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Avertissement : Faites-le avant qu’on le fasse pour vous

John White était alors ministre ontarien du Trésor, de l’Économie et des Affaires intergouvernementales et même si ses propos étaient supposément personnels, on pouvait facilement deviner les intentions futures du gouvernement ontarien. Lors d’un congrès de l’Association des comtés et régions de l’Ontario, à Hamilton, il avait clairement laissé entendre que les conseils de comtés devront se réorganiser eux-mêmes « plutôt que de se voir imposer une telle restructuration ou encore un gouvernement régional ». Le maire de Russell, Bernard Pelot, a dû en rire secrètement! (voir blogues précédents)

Le ministre White recommandait « une réorganisation réelle et non pas apparente. Pour atteindre ce but, il suggère des tâches importantes qui pourraient faire l’objet d’études poussées: réviser tous les aspects du gouvernement local à l’intérieur du comté; impliquer les diverses villes et villages; déterminer les besoins de services; examiner les ressources économiques, financières et d’évaluation du comté; définir les problèmes inhérents à la région; intéresser davantage la population à la participation et à la compréhension des question débattues et, entre autres, publier les études et les recommandations; enfin, soumettre ces études aux municipalités et au ministre ». J’y reviendrai.

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Les élections municipales seront plutôt ternes dans plusieurs municipalités de Prescott et Russell. Plusieurs maires sont élus ou réélus dès leur mise en candidature, faute d’opposants. Ainsi, Roger Charron est réélu à Rockland; Lucien Groulx devient maire de Plantagenet; Rolland Bercier est réélu à Plantagenet-Nord; et Paul-Émile Lévesque fait de même à Casselman; les maires Léopold Barrette, dans le canton de Longueuil, et Jean-Rolland Charbonneau, dans le canton de Hawkesbury-Ouest, sont eux aussi reportés sans opposition. On parle de tout ça dans l’édition du 15 novembre 1973.

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Le chef néo-démocrate Stephen Lewis n’avait pas effectué une visite de la région pour rien. De retour à Queen’s Park, il a soulevé le problème de sécurité des employés à l’usine Ivaco de L’Orignal. Son intervention avait forcé le ministre du Travail, Fernand Guindon, à déclencher une enquête. Le résultat rapporté dans l’édition du 22 novembre 1973 : « l’usine Ivaco avait été placée par son ministère sur une ‘liste de probation’ et qu’elle avait trois mois pour remédier à une quinzaine d’infractions décelées par une équipe d’inspecteurs qui ont fait la tournée de l’usine il y a quelque temps ».

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Le Conseil d’éducation de Prescott-Russell reconnaît officiellement le statut francophone de l’École secondaire régionale de Rockland. Le Carillon du 22 novembre 1973 y fait référence. « À Rockland, c’est l’euphorie et les étudiants fréquentent déjà leur école française depuis jeudi matin dernier. » Paraît que cette décision n’était que temporaire, mais elle est devenue en fait permanente.

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« Le rôle important de la presse dans notre régime parlementaire »

Le projet de loi C-41 avait été présenté aux Communes par le député néo-démocrate de Témiscamingue, Arnold Peters. Il prévoyait l’exemption des journalistes de l’obligation relative à la divulgation des sources d’information. Deux anciens journalistes alors députés, Jim Fleming et Roméo Leblanc, s’étaient opposés à ce projet de loi et le député de Glengarry-Prescott-Russell, Denis Ethier, était d’accord avec eux. Voici quelques extraits de son discours aux Communes que nous avions reproduit dans l’édition du 1er novembre 1973 du journal Le Carillon :

« (…) Dans une société comme la nôtre, la presse joue un rôle très important, même dans avec notre régime parlementaire. Les ministériels représentent la majorité. Voilà pourquoi ils ont été appelés à former le gouvernement. Les oppositionnels représentent et défendent le point de vue des minorités. Troisièmement, les minorités qui n’ont pas de porte-parole à la Chambre comptent sur la presse pour exposer leur point de vue, en plus d’informer la population du Canada des événements survenus sur les scènes locale, nationale et internationale.

Monsieur le président, nos journalistes jouissent présentement d’une réputation qui, j’en suis sûr, est enviée par les journalistes de nombreux pays du monde. Voilà une des raisons pour lesquelles je ne peux appuyer le bill C-41. En accordant notre support à un tel projet, je suis persuadé, monsieur le président, que la réputation dont nos journalistes jouissent présentement serait grandement touchée, car aux termes de la loi actuelle, les Canadiens sont assurés de la véracité de tel ou tel rapport, ou de telle ou telle nouvelle.

(…) Il y a une autre tâche que doit assumer la presse dans notre régime démocratique, soit celle de critiquer les gouvernements au pouvoir lorsque l’opposition n’a pas le courage de manifester sa désapprobation d’une façon positive et constructive. Puis-je ajouter que la presse s’en acquitte fort bien dans la présente situation. Monsieur l’orateur, vous trouverez peut-être que je m’écarte du sujet, mais je tiens à souligner le rôle important que doit jouer la presse dans notre régime parlementaire. La loi actuelle vise à rassurer les Canadiens qu’ils reçoivent des informations de bonne foi et que la minorité non représentée obtient une représentation convenable. Je suis tout à fait convaincu qu’avec la loi actuelle les informations des journalistes sont absolument dignes de foi. »

Comme vous voyez, nous sommes loin des idéaux d’Ethier. Peut-être devrait-il les rappeler au gouvernement conservateur de 2011 qui semble favoriser les cachoteries à la transparence.

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Marcel Desjardins, sous son pseudonyme de Paul Huneault, commente les résultats des élections provinciales au Québec du 29 octobre 1973 dans l’édition du 1er novembre. Robert Bourassa avait été réélu premier ministre du Québec en accumulant 100 sièges, soit sensiblement plus que les 72 qu’il comptait avant le scrutin provincial. René Lévesque n’avait pas été élu, mais avait quand même fait élire sept députés, tandis que les Créditistes en comptaient deux (dont le chef Camil Samson); quant à l’Union nationale de Gabriel Loubier, elle est disparue de l’Assemblée nationale, n’ayant fait élire aucun député, dont son chef.

« L’indépendance du Québec ce n’est donc pas pour tout de suite » écrit Desjardins même si René Lévesque avait augmenté ses appuis. « D’ici la prochaine élection québécoise, on assistera à un réalignement des forces politiques dans la province de Québec. Il est encore trop tôt pour prédire quel côté prendront ceux que la polarisation aura laissé pour compte. » Comme l’ajoute Desjardins, « si on veut décourager l’indépendance au Québec, ce n’est plus à la peur des Québécois qu’il faut s’adresser mais à leur intelligence. Le PQ a été le premier à comprendre cela et il a bâti sa campagne en conséquence. »

Et Desjardins écrit ceci en référence à des accusations sur le travail des journalistes pendant la campagne électorale, propos qu’aurait pu emprunter le député Denis Ethier : « La presse québécoise n’est pas sans tort et sans reproche. Toutefois, cette institution sera d’autant plus importante dans un parlement où la force numéraire de l’Opposition ne dépasse pas la douzaine. »

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Hawkesbury s’inspirera de Ste-Agathe pour son complexe sportif

Le centre sportif de Ste-Agathe inspirera le futur complexe sportif de Hawkesbury. Une délégation municipale, que j’accompagne, se rend à Ste-Agathe le 18 octobre 1973 afin de visiter ce nouveau centre tout neuf. Mon reportage remplit trois pages dans l’édition du journal Le Carillon du 25 octobre 1973. Pour les autorités municipales de Hawkesbury, il fallait trouver une solution aux problèmes du vieux Centre Mémorial, jugé désuet et possiblement dangereux. « Le choix est difficile : $400,000, $700,000 ou $1,500,000. De toute façon, une décision devra être prise dans un avenir rapproché. »

Le Conseil municipal aurait pu dépenser 400 000 $ pour « remettre l’endroit en forme » ou dépenser 700 000 $ « pour réparer le centre, améliorer les services et recouvrir la piscine extérieure ». Et il y avait ce centre de Ste-Agathe qui avait coûté 1 127 000 $ « tout compris », d’autant plus que la situation géographique et démographique de Ste-Agathe était très semblable à celle de la ville de Hawkesbury. Il avait ouvert ses portes en novembre 1972. Les autorités municipales de Hawkesbury avaient soumis des demandes de subventions aux autorités fédérales et provinciales.

Mais voilà le hic; le lendemain de ma visite à Ste-Agathe, j’appelle le député fédéral Denis Ethier et… je lui apprends la nouvelle. Aucune demande de subventions lui était parvenue et pire, il n’était pas au courant des intentions municipales en ce qui a trait au remplacement du Centre Mémorial. Il semble que le préfet Philibert Proulx et le conseiller Claude Drouin, qui devaient en parler à Ethier, ne l’avaient pas fait. Il faut préciser que ces deux-là étaient opposés à un nouveau complexe sportif. Situation un peu semblable dans le cas du député provincial Albert Bélanger, il était au courant, mais pas depuis longtemps. Dans son cas, il avait pu obtenir les autorisations de subventions nécessaires. Le projet n’aboutirait manifestement pas avant encore une année, sinon plus. J’y reviendrai… surtout à cause d’un rebondissement intéressant dans cette affaire.

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La grève s’éternisait depuis le 3 août dans toutes les usines de la CIP, dont celle de Hawkesbury bien entendu. Les employés de l’usine locale, « insatisfaits comme leurs confrères des autres usines », retournent au travail le 19 octobre. Les négociateurs n’avaient pas aimé l’offre de l’entreprise mais l’avaient quand même soumise au vote des membres. Résultat : 71 p. cent pour le retour au travail. « Des points prioritaires demandés par l’Union internationale des travailleurs unis du papier, un seul a été réglé à la satisfaction des syndiqués, soit celui du fonds de pension qui représente une nette amélioration sur l’ancien. » Ainsi, « un employé qui prendrait sa retraite en mai 1974 recevrait une pension mensuelle de $456 en rapport avec $200 selon l’ancien plan de retraite ». Une très longue grève qui n’avait pas rapporté grand-chose. Un long article à cet effet dans l’édition du 25 octobre 1973 du journal Le Carillon.

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J’y fais référence dans ma chronique du 25 octobre 1973 : « L’huile à chauffage devient de plus en plus cher. Au début de l’hiver dernier, le prix était de 22 cents le gallon et maintenant il est de 29.3 cents le gallon : une hausse de près de 30 p. cent en l’espace d’une année. »

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« L’Opération Mon pays » vise les immigrants illégaux

L’immigration illégale n’est pas un problème nouveau. Ainsi, dans l’édition du 4 octobre 1973 du journal Le Carillon, on apprend que l’unité mobile du ministère de la Main-d’œuvre et de l’Immigration, responsable de « l’Opération Mon pays », serait dans la région. L’opération cherchait « à retracer et à légaliser le statut des gens entrés illégalement au pays ». L’article expliquait que « le statut d’immigrant fournira à ces gens l’occasion de devenir des résidents canadiens permanents, pouvant jouir de tous les avantages qu’offre le pays, à l’exception du droit de vote et du passeport canadien. Ces deux privilèges sont accordés seulement aux citoyens canadiens. » Et pour rassurer tout le monde, j’imagine, le texte précise qu’un « candidat aura peu de difficultés à obtenir son statut d’immigrant s’il détient un emploi au Canada; s’il a tenté d’améliorer son sort depuis son entrée illégale au pays, comme ses conditions de travail ou l’apprentissage d’une des deux langues officielles; s’il exploite une entreprise financièrement stable ou qui a des chances de le devenir; ou encore si d’autres preuves démontrent qu’il est bel et bien établi au Canada ».

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Bernard Pelot, le maire du Canton de Russell, n’a pas la vie politique facile (j’en ai parlé dans mon billet de vendredi). Comme le rapporte Le Carillon du 18 octobre 1973, celui-ci « a essuyé un lamentable échec dans sa tentative de démocratiser les procédures du Conseil des comtés unis de Prescott-Russell ». Pelot avait présenté deux projets de résolutions qui visaient à rayer une règle de procédure du Conseil des comtés. « Les autres membres du Conseil se sont contentés d’ignorer tout bonnement les deux résolutions. » Lors d’une réunion du Conseil, le maire de L’Orignal, René Bertrand, « s’en est pris violemment, aux applaudissements des autres membres présents, aux insinuations récentes de M. Pelot dans les journaux ». Bertrand (qui allait démissionner de son poste à la mairie de L’Orignal parce qu’il avait décidé de s’installer en Floride) « a exigé des excuses et une rétractation de l’accusation portée contre le système d’administration des comtés qui permettait selon lui un mauvais usage des fonds ». Quant au maire Pelot, « demeuré silencieux tout au long de la déclaration de M. Bertrand, il a affirmé qu’il ne fera aucune rétractation quelle qu’elle soit et qu’il a été plus que satisfait des réactions à ses récentes déclarations ». Il avait simplement réclamé que Russell soit traitée sur un pied d’égalité avec les autres municipalités des comtés. « C’est parmi un silence général que M. Pelot a terminé son exposé. »

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C’est drôle comment le temps répare les choses. Quelques années auparavant, l’éditeur du journal Le Carillon avait publié une « lettre à son fils » dans laquelle il l’avertissait des risques de voter pour le Nouveau parti démocratique, dirigé justement par Stephen Lewis. Lewis avait décrit le journal comme un « journal socialiste ». En octobre 1973, Lewis effectue une visite dans la région et rencontre ce même éditeur. Dans l’édition du 18 octobre 1973, on retrouve une lettre surprenante adressée à « Monsieur André Paquette »; la voici :

« Je tiens à vous envoyer ces quelques lignes pour vous dire combien j’ai apprécié notre brève conversation et combien je suis heureux que nous ayons eu cette occasion de nous rencontrer. Ma courte carrière politique n’a certainement pas comporté jusqu’ici suffisamment de conversations avec des personnes telles que vous. Lorsqu’une telle occasion m’est donnée, je suis plus que jamais décidé à garder des contacts plus sérieux avec des gens qui, comme vous, représentent si bien la collectivité.

J’ai aussi pris très cœur notre conversation au sujet des nouvelles de Queen’s Park qui pourraient être publiées dans Le Carillon. Je pense que nous vous contacterons ici et là lorsque des sujets intéressant l’Est de l’Ontario ou particulièrement la collectivité francophone sont aux débats. (Je voudrais ajouter ici que votre compte-rendu de ma visite dans votre région est des plus généreux.)

Si je reviens à Hawkesbury, je ne manquerai pas de venir frapper à votre porte. Et si vous pensez qu’un politicien puisse vous être utile (ce dont on doute quelquefois!), n’hésitez pas à écrire. »

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Pelot part en guerre contre les Comtés unis

Dans ma chronique du 27 septembre 1973, j’avais souligné les absences fréquentes du maire du canton de Russell, Bernard Pelot, aux délibérations du Conseil des comtés unis de Prescott-Russell, au sein duquel il représentait sa municipalité en compagnie de son sous-préfet Edgar Brisson. Pelot avait réagi vivement auprès de deux quotidiens d’Ottawa et il s’était vidé le cœur. Le Carillon du 4 octobre 1973 y fait référence : « Le maire du canton de Russell, M. Bernard Pelot, veut se mêler des affaires des autres. » Lors d’une réunion de son conseil municipal, il avait réaffirmé son « intention de participer activement aux campagnes électorales dans les municipalités de Prescott-Russell qui tiendront des élections le 3 décembre prochain ».

Pelot voulait « former un ‘comité’ de frappe, regroupant tous les intéressés, dans le but d’éliminer les ‘indésirables’ du Conseil des comtés unis de Prescott-Russell, un organisme qu’il juge ‘désuet et anti-démocratique’. (…) Le maire de Russell a soutenu que trois ou quatre municipalités seulement retiraient des bénéfices des comtés unis, tandis que les nôtres n’avaient rien. Il a ajouté que les président des comités du Conseil des comtés sont choisis parce que cela leur fait plaisir et que les membres de l’organisme sont plus préoccupés d’une ‘chaise vide’ que des questions importantes. »

Pelot avait même laissé entendre s’être rendu à une réunion du Conseil des comtés « en compagnie de cinq autres membres, dans une même automobile, et que chacun a été payé pour son millage. Il a soutenu qu’il avait personnellement refusé d’accepter son chèque. » Le maire de Russell avait demandé « au gouvernement de Queen’s Park d’enquêter sur les comtés et de réorganiser si possible le gouvernement de Prescott-Russell. Il estime en effet que le Conseil des comtés unis devrait s’occuper davantage des questions importantes et progressives, comme la planification et la protection de l’environnement, et laisser les travaux de voirie à l’administration de chaque canton ou de chaque municipalité. »

Tout un personnage que ce Pelot. J’en parle parce que les souhaits de Bernard Pelot seraient éventuellement et partiellement comblés. J’y reviendrai.

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Le Carillon du 4 octobre 1973 publie une section spéciale de 14 pages à l’occasion de l’inauguration officielle de la nouvelle école polyvalente de Plantagenet. Le nouvel édifice de 4 500 000 $ faisait la fierté de cette région et des 1 024 élèves qui la fréquentaient. Cette école secondaire était alors une des plus modernes en Ontario. Le ministre de l’Éducation, Thomas Wells, se déplacerait pour l’occasion. Pas moins de 71 enseignants y travaillaient.

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Je note un paragraphe dans un texte sur les prochaines élections municipales à Rockland dans l’édition du 4 octobre 1973. « Un nouveau venu dans l’arène municipale, M. Jules Lavictoire, a fait connaître sa décision de devenir conseiller pour la municipalité de Rockland. Actif au sein de plusieurs organisations sportives de la région, M. Lavictoire a fait ce choix à la demande de plusieurs citoyens. » J’en parle parce que Jules était un confrère de classe au petit séminaire, qu’il a toujours été énormément respecté dans sa communauté, particulièrement au niveau du hockey mineur. Jules et moi avons également travaillé à la campagne de Julie Bourgeois lors des dernières élections fédérales du printemps dernier. Un sympathique gentilhomme.

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Embrun-Russell… un seul service de pompiers

« Service unique d’incendies pour Embrun et Russell » peut-on lire dans l’édition du 27 septembre 1973 du journal Le Carillon. C’était une vieille suggestion de 1970 ressuscitée par le maire Bernard Pelot. Le regroupement allait se concrétiser le 1er janvier 1974. « Élu à la mairie du canton de Russell en décembre dernier, M. Pelot, qui a déclaré à l’issue de la réunion que le ‘canton se devra d’abolir les villages policés avant les élections de 1974’ semble s’être donné pour mandat de décentraliser les deux villages d’Embrun et Russell pour donner de l’emphase au canton tout entier. À cet effet, le regroupement des services d’incendies constituerait le premier pas dans cette direction. » C’était mal connaître la population de ces deux villages qui sont toujours aussi désunis qu’à l’époque. Pourtant, au scrutin de 2010, quelques candidats ont souhaité la même chose… mettre l’emphase sur une seule municipalité plutôt que sur chacun des villages. Le mandat du Conseil vient à peine de franchir sa première année de quatre. Ce sera à surveiller!

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Le journal annonce dans son édition du 27 septembre 1973 que le Domaine naturiste du Québec à St-Eugène a été vendu. Paul-André et Nicole Vadeboncoeur, de Lachute, les propriétaires-fondateurs, ont vendu leurs intérêts à Richard Brunet, de Ste-Justine-de-Newton. « Les facilités du domaine, notamment la piscine chauffée et le restaurant, seront tout de même disponibles cet hiver aux membres qui désirent pratiquer la motoneige. » J’imagine qu’ils ne pratiquaient pas la motoneige nus! Le Domaine avait ouvert ses portes en 1969 et avait soulevé certaines préoccupations chez la population locale. « Toutefois, les mesures prises par la direction du Domaine naturiste pour assurer l’intimité de ses membres et éloigner les curieux ont fait que le lieu est devenu une institution locale, que les résidants prennent maintenant pour acquis. » Et comme le précisait le texte : « Plus de 95 p. cent des membres sont des Canadiens-français de la région montréalaise. »

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Mgr Gérard Charette, un populaire curé de la région, était né à Bourget le 3 décembre 1911 et avait été ordonné prêtre le 24 juin 1937. De 1960 à 1964, il avait été missionnaire au Brésil, où il avait fondé le vicariat St-Dominique, dans le diocèse de Marília de la province de Sao Paulo. Il était donc normal qu’il devienne un jour curé de la paroisse St-Dominique, mais à Hawkesbury. C’est la poste qu’il occupait lors de ce terrible accident routier à Cowansville au Québec le 2 octobre 1973 qui lui a enlevé la vie. Et il n’était pas seul. « Mgr Charette conduisait son automobile, dans laquelle prenaient place Sœur Solange Chénier, s.c.o., directrice du nursing au Foyer Prescott-Russell de L’Orignal; Sœur Gabrielle Charette, s.c.o., également du Foyer; Sœur Fleurette Perron, servante de N.-D. Reine du Clergé, nouvelle ‘ménagère’ au presbytère de la paroisse St-Dominique depuis la mi-septembre; et Mlle Rose Yelle, originaire de Bourget, et pensionnaire du Foyer Prescott-Russell. » Leur automobile avait été « frappée par un autobus de la compagnie Montréal-Métropolitain. L’autobus ne transportait pas de passagers et le conducteur a subi un violent choc nerveux. » La mort des victimes avait été instantanée selon l’article du 4 octobre 1973 qui raconte le tout en page une.

Dans ma chronique de la semaine suivante, je note que « la cause de l’œcuménisme perd en lui un défenseur de valeur. Un ministre protestant m’a déjà confié que si tous les hommes pensaient comme Mgr Charette, les mots ‘catholiques’, ‘protestants’, ‘anglicans’, ‘presbytériens’ et autres n’auraient pas leur raison d’être sans les dictionnaires. Il avait raison. » C’est le chanoine anglican Frank Lawlor qui m’avait fait ce commentaire; lui aussi avait un grand sens œcuménique et il était parfaitement bilingue. Son fils fréquentait l’École prématernelle en même temps que ma fille.

Quant à Mgr Charette, je me souviens de m’être rendu à une soirée de la francophonie à l’hôtel Skyline d’Ottawa avec le directeur du journal, sa femme et sa jeune sœur (qu’il avait voulu me présenter). Comme invité ce soir-là, l’imitateur Jean-Guy Moreau, tout jeune, et qui nous avait marqué avec son imitation de Gilles Vigneault.

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Les 404 employés de la CIP en grève depuis le 3 août 1973 en subissent de plus en plus les conséquences, « manque d’argent et manque de nourriture », et les Chevaliers de Colomb organisent une importante campagne afin de leur venir en aide. La campagne avait permis de recueillir pas moins de 10 000 $, toute une somme pour l’époque.

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Un bureau permanent du Collège Algonquin… la question revient

Le Collège Algonquin est assurément populaire dans les comtés unis de Prescott et Russell et Hawkesbury aimerait bien que l’institution y établisse un bureau permanent. Il en est question dans l’édition du 27 septembre 1973 du journal Le Carillon. La question revêtait une telle importance que le président du Collège, le Dr Laurent Isabelle, s’était déplacé afin d’en discuter avec des citoyens de la région. « Sous peu, le Collège Algonquin enverra un représentant dans la région de Hawkesbury afin de déterminer la possibilité d’offrir des cours à plein temps, puisque plusieurs citoyens sont intéressés à prendre des cours auxquels sont rattachés des crédits et un diplôme. » Le problème principal était de trouver un local adéquat. Le Dr Isabelle avait parlé de la possibilité de joindre leurs efforts à ceux de l’Université d’Ottawa pour certains cours. « Le représentant des comtés unis de Prescott et Russell au bureau des gouverneurs du Collège Algonquin, le juge Omer Chartrand, a déclaré que la population doit s’éduquer continuellement et que les hommes d’affaires et professionnels qui ne participent pas à des cours pour se recycler sont dépassés par les méthodes modernes. » Ses propos sont encore pertinents.

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Gérard Bossé était à l’emploi de l’imprimerie du journal depuis 16 ans et il en était devenu contremaître quand l’Agence canadienne de développement international le recrute afin d’enseigner la technique d’impression offset aux Africains de la Côte d’Ivoire. Dans le cadre de ce projet de l’ACDI, Gérard s’occuperait de l’impression de livres et de magazines éducatifs. Gérard, son épouse Ginette et leurs enfants Jean-François et Caroline s’envolèrent donc pour deux années à Bouaké, une ville ivoirienne de 200 000 habitants où le français est la langue de 80 p. cent de la population. On en parle dans l’édition du 27 septembre 1973. Gérard est revenu au journal après son expérience hors de l’ordinaire.

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Cette courte note dans ma chronique du 27 septembre 1973 ne me rappelle rien de précis, sauf qu’il s’agissait d’une référence à un autre citoyen de Hawkesbury qui s’était illustré au niveau national. « Saviez-vous qu’un des meilleurs réalisateurs de Radio-Canada, Paul Blouin, a complété ses études secondaires à Hawkesbury? C’est du moins ce qui est dit dans le volume II de l’Encyclopédie artistique 74 de TV Hebdo. Blouin est celui qui a réalisé le téléthéâtre ‘Des souris et des hommes’, d’après l’œuvre de John Steinbeck, émission qui avait soulevé des éloges dans plusieurs pays. »

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Le directeur-gérant et copropriétaire des Nationals de Rockland de la Ligue centrale junior A, Jean-Marc Lalonde, n’est pas du tout content d’une décision du Conseil d’éducation de Prescott-Russell. Le CEPR avait décidé d’imposer des frais d’inscription de 100 $ à ses joueurs qui ne résidaient pas à Rockland et qui voulaient poursuivre leurs études à l’école secondaire locale. Lalonde avait « déclaré que cette mesure, qui affecte 11 de ses joueurs, est en fait une injustice envers le hockey amateur de la région, puisque les autres commissions scolaires, selon lui, n’ont pas recours à une telle pratique ». Lalonde aurait préféré un montant forfaitaire minime pour toute l’équipe ou, mieux encore, aucuns frais. Lalonde n’avait pas prévu une telle dépense au budget de son équipe. Il en est question dans l’édition du 27 septembre 1973.

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Ault Food achète la Crèmerie Plantagenet

La compagnie Ault Food Ltée, de Winchester, achète la Crèmerie de Plantagenet. Comme on peut le lire dans l’édition du 13 septembre 1973 du journal Le Carillon, une cinquantaine de travailleurs de la région perdront leur emploi. Cette crèmerie traitait pourtant 50 millions de livres de lait par année. « En plus de faire la transformation du lait en fromage ou en beurre on y traitait aussi le petit-lait. » Je reviendrai plus tard sur Ault Food et son influence politique.

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Le maire Yvon Montpetit avait été fidèle à sa chronique hebdomadaire dans Le Carillon pendant la durée de son mandat. Comme il l’avait précisé lui-même dans sa première chronique hebdomadaire, « ce privilège me sera retiré trois mois avant les prochaines élections municipales ». Sa dernière chronique serait donc publiée le 6 septembre 1973. Pendant ces 33 mois, « le maire Montpetit a profité de l’espace réservé dans Le Carillon pour expliquer aux citoyens ses points de vue personnels sur plusieurs questions et très souvent, il en a profité pour critiquer vertement les journalistes du Carillon. Ses propos n’ont jamais été censurés par la direction du journal, tel qu’entendu en janvier 1971 ». Il va sans dire que cette expérience n’a jamais été répétée avec les maires subséquents. De toute façon, ils n’avaient pas le même souci de la communication que Montpetit.

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Le Conseil d’éducation de Prescott-Russell gérait à la fois les écoles secondaires et les écoles élémentaires publiques de son territoire. Toutefois, les écoles publiques relevaient d’à peine six conseillers scolaires et non pas de l’ensemble pour la plupart des décisions. Évidemment, cela était source de conflits et de débats houleux depuis le regroupement du 1er janvier 1969. Dans l’édition du 20 septembre 1973, on apprend que le secteur public « réclame son indépendance ». Charles Burroughs explique tout ça en détails dans son texte. Ils n’allaient pas gagner leur point jusqu’à plusieurs années plus tard, lorsque le gouvernement ontarien allait réorganiser les conseils scolaires différemment et à une plus grande échelle territoriale.

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La CIP paralysée par une longue grève

L’usine locale de la CIP était le moteur de l’économie locale et de la politique locale, en fait. Le 2 août 1973, les 380 employés syndiqués déclenchent la grève. « Les syndiqués réclament une augmentation de 40 cents l’heure la première année et une majoration de 9 p. cent ou au minimum de 45 cents de l’heure au cours de la deuxième année de la convention. » Les grévistes souhaitaient aussi des améliorations au régime de retraite, une meilleure sécurité d’emploi, une convention de deux ans au lieu de trois. Cette grève serait longue selon le président du local syndical, Georges Radford « c’est-à-dire jusqu’à ce que les offres de l’employeur correspondent avec les demandes des employés ».

Pendant la grève, les camionneurs ne pouvaient livrer leur bois à l’usine, alors ils déposaient leur cargaison sur le terrain de l’autre côté du chemin de l’hôtel Bar-X, à Grenville. En peu de temps, on peut compter des milliers de billots. Dominique Demers grimpe sur le toit de cet hôtel pour bien capter l’ampleur du problème. Sa photo orne la une du 16 août 1973 du journal Le Carillon. Pendant ce temps, les grévistes s’étaient plié à la requête de la Cour suprême de l’Ontario de ne plus piqueter devant les installations des Recherches CIP, dont les employés n’étaient pas en grève. J’y reviendrai.

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Claude Kingsbury signe un reportage sur un projet collectif dans la région de Wendover dans l’édition du 2 août 1973 du journal Le Carillon. Cette ferme Renaissance « est située à environ un mille et demi de la route 17 près de Plantagenet ». Le groupe d’artisans affirmait que près de 30 000 personnes s’y rendraient. « La ferme des mille secrets comme plusieurs résidents sont fiers de le mentionner est totalement organisée, financée, construite et opérée par les participants à cette exposition communautaire de la renaissance des arts. » Paul Kuitenbrower, le porte-parole du groupe, avait décrit l’expérience comme une sorte de retour à la vie médiévale. Le tout avait fait beaucoup jaser dans le coin à l’époque.

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« Le premier étudiant en art dramatique à l’Université d’Ottawa, M. Grant Lowe, de Grenville, a été admis à l’École nationale de théâtre à Montréal. » Âgé de 23 ans, Lowe était le premier étudiant de la région à être accepté à l’école de théâtre. On y fait référence dans l’édition du 2 août 1973. Il avait déjà participé à plusieurs productions théâtrales à Ottawa. Plus tard, Lowe serait de la distribution des films « Radib » en 1977, « The High Country » en 1981, « Chautauqua Girl » en1983 et « Vanishing Act » en 1986. Selon une source, il aurait aussi joué dans « Superman III » en 1983.

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Dans la région de Limoges, c’est une véritable institution. Le Carillon du 16 août 1973 annonce la réussite de ce centre inauguré une année plus tôt. « Environ quinze personnes de ‘Fact Entreprise Ltée’ et travaillant pour le camp Kittawa, ont acheté cinquante acres de terrain qu’ils diviseront en terrains plus petits. Présentement, le parc met à la disposition des campeurs 93 terrains avec eau et électricité. Les responsables du camp projettent le développement d’une aire pour pique-niqueurs, d’un sauna et d’une salle eucalyptus s’ajoutant au pavillon muni d’une piscine et existant présentement. » L’article précisait que la population de Limoges pourrait utiliser la piscine extérieure. Le terrain de camping Kittawa est toujours là et, au fil des ans, s’est développé au point d’accueillir plusieurs centaines de campeurs. Il est strictement privé aujourd’hui et rempli à capacité.

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Bonne fête!

Celui-ci est un acrostiche avec le prénom d’une nièce de ma mère, Sandra. Elle lui avait composé ce poème-souhaits le 23 octobre 1984.

Sais-tu qui pense à toi? Bonne fête
Alors! Tu comptes un an de plus
N’est-ce pas que le temps passe vite?
Dans la vie tout doit avancer
Reste confiante en l’avenir
Ainsi, tu auras l’âge que j’ai.