Portraits d’objets : opus 4

Ce portrait a été rédigé vers la fin d’avril 1995.

À première vue, l’objet retient l’attention. Sa variété ne connaît pas de limite. Son contenu non plus. Sa forme, essentiellement identique d’une variété à l’autre, ne sème aucun doute quant à sa nature. Pour ceux et celles qui savent l’utiliser, le plaisir qu’il dégage n’a pas de pareil.

Si l’avènement de l’électronique a sensiblement ralenti son usage, du moins en apparence, d’autres affirmeront qu’au contraire, l’électronique a attiré l’attention sur son existence. Si bien qu’il s’en produit quotidiennement des milliers à travers le monde. L’objet, de par sa nature, stimule la créativité. En fait, nous pourrions affirmer qu’il est le symbole même de la créativité humaine.

Car cet objet n’a pas de frontières. Les citoyens de toutes les nations en ont une forme ou l’autre. Parfois, le même contenu. Parfois, le reflet des goûts locaux. Parfois volumineux. Parfois petit. Son contenu en fait son importance. Dans une certaine forme, l’objet devient prétexte à vénération. Dans une autre forme, l’objet est banni.

Si on juge une bonne bouteille à son contenu, il en va de même de cet objet. Comme le bon vin et le bon alcool, ses effets peuvent être savoureux, autant qu’ils peuvent mener à l’excès. Si bien que dans certaines sociétés, on voudra vous en priver; ou tout au moins en contrôler le contenu. Et on sait que 451 degrés Fahrenheit auront un effet dévastateur sur l’objet : l’objet se consumera.

L’objet vaut quelques dollars jusqu’à des milliers de dollars. Les plus petits vont dans votre poche; les plus gros prennent beaucoup de place. Ces objets ont souvent leurs magasins spécialisés, comme on retrouve des édifices publics qui leur sont exclusivement consacrés. On en trouve dans des musées, dans des églises, dans des bureaux, dans des maisons, dans les sacs à main comme dans les poches de veston.

Cet objet est entièrement sous notre contrôle. On peut en faire ce qu’on veut, au rythme que l’on choisit, quand on veut l’utiliser ou non. Malheureusement, certaines personnes n’ont pas la capacité d’en profiter. Ou bien ils en sont physiquement incapables. Ou bien ils en sont mentalement incapables. Ou bien ils n’ont tout simplement pas appris à s’en servir.

Cette accumulation de 36 petits éléments différents, certains accentués plus que d’autres, certains plus minuscules que d’autres, fait en sorte que le livre demeure l’objet à la base de notre développement individuel.

2 réflexions sur “Portraits d’objets : opus 4

  1. La papier s’enflamme à 451 degré f. Bibliothèques, analphabétisme… plusieurs thèmes effleurés ici ! J’adore les livres. Sans eux, je serais au chômage, puisque je travaille dans une bibliothèque !

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