Des Samaritaines… et elles étaient bonnes

Le nom était approprié et leur fondation remontait au 10 janvier 1967. Il était donc approprié que cet organisme qui oeuvrait « dans l’ombre depuis 15 ans » soit honorée à l’occasion de son quinzième anniversaire. Et comme le rapporte Le Carillon du 13 janvier 1982, la présidente fondatrice Rhéa McGuire « souhaitait qu’il en soit encore ainsi pendant plusieurs années ». Mme McGuire répétait un dicton de sa grand-mère : « Le bruit fait peu de bien et le bien peu de bruit ». Rhéa McGuire avait formé « un groupe de femmes bénévoles dont l’objectif premier était de s’occuper des soins aux résidants de Pleasant Rest ». Il s’agissait d’une résidence de soins de longue durée surtout pour les personnes âgées. Les Bonnes Samaritaines avaient attiré l’élite et les autorités locales à son banquet d’anniversaire. Je ne sais pas si cet organisme existe encore 30 ans plus tard. Mais Pleaseant Rest est encore là, à L’Orignal. Mon père, 93 ans, y est décédé il y a déjà 16 ans après un séjour de moins de deux semaines. En résidence… ce n’était pas pour lui.

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Le gérant de la Banque de Nouvelle-Écosse n’avait manifesté aucune sympathie à l’endroit du producteur de porcs Robert Gibbs qu’il menaçait de saisie s’il ne réglait pas ses dettes. Mais c’était sans compter sur l’Association des producteurs de porcs du comté de Prescott, comme l’explique le journal du 16 janvier 1982. « Le gérant, M. Dagenais, paraissait faire la sourde oreille aux demandes de M. Gibbs jusqu’à mardi soir, jusqu’à ce que le comité de survie des producteurs de postes du comté de Prescott lui annonce que des producteurs allaient manifester devant la banque le lendemain matin s’il ne changeait pas sa décision. » Dagenais avait assoupli ses exigences et avait octroyé un sursis au producteur le temps que celui-ci obtienne l’aide financière nécessaire. La manifestation n’avait pas été nécessaire en fin de compte. « Ce père de famille de Dunvegan propriétaire d’une porcherie de type ‘maternité’ de cinquante truies est le premier producteur à bénéficier des pressions du comité de survie des producteurs de porcs du comté de Prescott. »

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Un texte intéressant dans le journal du 16 janvier 1982 sur les 106 ans et les quatre générations de Lamarre et fils, entrepreneurs de services funéraires bien connus d’Alfred. Cyprien Lamarre avait démarré tout ça à Bourget (« qui s’appelait alors ‘The Brook’ ») en1875 et Télesphore Lamarre déménageait ses pénates à Alfred en 1924. L’entreprise y est là depuis. En 1982, c’était Léon Lamarre et son fils Gilles qui s’occupaient maintenant de la société familiale. Dans le reportage, Léon Lamarre rappelle la procédure de l’époque : « (…) on n’embaumait pas à cette époque reculée – préparer l’exposition avec tous les rites du temps, tout en consolant la famille éplorée, cela relevait de l’entrepreneur. La famille veillait ensuite le corps en chapelle ardente jour et nuit pendant 72 heures jusqu’au matin des funérailles. » J’ai d’ailleurs souvent entendu des gens, surtout d’un certain âge, dire qu’ils allaient « veiller au corps ». La mode des salons funéraires remonterait à 1940 selon le texte. Et l’article se terminait par quatre paragraphes qui décrivaient les rites funèbres de l’époque… Si je n’ai pas connu ça, je tiens pour acquis que très peu de lecteurs aussi. Un brin d’histoire où il est question de Cyprien Lamarre :

« Une fois rendu dans la maison du défunt, il allait chercher la table sur laquelle on étendait le corps. Il apportait aussi deux bancs, deux chandelles, des lampions qui allaient brûler jour et nuit. Il y avait également deux anges qui garnissaient les fenêtres, un crucifix et un bénitier sur une table recouverte de noir et de blanc. La porte de la chambre d’exposition était décorée de noir et jaune pour indiquer l’endroit.

À la porte de la maison, on installait un crêpe de porte. C’était une espèce de pavillon noir qui indiquait la mortalité dans la famille et que le corps du défunt reposait en chapelle ardente. Ce n’est que plus tard que vint la coutume d’accrocher à la porte une couronne de fleurs pour transmettre le même message aux voisins et aux passants.

Avant de quitter les lieux, Cyprien prenait les mesures du corps, et de retour chez lui, il fabriquait lui-même un cercueil sur mesure. Ces cercueils avaient un peu la forme d’un canot et c’est d’ailleurs ainsi qu’on les appelait.

Le jour des funérailles, l’entrepreneur se rendait dans la famille avec corbillard et cercueil et on y déposait le défunt pour se rendre à l’église. Les chevaux, tout noirs, étaient revêtus d’un drap noir et les porteurs portaient le brassard noir. Quant aux églises, on se souviendra qu’il n’y a pas si longtemps, on bloquait les fenêtres de rideaux noirs opaques et le prêtre portait les ornements noirs. »

Ça je me souviens de cette dernière partie parce que, encore au primaire, j’étais souvent « servant de messe » à des funérailles… de très nombreuses fois en fait. Je me souviens aussi vaguement de la mort de ma grand-mère à Duhamel où tout s’était justement passé dans la maison ancestrale de mes grands-parents. Mais ne me demandez pas de détails.

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