Je n’y suis plus, Dieu merci!

Postes Canada et le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes ont confirmé par communiqué aujourd’hui l’échec des négociations que les deux parties avaient amorcées le 21 octobre 2010. Le Syndicat a demandé au gouvernement du Canada de nommer un conciliateur. De son côté, le Syndicat mentionne qu’ils pourront être en position de grève vers la fin d’avril.

Cela me rappelle de mauvais souvenirs. En août 1991, mon directeur des Relations avec les médias me rappelait de mes vacances pour aller m’enfermer au Château Laurier, en compagnie de deux autres collègues (aujourd’hui décédées), pour traiter les médias pendant la durée des négociations. Nous devions finalement y rester pendant trois mois, 24 heures sur 24, sept jours sur sept, jusqu’au travail en novembre. Évidemment, comme dans toute grève quelle qu’elle soit, personne n’était sortie gagnante de ces négociations catastrophiques. (Certains se souviendront que Postes Canada avait tenté de maintenir ses services au pays pendant la grève.)

Mais voilà, je n’y suis plus. Et le risque d’être convoqué est maintenant inexistant.

Je souhaite quand même à tous mes anciens collègues du courage et de la patience. La constitution de ce syndicat interdit toute forme de collaboration avec l’employeur, séquelle d’une longue histoire de militantisme syndical.

Portraits d’objets : opus 3

Celui-ci remonte à la fin d’août 1994.

À première vue, l’objet vous porte à réfléchir et ce que vous croyez voir est en fait une variation de la réalité. Bien sûr, on peut s’y tromper. Ce que l’œil voit, l’esprit interprète. Mais il faut aller au-delà de l’interprétation.

Cet objet est la source d’embellissements d’égos. Plus l’égo est grand, plus l’objet est important. Certains y verront ce que d’autres ne verront pas. S’il n’y a pire aveugle que celui qui refuse de voir, il doit n’y avoir pire orgueilleux que celui qui voit ce qu’il croit voir.

Je vous mêle. Vous croyez l’image confuse, pourtant elle ne pourrait être plus claire. À moins, évidemment, que l’objet ne soit pas aussi parfait qu’on l’imagine.

Cet objet est partout autour de nous, on le tient souvent pour acquis. Il peut être à la fois utile et décoratif. Il peut être d’une variété de formes et de couleurs. Il peut être à la fois source de satisfaction et de malheur. En fait, un tel malheur pourrait se prolonger pendant plusieurs années affirmerait un superstitieux.

Mais là n’est pas l’essentiel. De tout âge l’objet nous fascine. En fait, certains petits animaux à plumes en raffolent. C’est significatif de son rôle dans la vie qui nous entoure.

Tout petit, l’objet nous a permis la découverte. En fait, il nous a permis de constater qui nous étions. Chacun de nous sait que l’expérience a été faite, mais aucun ne peut affirmer s’en souvenir. Ainsi va la vie.

À l’adolescence, l’objet est tout à coup devenu un des points centraux de la vie. Qu’on soit gars ou fille, on y passe des heures dans une semaine. On n’a pas toujours aimé ce qu’on y voit. En fait, on a souvent passé des heures à transformer la réalité. Souvent, on ne voulait tout simplement pas que d’autres y voient la même chose.

Vous aurez bien sûr devinez que je vous parle d’un… miroir.