas bien loin et la région devra attendre encore de nombreuses années avant de voir l’arrivée de Centraide Prescott-Russell.

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« La population de L’Orignal a autorisé dans une proportion de 87.6 p. cent la vente de spiritueux dans les limites du village, lors d’un référendum, le premier du genre tenu mercredi dernier. » Quelques 265 des 900 admissibles s’étaient prévalus de leur droit de vote.

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Statistique Canada venait de publier son deuxième bulletin lié au dernier grand recensement national de 1971. Ainsi, dans l’édition du 23 septembre, on apprend que la « population du canton de Russell a augmenté de 13.1 p. cent (…) la population est passée de 3,693 en 1966 à 4,178 au 1er juin 1971 ». Et combien d’habitants dans d’autres communautés des comtés unis? On en comptait 969 dans le canton de Longueuil, 2 388 dans le canton de Cambridge, 1 709 dans le canton d’Alfred, 1 268 dans le canton de Calédonia; 2 951 dans le canton de Lancaster et 590 dans le village du même nom, 613 à Maxville, le même montant qu’à St-Isidore-de-Prescott. Pas beaucoup de monde!

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Vingt-neuf formats de tubes de pâte dentifrice

En 1971, la pâte dentifrice se vendait en 29 formats de tubes différents. Le ministère fédéral de la Consommation et des Corporations avait décidé d’intervenir. « On sait que dans six mois environ, la pâte dentifrice ne se vendra qu’en tubes de six formats, au lieu des 29 qui existent actuellement sur le marché » peut-on lire dans l’édition du 19 août 1971 du journal Le Carillon. Le journal en parlait parce qu’une entreprise locale, Montebello Metal, était concernée par cette décision. L’usine de 200 employés fabriquait « présentement les tubes pour le dentifrice Crest de la compagnie Procter and Gamble du Canada ». Mais Crest n’utilisait que quatre formats, donc la décision n’affecterait peu ce client de Montebello Metal. Fred Geizendanner, le président-proprio de Montebello Metal, croyait plutôt que « la production des tubes de pâtes dentifrices sera plutôt facilitée, étant donné qu’il y aura moins de modifications à apporter dans la fabrication ». Un beau sourire avec ça?

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C’était dans l’édition du 19 août 1971 également. « En Ontario, on pourra dorénavant obtenir sur demande des certificats de naissance imprimés en français. » Dans un communiqué, le gouvernement ontarien avait précisé que « seuls ceux qui sont nés en Ontario pourront se prévaloir de ce service qui sera rétroactif dès 1869, année à laquelle débuta l’enregistrement des naissances dans notre province ». Cette décision s’inscrivait dans le contexte « des nombreuses mesures visant à mettre en pratique la politique de bilinguisme adoptée par le gouvernement ». C’est mieux que rien.

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Le football canadien était assez populaire à Hawkesbury dans les années 70 et à un certain moment, les Hawks représentaient la ville dans une ligue semi-professionnelle. Ainsi, dans Le Carillon du 19 août 1971, on y lit que Michel Léveillé, qui avait été « vedette » de football lorsqu’il fréquentait l’École secondaire régionale de Hawkesbury, « venait d’entreprendre sa première saison dans la Ligue canadienne de football, dans l’uniforme des Lions de la Colombie-Britannique ». Un autre footballeur de la région, Ivan MacMillan, d’Alexandria, évoluait quant à lui avec les Argonauts de Toronto « après avoir été congédié, plus tôt cette année, par les Rough Riders d’Ottawa ».

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En septembre 1971, l’organisation municipale des loisirs est toujours dans son enfance. Le directeur des loisirs n’est en permanence que depuis moins de six mois. Mais entre le Comité des loisirs (des citoyens et des représentants du Conseil) et le Conseil municipal, ce n’est pas une lune de miel. On tente toujours de déterminer précisément les rôles de chacun et le directeur des loisirs se retrouve au milieu de tout ce beau monde. Les débats se prolongent depuis plusieurs semaines et dans l’édition du 16 septembre 1971, on apprend que le président du Comité des loisirs, André Paquette (éditeur-proprio du journal Le Carillon), n’en peut plus… il démissionne. Le journaliste du journal Le Droit avait eu vent de cette démission, de même que d’autres journalistes locaux et régionaux évidemment, et ils se sont pointés à la réunion du Comité municipal des loisirs pour être témoins de cette démission. Le maire Yvon Montpetit fait expulser les journalistes. Le débat se prolongerait pendant quelque temps, mais c’est le Conseil municipal qui gagnera finalement… c’est lui le « boss », point à la ligne. La question des loisirs à Hawkesbury a toujours été une source de dispute avec les autorités municipales et plusieurs directeurs de loisirs successifs l’ont appris à leurs dépens.

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L’ancien député Raymond Bruneau est décédé

Le journal Le Carillon du 8 juillet 1971 rapporte que l’ancien député fédéral du comté de Prescott, Raymond Bruneau, est décédé à Ottawa le 5 juillet. Il avait été député de 1949 à 1957, lorsqu’il a été défait par le conservateur Osie Villeneuve. Bruneau était retourné à son métier de traducteur au gouvernement fédéral, après avoir enseigné à l’École industrielle d’Alfred (l’école de réforme), au Collège Bourget de Rigaud et à l’École secondaire de Hawkesbury, au lendemain de sa défaite électorale. Il est décédé à son travail, à l’âge de 54 ans. Il était le frère de l’ancien maire de Hawkesbury, Victor Bruneau, et le beau-frère de l’ex-chef de police local, Rémi Lecôt. Je me souviens que mon père m’avait dit qu’il aimait bien Raymond Bruneau et qu’il avait travaillé à ses campagnes électorales. Il m’avait dit ça quand je lui avais annoncé que je me lançais en politique.

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Le nouveau Parc provincial Carillon est officiellement inauguré par le ministre ontarien des Terres et forêts, René Brunelle. Le député Osie Villeneuve, dont la circonscription englobe le nouveau parc à l’est de Chute-à-Blondeau, prévoit des milliers de visiteurs chaque week-end. Il prédit même que « dans trois ans, le nouveau parc provincial Carillon recevra 10,000 visiteurs chaque fin de semaine et contribuera à l’essor économique du secteur ». Encore une prédiction de politiciens qui ne s’est jamais manifestée… et l’autoroute 417 n’était pas encore terminée.

Dans un texte sous l’article rapportant l’ouverture officielle dans l’édition du 22 juillet 1971 du journal Le Carillon, un autre texte fait référence à la noyade d’un jeune Montréalais d’origine italienne moins de 24 heures après l’inauguration. Le jeune de 14 ans s’est noyé en voulant récupérer le ballon de soccer qui avait été accidentellement botté dans la rivière Outaouais. Tout s’était passé si rapidement que personne n’a pu réagir à temps pour lui sauver la vie. (Trois autres noyades dans la région sont rapportées dans cette même édition.)

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Quelle grande nouvelle! « Depuis 10 heures, mercredi matin, les jeunes de 18 ans de l’Ontario, garçons et filles, sont maintenant majeurs. » L’article fait la grande manchette de l’édition du 29 juillet 1971 du journal Le Carillon. « La nouvelle loi, qui affecte 412,000 jeunes Ontariens, permet entre autres le vote, la consommations de boissons alcooliques, l’occupation d’un poste électif, le privilège de siéger sur un jury et le droit de signer des contrats juridiques et financiers. » Des vrais adultes, finalement. « Dans Prescott-Russell, la nouvelle loi affecte quelques 2,427 jeunes de 18 à 20 ans, selon le dernier recensement du Service d’évaluation, soit 956 de 18 ans, 763 de 19 ans et 708 de 20 ans. »