L’anglicisation n’était pas un problème… pour certains

Des membres de la commission qui portait le nom de Thomas Symons, le président de l’université Trent de Peterborough, sont de passage à Hawkesbury en ce début de décembre 1971. Gérard Raymond, Berchman Kipp et Charles Beer n’avaient pas annoncé leur visite longtemps à l’avance, si bien que les organismes locaux et régionaux avaient eu peu de temps pour s’y préparer. Quoi qu’il en soit, les trois commissaires repartiront avec quelques idées. Cette commission créée par le gouvernement Davis avait le mandat « de vérifier l’efficacité des lois qui permettent le fonctionnement d’une éducation francophone dans les écoles secondaires ontariennes et l’établissement d’écoles secondaires pour les francophones, de même que le rôle des comités consultatifs sur la langue française ».

Le Conseil de l’éducation de Prescott et Russell, le principal organisme intéressé, n’avait pas eu le temps de préparer un mémoire, mais ses représentants ont quand même rencontré « à huis clos » les trois visiteurs. Par contre, le Conseil des écoles catholiques de Prescott et Russell, lui, a présenté un mémoire et conclut que « le problème de l’anglicisation n’est pas aigu dans les comtés unis, étant donné que 99.2 p. cent des étudiants sous la juridiction de l’organisme sont des francophones et que le français est parlé dans 90 p. cent des foyers ». Le mémoire affirme même que « le conseil scolaire doit déployer des efforts particuliers dans le sens opposé, c’est-à-dire intensifier l’enseignement de l’anglais en tant que langue seconde ». Je ne sais pas si la même affirmation serait toujours pertinente étant donné que de plus en plus d’enfants dont les parents sont anglophones fréquentent ces écoles catholiques francophones dans notre région.

Mais comme on peut le lire dans l’édition du 9 décembre 1971 du journal Le Carillon, ce même Conseil des écoles catholiques avait ajouté « que la plupart des écoles secondaires du comté semblent s’efforcer à donner une ambiance française de plus en plus conforme aux aspirations linguistiques et culturelles des Canadiens français ». Le CECPR avait même soutenu « qu’un groupe ethnique devrait trouver son dynamisme et son élan dans une vitalité linguistique et culturelle intrinsèque et non pas des efforts réactionnaires et sporadiques dirigés par quelques groupes influents ». Ayoye!

Le journal publiait plusieurs autres articles connexes sur d’autres interventions devant la Commission Symons.

* * *

La récente tragédie à Alexandria au cours de laquelle une famille de cinq a été décimée par la mort de la mère et de ses trois enfants et des blessures très critiques au père qui avait réussi à s’échapper du brasier rappelle un incendie encore plus grave qui avait emporté 11 des 13 membres d’une même famille dans la petite communauté de Hammond, dans l’Est ontarien. Le Carillon du 9 décembre 1971 en parlait. « C’est peu après deux heures, jeudi matin, que le feu a éclaté à la maison de ferme habitée par la famille de M. Claude Hébert. Les flammes se sont propagées à un rythme si rapide que deux des treize occupants de la maison ont pu s’échapper en sautant par une fenêtre du deuxième étage. Les autres membres de la famille Hébert n’ont apparemment eu aucune chance de se sauver. » Claude Hébert avait 35 ans et sa femme Denise Mailly, 34 ans. Leurs enfants avaient 14, 13, 10, 9, 8, 7, 6, 5 et 3 ans. Deux fils de 12 et 11 ans avaient eu la vie sauve. Et ce qui est plus triste encore, « la famille Hébert habitait cette maison de ferme de deux étages située à environ trois milles de nord de Hammond depuis environ un mois seulement ».

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