Carnets de voyage : France – 1 au 16 octobre 1999

Deuxième partie : 5 et 6 octobre.

5 octobre — La journée commence mal. Au comptoir d’Hertz, attente de 45 minutes. Mon dossier n’avait pas été créé et la jeune fille qui s’occupait de moi semblait nouvelle et en formation. J’y oublie le bon d’échange pour l’hôtel, en date du 14, pour notre retour à Paris. Entre temps, Louise attend toujours dans le hall de l’hôtel. Chez Hertz, on compense en me louant une Mercedes Benz… ni plus, ni moins. Quelques minutes pour figurer tous les boutons-poussoirs. Retour à l’hôtel pour chercher Louise et les bagages. Il est 12 h 20. J’étais parti à 11 heures. L’hôtesse nous donne de bonnes indications pour sortir de Paris et nous diriger vers Rennes. – Nous nous égarons le long de la Seine et devons rebrousser chemin pour retrouver la route. Nous devrons faire le même exercice un peu plus loin à Sèvres. Nous continuons sur l’autoroute (145 FF de péage finalement) jusqu’à Rennes. Plus loin que prévu… cinq heures de route. Nous passons à Chartres et Le Mans sans rien voir… trop vite. Je roule à 145-150 km/heure au volant de la Mercedes E-2000… dans la voie de droite. – Arrivée à Rennes vers 17 h 30… léger détour comme nous avons fait en sortant de Paris. Le Novotel est superbe comme tous les Novotels. Nous décidons de prendre la soirée pour reposer nos jambes. Nous nous rendons au Centre commercial de l’Alma. Nous trouvons deux livres et Louise s’achète un sac à dos pour remplacer le sien, trop pesant à porter. Retour au Novotel pour dîner (vers 20 h 30). Une salade aux tomes, au jambon de Bayonne et à la mozzarella. Sélection de fromages pour dessert : Crottin de Chavignol, fromage de chèvre cendré, Colonel Livarot au goût prononcé. – Sous l’effet de la Kronenbourg 1024 et des 50 cl de blanc, Louise rit de moi! Je prends la décision de consigner mes souvenirs, mes impressions, mes observations, le jour de la naissance du bébé de Dodo… En rédigeant ce journal de voyage, j’ai pris le goût d’écrire un journal un peu à la manière des mémoires de Jean-Paul Desbiens, que je lis, par bribes, depuis plusieurs années déjà. Louise et moi on se rappelle pourquoi on s’aime tant!!!

6 octobre — Début d’une journée qui s’avérera très intéressante. Nous sommes maintenant des habitués de la route. Nous empruntons la Rocade ouest, direction Mont St-Michel. Nous y arrivons moins d’une heure plus tard, en passant de magnifiques petits villages ruraux à l’architecture photographique. Nous traversons un petit village du nom de Tremblay. (Note du blogueur : Tremblay est le nom de mon gendre.) Nous y pensons trop tard, mais il aurait fallu photographier au moins la pancarte d’accueil. Nous nous croyons en Bretagne, mais nous sommes plutôt au bout de la Normandie. – La splendeur du Mont St-Michel nous apparaît à l’horizon, bien avant que nous arrivions au stationnement. Les images ne rendent pas justice à ce monument de l’humanité. Nous y passerons finalement près de quatre heures, à grimper des centaines de marches. Le niveau du bas est une véritable ruelle de boutiques et de restaurants (on y entend le tube populaire « Mambo number 5 »), mais le niveau de l’abbaye est du genre « faut voir pour croire ». Nous nous arrêtons à l’église paroissiale Saint-Pierre, où nous allumons deux lampions à saint Michel aux intentions de Dominique et de Jean-François. Nous sentons la présence de plus de dix siècles d’histoire. Le Mont était déjà un sanctuaire même avant l’époque du roi Arthur et des Croisades de Louis IX (ce roi qui a fait construire la Sainte Chapelle de Paris), même si l’abbaye actuelle n’a que quelques siècles. – Nous arrivons à la basilique abyssale à temps pour la messe quotidienne de 12 h 15. Le célébrant, un bénédictin, est aidé d’un moine dominicain et d’une religieuse (bénédictine?). À eux trois, ils font vibrer la basilique de leurs voix « sublimes ». Nous sommes à peine une douzaine dans le chœur avec le célébrant. Le bénédictin avait fait remarquer dès le départ que ce n’est pas le nombre qui compte. Il a noté que nous représentions toutes les communautés catholiques de nos pays respectifs. Le cloître, le réfectoire, le scriptorium, etc., les salles se suivent et éblouissent. Et dire que du temps de la Révolution, on en avait fait une prison puisque les ordres religieux étaient interdits en France. – En redescendant, notre appétit est aiguisé et nous nous arrêtons aux Terrasses Poulard. Louise savoure une salade océane et une brochette de volaille moins savoureuse. Je déguste une assiette de crevettes (36) et des moules/frites. – Nous nous dirigeons ensuite vers Saint-Malo à 50 km de là. Nous sortons de la Nationale et nous nous y rendons par la côte. Un petit village n’en attend pas un autre. Nous atteignons le port de Saint-Malo. Le « vieux Saint-Malo » se dresse devant nous, au-delà des remparts. (Nous apprendrons de notre serveur au Novotel, en soirée, que les bombardements des Allemands avaient détruit une bonne partie et que l’on a pu reconstruire grâce aux sous des GI américains.) Dans la cathédrale, une plaque au plancher nous rappelle que c’est là que s’est agenouillé Jacques Cartier pour demander la bénédiction avant de partir à la découverte d’on sait quoi! Une deuxième note fait référence à la visite d’Honoré Mercier, en 1891, alors premier ministre du Québec. Le Canada et le Québec inséparables sur le plancher de la cathédrale de nos découvreurs. Fascinant! – Saint-Malo nous fait mieux comprendre pourquoi le Vieux-Québec et le Vieux-Montréal ont l’air de ce qu’ils ont l’air. Notre serveur nous dit que Dinan est encore plus beau. Faudra revenir dans quelques années.

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