Feuilleton sur une époque longtemps disparue (1)

À l’époque de mon « Retour sur hier », Caledonia Springs était souvent l’objet de conversations. Dans notre coin de pays, ce centre de villégiature de la belle époque faisait rêver, bien qu’à peu près personne encore vivante n’en ait été témoin direct. Mais la « légende » se perpétuait de bouches à oreilles. Des recherches sur le Web vous donneront peu d’information sur les sources de Caledonia Springs et son prestigieux Grand Hôtel, sauf des références à un ou deux livres. Au cours des prochains jours, je reproduirai le fruit des recherches de mes journalistes Monique M. Castonguay et Yves Rouleau. Ces reportages avaient été publiés dans les éditions des 10, 17, 24, 31 août et 7 septembre 1983 du journal Le Carillon.

Caledonia Springs : c’était à la belle époque

par Monique M. Castonguay

L’histoire de Caledonia Springs m’avait été racontée, par bribes. Toutefois, certains éléments manquaient pour laisser croire l’histoire d’un site aussi fabuleux, disparu après plus d’un siècle de gloire.

Reste encore que ce phénomène de la nature, quatre sources différentes aussi rapprochées l’une de l’autre, ainsi que l’exploitation dont elles ont été entourées, ne laissent personne indifférent malgré la disparition des édifices majestueux et de la communauté de ce hameau.

Cette série d’articles réalisés par mon confrère Yves Rouleau et moi-même présente les différents aspects de ce qu’a été, ce qu’est et ce que sera ce coin de pays unique situé dans les comtés unis de Prescott et Russell.

Bien plus qu’un poste d’arrêt pour s’abreuver à l’eau des quatre sources ou un hôtel de santé, Caledonia Springs vivait jusqu’à il y a cinquante ans comme tout autre communauté de l’époque.

Le village comptait en 1839 quelque 160 âmes, selon les recherches de M. Lucien Brault, publiées dans le livre « L’histoire des Comtés unis de Prescott et de Russell ».

Outre le Grand Hôtel et sa ferme d’approvisionnement, la population locale pouvait compter sur un fabriquant de bardeaux, une salle de billard, un tailleur, un boucher, une maison de pension, un voiturier, un forgeron, un cordonnier et deux autres hôtels, soit l’Adanac et l’Ottawa. Le bureau de poste y a été ouvert en 1853, fermé dix ans entre 1886 et 1896, et fermé définitivement le 30 avril 1960; la gare du Canadian Pacific y était fermée la même année.

En 1900, on parle des trois hôtels, de deux chapelles, l’une catholique et l’autre anglicane, deux magasins, un bain public et une usine d’embouteillage de l’eau de source saline et sulfureuse.

C’est à cette époque que l’endroit aurait connu son apogée, principalement grâce à la clientèle du Grand Hôtel. Les touristes en quête d’une cure de santé arrivaient généralement de Montréal jusqu’à Pointe-Fortune par bateau, et ensuite par une voiture à cheval qui faisait escale à L’Orignal. Les différentes éditions des brochures publicitaires de l’époque à compter de 1844 font généreusement état des qualités des sources et de leurs propriétés médicinales, des activités et du tout confort de cet hôtel de grand luxe. Il était le moteur économique, l’industrie locale, principalement durent la saison d’été entre mai et octobre, mais aussi durant l’hiver avec une clientèle moins nombreuse.

Demain : Le Grand Hôtel

Une réflexion sur “Feuilleton sur une époque longtemps disparue (1)

  1. C’est vrai qu’il n’existe pas beaucoup d’information sur les sources de Caledonia Springs. Ma mère est née à Pointe-Fortune en 1925 et me racontait, de son vivant, qu’elle avait travaillé comme femme de ménage dans un hôtel, ou une maison de chambre, que sa tante appartenait à Pointe-Fortune. Il y avait une grande clientèle qui passait par là pour se rendre à Caledonia Springs. Elle n’était qu’une très jeune fille à l’époque, un enfant même. Ma grand-mère maternelle et mes grandes tantes travaillaient toutes dans l’hôtellerie. Ma grand-mère était veuve et avait trois enfants, soit ma mère et sa jumelle, ainsi que mon oncle Gaston Cousineau. Elle a dû se remarier pour le bien de ses enfants. C’est triste à dire, mais c’est ça. Il n’y avait pas d’aide financière pour les veuves, durant ces années.

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