Avatar de Inconnu

La presse franco-ontarienne : l’Est ontarien (1)

Après-demain, le quotidien Le Droit d’Ottawa souligne son 100e anniversaire d’existence. Ce n’est pas rien. Mais d’autres médias francophones ont existé en Ontario, témoins de la présence de nos racines. En juillet 1983, Le Carillon (qui a souligné en 2012 son 65e anniversaire) publiait une série de trois articles sur la presse franco-ontarienne sous la plume de Paul-François Sylvestre (« la mémoire collective de l’Ontario français »), pour l’est et le sud-ouest, et de sœur Huguette Parent, pour le nord. La presse franco-ontarienne, c’est évidemment 22 années de ma vie. J’ai pensé que vous aimeriez ce survol historique de la vitalité franco-ontarienne. Le premier remonte au 6 juillet 1983 et est de Paul-François Sylvestre, dont voici la fascinante biographie (http://www.pfsylvestre.ca/extendedbiography.pdf).

Cette année, le journal Le Droit a célébré le soixante-dixième anniversaire de sa fondation. Il détient de toute évidence le record de longévité, mais non celui d’ancienneté. Pas moins de douze organes d’information ont, en effet, paru à Ottawa avant l’actuel quotidien de la rue Rideau. Souvent de courte durée, ces feuilles littéraires et commerciales se succèdent rapidement les unes aux autres.

Le premier journal d’expression française en Ontario voit le jour à Ottawa, à l’automne 1856; Le Progrès est un hebdomadaire qui subsiste peu de temps. Il faudra attendre une dizaine d’années avant la fondation d’un autre organe, soit Le Canada. Publié trois fois la semaine par les Frères Duvernay, ce journal paraît de 1865 à 1869; Benjamin Suite en est le rédacteur durant les deux dernières années.

Le Courrier d’Ottawa succède à l’entreprise journalistique des Frères Duvernay. La première édition du 5 janvier 1870 est bilingue mais le journal devient entièrement francophone à partir du premier septembre suivant. Tour à tour libéral et conservateur, le journal change cinq fois d’allégeance politique dans l’espace de six ans.

En 1878, Ottawa est en quelque sorte témoin d’une effervescence journalistique. Revue, album et journal font tous leur apparition. Le Foyer domestique, revue mensuelle publiée en 1876, se transforme en hebdomadaire en 1878; cette publication religieuse, historique, littéraire et artistique devient L’Album des familles en 1880. Un morceau de musique accompagne chaque livraison et, de 1881 à 1882, le journal publie le portrait des principaux hommes politiques du temps.

Toujours en 1878, les francophones d’Ottawa se voient offrir Le Journal pour tous, un album littéraire publié tous les jeudis, qui a pour devise « La lecture est le premier des plaisirs ». Cette publication circule pendant exactement deux ans. À noter que, une dizaine d’années plus tard, une feuille semblable fera de nouveau son apparition à Ottawa, soir La Lyre d’Or, rédigée par un comité d’écrivains catholiques, de 1888 à 1889.

Également en 1878, la population outaouaise a accès à un journal qui paraît trois fois la semaine; il s’agit du Fédéral, de très courte durée (4 mai-24 septembre). L’année se termine avec la publication de La Gazette d’Ottawa, un organe conservateur qui paraît aussi trois fois par semaine. Il est remplacé, en octobre 1879, par Le Canada, de même allégeance politique. C’est d’ailleurs l’ancien député et sénateur, Joseph Tassé, agit comme rédacteur-en-chef. De 1891 à 1894, cependant, le journal appuie les libéraux. Pendant un certain temps, une édition hebdomadaire intitulée La Vallée d’Ottawa (c’est également le titre d’un quotidien paru en 1884).

Pour faire pendant aux vues conservatrices du journal Le Canada, un quotidien libéral naît à Ottawa le 12 mai 1887. Il s’agit du Courrier fédéral, qui publie aussi une édition hebdomadaire : Le colon canadien.

Demain, les journaux de propagande, l’époque du Règlement XVII et les journaux à l’extérieur d’Ottawa.

Avatar de Inconnu

Quasiment deux millions pour un aéroport municipal

Il en était question depuis plus d’un an et le conseiller municipal Kenneth Gray ne manquait jamais l’occasion de parler de son projet. Son comité dépose une étude sur la question auprès de conseils municipaux de la région. Il en question dans l’édition du 7 mars 1984 du journal Le Carillon. C’est que plusieurs croyaient sincèrement qu’un aéroport municipal était à la source du futur progrès économique de Hawkesbury. « Le coût d’un aéroport municipal pour la région de Hawkesbury se situerait aux environs de 1 700 000 $ pour l’aménagement d’une piste d’atterrissage de 3 500 pieds sur un terrain d’une superficie minimale de 128 acres. L’achat du terrain nécessaire serait subventionné par le ministère ontarien des Transports et Communications à raison de 80 %. Le gouvernement fédéral, pour sa part, pourrait défrayer la totalité du coût d’aménagement. Quant aux coûts d’exploitation, le rapport de l’ingénieur Kenneth Ménard mentionne que le gouvernement provincial est prêt à assumer le quart ou la moitié des déficits d’exploitation, selon la nature du service aérien dispensé à l’aéroport. Pour les municipalités concernées, l’achat du terrain représenterait une somme globale de 25 600 $. » Le projet n’a pas décollé!

* * *

Comme je le titre dans l’édition du 7 mars 1984, « un 29 février mémorable ». C’est que Pierre Elliott Trudeau avait décidé de quitter la vie politique. « Cette grande vedette qu’est Pierre Elliott Trudeau, héros de la Trudeaumanie de jadis, sujet de conversation préféré des Canadiens, leader international, avait commencé avec grand éclat en 1968 et on ne l’oubliera pas de sitôt. (…) Il a marqué la vie canadienne pour des décennies. Vos petits-enfants vont probablement lire et entendre parler des invocations et des contestations de la Chartre des droits et libertés. Vos petits-enfants seront témoins des éternels débats sur le bilinguisme pancanadien et sur les droits des francophones dans chaque province et des anglophones au Québec. » En rétrospective, je n’étais pas loin de la réalité d’aujourd’hui… surtout depuis que son fils Justin pense maintenant à diriger l’ancienne barque de son père.

* * *

Il n’y a pourtant pas de campagne électorale provinciale. Cette fois, ce sont les libéraux qui décident de tenir des consultations publiques et le groupe de travail du parti avait convié les intéressés le 4 avril 1984 à l’hôtel de ville de Hawkesbury. Comme le rapportait un article dans le journal du 14 mars 1984, en citant le député Don Boudria : « Les changements démographiques, la hausse du taux de chômage et la fragilité des secteurs agricoles et industriels accroissent les difficultés actuelles. Le groupe de travail a pour but de découvrir des moyens que le gouvernement provincial peut mettre en œuvre pour aider les collectivités rurales à bénéficier de la relance économique anticipée, à la suite de la récente récession. »

* * *

Ça, c’est du barbecue à grande échelle, mais c’était loin d’être drôle. « L’incendie d’un poulailler de la 18e concession à St-Isidore, dans la nuit de samedi à dimanche, s’est soldé par la destruction des deux tiers du bâtiment et la mort des 18 000 poules qui s’y trouvaient. Les flammes ont ravagé la majeure partie du poulailler appartenant à M. Marcel Laviolette. (…) Les pertes s’élèvent sommairement à 275 000 $. »

Avatar de Inconnu

Un club qui compte de plus en plus de membres

Ce n’est pas de la petite histoire et encore moins des nouvelles d’actualité, mais cette section de la chronique de Charles Burroughs du journal Le Carillon du 18 janvier 1984 m’a fait rire, en passant qu’encore aujourd’hui, avec l’omniprésence des téléphones intelligents et d’Internet (deux choses qui étaient loin d’exister en 1984), le texte vous fera reconnaître bien de vos collègues… si ce n’est pas vous-même. Le voici, pour votre plaisir… et substituez « porte-documents » par « téléphone intelligent » :

« Le club des ulcères (et des maladies du cœur tant qu’à y être) vient d’énoncer les règles suivantes au bénéfice de ses membres :

1) Votre travail passe avant tout. Oubliez tout le reste.
2) Les samedis, dimanches et jours fériés sont parfaits pour travailler au bureau. Il n’y a personne pour vous déranger.
3) Ayez toujours votre porte-documents à portée de la main lorsque vous n’êtes pas à votre pupitre. Ceci vous fournira la chance de passer en revue tous les soucis et les tracasseries de la journée.
4) Ne jamais dire ‘non’ à une requête. Toujours dire ‘oui’.
5) Acceptez toutes les invitations pour réunions, banquets, comités, etc.
6) Toute forme de loisirs est une perte de temps.
7) Ne jamais déléguer la responsabilité aux autres; porter tout le fardeau soi-même.
8) Si votre travail vous oblige à vous déplacer, travaillez toute la journée et voyagez pendant la nuit pour être au rendez-vous à huit heures le lendemain matin.
9) Qu’importe le nombre de tâches qui vous incombent, souvenez-vous qu’il y a toujours de la place pour une autre. »

En passant, faire partie de ce « club des ulcères » peut coûter très cher! Sans oublier les risques de contagion!

* * *

L’année 1984 marquait le 125e anniversaire de la ville de Hawkesbury et ce ne sont pas les activités qui manqueraient tout au long de l’année. Une liste non exhaustive est publiée dans le journal du 25 janvier 1984 pour accompagner l’article sur le lancement des fêtes. Il y avait aussi, en encadré, les paroles de la chanson-thème des célébrations, « composée par Rachel Willems et Laurier Lapalme, sur une musique de Rachel Willems ». J’ai beau essayer de la turluter dans ma tête, ça ne me revient pas. Il faudrait que quelqu’un de Hawkesbury l’enregistre pour les besoins de YouTube et de la postérité… en remplaçant « 125e » bien sûr.

Refrain
Sur les bords de l’Outaouais,
Au pied des vertes forêts,
Une ville unique, il va sans dire
Hawkesbury, quelle joie d’y vivre;
Ta devise nous inspire son élan,
Toujours ‘Vaillant et veillant’,
Des gens souriants, tenaces, sans pareils,
Hawkesbury, c’est notre merveille.

1er couplet
De l’humble ‘Chenail’, où elle naquit
La ville bien vite s’agrandit.
Par le travail et l’industrie,
Nous sommes aujourd’hui.

2e couplet
Concitoyens chantons la gloire
Et les exploits de nos aïeux;
Célébrons la noble histoire
De la ville, de ses gens heureux.

3e couplet
Un 125e, ça se fête;
Quel bon temps pour mieux se connaître
Entre dans la ronde de l’amitié
Avec nous chante ta fierté.

Avatar de Inconnu

Un richissime Franco-Ontarien

Nous entendons ou lisons rarement une référence au fait qu’il soit Franco-Ontarien et, aujourd’hui, l’un des plus riches Canadiens. Dans Le Carillon du 4 janvier 1984, justement le jour de son 57e anniversaire de naissance, une chronique historique de la Société des écrivains canadiens parle de lui.

« De tous les Franco-Ontariens qui se sont signalés dans le milieu des affaires, Paul Desmarais demeure un des plus remarquables. Né le 4 janvier 1927, à Sudbury, il obtient un baccalauréat en commerce de l’Université d’Ottawa et épouse Jacqueline Maranger en 1953. Officier de l’Ordre du Canada, chancelier de l’université Memorial, de Terre-Neuve, Paul Desmarais est président-directeur général de la compagnie Power Corporation. En dépit de ses imposantes charges administratives, il est membre actif de plusieurs organismes, dont l’Institut de recherches C.D. Howe, le Musée des beaux-arts de Montréal et le Conseil commercial Canada-Chine. De plus, M. Desmarais siège au conseil d’administration de nombreuses compagnies canadiennes; il importe de signaler les suivantes: Investors Group, le quotidien montréalais La Presse, la compagnie Seagram et l’entreprise Hilton Canada Limitée. »

* * *

Je vous ai parlé hier de la chronique de Charles Burroughs sur le fait que Boudria semblait un grand oublié politique et que les conservateurs faisaient tout pour le discréditer. Dans le journal du 11 janvier 1984, il y en a une preuve irréfutable.

« Au moins trois ministres du cabinet Davis et trois autres membres du caucus conservateur de l’Est ontarien seront à Hawkesbury, le vendredi 3 février prochain, afin d’écouter les revendications ou les recommandations de la population régionale. Claude Bennett, des Affaires municipales et du Logement, Normand Sterling, secrétaire du Développement des ressources, et Reuben Baetz, de Tourisme et des Loisirs, seront accompagnés des députés conservateurs Bob Mitchell, de Carleton, Bob MacQuarrie, de Carleton-Est, et de Noble Villeneuve, de Stormont-Dundas-Glengarry. Le groupe siégera dans la salle du conseil à l’hôtel de ville, entre 8 h 30 et 17 heures après avoir passé la veille à Hawkesbury. Divers groupes, ayant préalablement avisé de leur intention, s’adresseront aux représentants du gouvernement et des conservateurs, afin d’exposer leurs revendications. La ville de Hawkesbury, par exemple, fera une présentation à 13 h 30, notamment en ce qui a trait à l’usine d’épuration, à l’aide éventuellement pour soulager le fardeau de la perte d’évaluation de la CIP et d’autres sujets variés. »

Et comme pour valider encore plus les propos du chef de l’information Burroughs, la rencontre avait été coordonnée par le maire Laurent Cayen et le ministre Claude Bennett.

* * *

Et qu’avait répondu Boudria… en bon joueur prudent et fin stratège?

« Contrairement à ce que laissent entendre certains politiciens locaux d’allégeance conservatrice, le député libéral Don Boudria ne se sent pas victime d’un boycottage de la part des gouvernementaux. ‘La plupart des ministres du cabinet Davis sont de véritables gentlemen. J’affirme que la circonscription que je représente a obtenu, depuis mon arrivée à Queen’s Park, sa juste part de subventions.’ »

Était-ce réellement l’heure juste? Plusieurs en doutaient. C’est dans le journal du 11 janvier 1984.

Avatar de Inconnu

Boudria! C’est qui lui?

« La vie d’un député de l’Opposition n’est pas toujours facile, on en convient facilement, surtout lorsque les électeurs qu’il est censé représenter refusent de faire appel à ses services. » Il ne faut pas oublier qu’avant l’élection du libéral Don Boudria, les comtés avaient été représentés par des conservateurs, Louis Cécile puis Albert Bélanger… deux longues dynasties.

Charles Burroughs consacre une grande partie de sa chronique du 28 décembre 1983 dans Le Carillon au fait qu’on ne semble pas vouloir n’accorder aucun crédit à Boudria dans la région. Le jeu de coulisses en était ridicule tellement il était évident.

« La campagne électorale en vue de la prochaine élection provinciale est déjà amorcée et fonctionne à pleine vapeur, du moins du côté des progressistes-conservateurs, et le député libéral Boudria en subit les répercussions à tous les coins de rue. C’est du moins l’impression qu’on obtient quand on observe de près les agissements des dirigeants de la plupart des municipalités de Prescott-Russell.

Il appert en effet, à ce stade-ci, que les élus municipaux font des pieds et des mains pour reléguer le député libéral aux oubliettes et pour aider les conservateurs à reconquérir le territoire perdu lors de la défaite du député J.-Albert Bélanger, il y a près de deux ans. Le fait que deux maires (Laurent Cayen de Hawkesbury et Gaston Patenaude de Russell) sont déjà sur la liste des candidats possibles du PC n’est sûrement pas étranger à cette attitude.

Pour les élus municipaux, le mot d’ordre est le suivant : pas de crédit pour Boudria; passez plutôt par l’antichambre du pouvoir.

Majoritairement d’allégeance conservatrice, c’est un fait connu, les maires des différentes municipalités de la région ont entrepris d’ignorer complètement le député de l’Opposition lorsqu’il s’agit d’obtenir des faveurs de Queen’s Park. Pour ce faire, on a la plupart du temps recours aux services des députés conservateurs des circonscriptions voisines, ou encore à ceux des hauts placés du Parti progressiste-conservateur local, pour obtenir les importants rendez-vous avec les ministres les plus influents du cabinet Davis. Ces derniers, de toute façon, ne se font pas tordre les bras pour jouer complices, le plus notoire d’entre eux étant sans contredit le ministre des Affaires municipales et du Logement, M. Claude Bennett, qui s’est proclamé lui-même le protecteur de Prescott-Russell depuis le départ du député J.-Albert Bélanger.

M. Bennett, qui ne s’est jamais fait prier pour soigner sa publicité personnelle, est celui qui annonce pratiquement toutes les ‘bonnes nouvelles’ touchant la circonscription. Et les autres ministres ne se font pas prier pour l’imiter non plus.

Malheureusement, il semble aussi que ce sont les contribuables de la région qui sont les plus perdants dans cette souque à la corde politique. La circonscription, selon certaines sources dignes de foi, aurait perdu d’importantes subventions l’an dernier parce que le gouvernement ne voulait pas que le député Boudria s’en approprie le crédit. »

La stratégie des conservateurs n’a pas fonctionné. Le parti n’a jamais repris la circonscription depuis plus de 30 ans.

* * *

« Une religieuse originaire de L’Orignal, connue pour son dévouement inlassable auprès des malades et des alcooliques de la région d’Ottawa, vient d’être décorée de l’Ordre du Canada. Sœur St-Bertrand, qui a passé la majeure partie de ses 48 ans de vie religieuse à travailler dans des hôpitaux de la région de la Capitale, et fondatrice en 1969 de la Maison de la Sérénité, un centre de réhabilitation pour alcooliques, s’est retrouvée parmi les 68 Canadiens récipiendaires de l’Ordre du Canada, la plus haute distinction au pays. Elle avait été proclamée, pour les mêmes raisons, la Citoyenne de l’année à Ottawa, en 1981. Née Thérèse Bertrand, le 23 octobre 1918, Sr St-Bertrand est entrée en religion chez les Sœurs de la Charité d’Ottawa (alors les Sœurs Grises de la Croix) en 1935. Elle est la fille de feu Jean-Baptiste Bertrand et de feue Luména Lanthier, de L’Orignal. (…) Maintenant âgée de 75 ans, elle consacre encore une partie de ses énergies à la pastorale au Centre de santé Elizabeth-Bruyère, tout en continuant les visites des malades et des vieillards à domicile. »

C’était dans le journal du 28 décembre 1983 et je tiens pour acquis qu’elle nous a quittés il y a quelque temps.

Avatar de Inconnu

« Bonjour, Jean-Maurice, c’est Jean! »

Ça, c’est parmi mes plus beaux souvenirs, toutes villes confondues. Le président de l’Association du hockey mineur de Hawkesbury, Jean-Guy « Horace » Cyr, m’avait demandé d’être le président d’honneur de leur tournoi annuel « Siècle et quart » du printemps de 1984. Mais j’avais trouvé que c’était bien beau prêter mon nom au tournoi, mais que je devais faire un peu plus. Sans en parler à qui que ce soit, j’écris une lettre à l’organisation des Canadiens de Montréal (il n’y avait pas de courriel à l’époque) leur demandant si un joueur du club pouvait honorer de sa présence cet important tournoi local. Un jour, je reçois un appel téléphonique : « Bonjour, Jean-Maurice, c’est Jean! » Il m’explique que l’équipe jouera sur la côte ouest pendant la période du tournoi et me demande si lui ferait l’affaire. J’ai répondu par un court silence… et un oui évident. J’annonçais la nouvelle à la une du journal Le Carillon du 21 décembre 1983, un petit cadeau de Noël aux amateurs de hockey mineur locaux.

« Jean Béliveau, ancien joueur étoile et capitaine des Canadiens de Montréal, sera l’invité d’honneur au tournoi ‘Siècle et quart’ de l’Association du hockey mineur de Hawkesbury, en mars prochain. Celui qui portait le no 4 dans l’uniforme du Tricolore sera à Hawkesbury le vendredi 16 mars. Le président du comité d’organisation du tournoi, Jean-Maurice Filion, a indiqué que le vice-président aux relations publiques des Canadiens participerait aux cérémonies d’ouverture du tournoi et serait sans doute reçu par les autorités municipales. » Quand j’avais annoncé la nouvelle au maire Lucien Berniquez, il avait insisté pour que la ville accueille comme il se doit le grand Béliveau. J’y reviendrai.

* * *

« Allen Mainville, à 39 ans, part de Beaconsfield pour venir relever de nouveaux défis dans une ville en plein développement industriel. La ville qu’il gère présentement à une vocation strictement résidentielle. » Mainville remplacerait l’administrateur en chef Pierre-J. Tessier, à compter de février 1984. La nouvelle est publiée dans le journal du 21 décembre 1983. Cet « ancien diplômé de l’école secondaire de Vankleek Hill » est « à l’emploi de la cité de Beaconsfield depuis 1965. Il a été successivement comptable en chef, secrétaire-trésorier puis, depuis 1978, gérant municipal, l’équivalent de l’administrateur en chef. » Je dois avouer ne pas me souvenir de lui et pourtant j’ai dû le rencontrer très souvent en couvrant les activités municipales.

* * *

À une certaine époque, il avait été le doyen du Conseil des comtés unis de Prescott-Russell. Dans le journal du 28 décembre 1983, les lecteurs apprennent le décès de celui qui avait été maire du canton de Cambridge pendant 28 ans. Louis Ernest Brisson avait été maire entre 1954 et 1982. Il « est décédé le lendemain de Noël à 23 heures d’une crise cardiaque, alors que l’ambulance le transportait à l’hôpital. (…) Membre influent au Conseil des comtés unis durant sa carrière municipale, il avait été élu président de cet organisme à deux reprises, soit en 1956 et en 1971. M. Brisson était aussi un membre actif du parti conservateur provincial, et ses fonctions municipales l’ont mené à la Société de conservation de la rivière Nation-Sud durant plusieurs années, comité qu’il présidait en 1982. »

Avatar de Inconnu

Le programme alternatif allait trop bien

L’idée était assez simple. « La clientèle du programme est généralement issue des élèves qui ont quitté prématurément l’école, avant l’obtention de leur diplôme, des jeunes adultes ou des gens plus âgés. Ce diplôme obtenu individuellement peut ensuite leur ouvrir de nouvelles portes sur le marché du travail. » Il s’agissait du programme dit alternatif et il était offert depuis quatre années par le Conseil d’éducation de Prescott-Russell. Mais dans Le Carillon du 14 décembre 1983, on apprend que le « programme serait menacé à la suite du changement de politique du ministère de l’Éducation ». Plus de 1000 personnes étaient inscrites au programme dans les six écoles secondaires des comtés unis de Prescott et Russell : 333 à Hawkesbury, 238 à Plantagenet, 215 à Casselman, 203 à Rockland, 150 à Vankleek Hill et 43 à Embrun. « Le service offre une approche nouvelle à quiconque désirait compléter son cours secondaire de façon individuelle, à son propre rythme, tout en bénéficiant de l’enseignement personnalisé dans chaque matière offerte dès que la personne inscrite en ressent le besoin. » La nouvelle politique du ministère réduisait considérablement les subventions accessibles pour le financement d’un tel programme et la décision était rétroactive, c’est donc dire que le Conseil d’éducation devait « respecter les engagements pris auprès de la clientèle scolaire du programme alternatif », mais trouver l’argent dans son budget ordinaire. Heureusement, la politique ne touchait pas le financement des programmes d’éducation permanente, mais le service personnalisé disparaîtrait.

* * *

Le Conseil municipal de Hawkesbury avait autorisé un ramoneur de Granby, Yvon Ouellette, à offrir ses services dans la ville jugeant que c’était un service dont profiteraient assurément les citoyens. Leur décision a fait réagir un ramoneur de L’Orignal, « se qualifiant de local », qui trouvait que ce serait de la concurrence déloyale. Norman Doucet avait exercé des pressions à plusieurs niveaux afin de faire infirmer cette décision. Mais comme on l’apprend dans le journal du 14 décembre 1983, le ramoneur de Granby n’avait pas besoin d’autorisation du Conseil pour venir offrir ses services à Hawkesbury, ce qu’avait expliqué le conseiller juridique Edmond Woods. « Le ramoneur du Québec exige des frais de 8 $ pour une maison d’un étage et de 12 $ pour une de deux étages. » Quant à Doucet, « il exige pour sa part 38 $ pour le même travail. À son avis, il est impossible qu’il puisse payer l’essence pour son ou ses camions, l’équipement de ramonage et le salaire d’au moins un employé à ce tarif. » Selon un site Web, en 2010, il en coûtait 59 $ pour une maison d’un étage et 69 $ pour une de deux étages. À tout considérer, le taux de 38 $ semblait cher pour il y a 30 ans.

* * *

Un petit brin d’histoire dans une chronique historique de la Société des écrivains canadiens dans le journal du 14 décembre 1983, cette fois sur l’arrivée des Oblats et leur rôle auprès de la francophonie ontarienne. La voici :

« Parmi les communautés religieuses les mieux connues en Ontario français, les Oblats de Marie-Immaculée occupent certes une place de choix. Les premiers missionnaires envoyés au Canada arrivent le 2 décembre 1841, à Saint-Hilaire (Québec); ils s’installent plus tard à Montréal, puis à Bytown (Ottawa) dès 1844. Leur supérieur Joseph Eugène Bruno Guigues est d’ailleurs nommé évêque de Bytown trois ans plus tard.

Mgr Guigues s’occupe activement de colonisation; aussi les Oblats sillonnent-ils toute la vallée de l’Outaouais, depuis le comté de Prescott jusqu’au chantier de Mattawa. Missions, dessertes et paroisses voient le jour sur le passage des Pères Oblats, que ce soit à Saint-Isidore, L’Orignal, Embrun, Mattawa, Hearst, Moonbeam, Kapuskasing, Timmins ou Oshawa.

Les fils de Mgr de Mazenod, leur fondateur, s’intéressent aussi à l’éducation et aux communications. Leur collège à Bytown devient l’Université d’Ottawa et nombre d’entreprises de presse portent leur marque, notamment Le Droit (1913) et le poste CKCH (1940), sans compter les multiples publications du Centre catholique, devenu Novalis. Enfin, c’est un oblat, le Père Charlebois, qui suscite la création de l’ACFO, dont le secrétaire général est également un oblat, le Père Joyal, de 1934 à 1944. »

Avatar de Inconnu

« Les jeunes d’aujourd’hui… »

Aujourd’hui, Stéphane Parisien est directeur général et secrétaire des Comtés unis de Prescott-Russell. Mais à l’époque, il était un élève du secondaire qui avait été lauréat du concours oratoire annuel du club Richelieu de Hawkesbury. Nous avions reproduit son discours dans Le Carillon, mais j’ai oublié de noter la date de parution. C’était sans doute au printemps de 1982. Le voici :

Lorsqu’on entend ces trois petits mots au début d’une phrase, on peut parler avec une certaine assurance que le reste de cette phrase va constituer une exagération de taille, soit dans le sens positif ou dans le sens négatif. Les jeunes d’aujourd’hui…

M. le président, membres du jury,
membres du club Richelieu, chers invités

Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas le sens des responsabilités… Les jeunes d’aujourd’hui ne savent pas ce qu’ils veulent, ils ne veulent pas travailler… ils ne savent même pas travailler. Bien sûr, il y a des exceptions à la règle, mais reste qu’ils ne savent pas écrire le français, ils sont toujours en jeans… Bref, on a plus les jeunes qu’on avait.

Mais « non » diront d’autres; les jeunes d’aujourd’hui s’expriment mieux que leurs parents, ils sont plus vrais que leurs aînés, ils sont plus débrouillards, ils sont moins matérialistes, en somme, les jeunes d’aujourd’hui sont des « idéalistes ».

D’ailleurs, comme chacun le sait, il n’y a pas plus d’enfants même si de plus en plus de gens vont à l’école jusqu’à l’âge de trente ans. Les vingt-cinq ans de Pierrot, les trente ans de nos universitaires doutes et doctorats, le p’tit Latrimouille qui est devenu grand, pendant que Bobino et Bobinette n’ont pas changé depuis quinze ans. OÙ commence et OÙ finit cette jeunesse dont on dit tant de mal, dont on dit tant de bien?

D’ailleurs, pourquoi tant de gens s’acharnent-ils à rester jeunes? Au point où on a défini les quarante ans comme la fleur de l’âge! À quel âge le fruit vient-il donc? Il est curieux, certes, d’entendre certaines personnes dire, du même souffle, qu’ils ont le cœur jeune et que les jeunes n’ont pas de cœur.

Les vieux accusent facilement les jeunes de manquer de jugement, mais les jeunes méprisent les vieux pour leurs préjugés. S’agirait-il d’un conflit de générations? Car il faut dire que les jeunes ont aussi une opinion des vieux. Les vieux sont pourris… ils ne comprennent rien, ils sont tous bourgeois et matérialistes, ils sont insupportables, ils ne pensent qu’à l’argent. Ma mère ne comprend rien et, mon père, il n’est pas « parlable ».

Il faut que jeunesse se passe et que vieillesse se tasse… Où bien encore : « C’était beau dans l’ancien temps! On avait le temps de vivre… »

C’est grâce aux vieux si on est ce qu’on est… D’ailleurs, comme chacun le sait, il n’y a plus de vieux, il y a un troisième âge, un quatrième âge et un âge d’or, même si de plus en plus de gens prennent leur retraite à vingt-cinq ans à travers un chèque de bien-être social ou d’assurance-chômage.

Quand commence-t-on à être vieux? Quand on perd ses cheveux, ses illusions, ou autre chose? Quand on acquiert la sécurité, la tranquillité et le confort? À travers tous ces préjugés, toutes ces incompréhensions, se manifeste beaucoup moins de fantaisie que de travers. C’est l’envie qui pousse les adultes et gens d’âges mûrs à accuser les jeunes. C’est l’impuissance qui amène les jeunes à méprises les adultes. Il ne reste pas moins que grands-parents et petits-enfants s’entendent souvent mieux que parents et enfants. C’est une fantaisie qu’on retrouve presque dans chaque famille. Les parents, les gens de quarante ans et cinquante ans seraient-ils les seuls vrais vieux? Ils seraient donc les seuls jeunes et les jeunes seraient au fond aussi vieux que les vieux avec qui ils s’entendent bien! Si la vieillesse est un retour à l’enfance, le retour « d’âge » retourne vers quoi au juste? La morale de l’histoire ; c’est en vieillissant qu’on comprend les jeunes! C’est en restant jeune qu’on aime les vieux!

Avatar de Inconnu

Le Parc Belmont à Hawkesbury… on y avait songé

C’était trop beau pour être vrai, mais il fallait y croire un peu. « Des discussions sont en cours afin de déménager les installations du parc Belmont à Hawkesbury. » C’est forcément à la une du journal Le Carillon du 7 décembre 1983. Le directeur des loisirs, Michel Major, en avait annoncé la nouvelle. « M. Major a rencontré les dirigeants du Parc Belmont Inc., propriétaire des installations, pendant environ trois heures. ‘Ils ont été très réceptifs à notre proposition au début, puis ils ont posé plusieurs questions’, a-t-il commenté. Avant la construction de La Ronde, le parc Belmont constituait un des lieux d’amusement les plus populaires de Montréal. La réputation du parc dépassait d’ailleurs les limites de cette ville, car les visiteurs venaient des environs pour s’y amuser. » Major avait estimé que le parc Belmont « amènerait 300 000 personnes par année à Hawkesbury ».

« Quant aux chances réelles de déménagement à Hawkesbury, elles seraient favorisées par le climat de dispute qui règnerait entre Parc Belmont Inc. et Montréal au sujet de taxation. Les dirigeants de l’entreprise auraient l’impression que la ville essaie de les anéantir pour favoriser La Ronde qu’elle exploite elle-même. Si le projet se concrétisait, les appareils seraient installés sur la Grande Île, a indiqué M. Major. ‘Ce serait une petite Ronde’ a-t-il ajouté. Les visiteurs accéderaient à l’île par traversier ou autrement, selon les solutions qui seraient éventuellement avancées. » Voilà, l’histoire d’un autre rêve impossible.

* * *

Je vous ai parlé il y a quelques jours du motel ROTEL des clubs Rotary au Centre des sciences de la santé d’Ottawa. Cette fois, dans le journal du 30 novembre 1983, il était question du projet de construction d’un Manoir Ronald McDonald, mais cette fois-ci uniquement à l’intention des enfants qui seraient à l’Hôpital pour enfants de l’Est ontarien, mais dans le même secteur. Une grande campagne avait été organisée dans toute la région afin d’amasser les 800 000 $ nécessaires au projet et l’idée était simplement de vendre des « briques au coût de 5 $ chacune ». C’était une bonne idée. « Pour la somme de 5 $, un individu reçoit un certificat attestant avoir acheté une brique. Un numéro de série sur le certificat, correspondant à un numéro imprimé sur chaque brique, permettra à un donateur de retrouver ‘sa’ brique une fois l’édifice complété. (…) Le Manoir McDonald servira de logement temporaire aux familles de jeunes enfants victimes de la maladie, particulièrement le cancer et la leucémie, qui doivent séjourner pendant quelque temps à proximité de l’hôpital. » Le Manoir est toujours là.

* * *

Un encadré dans le journal du 7 décembre 1983. « Le Journal de Cornwall, fondé par Le Carillon le 26 août 1977, vient de changer de propriétaire. » Le journal avait été « vendu à M. Roger Duplantie pour un montant non divulgué. (…) Il était le directeur général du Journal de Cornwall et était au service de cette entreprise depuis sa fondation. » Aujourd’hui, ce même Roger Duplantie est directeur général de la Compagnie d’édition André Paquette, qui a racheté le Journal de Cornwall en cours de route. Ce journal est toujours publié et il est devenu bilingue comme la plupart des journaux de cette chaîne.

Avatar de Inconnu

Une nouvelle clinique médicale près du futur hôpital

« Le projet de la clinique médicale près du nouvel Hôpital général de Hawkesbury et la région sera réalisé pour l’automne prochain. » Le Dr Jean-Jacques Bergevin en avait fourni les détails pour un article publié dans Le Carillon du 16 novembre 1983. La clinique regrouperait les bureaux de Bergevin, mais aussi des docteurs Jean Fairfield, François Théorêt (mon médecin de famille quand j’habitais Hawkesbury) et Lowesha Kapijimpanga, le chirurgien attitré de l’HGH. Il y aura aussi une pharmacie. Cette clinique est toujours là d’ailleurs sur le terrain bordé des rues Ghislain, Duplate et Spence.

* * *

Très sympathique bonhomme que ce Laurent Farmer, de Plantagenet. Dans le journal du 16 novembre 1983, il est question de sa retraite comme agronome du comté de Prescott après 36 ans de carrière en agriculture. Il avait aussi été conseiller scolaire pendant une vingtaine d’années. Il avait annoncé qu’il prendrait sa retraite le 31 décembre 1983. « Âgé de 62 ans, il est agronome du comté de Prescott depuis 1951. Il est natif de Sarsfield, d’une famille de 14 enfants. Marié à Micheline Allard, il est le père de cinq enfants. (…) Son premier emploi comme propagandiste en industrie animale à Moncton en 1951 avait été précédé d’un séjour à l’Institut agricole d’Oka. Le poste d’agronome et coordonnateur des programmes agricoles du comté de Prescott lui était accordé ensuite. » Ses patrons du ministère ontarien de l’Agriculture et de l’Alimentation avaient nommé André Pommainville à sa succession, « originaire de Limoges et présentement agronome à North Bay pour le district de Nipissing ». En 1971-1977, André Pommainville avait d’ailleurs été l’adjoint de Laurent Farmer dans le comté de Prescott.

* * *

Il fallait bien donner l’exemple. La nouvelle est dans le journal du 23 novembre 1983. « La Société de gestion André-Paquette a été la première entreprise privée à souscrire à l’idée de meubler une salle du nouvel Hôpital général de Hawkesbury et la région à la suite de la distribution d’une circulaire pour la Campagne de souscription. Le don de 21 125 $ remis lundi servira à meubler la salle de traitements chirurgicaux d’urgence. André Paquette avait déclaré que « nous devions ce don à la population de Hawkesbury qui nous a fait vivre durant les 36 années d’existence du Carillon ». Le don avait été fait au nom « de la famille de Thérèse et André Paquette, ainsi que des employés du journal Le Carillon et de l’Imprimerie Prescott-Russell ». Nous en avions tous été fiers.

* * *

Le téléfilm s’intitulait « The Day After » et illustrait « très graphiquement une minime partie des ravages que ferait une attaque nucléaire mondiale massive ». Il en avait été beaucoup question à l’époque le lendemain de sa diffusion aux États-Unis et partout par la magie de la câblodistribution. Je me souviens de la dernière scène du film. Un chef d’antenne qui décrit la détonation nucléaire comme un incident comme tout autre quelque part en Amérique… pour continuer ensuite son bulletin avec une autre nouvelle. « And life goes on » diraient les Américains! J’en parlais dans le journal du 23 novembre 1983.