Premiers jours à l’école (1911)

Je n’ai pas trouvé de date pour ce poème, mais je tiens pour acquis qu’il est de la même période que les autres. Je parierais aussi que nombre d’enfants, aujourd’hui, vivent des émotions semblables lors de leur première rentrée de classe… Mais de nos jours, ils sont beaucoup plus jeunes que les sept ans de ma mère, la norme à cette époque. J’ajoute qu’un jour, ma mère est elle-même devenue enseignante.

Je pense que l’on se souvient toujours
De notre première année en classe,
C’est comme pour nos premières amours,
D’en parler, jamais on ne se lasse.

Un jour, je partis très tôt, je crois
Avec plusieurs conseils de ma mère,
J’eus l’impression d’aller tout droit
Vers en endroit rempli de mystères.

Après une marche de près de deux milles
Je vis une toute petite école bleue
Et à côté, des garçons et des filles,
Qui m’invitèrent à me joindre à eux.

La maîtresse avec un beau sourire.
Nous dit ce que nous avions à faire
Et je compris que vite je saurais lire
C’était là, mon désir le plus cher.

Les yeux fixés sur le tableau noir
Je vis qu’il enseignait un langage
Qu’il fallait regarder pour bien voir
Et copier tous les mots sur nos pages.

J’appris des mots nouveaux, étonnants,
Des jeux amusants, drôles à la fois,
Je trouvais ça très intéressant
Je racontais tout rentrant chez moi.

Ces premiers jours furent le commencement
D’une série de livres, crayons, cahiers,
Qui nous aident à devenir savants
Pourvu qu’on continue d’étudier.