Portraits d’objets : opus 6

J’ai pondu ce portrait au début de juin 1996.

Il y a de multiples façons de la décrire. Une fenêtre sur notre vie. Un instant à tout hasard. Un souvenir personnel. Un mémento familial. Mille mots.

Si nos ancêtres de l’humanité avaient pu compter sur sa présence, nos vies en seraient depuis longtemps transformées. Aujourd’hui, dans nos chroniques de la vie quotidienne, n’importe où sur notre planète et même en son orbite, elle nous plonge dans la réalité de l’instant. Parfois elle bouge. Plus souvent, elle est statique. Statique mais vivante.

Vivante par ce qu’elle représente. Elle ne nous laisse rarement indifférente. Parce qu’elle sait attirer sur elle toute l’attention. Plus grande est sa qualité, plus grande est son éloquence.

Parce qu’elle parle. Mais elle ne parle pas par la voix. Elle parle par la lumière, par la nuance des ombres et des couleurs. Ce ne sont pas nos oreilles qui l’entendent. Ce sont nos yeux qui l’écoutent. Parfois, elle n’est que murmures. Souvent, elle nous crie à tue-tête tellement les mots qu’elle traduit sont puissants.

Dans nos mains, ce qui permet de la réaliser devient soudainement un crayon, un pinceau, une scie qui ouvre une fenêtre dans le temps pour que nous puissions en capter l’instant. Soigneusement conservée, elle est le rappel des grands événements de notre vie. Des événements souvent heureux, la plupart du temps.

Mais la vie n’est pas faite que de moments heureux. Souvent, elle remet devant nos yeux les souvenirs d’épisodes que nous aurions préféré oublier. Mais la vie est faite de souvenirs heureux et malheureux. L’objet les capte. Les ramène le moment voulu. Pour la génération présente, mais surtout pour les générations qui nous suivent.

Absente pendant des millénaires, elle est aujourd’hui omniprésente. La technologie la transforme, la modifie, l’influence, la perpétue dans un univers d’octets et de méga-octets. Elle est maintenant numérisée. On la place dans nos documents. On peut même changer sa nature et faire oublier.

Mais où qu’elle soit, quoi qu’elle dise, quoi qu’elle représente, elle est pour chacun de nous source de mémoires, mémoires individuelles, mémoires familiales, mémoires professionnelles. C’est beaucoup pour un petit bout de papier… une simple photographie.

2 réflexions sur “Portraits d’objets : opus 6

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