Feuilleton sur une époque longtemps disparue (4)

Caledonia : plusieurs se souviennent

par Yves Rouleau

Les mémoires s’estompent. Ils ne sont plus que quelques-uns à pouvoir ressasser de lointains souvenirs de l’époque glorieuse des sources et de la vie mondaine à Caledonia Springs.

M. Arthur Dubois, âgé de 80 ans, se souvient d’avoir agi en tant que caddie pour les riches golfeurs sur le terrain du Grand Hôtel. Un septuagénaire, M. Earl Butler, aime remémorer la curiosité que provoquaient les élégants visiteurs lorsqu’ils descendaient de gare. Quant à M. Reynald Leduc, son âge l’empêche de garder quelque souvenir que ce soit de l’époque grandiose des sources, mais il se rappelle des installations qui étaient toujours debout lorsque son père a acquis la propriété de plus de 400 acres en 1943. M. Ubald Leduc avait acheté le terrain du Canadian Pacific Railway qui désirait ardemment s’en défaire.

Comme la plupart des enfants d’agriculteurs des environs, M. Dubois, qui a maintenant élu domicile à cinq kilomètres au nord de Caledonia Springs, sur le chemin du Blue Corner en bordure de la route 17, raconte qu’il trouva à se faire embaucher par le Grand Hôtel. Dès l’âge de 10 ans, il parcourait les verts du terrain de golf portant les bâtons des riches joueurs. Il gagnait pour cette tâche le salaire très appréciable de 10 sous par jour.

« C’était un salaire plus qu’intéressant pour un enfant de 10 ans à cette époque », confie-t-il.

Bien que les habitants des environs n’eurent jamais l’occasion de profiter du luxe du domaine des sources, ils appréciaient tout de même son existence, car plusieurs y trouvaient un emploi, le plus souvent à temps partiel à cause de leur métier d’agriculteur.

Les jeunes filles étaient embauchées dans les cuisines, la buanderie, parfois même en tant que femme de chambre. Les garçons, considérés trop jeunes par leurs parents pour participer aux travaux de la ferme, étaient engagés comme caddie.

Deux mondes vivaient cependant côte à côte dans Caledonia Springs sans se mêler. Toutefois, la tentation d’admirer de plus près cette gent aisée était parfois irrésistible, raconte M. Dubois. Il lui arrivait donc parfois, avec des copains, de risquer une excursion sur le terrain du Grand Hôtel. Il se souvient même quelquefois de s’être aventuré sur la galerie de l’établissement. « Le gérant avait un chien, pas très gros, mais qui jappait très fort, qui nous faisait peur et ainsi nous déguerpissions », indique M. Dubois.

Demain : À travers les clôtures

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