Un prêtre que j’admirais beaucoup

Je parle de lui dans ma chronique du journal Le Carillon du 27 juin 1981. « L’exposition d’aquarelles de Normand Laurin, en fin de semaine, a attiré plusieurs amateurs à Chute-à-Blondeau. Les scènes de Chute-à-Blondeau, St-Eugène, L’Orignal et Vankleek Hill ont rappelé des souvenirs à plus d’un. L’‘attraction secondaire’ était la blessure subie par l’artiste alors qu’il donnait des cours à l’Institut Archambault à Montréal: un détenu lui a presque arraché l’œil avec son poing. » J’ai toujours une de ses aquarelles sur le mur du salon… un oiseau perché sur des roseaux au bord de l’Outaouais près de Chute-à-Blondeau, mon village natal. Quant à Normand Laurin, il avait été professeur au petit séminaire quand je fréquentais cette institution. Je n’ai pas eu de ses nouvelles depuis plusieurs années… en fait, depuis cette exposition à laquelle j’avais assisté.

Voici ce que l’Académie Internationale des Beaux-Arts du Québec dit de lui sur son site Web :

Né à Chute-à-Blondeau, Ontario en 1937. À dix ans, il reçoit en cadeau de ses parents une petite boîte d’aquarelle Reeves qui sera à l’origine de sa passion pour l’art. À 12 ans, il visite une galerie pour la première fois de sa vie, la Galerie Nationale à Ottawa. Une petite esquisse de Tom Thomson le bouleverse: elle est si simple, si colorée et si suggestive. Il en gardera un souvenir impérissable. En 1956, il obtient son baccalauréat ès arts de l’Université d’Ottawa.

Après quelques années d’enseignement, il quitte pour Paris afin de poursuivre ses études en Arts et Lettres. Il fréquente assidûment les ateliers de dessin de la Rive Gauche. Après avoir obtenu sa Maîtrise ès Arts de l’Université Catholique de Paris en 1965, il part pour la Suisse où il enseignera pendant 13 ans le français, l’histoire et l’anglais. Il aura alors la chance inouïe de peindre accompagné par deux peintres de la Société des Peintres Vaudois, Micheline et Maurice Félix de qui il apprendra la théorie de l’art visuel mais surtout la pratique de la peinture. Alors que ses maîtres peignent à l’huile, il peint à l’aquarelle cherchant chez les aquarellistes européens une approche qui lui conviendrait. Enfin il découvre Turner l’Anglais.

De retour au Québec en 1978, il enseigne littérature et arts plastiques au Collège Marie-Victorin à Montréal. Il donne des cours d’aquarelle à Montréal et à Trois-Rivières. Tous les deux ans il expose à Val Carroll à Harrington, Québec.

Démarche artistique

Dans le domaine des arts c’est la subjectivité qui régit toute création. Chaque artiste est différent, pense différemment et perçoit la réalité à sa façon. L’un est plutôt à dominante cérébrale, l’autre porte un regard très réaliste sur ce qui l’entoure… un autre ne peut réagir qu’émotivement devant l’environnement. Abstraction, réalisme, romantisme… etc. C’est avec le plus grand respect que l’on doit considérer de si diverses approches. Si l’on interdit l’individualisme en art, on vient d’accepter de vivre dans un monde terne, prévisible et sans le précieux moment de la surprise visuelle.

Je prends donc la liberté de m’exprimer à la première personne; n’est-ce pas la seule façon de parler de sa démarche artistique. Il me semble d’abord très important de souligner à quel point les bases du langage visuel sont importantes pour moi. Bien sûr elles n’assurent pas à elles seules la réussite d’une œuvre mais elles sont sans conteste un important tremplin vers l’originalité d’un tableau bien fait. Ajoutons tout de suite que l’aquarelle m’est très chère mais elle demeure un médium qui ne doit pas être une fin en soi. Je ne tiens pas à ce que mon art soit un art de combat pour quelque cause que ce soit; les mots sont plus efficaces. Je tiens au pouvoir communicateur d’un tableau. Pour moi, peindre c’est tenter d’entrer en contact très intime avec la personne qui s’arrête devant une de mes œuvres. Créer une impression pour les yeux, faire naître une émotion et enfin susciter une réflexion. Faire en sorte que quelqu’un reparte plus heureux et plus serein, grandi!

J’aime représenter la nature de façon réaliste mais avec le plus de poésie possible. La poésie, quelle belle musique elle apporte à l’œil! et là, avouons-le, l’artiste ne fabrique que de l’artifice; le plus habile des peintres réalistes ne produit que de l’artificiel. Heureusement car autrement la réalité ne serait que la réalité! donc je vise à être un réaliste lyrique: faire chanter la réalité peinte.

Quand je marche dans la nature, je m’arrête pour faire une esquisse très rapide de ce qui me touche (de ce qui entre en moi). Cela m’est très important car j’entre alors en contact avec ce que j’ai choisi de regarder. Bref moment de contemplation. Quelquefois c’est le contraste entre les foncés et les pâle qui me retiennent, ou encore la couleur prend le dessus, la forme des arbres, les volumes etc. Il faut bien le dire, souvent la nature est fade (elle a ses mauvais jours) mais alors il y a les bruits, les odeurs puis le vent et ses caresses qui nous pénètrent et nous inspirent Je suis un contemplatif et l’émotion teinte toujours ma démarche.

Depuis plus de cinquante ans je suis resté passionnément attaché à l’aquarelle. Pourquoi? Je n’ai pas de réponse sauf que je n’ai pas encore percé le mystère de cette eau qui fuit et nous déjoue par ses réactions magiques. C’est un défi constant pour moi de tenter de faire dire à la couleur de nouvelles musiques et d’exprimer des émotions imprévues.

Défi d’amener le médium lui-même à établir le contact avec ce qu’il y a de plus noble chez l’humain. Savoir que quelqu’un vibre à l’unisson avec soi, quel moment privilégié où la réaction de l’autre est aussi un peu une « création »!

Source : http://normandlaurin.artacademie.com

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Pleine page de publicité dans l’édition du 27 juin 1981 pour annoncer l’ouverture officielle du nouveau restaurant Le Séville le 1er juillet. Le restaurant comprenait trois salles : Le Figaro, Les jardins d’Alcazar et la salle Pasada; je crois me souvenir que c’était mes suggestions. Ce dernier nom, en espagnol, voulait dire viaduc et le resto était justement construit là où passait déjà le viaduc du CNR. L’édifice est toujours là, mais s’est transformé dans diverses vocations au fil des années. C’est le bar Déja Vue aujourd’hui.

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« Terry Fox est mort à l’âge de 22 ans » proclame ce titre dans le journal du 1er juillet 1981. « Terry Fox est mort et le Canada est en deuil. Un an jour pour jour après avoir fait son entrée en Ontario à Hawkesbury, via le pont Perley, le courageux athlète du ‘Marathon de l’espoir’ a concédé la victoire à son terrible ennemi, le cancer, et s’est éteint dans son lit d’hôpital, entouré de sa famille immédiate. C’est en effet le 28 juin 1980 que Terry Fox, accompagné de son frère et d’un ami intime, a pénétré en Ontario après avoir pris son départ le 12 avril précédent à Saint-Jean, Terre-Neuve. » Il avait dû interrompre son périple à proximité de Thunder Bay.

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Une autre grève postale sévit au pays en ce début de juillet 1981. Elle durera de nombreuses semaines et était en quelque sorte en réaction à la décision du gouvernement Trudeau de transformer Postes Canada en société d’État à l’automne de cette année-là.

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Montebello accueillerait le Sommet économique international les 20 et 21 juillet 1981 et Bobby Lalonde et Encore y présenterait un spectacle, en compagnie de Liona Boyd et Diane Juster. Bobby y sera accompagné d’Alain Brisson, d’Embrun, Roger Bélisle, de Marionville, et Norman Couture, de Fournier comme Lalonde. Lalonde qualifie leur musique de « country progressif ». On en parle dans le journal du 1er juillet 1981.

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