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Ethier ne l’avait pas vu venir

Avec deux députés consécutifs aux Communes, la dynastie familiale des Ethier semblait assurée. Le député sortant Denis Ethier, « à sa grande surprise et à celle de la plupart des militants libéraux réunis à St-Isidore lundi soir », n’avait pas anticipé de concurrence lors de la réunion d’investiture en vue de l’élection du 18 février. Comme on peut le lire dans Le Carillon du 23 janvier 1980, Ethier n’avait pas été le choix unanime des délégués, puisqu’une « dame originaire de Plantagenet, Mme Kathleen McCormick Andrews » avait décidé de lui faire la lutte. Le résultat du vote parmi les 1500 délégués n’avait pas été rendu public, mais Ethier savait au moins qu’il était encore le candidat de son parti dans Glengarry-Prescott-Russell. « Je ne suis pas obligé d’énumérer ce que j’ai fait depuis huit ans, les faits parlent par eux-mêmes » avait-il déclaré au cours de la soirée. La candidature de Robert Racine, le maire de Casselman, avait également été proposée, mais celui-ci s’était désisté en faveur du député sortant.

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La population était habituée à voir une religieuse à la tête de l’Hôpital général de Hawkesbury. Au début de 1980, c’est sœur Marie-Reine Perron, des Sœurs de la charité d’Ottawa, qui en est l’administratrice générale. Mais à compter du 18 janvier, cette responsabilité a été confiée à Mme Cécile Dagenais. « Cette docteure en sciences administratives et diplômée en santé publique possède une longue expérience dans le domaine de la gestion des services hospitaliers ou infirmiers. Elle avait d’ailleurs fondé l’hôpital Ste-Rose de Laval en 1957. » La construction du nouvel hôpital général de Hawkesbury devait d’ailleurs commencer le printemps suivant. On en parle dans le journal du 26 janvier 1980.

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Un commentaire bizarre en rétrospective. Dans ma chronique du 26 janvier 1980, j’écris ceci : « Vous ne trouvez pas drôle que les politiciens et les médias nationaux n’ont pas donné suite aux récents propos de l’ex-Shah d’Iran, à l’effet que sa déchéance aurait été provoquée par un complot des grandes compagnies de pétrole qui auraient voulu provoquer une réduction de la production du pétrole iranien afin de pouvoir majorer les prix? » Une théorie de conspiration s’il n’en était une.

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Une centaine de personnes s’étaient donné rendez-vous à l’hôtel de ville de Hawkesbury pour une visite de Maureen McTeer. Elle s’y était arrêtée dans le cadre de la campagne électorale fédérale et du lancement officiel du Fonds John McTeer Memorial, en l’honneur de son père. Ce Fonds verserait des bourses d’études afin de faciliter l’accès à des congrès ou à des études en sciences politiques par de jeunes conservateurs. Maureen McTeer, la femme du premier ministre Joe Clark, « avait été élue la première présidente de la Jeunesse conservatrice de Prescott et Russell, à la salle des Chevaliers de Colomb de Hawkesbury, le 25 septembre 1968 ». Elle l’avait d’ailleurs souligné dans son discours. Il en est question dans le journal du 26 janvier 1980.

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Il avait fait plus que son possible

Il était âgé de 74 ans et il voulait enfin s’accorder quelque temps de loisirs. Louis-Pierre Cécile avait été député et ministre dans différents gouvernements conservateurs en Ontario avant de prendre sa retraite et d’être nommé juge. Après 13 ans à son poste de juge, il décide de prendre une retraite méritée. Après une carrière politique de 25 ans et toutes ces années comme juge, Louis-P. Cécile avait décidé qu’il en avait assez fait. Comme on peut le lire dans Le Carillon du 26 décembre 1979, « maintenant je crois avoir fait plus que mon possible pour les comtés et c’est peut-être un peu pourquoi je prends une retraite complète ». Peut-être que la cause de la CIP et les répercussions que cela avaient sous-entendues avaient été trop pour lui.

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Jacques Martin avait démissionné tout juste avant les Fêtes parce qu’il ne réussissait plus à motiver ses joueurs des Nationals de Rockland. Dans le journal du 2 janvier 1980, nous apprenons que Robert Hartley a été échangé par les Glens d’Alexandria aux Aigles de St-Isidore de la Ligue junior ‘B’ du district d’Ottawa. Hartley avait été gardien des buts des Hawks de Hawkesbury en 1977-1978. J’en parle parce que mes lecteurs connaissent bien le cheminement professionnel de ces deux-là.

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Dans l’édition du 5 janvier 1980, on retrouve un long texte en référence aux « disparus des années 1970 » dans la région. « L’ancien député libéral Raymond Bruneau, le 5 juillet 1971; le conseiller municipal de Hawkesbury Jean-Charles Thériault, le 16 janvier 1972; l’ancien maire de L’Orignal Charlemagne LeCours, le 27 mars 1973; l’ancien maire de Hawkesbury Victor Bruneau, le 1er février 1974; le maire du canton de Hawkesbury-Est Daniel Brunet, le 25 janvier 1975; l’abbé André Deguire, de Casselman, le 10 janvier 1976; l’éducateur bien connu Horace Dubois, le 10 novembre 1977; l’ancien député libéral Viateur Ethier, le 19 juillet 1975; le maire du canton de Plantagenet-Sud J.-Henri Séguin, le 4 septembre 1978. » Les plus connus, bien sûr.

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Le Conseil d’éducation de Prescott-Russell occupait des bureaux vieillots sur la rue Bertha à Hawkesbury depuis sa création en 1969 et il cherchait une solution depuis de longs mois. Le terrain de l’ancienne école publique de Hawkesbury, rue Nelson, était idéal. Mais voilà, il y avait un hic! La famille Higginson avait précisé, en léguant son terrain en 1926 que les « terrains soient utilisés pour des fins strictement éducatives ». La famille sous-entendait manifestement pour une école, mais le CEPR avait porté sa cause devant les tribunaux. Les conseillers scolaires étaient sûrs que le juge George Stiles leur donnerait raison et avaient donné le feu vert à leur projet. Dans le journal du 5 janvier 1980.

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Le député fédéral Denis Ethier a piqué une sainte colère devant les membres du Conseil des comtés unis de Prescott-Russell contre les « animateurs-agitateurs » à l’œuvre dans sa circonscription. Il faisait allusion aux démarches entreprises afin de régler un problème de logement de la famille d’Edward Burton, de Hawkesbury, « Selon moi, un animateur communautaire dans une région donnée devrait identifier les problèmes, les évaluer, s’allier les personnes ressources des gouvernements municipaux, régionaux, chefs religieux, agences de service social et publics, et autres; ça ne devrait pas être d’aller tout de suite à publiciser l’événement par des dénonciations. » Ethier faisait référence à Richard Hudon, l’animateur communautaire du Collège Algonquin à Hawkesbury et dans la région, qui était maître dans l’art d’utiliser les médias pour faire valoir les causes qu’il défendait. Il avait forcément conclu que c’était plus efficace et plus rapide que passer par des démarches longues et laborieuses qui ne menaient parfois nulle part. Ça aussi c’était dans le journal du 5 janvier 1980.

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Les agriculteurs l’attendaient depuis longtemps

C’est ce que la population d’Alfred et les agriculteurs du coin souhaitaient entendre depuis longtemps. « Le Conseil des ministres de l’Ontario a appuyé le projet de l’école francophone de technologie agricole en Ontario, mercredi, en demandant une étude sur sa viabilité. » Le texte de Monique Castonguay est à la une du journal Le Carillon du 15 décembre 1979. Une bonne nouvelle pour terminer l’année. Ainsi, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, en coopération avec le Conseil des affaires franco-ontariennes (CAFO), devait « entreprendre un sondage sur les besoins d’un collège d’agriculture, la demande chez les étudiants dans ce domaine d’études postsecondaires et les possibilités d’établir cette école dans les locaux du Centre de réhabilitation Champlain à Alfred ». Le député Albert Bélanger et l’animateur régional de l’ACFO, Jean Poirier, s’en réjouissaient forcément. Le président du CAFO, Omer Deslauriers, avait été un de ceux qui exerçaient des pressions dans les coulisses de Queen’s Park. Après l’annonce, il avait expliqué « que le collège d’agriculture constituerait un apport économique appréciable dans la région, pour les propriétaires de logis ou maisons de chambres pour les étudiants, entre autres. » Ce n’était donc plus qu’une question de temps. J’y reviendrai.

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J’y avais fait référence récemment. Le journal du 19 décembre 1979 nous apprend que le juge Louis-P. Cécile, de la Cour provinciale, division criminelle, « a lavé la Compagnie internationale de papier de l’accusation de désobéissance aux normes anti-pollution qu’avait déposée contre elle le ministère de l’Environnement de l’Ontario ». Cécile avait jugé que « la CIP avait agi raisonnablement en assumant qu’elle bénéficierait d’un délai de la part du gouvernement en rapport avec l’échéancier déjà fixé ». La CIP avait menacé de fermer l’usine si elle n’obtenait pas gain de cause. Ce n’était que partie remise.

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À peu près tous les observateurs l’avaient prévu. Dans le journal du 19 décembre 1979, il est question du renversement du gouvernement minoritaire conservateur de Joe Clark élu le 22 mai précédent. « Après le 22 mai, les critiques disaient qu’il fallait ‘donner une chance’ à Joe Clark. Il n’a pas su profiter de cette chance, a multiplié les gaffes et maladresses, a rapidement perdu le peu de crédibilité qu’il avait. Il a même manifesté quelques signes de ‘l’arrogance’ qu’il reprochait tant aux libéraux. » À suivre.

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Les négociations entre la direction des Canadiens et l’avocat d’Yvan Joly se prolongeaient depuis plusieurs mois et tous se demandaient si Joly porterait un jour les couleurs de l’équipe montréalaise. Le Carillon du 22 décembre 1979 nous apprend que Joly a finalement signé son contrat. Le directeur-gérant du Tricolore était alors Irvin Grundman. Il restait maintenant une dernière étape avant de réaliser son rêve… joueur une partie avec les Canadiens. D’ici là, il poursuivrait son apprentissage dans les rangs juniors.

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Et si ça se produisait chez nous?

Le déraillement d’un convoi ferroviaire de produits chimiques à Mississauga avait semé l’inquiétude dans toutes les villes traversées par un chemin de fer et Hawkesbury ne faisait pas exception. Comme il en question dans Le Carillon du 5 décembre 1979, « la récente tragédie de Mississauga nous a fait réfléchir sur certains points de sécurité dans les limites de la ville de Hawkesbury ». Les convois ferroviaires de produits chimiques étaient fréquents en direction de l’usine de la CIP ou d’autres usines locales (Amoco, IKO, Duplate). Le conseiller André Tessier avait soulevé la question à la table du Conseil et il était « important que la population soit alertée sur les procédures qu’il faudrait prendre dans l’éventualité d’un incident du type de Mississauga ». La question était d’autant plus importante que l’Organisation des mesures d’urgence de Prescott-Russell, qui avait développé une certaine expertise pour de telles situations, n’existait plus.

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« Le Conseil municipal du canton de Russell a fait l’achat de l’ancienne voie ferrée du New York Central pour la transformer en piste de ski de fond, pour la somme de $1. » En fait, la piste est devenue beaucoup qu’une piste de ski de fond. Au fil des années, le Canton de Russell a réaménagé la piste pour la rendre cyclable et propice aux marcheurs qui l’utilisent abondamment. La piste, une véritable fierté locale, relie les deux villages d’Embrun et de Russell sur une distance d’environ six kilomètres.

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La ville de Hawkesbury voulait empêcher la construction de centres commerciaux dans la municipalité voisine de Hawkesbury-Ouest et avait même demandé au Conseil municipal de ce canton d’adopter les règlements nécessaires pour s’en assurer. Le journal du 12 décembre 1979 nous apprend que ce ne sera pas nécessaire en fin de compte. « En effet, depuis 1974, le canton de Hawkesbury-Ouest est sous la juridiction d’un arrêté ministériel interdisant tout développement commercial de plus de 5 000 pieds carrés dans les limites de sa municipalité. » Cet arrêté avait été gardé bien secret pendant toutes ces années. Mais l’arrêté ne s’appliquait pas seulement à Hawkesbury-Ouest. Il « s’appliquerait à toutes les municipalités rurales voisines des secteurs urbains ». Hawkesbury-Ouest entourait les villes de Hawkesbury et de Vankleek Hill.

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Il n’avait que 20 ans et le précisait dans une lettre aux lecteurs du journal Le Carillon du 12 décembre 1979. Je reprends les quatre premiers paragraphes de sa longue lettre, en me rappelant que Richard Nadeau, de Hawkesbury, est éventuellement devenu député du Bloc québécois aux Communes :

« Un petit mot d’un confrère francophone qui vit toujours sans pays.

C’est très bien connu, pour nous, francophones hors Québec, nous devons combattre, non pas pour notre évolution mais, malheureusement, pour sortir du gouffre de l’assimilation.

Le Canada anglais (car, à part le Québec, soyons réalistes, le Canada est anglais) attend qu’une chose: ne rien faire pour l’unité canadienne et ainsi nous assimiler.

Moi, Richard Nadeau, je ne crois plus dans le pays dit Canada, car, ce dit pays ne fait rien de concret pour que nous, francophones du Canada, soyons respectés selon la Constitution. C’est-à-dire, se sentir chez-nous d’un océan à l’autre et être respecté dans notre langue comme nous, nous respectons les anglophones dans leur langue. »

Il faut préciser qu’il était alors question du référendum sur lequel les Québécois devraient se prononcer au printemps de 1980. Nadeau demandait aux gens de voter « Oui ». Le « Non » gagnerait comme on le sait.

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Le juge Cécile y pressentait des répercussions considérables

C’était le commencement d’une situation qui mettait en péril l’avenir de l’usine locale de la CIP. En manchette du journal Le Carillon du 21 novembre 1979, les lecteurs apprennent que le juge Louis-P. Cécile, de la Cour provinciale, division criminelle, n’a pas encore rendu sa décision quant aux accusations de pollution portées contre la Compagnie internationale de papier par le ministère ontarien de l’Environnement. En prenant la cause en délibéré, le juge avait déclaré que « la décision que je vais prendre aura sans doute des répercussions politiques et économiques considérables. J’ai donc l’intention d’étudier le cas à fond avant de me prononcer. » Un représentant du ministère avait expliqué que la CIP avait eu de nombreuses chances de réagir adéquatement aux pressions du ministère et que la CIP avait préféré se référer à la cour. « Les modifications et nouvelles installations en vue de suffire aux normes anti-pollution du ministère de l’Environnement représenteraient des investissements de plus de $20 millions. » Un adjoint du ministre avait même déclaré à la Cour qu’un « des dirigeants lui aurait également déclaré que l’usine fermerait tout simplement ses portes si la cause était portée devant le juge et qu’elle était reconnue coupable ». Une autre histoire à suivre.

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Leurs installations étaient évidentes le long de la route 34 entre Hawkesbury et Vankleek Hill. Le journal du 28 novembre 1979 nous apprend que « le moulin à scie Larocque Lumber mettra en marche ses nouvelles facilités de production au mois de mars. Les nouvelles facilités, un moulin à scie et un séchoir pour le bois, coûteront $1,500,000. (…) L’expansion permettra d’accroître la production de cinquante pour cent. Les nouvelles facilités nécessiteront également l’embauche de 30 employés additionnels (…) ce qui porte le nombre d’employés à 95. Larocque Lumber, qui est le plus gros moulin à scie de l’Est ontarien, pourrait bien connaître une seconde expansion d’ici un an. » Ce moulin est toujours là, mais il a cessé sa production l’année dernière.

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Le député de Glengarry-Prescott-Russell, Denis Ethier, déplore la démission du Premier ministre Pierre-Elliott Trudeau et déclare que « les Canadiens-français ont perdu le leader politique qui s’est le plus dévoué à leur cause ». Ethier avait ajouté que tous s’attendaient à ce qu’il démissionne un jour ou l’autre après sa défaite aux mains de Joe Clark du mois de mai précédent. Le gouvernement Clark était minoritaire. On retrouve le texte dans le journal du 28 novembre 1979.

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Tout le monde en parlait à Hawkesbury. L’ouverture du tout nouveau magasin Loblaws dans le complexe Hawkesbury Centre. Inutile d’ajouter que tous les consommateurs s’y étaient lancés dès l’ouverture officielle du 4 décembre. Le magasin devait éventuellement fermer ses portes et devenir un magasin Indépendant le long de la route 17, là où déménagerait également le magasin Canadian Tire. Quant au Hawkesbury Centre, il n’est plus que l’ombre de ce qu’il était à l’époque de son inauguration.

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Treize semaines, c’est long

Une longue grève paralysait l’usine IKO-Industries de Hawkesbury depuis deux mois en cette mi-octobre 1979 et l’impatience s’installait manifestement chez les grévistes. Ils avaient même reproché aux policiers de « complicité avec la partie patronale ». Comme on peut le lire dans Le Carillon du 17 octobre 1979, le chef Maurice Durocher a dû rappeler que « les policiers ne font que leur boulot », soit d’assurer l’ordre, « donc remplir son rôle ». Les grévistes étaient surtout frustrés du fait que l’usine avait repris sa production après un mois de grève, en ayant recours aux cadres. Les syndiqués avaient décidé d’imprimer un feuillet d’information pour toute la population afin d’expliquer le conflit et sa raison d’être. La grève durerait encore un certain temps. Treize semaines en tout finalement.

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« Dans un monde sans amour tous les enfants sont orphelins ». C’était le titre d’un cahier spécial publié par Le Carillon dans le cadre de l’Année internationale de l’enfant. Si ma mémoire est fidèle, c’est le seul cahier du genre que le journal ait publié pendant ses 65 années d’existence. Le cahier de 32 pages format magazine, sur papier blanc mat, abondamment illustré, comprenait aussi des dessins réalisés par des enfants de la région et des textes provenant d’intervenants spécialisés dans le domaine de la protection de l’enfance. Je me souviens que nous avions été très fiers de sa publication. Il avait été inséré dans le journal du 20 octobre 1979.

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Harold Demers avait assumé temporairement la direction générale du Conseil des écoles catholiques de Prescott et Russell après le départ précipité de Jean Léveillé. Dans le journal du 27 octobre 1979, on apprend que Gaston Cadieux, un membre de l’équipe de surintendants du CECPR, occuperait le poste de manière intérimaire jusqu’à la fin de l’année scolaire et que le conseil procéderait entre temps à un recrutement en bonne et due forme. Harold, en passant, est le père de l’écrivaine Dominique Demers.

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La ministre ontarienne de l’Éducation, Bette Stephenson, proposait d’éliminer les « écoles secondaires mixtes à administration commune » dans la province. Elle proposait plutôt de « les remplacer par des institutions scolaires abritant sous un même toit des élèves francophones et anglophones étant soumis à deux administrations distinctes ». Comme on peut le lire dans le journal du 17 novembre 1979, le Conseil d’éducation de Prescott-Russell est en désaccord le plus complet avec une telle politique. « Le CEPR entend conserver ses écoles mixtes tout en continuant d’offrir un maximum de cours dans les deux langues », parce que « mixte » voulait dire écoles anglaises et françaises et non pas écoles « pour gars » et « pour filles ». Même le Conseil consultatif de langue française, présidé par Gisèle Richer, de Rockland, était d’accord avec la position du CEPR. En d’autres mots, les écoles mixtes faisaient l’affaire de tout le monde dans la région.

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Ils l’ont eue sa tête

La guerre d’usure ouverte durait depuis trop longtemps maintenant et il fallait bien que le vase déborde. À la une du journal Le Carillon du 6 octobre 1979, on apprend que « le directeur général du Conseil des écoles catholiques de Prescott et Russell, M. Jean Léveillé, aurait laissé son poste jeudi matin. Rejoint chez lui, M. Léveillé, présentement en vacances, a confirmé la nouvelle, en se gardant de tout commentaire. ‘Je n’y retournerai plus’, a déclaré le directeur général en faisant allusion aux bureaux du CECPR, ‘mais je ne peux pas en dire plus que ça’. Il a précisé que les circonstances de ce départ étaient sub judice. » Sa décision s’expliquait facilement. Comme le rapportait la journaliste Monique Castonguay, « les membres du Conseil des écoles catholiques de Prescott et Russell ont formé un comité pour évaluer le rendement de leur directeur général » et cette décision faisait « suite au mécontentement du Conseil quant au travail du directeur général ». Léveillé n’aurait pu continuer à travailler dans un tel climat, d’autant plus que ce comité était formé des conseillers scolaires Gérard Lalonde, André Henrie, Roland Saumure, Yves Saint-Denis et Jean-Roch Brisson. Ces trois derniers étaient en fait ceux qui s’attaquaient à Léveillé depuis de nombreux mois. J’y ai fait référence dans des billets précédents.

Et ce qui devait arriver, arriva. Le journal de la semaine suivante (13 octobre) nous apprend que « le directeur général du Conseil des écoles catholiques de Prescott et Russell, M. Jean Léveillé, a déposé une poursuite de près de $2 millions contre le CECPR et trois membres du Conseil, pour bris de contrat de perte de bénéfices pour la durée de ce contrat ». À suivre, manifestement!

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La Régie ontarienne de commercialisation du porc avait abandonné son projet de construire une cour de rassemblement de porcs à St-Isidore-de-Prescott, le principal centre de production porcine de Prescott et Russell. La nouvelle faisait la une du journal du 10 octobre 1979. La Régie croyait avoir dénombré plus de 32 000 porcs dans le comté le printemps précédent, mais un autre dénombrement n’en a trouvé que 14 550, ce qui ne justifiait plus la dépense. « La différence de quelque 18 000 animaux proviendrait du fait que des producteurs vendent leurs animaux directement aux abattoirs au lieu d’utiliser les services de la Régie provinciale, comme le dicte la loi. » Les porcs étaient alors transportés jusqu’à la cour de rassemblement d’Alexandria, ou la Régie allait les chercher directement chez les producteurs. « Il en résulte que les animaux sont beaucoup trop dérangés et qu’ils perdent du poids. Le revenu du producteur étant déterminé par le poids de l’animal au moment de l’abattage, les producteurs jugent que la construction d’une cour leur serait très profitable. »

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Dans le journal du 10 octobre 1979 : « Après trois mois de grève, les employés de l’Unité sanitaire sont retournés au travail, mardi matin, même si le bureau des directeurs a refusé de leur accorder la prime de signature de $125 exigée. » Personne ne gagne lors d’une grève.

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De l’acide dans des écoles secondaires

Encore une fois, mieux valait prévenir que guérir. Comme nous l’apprend l’édition du 22 septembre 1979 du journal Le Carillon, « des quantités appréciables d’acide picrique, un produit chimique hautement explosif sous sa forme cristalline, ont été découvertes dans deux des six écoles secondaires de Prescott-Russell ». C’est que le ministère de l’Éducation avait averti tous les conseils scolaires de la province des propriétés dangereuses de cet acide. « Quelques 113 grammes d’acide picrique ont été découverts à l’École secondaire Plantagenet, et une quantité indéterminée à l’École secondaire d’Embrun, alors qu’on n’a rien trouvé dans les écoles secondaires de Vankleek Hill, Hawkesbury, Casselman et Rockland. Des recherches effectuées au niveau des écoles primaires n’ont pas mené à de découvertes semblables. » Heureusement, l’acide picrique retracé à Plantagenet et à Embrun était sous forme liquide, donc inoffensif. Mais les autorités n’avaient pas pris de chance et avaient détruit les contenants et leur contenu. L’acide picrique était utilisé dans les cours de biologie.

« L’alerte avait été donnée par le ministère de l’Éducation à la suite de la découverte dans une école secondaire de Thunder Bay d’une quantité d’acide picrique cristallisé, substance dont le pouvoir détonnant est supérieur à celui du TNT. » C’était bien avant 2012 alors qu’un petit peu de poudre sur une simple enveloppe suffit à paralyser tout un secteur.

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Le restaurant Esquire était une sorte d’institution à Hawkesbury. Situé au cœur de la rue Principale, le restaurant a été pendant longtemps voisin de l’ancien hôtel de ville. Avant ou après les réunions du Conseil, les élus (et les journalistes) s’y rencontraient pour « un café et un ordre de toasts » et jaser et potiner et planifier les futures discussions en quelque sorte. Même après la construction de l’hôtel de ville, rue Higginson, donc éloigné du restaurant Esquire, la tradition continuait. Le conseiller Claude Demers, plus catholique que le pape et à l’abri de tout reproche (selon sa perspective), s’y référait comme « le Esquire Connection ». Dans ma chronique du 22 septembre 1979, je cite le maire Laurent Cayen qui décrit cette « Connection » comme étant « un club de menteurs, regroupant ceux qui ont bu au moins 200 tasses de café au Esquire, qui discutent des problèmes du Québec et qui cherchent comment régler celui de Joe Clark ». Laurent était un assidu des rencontres au Esquire. J’en ris.

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J’en avais parlé. La société Amoco Fabrics avait voulu louer l’ancien Centre Mémorial pour y entreposer sa marchandise. Mais la décision prenait trop de temps et il fallait effectuer un changement de zonage, un exercice long et pénible. Et bien sûr, certains politiciens s’y opposaient, de même que les voisins. Comme on peut le lire dans le journal du 29 septembre 1979, « c’est l’éventualité des longs délais causés par cette opposition qui aurait incité Amoco Fabrics à abandonner son projet de location et à chercher une alternative ailleurs ».

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Une pause estivale… plus ou moins

La période estivale accapare mes énergies un peu plus que d’habitude cet été. Il ne faut donc pas vous surprendre de voir un de mes billets de blogue vous arriver sporadiquement. Mais ils seront là! Je vous reviens avec mon rythme de publication habituel dès la fin des vacances. Excusez-la, comme dirait l’interprète de chansons à répondre!

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« Une aventure extraordinaire » selon le Globe and Mail

« Depuis un peu plus d’une semaine, certains de nos compatriotes franco-ontariens vivent une aventure extraordinaire, donnant à l’ensemble de la province un exemple de ‘courage’ qui devrait animer tout le monde en Ontario. » Même le prestigieux Globe and Mail, dans son édition du 1er septembre 1979, y avait consacré son éditorial principal. La raison? Les francophones de Penetanguishene, dans le comté de Simcoe, dans le sud-ouest de l’Ontario, auraient leur école secondaire française après quelques années de luttes interrompues. Dans mon éditorial du journal Le Carillon du 12 septembre 1979, je reproduisais (en version traduite) l’éditorial du Globe.

« La fête commence aujourd’hui. Des étudiants franco-ontariens, et leurs parents, d’Elliott Lake, Sturgeon Falls, Smooth Rock Falls, Cornwall et Windsor se réuniront à Penetanguishene pour marquer l’occasion. (…) Puis mardi, l’école secondaire de la Huronie – la 13e école secondaire de langue française de la province – ouvrira ses portes à une inscription de 40 à 50 francophones de Penetang. (…) Puisque le ‘système’ leur a refusé son aide, les francophones de Penetang ont tout bonnement décidé de prendre les choses en main et d’établir leur propre école. Dans un vieil édifice des postes, avec des dons privés, grâce à des professeurs volontaires – et puisant à même un vaste esprit communautaire, de la bonne volonté et de la détermination. (…) Conséquemment, l’école a été établie sans l’autorisation provinciale – et, qui plus est, sans subventions provinciales. (…) Mais, légal ou non, l’expérience n’est pas la solution idéale, et ce n’est pas, non plus, un bel exemple de l’engagement de l’Ontario envers les droits des francophones. »

Et l’éditorial se poursuivait en ce sens. Provenant du « Canada’s National Newspaper », de tels commentaires entretenaient les espoirs.

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Paul de Broeck avait été candidat du Nouveau parti démocratique lors du dernier scrutin fédéral dans Glengarry-Prescott-Russell. Dans le journal du 12 septembre 1979, nous apprenons qu’il remplace André Sarazin comme coordonnateur du centre culturel La Sainte-Famille de Rockland. Le centre offre de plus en plus de services à la population et met sur pieds des événements intéressants. En mai 1980, par exemple, il y avait eu la « Festival de l’ail des bois ». J’y reviendrai.

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Une grève avait paralysé Bell Canada pendant trois mois. Dans le journal du 19 septembre 1979, l’entreprise publie une annonce dans laquelle est écrit :

« Maintenant que le conflit est réglé, nous nous mettons résolument à l’œuvre pour répondre aux demandes de notre clientèle. Il est évident cependant que nous ne pourrons disposer du jour au lendemain de l’arriéré de travail accumulé depuis trois mois. Il faudra donc prévoir encore un certain temps avant que tout rendre dans l’ordre. Nous avons pris note de toutes les commandes et nous communiquerons avec vous dès que nous serons en mesure de les remplir. Nous nous occuperons d’abord des clients qui n’ont pas de service téléphonique. »