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Les conservateurs retiennent Prescott-Russell

L’édition du 19 octobre 1967 du journal Le Carillon titre en gros que « Bélanger conserve Prescott & Russell »… en encre bleue! Albert Bélanger, qui en était à sa première tentative comme candidat progressiste-conservateur, l’avait emporté par une majorité de 3 266 votes sur son adversaire libéral Serge Lalonde. Quelque 65,6 % des électeurs s’étaient prévalus de leur droit de vote, ce qui était nettement inférieur aux 71 % de l’élection précédente de 1963. Cette fois-là, Louis Cécile n’avait récolté qu’une majorité de 1 320 voix sur le libéral René Bertrand. Dans le comté voisin de Glengarry, le conservateur Osie Villeneuve est réélu. Ce comté regroupe les villages voisins de Chute-à-Blondeau, St-Eugène et Vankleek Hill, qui faisaient déjà partie du comté de Prescott. Retenez ce nom d’Osie Villeneuve; j’y reviendrai sous un jour défavorable dans le cadre de ce « Retour sur hier ».

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Décidément, la montée du séparatisme au Québec fait jaser. À la une de l’édition du 9 novembre 1967 du journal Le Carillon, l’éditeur se sent obligé d’expliquer pourquoi le journal ne parle des nouvelles industries qui compteraient s’établir à Hawkesbury. « Comme nous avons à cœur la prospérité de notre ville et notre région, et que notre seul but n’est pas seulement de vendre des journaux, nous attendons d’être sûrs avant d’en informer notre population. »

Pourquoi intervenait-il ainsi? « Les pressions se sont faites encore plus fortes depuis que la télévision montréalaise de même que les publications La Presse et Sept Jours ont annoncé que des industriels qui devaient s’établir dans le Québec avaient changé d’avis à cause du malaise séparatiste intensifié récemment dans la province voisine, projetaient de s’établir dans Hawkesbury. » Les autorités municipales craignaient les spéculateurs et que d’autres municipalités tentent d’attirer les industriels chez eux si leurs noms étaient divulgués. Des arguments semblables allaient être invoqués après l’élection du gouvernement de René Lévesque, en 1976.

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L’édition du 16 novembre du journal Le Carillon présente une demi-page de publicité curieuse. Le Cimetière St-Alphonse a ouvert une « nouvelle subdivision ». Un « grand lot 13 x 18 capacité 8 » se vend 225 $, alors qu’un « demi-lot 13 x 12 capacité 4 » se vend 150 $. Une « fosse simple capacité 3 x 8 » coûte 30 $. Tous ces prix comprennent l’entretien perpétuel. « Avez-vous songé à vous procurer un lot dès maintenant? » poursuit la publicité. Bonne question! Quarante-quatre ans plus tard, quel est le prix d’un lot d’un cimetière?

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« La sobriété est un puissant atout dans l’économie de notre pays »

Qui l’eut cru! Un paragraphe dans un texte de l’édition du 28 septembre 1967 du journal Le Carillon a retenu mon attention. L’article parle de la réélection de mon futur beau-père (il ne le sait pas encore et moi non plus) à la présidence du Cercle Lacordaire de Hawkesbury. L’aumônier du groupe, Mgr Gérard Charette, avait repris une citation d’un ancien président national du mouvement : « Notre nation sera forte et libre, le jour où elle acceptera d’être sobre. La sobriété est un puissant atout dans l’économie de notre pays. » Et moi qui a toujours pensé que les lois contrôlant notre consommation de boissons alcoolisées visaient simplement à réduire le nombre d’accidents mortels. En fin de compte, la réussite économique n’aurait rien eu à voir avec Harper, mais plutôt à notre respect des lois contre l’abus d’alcool. Du temps des Lacordaire, cela était purement volontaire. Que les temps ont donc changé! Vous aurez compris que je fais preuve d’un peu de cynisme!

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Dans cette même édition, je retiens un paragraphe de l’éditorial intitulé « Les Ontariens de langue française auront leurs écoles secondaires françaises ». Au début de l’année, l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario avait réclamé de telles écoles. Peu de temps avant de déclencher des élections provinciales, le premier ministre John Robarts avait déclaré que son gouvernement y songeait. L’éditorialiste se référait « au Québec qui traite bien sa minorité anglaise ». En parlant de la « sage décision » de Robarts, l’éditorialiste écrit : « Il en coûtera certainement beaucoup à toute la population ontarienne mais ces écoles assureront l’épanouissement de notre population et aideront à garder notre français dans notre belle province quitte à rivaliser avec nos frères du Québec. »

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Dans l’édition du 5 octobre 1967 du journal Le Carillon, la une cite John Robarts qui déclare « Il faut rapatrier notre constitution ». Je rappelle que nous sommes en 1967. On lui avait même demandé ce qu’il pensait des « récents développements du mouvement séparatiste au Québec ». En rétrospective, sa réponse est fascinante. Il a expliqué qu’il portait une attention particulière à tout ce qui se passait au Québec et que le mouvement séparatiste était « A lot noisier than it is big ». Allez rappeler ça à Gilles Duceppe et Pauline Marois!

La photo qui accompagne l’article montre Robarts avec quelques personnalités conservatrices régionales, dont John McTeer, de Cumberland, organisateur de la campagne du candidat Albert Bélanger. John était le père d’une jeune adolescente prénommée Maureen et qui allait devenir Mme Joe Clark.

En fait, dans l’édition du 12 octobre, une grande annonce d’une demi-page, avec photo, est une lettre de « Maureen McTeer, étudiante, R.R. No 2 Cumberland » qui s’adresse « Aux étudiants de Prescott-Russell ». Elle y dit avoir 15 ans et avoir eu le privilège d’apprendre le français dans sa classe « où la plupart des élèves étaient de langue française ». Elle s’y réfère au fameux Plan Robarts qui allait transformer le système éducatif de l’Ontario. Elle conclut que le « Gouvernement Robarts nous donne présentement la meilleure éducation possible, pas des promesses, et une suggestion de votre part à vos parents et gardiens sera la seule chose nécessaire pour le remercier en votant pour le candidat de Robarts ». Vous comprenez pourquoi elle allait épouser ce Joe Clark.

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Encourager la participation des électeurs aux scrutins n’est pas d’aujourd’hui. À la veille de l’élection du 17 octobre 1967, la Jeune chambre de Hawkesbury achète de l’espace à la une de l’édition du 12 octobre : « VOTEZ… selon votre choix… mais VOTEZ ». Il y a longtemps que j’ai vu une telle annonce par une chambre de commerce locale ou un autre organisme non politique. La même annonce sera répétée avant l’élection municipale de décembre 1967. Et à l’époque, le taux de participation électoral était souvent de l’ordre de 70 % ou plus.

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Une nouvelle loi ontarienne sur les autobus scolaires

Nous tenons souvent des petites choses pour acquises tellement nous y sommes devenus habitués. Ainsi, dans l’édition du journal Le Carillon du 7 septembre 1967, une photo fournie par le ministère des Transports de l’Ontario rappelle l’existence d’une nouvelle loi à propos des autobus scolaires : il faut arrêter dans les deux sens lorsque les feux de l’autobus clignotent. « Cette loi est en vigueur partout où la limite de vitesse maximum est supérieure à 35 milles à l’heure. La seule exception à cette règle : la circulation n’arrête pas de l’avant lorsque les voies de la route sont séparées par une barrière de quelque sorte. » Bien sûr, le système métrique n’a pas encore été imposé aux Canadiens. 

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Une nouvelle intéressante à la une de l’édition du 14 septembre 1967 qui fait état de la visite du chef libéral ontarien Robert Nixon à Hawkesbury dans le cadre des élections provinciales. Un paragraphe précise que « le candidat Serge Lalonde était également accompagné dans sa tournée du président de sa campagne, M. Noël Berthiaume, de Hawkesbury ». Noël Berthiaume est décédé il y a plusieurs années, mais il a laissé un héritage politique et d’implication sociale à sa famille, qui a pris la relève. Ainsi, son fils aîné René est maire de la ville de Hawkesbury depuis décembre dernier. Au scrutin fédéral de 2006, René a aussi tenté de devenir le successeur de Don Boudria comme député libéral de Glengarry-Prescott-Russell. Il a failli de près… par à peine 203 votes. Mais l’électeur canadien avait préféré donner la leçon de leur vie aux libéraux de Paul Martin au lendemain du fameux scandale des commandites. Ils ne s’en sont jamais remis d’ailleurs. Quant à Serge, il est toujours bien vivant. Je l’ai revu le 25 avril, lors de la rencontre des candidats au scrutin du 2 mai dans Glengarry-Prescott-Russell à l’aréna de St-Isidore. J’ajoute qu’il a aussi travaillé au service de publicité des Éditions André-Paquette, alors que j’étais rédacteur en chef du journal Le Carillon. Aujourd’hui, Serge est d’ailleurs propriétaire de son imprimerie à Plantagenet, sa communauté de toujours. Et toujours profondément libéral, bien entendu.

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Dans la même édition du 14 septembre, une nouvelle chronique signée par Georges Martin et qui traite de nouvelles de Rockland. Georges Martin, sympathique bonhomme, était le maire de sa ville. Georges avait remarqué que nous avions perdu notre correspondant local et avait déploré l’absence de nouvelles de sa communauté. Il écrit d’ailleurs : « Comme le dit un certain proverbe ‘Si tu t’ouvres la boîte, quelqu’un va y mettre le pied dedans’ ». Je n’ai jamais entendu ce proverbe, mais quoi qu’il en soit, nous lui avions offert le poste (les correspondants étaient payés selon le nombre de pouces de colonne publiés). Georges était un type impliqué dans à peu près toutes les activités de sa communauté, culturelles ou sportives. Comme correspondant, et malgré qu’il ait été maire, Georges faisait preuve d’une grande transparence dans les renseignements qu’il transmettait au journal. Pas sûr qu’un maire, aujourd’hui, pourrait faire de même.

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Dans l’édition du 21 septembre 1967 du journal Le Carillon, un court article annonce que la firme d’architectes Lithwick Lambert Sim et Johnston avait été retenue pour réaliser les plans du futur Hôpital pédiatrique de l’Est de l’Ontario. « Le nouvel hôpital desservira la ville d’Ottawa et ses dix comtés environnants, dont Prescott et Russell. » Il s’agissait bien sûr de ce qui allait devenir le réputé Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario (CHEO). La construction devait commencer en 1969.

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En entrefilet dans cette même édition, le Conseil municipal de Rockland et la compagnie Synrock Cablevision conviennent d’une entente afin de doter cette ville d’un service de télévision par câble. Nous sommes bien loin de la télé par satellite, de Netflix et de l’omniprésent Internet.

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« Il est parti le grand diviseur »

C’est loin, il ne faut pas l’oublier. Je ne me souvenais pas que la célèbre visite du président Charles de Gaulle avait dérangé à ce point des francophones hors Québec.

Dans l’édition du journal Le Carillon du 3 août 1967, un éditorial non signé clame « Il est parti le grand diviseur ». L’auteur (je tiens pour acquis que c’était l’éditeur de par le style) n’y va pas par quatre chemins. « La population du Canada réalise que le but principal de la visite (…) était de diviser les Canadiens en deux groupes, soit les Canadiens-français de la province de Québec et le reste de la population canadienne. » L’auteur pose la question : « (…) fallait-il qu’un ‘Vénérable vieillard radoteux’ vienne d’outre-mer jeter le désaccord parmi nous ». Et l’auteur ajoute que « la population de langue française ne réside pas seulement dans le Québec ».

C’était peut-être il y a 44 ans, mais nous pourrions presque entendre un contemporain répéter la conclusion de l’éditorialiste : « Oui, il est parti le grand diviseur de notre cher Canada (…). Il a rallié pour longtemps les tièdes aux Canadiens pure laine qu’ils soient de descendance française ou anglaise qui formeront dorénavant une majorité de Canadiens qui sauront faire taire les séparatistes et les extrémistes pour le plus grand bien de notre beau et grand Canada ». C’était bien avant le fameux voyage en train à Montréal lors du grand référendum sur la souveraineté.

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C’était gros pour l’époque et une grande entreprise régionale en faisait les frais. L’édition du 10 août 1967 du journal Le Carillon rapporte que l’entreprise américaine Harbason-Baker avait vendu le contrôle qu’elle détenait sur la Canadian Refractories Limited à une autre société américaine, Dresser Industries Inc., de Dallas (Texas). Coût de la transaction : 130 millions de dollars. La transaction touche la mine de magnésite de Kilmar (Québec) et l’usine de transformation de Marelan (Québec). Ces deux endroits sont à quelques kilomètres de Hawkesbury-Grenville, et toutes les autres installations de l’entreprise. Quelque 500 des 1100 employés sont dans la seule région de l’Outaouais. La magnésite obtenue dans la mine de Kilmar sert à la fabrication de briques à feu à Marelan. Ce type de brique est utilisé dans les fours des fonderies et comme murs pare-feu.

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Signe du temps. L’édition du 17 août nous apprend que le gouvernement fédéral ferme son bureau de l’Assurance-chômage de Hawkesbury, qui y était depuis 1945. Le Centre de main-d’œuvre reste. Les chômeurs obtiendront leurs formulaires au bureau de poste et recevront leurs prestations par courrier.

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Je ne sais pas si des élections planent à l’horizon, mais dans l’édition du journal Le Carillon du 24 août 1967, en page 24, une publicité de l’Association progressiste conservatrice de l’Ontario destinée à solliciter des contributions clame, avec photo de John Robarts, que « Lorsque vous demeurez en Ontario, vous être traité royalement! La politique du parti progressiste conservateur de l’Ontario vous a valu plus d’écoles, plus d’hôpitaux, plus de routes, plus de moyens de vous divertir. Le salaire moyen y est de 18 % supérieur à la moyenne nationale tandis que le niveau de vie y est le deuxième plus élevé de l’univers entier! Grâce au parti progressiste conservateur de l’Ontario, vous êtes traité royalement! » La publicité ne dit pas quelle autre partie « de l’univers » offre un niveau de vie supérieur : Mars, Vénus, Saturne, Jupiter?

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Les villes où j’ai vécu : Montréal

(Depuis sa naissance, Alain a habité dans une dizaine de villes différentes, dont certaines à plus d’une reprise. Bien sûr, ses souvenirs et ses impressions de chacun de ces endroits où il a vécu sont relatives à l’âge qu’il avait à l’époque et aux activités auxquelles il s’était livré… ainsi que des souvenirs qu’il en a gardés. Voici donc le quatrième article de cette série. Vous les retrouverez par la suite dans l’onglet « Les villes où j’ai vécu » sous les «Grands thèmes » de mon blogue. Bonne lecture.)

par Alain Guilbert

Après avoir quitté le noviciat de la Congrégation de Sainte-Croix au printemps 1959, il me fallait bien décider ce que je voulais faire dans la vie. Après quelques semaines de réflexion, j’ai opté pour le droit, ce qui était parmi mes derniers choix à la fin de mes études classiques, avant de tenter l’expérience de la vie religieuse.

En principe, j’aurais dû m’inscrire à l’Université de Montréal, puisque le Séminaire de St-Hyacinthe y était affilié. Mais avant de penser à la rentrée universitaire en septembre, il me fallait un travail d’été pour m’aider à défrayer le coût des études à venir. Comme cela se faisait régulièrement à l’époque, j’ai frappé à la porte de notre député (le comté de Bagot). Il s’agissait de Daniel Johnson (le père), qui était alors ministre des Ressources hydrauliques dans le gouvernement de l’Union nationale. Celui-ci m’a déniché un emploi dans les bureaux de son ministère à Montréal, emploi qui devait se prolonger jusqu’au début de l’année scolaire. Et comme je ne désirais pas m’exiler à Montréal seul, il a aussi procuré du travail à mon ami d’enfance Réjean Guillet… et tous les deux, à peine âgés de 19 ans, nous nous sommes retrouvés dans la « grande ville » par un beau jour de juin. Nous avons d’abord localisé les bureaux du Ministère des Ressources hydrauliques, lesquels étaient situés rue Ste-Catherine, angle Berri, au 7eétage où se trouvait (et se trouve encore) le magasin Archambault, alors spécialisé en musique.

De là, nous sommes partis à la recherche d’un toit pour nous abriter du lundi au vendredi, parce que nous retournions dans nos familles respectives, à Acton Vale, toutes les fins de semaine. Nous avons finalement arrêté notre choix sur une chambre située rue St-Denis, à mi-chemin entre les rues Sherbrooke et Ontario. Si ma mémoire est bonne, le prix de la chambre était de 8 $ par semaine, que nous partagions moitié-moitié. Et son grand avantage était de se trouver à cinq minutes de marche à peine du lieu de notre travail.

Mais pour notre plus grand malheur, la rue St-Denis a été en réparation tout l’été (J’ai découvert plus tard qu’il y avait toujours des rues en réparation à Montréal). Les camions et autres appareils mécaniques soulevaient des nuages de poussière à la journée longue en plus de continuer leur bruit infernal jusque tard en soirée. Et pire encore, l’été 1959 aura probablement été l’un des plus chauds dont je puisse me souvenir. Vous imaginez le beau « mariage » entre la chaleur et la poussière.

Mais nous avons rapidement trouvé des trucs pour combattre la chaleur. Nous n’avons pas mis de temps pour découvrir deux tavernes extrêmement populaires, rue Ste-Catherine ouest, soit Chez Toe Blake (du nom de l’ex-joueur et instructeur du Canadiens) et le St-Régis. La bière en fût se vendait alors 10 cents le verre. Alors pour 1 $, pourboire inclus, on pouvait prendre deux « draughts » et un bon repas, genre spaghetti ou steak haché. On se rendait à l’un ou l’autre endroit en marchant, ou en autobus s’il pleuvait assez pour rendre la marche inconfortable. J’oubliais de dire que les deux tavernes en question étaient équipées d’air climatisé.

Le soir, après le travail, quand les Royaux de Montréal, l’équipe de baseball de calibre AAA et filiale des Dodgers de la Ligue nationale, jouaient à domicile, nous nous rendions au parc De Lorimier (angle Ste-Catherine et De Lorimier) pour admirer le spectacle de ces joueurs dont plusieurs se sont retrouvés plus tard dans les Ligues majeures (je me rappelle des Sandy Amoros, Tom Lasorda, Bob Lennon et quelques autres) en plus d’avoir le plaisir de passer la soirée en plein air. Nous achetions des billets de « bleachers » à 25 cents, et à mesure que le match se déroulait nous nous déplacions vers les sièges vides situés près du troisième but ou derrière le marbre. Un très bon spectacle à un prix très abordable. Au retour, nous marchions le long de la rue Ontario et nous arrêtions prendre une « draught » (ou deux), toujours à 10 cents le verre ou deux verres pour 25 cents, incluant le pourboire, dans une des nombreuses tavernes située le long de notre parcours. Notre choix s’arrêtait seulement sur les locaux avec air climatisé. Lorsqu’il n’y avait pas de baseball, nous allions faire un tour au parc Lafontaine, encore une fois à distance de marche de notre domicile, ou, si la chaleur était trop accablante, nous allions au cinéma St-Denis, tout juste à quelques pas d’où nous habitions. Je ne me souviens pas d’un seul des 10 ou 12 films que j’ai visionnés tout au cours de l’été. Ce dont je me souviens cependant, c’était que le cinéma était équipé avec l’air climatisé. C’est la seule raison qui nous y attirait. Nous y allions pour dormir à l’air frais! Même si notre chambre avait une fenêtre qui « donnait » sur la rue, la chaleur y était toujours accablante… et malgré notre jeunesse et notre bonne forme physique, cette chaleur rendait notre sommeil très difficile.

Voilà ce qu’a été mon premier vrai contact avec Montréal. J’ai eu le plaisir d’y demeurer à deux autres reprises, soit de 1972 à 1976, puis de 1987 à 1997, mais j’y reviendrai plus tard avec d’autres textes de la présente série des « villes où j’ai vécu ».

Pourquoi je ne suis pas allé à l’Université de Montréal pour y faire mes études de droit? Voici… puisque je n’avais pas suffisamment d’argent pour étudier à plein temps à l’Université, je devais me trouver un travail même durant mes études. Quand je suis allé voir mon député Daniel Johnson pour le remercier de m’avoir donné un emploi d’été à Montréal, il m’a dit que je pourrais occuper également cet emploi pendant l’année scolaire, mais il me suggérait fortement de trouver « autre chose » puisque s’il lui arrivait de ne plus occuper son poste de ministre, cela signifiait que je perdrais cet emploi dit « politique » et que je me retrouverais devant rien. J’ai suivi son conseil et j’ai trouvé un emploi à La Tribunede Sherbrooke… ce qui m’a amené à m’inscrire à l’Université de Sherbrooke plutôt qu’à l’Université de Montréal. Pour cette raison, quand j’ai terminé mon emploi d’été à Montréal, je suis retourné chez moi, à Acton Vale, pour une semaine… puis j’ai préparé mes bagages pour Sherbrooke où je suis arrivé à la fin d’août 1959 pour entreprendre (encore) une nouvelle vie.

Et j’ai toujours été éternellement reconnaissant à Daniel Johnson pour son conseil puisque l’année suivante, soit en 1960, l’Union nationale subissait une cuisante défaite aux mains de Jean Lesage et son équipe du Tonnerre. Ce qui veut dire que je me serais retrouvé « Gros Jean comme devant » si j’avais misé sur l’emploi du ministère des Ressources hydrauliques… Et pire encore, je ne me serais sans doute jamais retrouvé à Sherbrooke, sûrement l’une des plus belles (dans tous les sens du mot) villes du Québec. Je vous en reparle dans mon prochain billet.

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Le succès de la chanteuse Monique Brunet

Bien avant le succès phénoménal de Véronic DiCaire, notre région avait eu une autre chanteuse populaire. Le Carillon du 20 juillet 1967 nous apprend que la chansonnière Monique Brunet, de Rockland, mais née à Embrun elle aussi, participera au Festival de la chanson française de Spa en Belgique. Elle avait soumis six de ses compositions pour obtenir le privilège d’y participer. Monique y remportera d’ailleurs le grand prix de 40 000 francs belges (environ 800 $ canadiens). Pendant son séjour en Belgique, elle a d’ailleurs enregistré pour la compagnie RCA-Victor, en plus de prestations à la télé et radio belge.

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Décidément, il y a des phénomènes bizarres à Hawkesbury et dans la région. Après le chat volant et autres bibittes, voilà une photo à la une du 27 juillet qui montre la trouvaille de Micheline Paquette et Ginette Chartrand dans un petit ruisseau près du Pleasant Rest Nursing Home de la route 34… une grenouille à cinq pattes… rien de moins. Le bas de vignette précise que la « bête » mesure trois pouces de la tête au bout de la patte… la cinquième il va sans dire!!!

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A little bit of Monica in my life,
A little bit of Erica by my side.
A little bit of Rita’s all I need,
A little bit of Tina’s all I see.
A little bit of Sandra in the sun,
A little bit of Mary all night long.
A little bit of Jessica here I am,
A little bit of you makes me your man!!!!!!!!
Mambo number five.

Vous vous souvenez forcément de cette chanson « Mambo number five », succès planétaire il y a quelques années. (C’est la chanson qui jouait dans une boutique en entrant au Mont St-Michel lors de notre visite.) L’édition du 27 juillet 1967 du journal
Le Carillon, en pages 8 et 9, m’a fait sourire pendant mes recherches. Des annonces des hôtels du coin moussent leurs danseuses respectives : Dodo au Seigneurie de Papineauville, Mista au Sportsman Inn de Pointe-au-Chêne, Lia au Long-Sault de Grenville, Rita au Monette de Papineauville et Louise au York de Calumet. Toutes la même fin de semaine du 28 au 30 juillet. Au Bridge Inn de Hawkesbury, il fallait se contenter de « Musique stéréo – T.V. en couleurs, de midi jusqu’à 1 heure du matin! »

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Une campagne contre les jeunes et les cigarettes

L’édition du 13 juillet 1967 du journal Le Carillon fait état d’une « campagne contre les jeunes et la cigarette ». Comme vous voyez, la lutte au tabagisme n’est pas nouvelle. L’article cite le sous-chef de la Sûreté municipale, Rémi Lecôt, voulant que les autorités policières avaient décidé de faire respecter « sévèrement » la loi fédérale sur la protection des mineures régissant la vente des cigarettes aux jeunes de moins de 16 ans, l’âge minimum qu’il fallait avoir pour s’en procurer. En Ontario, vous ne pouviez boire que cinq ans plus tard!

Le sous-chef Lecôt explique : « Les défauts engendrés par le fumage de cigarettes à l’âge précoce sont très nombreux; les tissus du cerveau peuvent être affectés et peuvent occasionner un ralentissement des facultés intellectuelles (la plupart des cas de faillites dans les dernières classes du primaire sont souvent des cas de jeunes fumeurs). Le fumage à bas âge entraîne également des accrocs dans les sentiments d’honnêteté des jeunes: l’on fume en cachette, l’on manque de cigarettes, où trouver l’argent nécessaire, l’on vol pour pouvoir se fournir en cigarettes… qui vole un œuf, vole un bœuf; vous pouvez tirer les conclusions vous-mêmes ». Voilà pour l’explication officielle de la police de l’époque. Le sous-chef Lecôt précisait même que « les policiers n’étaient pas pour se laisser influencer, parce qu’il fallait à tout prix enrayer ce fléau ».

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Comme dans l’édition du 13 juillet 1967, la plupart des municipalités de la région publiaient, sous forme d’annonce, leur bilan financier annuel. Ça c’était la transparence! Ainsi, le Village de St-Isidore-de-Prescott annonce un surplus budgétaire de 679,43 $ pour 1966, soit des revenus totaux de 48 616,28 $ par opposition à des dépenses totales de 47 936,85 $. De ce dernier montant 10 335,27 $ avaient été versés au Conseil des comtés unis et 17 711,55 $ aux commissions scolaires.

Contexte du temps

Vous pouviez louer un logis sur la rue William, de « deux chambres à coucher, cuisine, salon et chambre de bain » pour 40 $ par mois. – Un certain L. Charbonneau voulait vous vendre « 3 ponies de bonne qualité; 2 juments noires, $95 chacune; 1 étalon, 1 an, $65 ». – Carkner Office Supply vous offrait de vous louer une « dactylo » pour 7,50 $ par mois ou 18 $ pour trois mois. – Le magasin R. Farmer vendait en spécial des costumes de bain pour fillettes pour 97 cents l’unité. – Pour les femmes, c’est Ray Bilodeau, à sa boutique Au Salon Blanc, qui offrait ses costumes de bain entre 6 $ et 16 $. – Au Lapointe IGA de Hawkesbury, la douzaine d’oranges vous revient à 59 cents.

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Les élections municipales et scolaires seront aux trois ans

Dans l’édition du 15 juin 1967 du journal Le Carillon, on apprend que « dorénavant à Hawkesbury les électeurs voteront à tous les trois ans ». C’est que jusque-là, les élections municipales et scolaires se déroulaient à tous les deux ans. « Par les années passées, le Conseil, à sa première année, devait parfois réparer les erreurs du Conseil précédent et s’adapter à leur nouveau poste; l’année suivante, il fallait faire attention aux décisions et projets, afin de ne pas trop impliquer le Conseil qui serait élu pour l’année suivante ». Voilà pour la démocratie du temps.

En d’autres mots, il ne se passait pas grand-chose. « Avec la nouvelle procédure, le champ d’action des administrateurs municipaux sera passablement accru et l’administration en sera également meilleure. » Plus tard, la durée des mandats municipaux et scolaires est passée à quatre ans, ce qui laisse deux années aux élus pour agir au lieu d’une seule, et le contrôle des mandats est devenu une juridiction provinciale.

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Une annonce anodine pour l’époque en page 31 de l’édition du 22 juin 1967. « expo67 la cigarette des hommes… que les femmes désirent. Le tabac de Virginie à son meilleur. » Elles désirent quoi au juste les femmes… cette cigarette ou « des hommes »? J’imagine que seule l’agence de publicité le savait!

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Deux photos côte-à-côte à la une de l’édition du 29 juin : le Couvent du Sacré-Cœur dont la démolition avait commencée le 23 juin, et une partie de la nouvelle école Paul VI qui allait accueillir ses premiers élèves quelques mois plus tard. Le couvent était là depuis un demi-siècle. Ma femme y avait commencé sa carrière de 35 ans en enseignement.

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Dans l’édition du 6 juillet 1967, on apprend que la ville de Hawkesbury pourrait être dotée de logements à prix modiques. Le concept était relativement nouveau et la Société centrale d’hypothèques et de logements facilitait la construction de tels logements. Les trois paliers de gouvernement les finançaient. Il s’agissait de construire des logements pour les familles dont les moyens financiers sont restreints. L’autre but était « d’éliminer les secteurs des taudis, qui détruisent sensiblement la beauté d’une ville ». L’article fait référence spécifiquement aux sections « surtout dans l’est et dans l’ouest, qui seraient soulagés de ces taudis ». Les loyers étaient en fonction des revenus des familles locataires. C’est vrai qu’à cette époque, dans certains vieux quartiers de Hawkesbury, les logements étaient réellement misérables. Plusieurs années plus tard, alors que j’étais conseiller municipal, j’ai représenté le Conseil au conseil d’administration de ces logements.

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La nécrologie nous réserve (parfois) de mauvaises surprises

par Alain Guilbert

Depuis quelques années, je vérifie systématiquement les pages nécrologiques dans les différents journaux que je lis. Pourquoi? Parce qu’à mon âge, il m’arrive régulièrement d’y trouver les noms (et les photos) de personnes que je connais. Parfois, ce sont des nouvelles auxquelles je m’attendais… Parfois, ce sont des surprises, je dirais même de très mauvaises surprises.

Cette semaine, par exemple, en consultant la liste des décès dans La Presse, j’ai été totalement stupéfié en y apercevant la photo et le nom d’un ami de très longue date, Charles Meunier.

J’ai rencontré Charles pour la première fois de ma vie en 1974 alors que j’occupais le poste de directeur de l’information au Comité organisateur des Jeux olympiques (COJO) de Montréal 1976. Je devais procéder à la réorganisation du service d’information et j’étais à la recherche de candidats possibles pour intégrer mon équipe. J’avais reçu de nombreux curriculum vitae provenant de personnes qui, sans être particulièrement spécialisées dans les disciplines olympiques, exprimaient leur intérêt de participer à cette merveilleuse aventure que sont les Jeux. L’un des CV qui avait plus spécialement attiré mon attention était celui de Charles Meunier que je ne connaissais « ni d’Ève, ni d’Adam ».

Je le convoque donc en entrevue et je passe au moins une heure à l’interroger sur ses expériences précédentes, sur ses réalisations, sur ses objectifs. La routine, quoi! Et je suis fortement impressionné par ce qui m’apparaît être un communicateur de grande classe. Il correspond parfaitement au profil des personnes avec qui j’ai envie de travailler. Je lui exprime donc mon intérêt à l’embaucher dans les meilleurs délais et lui, de son côté, me semble très enthousiaste à l’idée de se joindre à mon équipe.

Il y a toutefois un hic… Pour ceux qui se souviennent des Jeux de Munich en 1972, vous savez que cet événement grandiose avait été assombri par un attentat terroriste dirigé contre les athlètes israéliens. Cette tragédie avait amené les responsables du Comité organisateur de Montréal, de même que les autorités politiques canadiennes, à mettre en place un dispositif de sécurité sans précédent pour assurer la sécurité des athlètes et autres invités des Jeux de Montréal. Un Comité de sécurité, dirigé par un officier supérieur de la police de Montréal, Guy Toupin, et comptant dans ses rangs des représentants non seulement de la police de Montréal, mais aussi de la Gendarmerie royale du Canada et de la Sûreté du Québec, avait été mis en place. Les forces armées canadiennes avaient aussi été mises à contribution dans cette opération.

Nous avions été bien prévenus que le dossier de toute personne que nous souhaitions embaucher au COJO devait être soumis à ce comité pour approbation. On nous avait dit clairement qu’il fallait un délai d’une semaine à ce comité pour vérifier le passé d’un candidat à un emploi, et de ne procéder à aucune embauche avant l’expiration de ce délai. Si nous n’avions rien entendu ou reçu de la part de la Sécurité après une semaine, cela signifiait que notre candidat était accepté automatiquement et que nous pouvions retenir ses services.

Donc, 10 jours après avoir soumis le dossier de Charles Meunier au Service de sécurité et n’ayant reçu aucune nouvelle de sa part, j’appelle mon candidat et lui dit qu’il a obtenu l’emploi convoité, ce que je lui confirme formellement dans une lettre qui précise sa date d’entrée de même que ses conditions de travail monétaires et autres. Je suis heureux… Il est heureux… Sauf que trois jours après lui avoir posté la lettre confirmant son emploi, je suis convoqué au Service de sécurité qui me dit que je ne peux embaucher Charles Meunier. Évidemment, je veux savoir pourquoi, surtout que le délai d’une semaine est expiré depuis longtemps, et on me dit qu’il compte parmi ses amis des felquistes connus comme Pierre Vallières et Jacques Larue-Langlois.

Je suis extrêmement déçu de cette décision que je tente de faire renverser, mais en vain, J’ai beau dire qu’être l’ami d’un felquiste ne fait pas de lui un felquiste… et autres arguments du genre, mais je reçois un NON catégorique. Il ne me reste plus qu’à prévenir Charles de cette décision hors de mon contrôle. Je prends mon courage à deux mains et je l’appelle. Bien sûr, il est révolté de la décision du Service de sécurité. Il menace de dévoiler toute cette histoire sur la place publique (c’est-à-dire dans les médias) et même d’intenter des poursuites contre le COJO. Je demeure calme et lui dit que je suis aussi frustré qu’il peut l’être lui-même. Je lui dis qu’il peut faire appel aux médias, ce qui lui vaudra un jour ou deux de « gloire » et qu’il peut intenter une poursuite judiciaire qu’il gagnera sans doute, mais qui ne lui donnera pas d’emploi pour autant et qui pourrait même lui fermer la porte d’autres employeurs potentiels. J’ajoute que si je ne peux l’embaucher à plein temps je pourrai sans problème lui confier des mandats à la pige (ce que m’avait confirmé le Service de sécurité) et qu’on pourrait ainsi transformer une situation « perdante » en une situation « quasi gagnante », ce qu’il finit par accepter.

Et c’est comme cela que nous avons commencé à travailler ensemble… et que nous sommes devenus amis. Bien sûr, il n’a pas fait autant d’argent que s’il avait été un employé à plein temps du COJO, mais je lui ai confié plusieurs mandats passablement lucratifs. Et plusieurs années après les Jeux olympiques, quand j’ai créé une division de relations publiques au sein du Groupe Everest, et que je n’avais pas de rédacteurs à plein temps à mon service, j’ai repris contact avec lui et j’ai continué à lui confier de nombreux mandats.

Il était un communicateur exceptionnel, l’un des meilleurs que j’aie rencontrés au cours de ma longue carrière dans les médias et dans les communications. Il maîtrisait la langue française à la perfection. Il écrivait merveilleusement bien, sans jamais commettre de fautes. Il était parfois lent à remettre ses textes… mais j’avais trouvé un truc pour bien paraître auprès de mes clients. Si je lui confiais un mandat de rédaction le premier du mois et que j’avais besoin de ses textes le 20 du mois, je lui disais que mon heure de tombée était le 10 du mois. Bien sûr, les textes n’étaient jamais terminés pour le 10 du mois, mais en lui poussant un peu dans le dos avec des appels téléphoniques quotidiens, j’avais toujours mes textes pour la date désirée. Je ne lui ai jamais avoué que mes délais étaient plus étendus que ceux que je lui donnais.

Au cours des années, nous nous sommes toujours revus avec plaisir. Il a dirigé les communications de nombreuses organisations dans les domaines de la culture et de la santé, et s’en est toujours très bien tiré. Il faisait partie de cette « race » de communicateurs qui sont de plus en plus difficiles à trouver. Depuis quelques années, soit depuis le moment de ma retraite, j’ai été moins en contact avec lui, mais je pensais souvent à lui. Je ne savais pas qu’il était malade… voilà pourquoi j’ai été tellement stupéfié d’apprendre son décès dans les pages de La Presse. Cher Charles, des « comme toi », il n’y en pas beaucoup. Tu nous manqueras!

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Une guerre a des répercussions partout

Dans l’édition du journal Le Carillon du 8 juin 1967, les lecteurs apprennent que « le premier conflit israélo-arabe dans le monde a obligé de nombreux Canadiens, tant civils que militaires, à se réfugier dans un pays plus sûr ». L’article fait référence à Angéline Legault-Rochon, de Sarsfield, « qui dut quitter son mari, officier de sécurité au service civil de l’Organisation des Nations Unies à Jérusalem ». Tout avait commencé quand le président égyptien Gamal Abdel Nasser avait refusé l’accès aux pétroliers israéliens dans le golfe d’Aquaba, la Jordanie, l’Égypte et quelques autres pays. Nasser avait obligé tous les Canadiens et les Américains à quitter Jérusalem dans les quarante-huit heures. Les conflits dans cette région du monde n’ont jamais réellement cessé.

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Dans la même édition, un bas de vignette mentionne que « Gilles Gratton, fils de M, et Mme Eugène Gratton, de Casselman, a reçu son diplôme récemment de l’école de médecine vétérinaire de l’Université de Guelph ». Gilles Gratton, d’Embrun, a reçu le Prix Richelieu de la Francophonie 2010 ainsi que la médaille du Président du Richelieu International. Il s’agit des deux plus grandes distinctions de l’organisme voué à la jeunesse et à la Francophonie.

Au cours de sa longue carrière de vétérinaire à Embrun, de 1967 à 1996, Gilles a toujours été tenace dans la défense des services en français. Il a joué un rôle important lors de la fondation du premier collège francophone d’agriculture en Ontario, le Collège d’Alfred. Gilles a également participé à la relance du Banquet de la Francophonie de Prescott et Russell en 2007.

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Je vous en ai parlé dans un billet précédent (celui du 24 mars). Ainsi, la manchette du journal Le Carillon du 15 juin 1967 reflète l’aboutissement de longs mois de démarches de la part de divers niveaux, depuis les gens d’affaires locaux jusqu’au député fédéral Viateur Éthier, en passant par le Conseil municipal. Le ministre canadien de l’Industrie, James Drury, annonce que la ville de Hawkesbury et sa région immédiate a officiellement été proclamée « zone défavorisée ». C’est ce que le Conseil municipal souhaitait, surtout depuis l’élection des membres de la Ligue du réveil civique. Ils avaient toujours jugé que le progrès de la ville dépendait d’une telle désignation à cause des avantages fiscaux pour les entreprises qui en découleraient.

En fait, aussitôt dit aussitôt fait. Le Conseil veut doter la ville d’un parc industriel le plus rapidement possible, ce qui permettrait d’offrir aux industries intéressées à s’installer à Hawkesbury un choix de terrains sur-le-champ. La ferme Cameron, au sud de la ville, est choisie et « la ville pourrait acheter ladite ferme pour le somme de 70 000 $, sans intérêts, et payable à raison de 10 000 $ annuellement ». La ferme représente une superficie de 225 acres. Essayez d’acheter un tel terrain pour cette somme aujourd’hui.