Feuilleton sur une époque longtemps disparue (6)

L’Adanac ferme

Les sources continuèrent à accueillir des visiteurs plusieurs années après la fermeture de l’attrayant Grand Hôtel toutefois. Et lorsque M. Leduc acheta la propriété du CPR, un hôtel opérait encore, souligne M. Leduc. Il s’agissait de l’Adanac Inn, géré par M. Arthur Dubois, celui-là qui avait agi en tant que caddie au terrain de golf du Grand Hôtel. L’Adanac n’avait pas cependant l’attrait mondain de son prestigieux prédécesseur. On y venait d’abord et, surtout, pour soigner des malaises rhumatismaux.

Finalement, en 1947 après la guerre, l’appauvrissement général de la population, la fin de la mode contribuèrent à la fermeture de l’Adanac et la fin de l’exploitation commerciale des sources.

À l’Adanac Inn, Rutherford faisait sa cure de bain chaque année

Tous les ans, Raymond Rutherford, un riche aviculteur du Connecticut arrivait l’été pour un séjour à l’Adanac Inn, courbaturé, vieilli, traînant de la patte et béquille sous le bras. Après trois semaines de bains répétés dans les « eaux » magiques de sources de Caledonia Springs, c’était un tout nouvel homme qui sautait dans le train pour les États-Unis.

« Il faisait vraiment pitié à voir lorsqu’il nous arrivait chaque année, relate M. Arthur Dubois, qui a été propriétaire du dernier hôtel de Caledonia Springs, l’Adanac Inn. Mais nos traitements ne manquaient jamais de le revigorer. Au bout de quelques jours, il suspendait ses béquilles et allait et venait comme un homme dans la fleur de l’âge. Il était un fervent inconditionnel des sources et croyait fermement en ses propriétés curatives.

M. Dubois se souvient particulièrement de M. Rutherford, qui avec son épouse, étaient parmi les meilleurs clients de l’Adanac Inn. Mais il y en avait plusieurs comme eux pendant les années 30 et jusqu’à la fin des opérations en 1947.

Les clients, qui à cette époque, étaient devenus presque des patients en quête d’une fontaine de jouvence, réservaient habituellement pour une semaine. Ceux comme M. et Mme Rutherford, qui venaient de loin, se réservaient une chambre pour deux ou trois semaines. Aussitôt le dépaquetage de leurs affaires terminées, ils se dirigeaient vers la chambre des bains, relate M. Dubois. Là ils s’étendaient dans un bain contenant de l’eau chauffée à environ 100 degrés Fahrenheit et parfois plus, après avoir ingurgité à intervalles réguliers des tasses d’eau sulfureuse.

M. Dubois exerçait une surveillance constante sur les baigneurs pour éviter qu’ils ne se décontractent trop. Après une quinzaine de minutes, il aidait le client affaibli par le laps de temps couché dans les eaux chaudes à se relever et lui entourait soigneusement le corps d’épaisses couvertures de laine pour l’amener à suer à pleins pores.

Telle était la fontaine de jouvence des vieillards, rhumatisants ou simples gens soucieux d’afficher une jeunesse éternelle.

Demain : Qui a fermé le Grand Hôtel?

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