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Il était là en même temps que le caporal dément

Comme il l’avait dit lui-même, il ne pouvait être « au pire endroit au pire moment ». James Waite, un enseignant de Gloucester originaire de Hawkesbury (le fils de Wally et Wanda Waite), visitait l’édifice du parlement de Québec avec sa classe de sixième année « lorsque le soldat dément a ouvert le feu dans cette enceinte ». Il était évidemment question du caporal Denis Lortie, des trois personnes qu’il avait tuées (Camille Lepage, Georges Boyer et Roger Lefrançois) et de la douzaine qu’il avait blessées. James (que je connais depuis sa jeunesse) visitait le parlement « avec son groupe d’élèves lorsque le tireur a fait irruption ». Il avait expliqué au journal que « mêmes les enseignants ne connaissaient pas toute la gravité de l’incident. D’ailleurs, les enfants ont continué à visiter le parlement alors même que le tireur s’y trouvait encore. » Sans doute que Lortie était en train de parler au sergent d’armes René Jalbert, celui qui avait réussi finalement à « contrôler » le tueur.

« Depuis l’incident, M. Waite assure avoir déjà raconté son aventure une centaine de fois. ‘Nous avons commencé à être harcelés par des journalistes dès l’après-midi de la tragédie. Nous avons encore été sollicités pour des entrevues à notre arrivée à Ottawa. De plus, tous les gens m’ont demandé de leur raconter l’incident. J’en reviens toujours à me dire que c’est une bien rare coïncidence que d’être au pire endroit au monde au pire moment de la journée.’ » Nous avions raconté ses aventures dans le journal Le Carillon du 16 mai 1984. Le plus jeune frère de James, Steven, allait devenir plus tard le chef des détachements de Russell puis de Hawkesbury de la Sûreté de l’Ontario.

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Je le revois encore dans mes souvenirs de mon arrivée au journal Le Carillon et on parle de lui dans l’édition du 9 mai 1984. « Celui qui fut le premier employé régulier du Carillon et qui devait ensuite y œuvrer pendant quelques 28 années est décédé, lundi, des suites d’une longue maladie. Bernard Danis avait 54 ans. Né un 15 février, fils d’Albert Danis, Bernard avait eu son premier emploi à la ferronnerie de Zéphirin Bourcier, à Hawkesbury. » Il avait commencé au journal alors que la publication n’avait que quatre ans à peine. Il avait touché à tout: abonnements, nouvelle, publicité. Il était devenu « directeur du journal en avril 1957, au moment où André Paquette achète l’Imprimerie Prescott et Russell à Plantagenet ». Avant de quitter, en mars 1978, il n’était plus le directeur; on lui avait donné un autre titre que j’oublie. Il m’avait confié qu’il ne se sentait plus chez lui au journal et qu’il devait quitter. Il m’avait averti de garder les yeux ouverts. Ce que j’avais toujours fait. Il n’en reste pas moins que son nom est à jamais associé aux belles années de succès du journal Le Carillon. Et il avait été très actif au sein de la Jeune chambre de commerce et avait été un des fondateurs du club Optimiste.

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« Les journalistes de langue française de l’Ontario se sont dotés, en fin de semaine, d’une association professionnelle (…) le Regroupement ontarien des journalistes de langue française. » Il en est question dans le journal du 16 mai 1984. « La moitié environ des 150 journalistes qui travaillent en français dans la province font déjà partie du regroupement. Ils se retrouvent dans les quatre stations ontariennes de Radio-Canada, au quotidien Le Droit d’Ottawa, dans une dizaine d’hebdomadaires régionaux, dans quelques stations de radio privées, dans des revues spécialisées et dans les médias étudiants. » La plupart des membres du conseil d’administration étaient de Radio-Canada, dont la présidente, la journaliste Marie-Élisabeth Brunet, de Radio-Canada Toronto. J’en faisais partie bien sûr. Je ne sais pas si ce Regroupement existe encore.

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La violence au hockey… un vieux débat

Tiens, une autre démonstration que certains débats sont toujours d’actualité année après année. Il y a presque 30 ans, c’était une intervention du conseiller municipal de Hawkesbury, Claude Demers, qui croyait que « c’est par la concertation de tout un chacun, à partir du bas de l’échelle, que l’on stoppera la violence au hockey ». C’était dans l’édition du 2 mai 1984 du journal Le Carillon et il réagissait à la désormais célèbre altercation entre les Canadiens de Montréal et les Nordiques de Québec le Vendredi saint 20 avril 1984. Demers avait proposé une résolution appuyée par tous ses collègues du Conseil, « demandant à la Ligue nationale de hockey de prendre les moyens nécessaires pour que le hockey redevienne un sport dans le sens du mot ». Le conseiller Demers était d’avis qu’il était « temps que les corps publics se mêlent de la question et interviennent directement dans le débat sur la violence au hockey ». Et il avait répété l’éternelle rengaine qu’il « est difficile de dire à un jeune de ‘ne pas faire ça’ quand il voit ses héros le faire ». Bien sûr, rien n’a changé. Et la foule s’enflamme chaque fois que deux joueurs en viennent aux coups dans quelque aréna que ce soit.

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Ce serait intéressant de savoir quels sont les vins de messe populaires ces temps-ci. Mais en 1984, comme je le mentionne dans ma chronique du journal du 18 avril, il y en avait quelques-uns. « Il y a le Sarmentins, vin rouge de France, à 41,80 $ la caisse de douze; le Diamant d’Or, blanc naturel, supérieur doux, un Bordeaux à appellation contrôlée à 50,40 $ la caisse; sans oublier le Monbazillac, un naturel moelleux à 57,60 $. Il y a aussi le Moscatel, blanc semi-doux d’Espagne à 40,20 $ la caisse et le Muscat, un blanc doux de Chypre, à 54 $ la caisse. » Et au Vatican en 2013? Du Malbec argentin peut-être!

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J’avais couru après comme on dit, avec la présidence d’honneur du tournoi annuel de l’Association du hockey mineur de Hawkesbury. Deux mois plus tard, des parents m’approchent, se disant insatisfaits de la direction de l’association et souhaitant des changements, surtout dans les relations avec les autres associations locales de la région. Je leur dis que tout dépendra de leur appui collectif et des bénévoles qui « embarqueraient » avec moi. Et le rédacteur sportif Yvon Legault rapportait dans le journal du 2 mai 1984 : « Comme prévu, l’assemblée générale a suscité énormément d’intérêt. On comptait tout près de 110 personnes dans l’assistance. Du jamais vu! On retrouvait également une vingtaine de femmes. Du jamais vu là aussi! » J’avais été élu et l’exécutif avait été renouvelé au complet, à l’exception d’un ancien membre avec qui je m’entendais bien de toute façon. Nous allions apporter de nombreux changements qui déplairaient à de nombreux parents et anciens entraîneurs. Première exigence : l’obligation pour tous les entraîneurs bénévoles de suivre les cours de formation de l’Association canadienne du hockey amateur, y compris les membres de l’exécutif. Il fallait bien comprendre de quoi on parlait. Fini aussi le temps de faire niaiser les jeunes qui ne savaient pas d’une semaine à l’autre s’ils resteraient avec leur équipe ou non. Nous avions instauré une règle simple : vous tenez des périodes d’entraînement, vous choisissez prudemment vos joueurs et ce sont eux qui formeront votre équipe… pour toute la saison; pas de changements en cours de saison, n’en déplaise aux vieilles habitudes. Au sein de l’association du district, je tisse de nouvelles relations avec les présidents des autres associations (Cumberland, Rockland, Clarence, Embrun, Casselman, Vankleek Hill, St-Isidore) et l’année suivante, je deviens président de ce même district de l’Association du hockey mineur du district d’Ottawa. J’ai aimé cette expérience d’aider les jeunes hockeyeurs, mais les réactions émotives d’un trop grand nombre de parents ont fait en sorte que mon expérience aura été plus difficile que celle de conseiller municipal.

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Le CECPR se tient fièrement debout

Les gouvernements tant ontarien que fédéral se pétaient les bretelles sur le 200e anniversaire de l’Ontario, mais le Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell voyait les choses d’un autre œil. Comme le rapportait Le Carillon du 28 mars 1984, « par principe, le CECPR a tourné le dos à une subvention de 40 000 $ du Secrétariat d’État » pour aider à défrayer les coûts des célébrations. « En refusant la subvention, le CECPR a voulu démontrer son opposition à la décision du gouvernement ontarien de considérer l’année 1984 comme le bicentenaire de la fondation de l’Ontario. Le CECPR, à l’instar de plusieurs autres individus et organismes en Ontario, considère que l’année 1984 marque plutôt le 200e anniversaire de l’implantation loyaliste en Ontario. » Le gouvernement ontarien avait quand même célébré un tel bicentenaire… dans la controverse à plusieurs endroits. Je ne me souviens pas de beaucoup d’activités en ce sens dans les comtés unis de Prescott et Russell.

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Aujourd’hui, les références du fameux Règlement XVII refont surface de temps à autre. Une chronique historique de la Société des écrivains canadiens en parlaient dans le journal du 11 avril 1984. Ce n’est qu’un résumé parce que l’histoire du Règlement XVII (qui remonte maintenant à 101 ans) a rempli plusieurs livres et documents au fil des années. Et c’est tout un contraste avec ma référence d’avant-hier à l’école St-Joseph de Russell.

« L’Ontario a été et continue d’être le théâtre de luttes scolaires les plus acerbes. Au nord, au sud et à l’est, partout les revendications des Franco-Ontariens portent sur l’éducation dans leur langue.

La bataille la plus épique demeure sans contredit celle qui a suivi l’imposition du désormais célèbre et inique Règlement XVII. La hache tombe sur le cou des francophones le 13 avril 1912 alors que le premier ministre Whitney expose à l’Assemblée législative la politique de son gouvernement : ‘L’enseignement en anglais devra commencer dès l’entrée d’un enfant à l’école, l’usage du français langue d’instruction et de communication variant selon les circonstances locales (…) mais ne devant en aucun cas se poursuivre au-delà de la première année.’

Dans le cas des élèves francophones qui ne comprenaient pas l’anglais, on instituait un cours spécial en anglais. L’étude du français était autorisée, pour l’année 1912-1913, que pour les élèves dont les parents en faisaient la demande explicite… et jamais plus d’une heure par jour. Les écoles offrant un tel programme étaient soumises au double inspectorat, francophone et anglophone.

La résistance fut grande partout à travers la province, depuis l’école Guigues d’Ottawa jusqu’à Pain Court. Le Règlement XVII fut retiré en 1927. »

Il aura quand même tristement survécu pendant 15 ans… l’équivalent d’une génération scolaire.

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Tiens, tant qu’à parler de Loyalistes et de langue, un article du 18 avril 1984 se réfère aux efforts du député provincial libéral Don Boudria, à Queen’s Park, alors qu’il « a demandé au gouvernement Davis de faire en sorte que la reconnaissance officielle de la langue française en Ontario soit incluse dans la Constitution canadienne. Ce n’était pas la première fois qu’il le faisait. Dans son discours d’une heure en réponse au Discours du trône, Boudria « a rappelé la vieille affirmation voulant que les anglophones refusaient de se souvenir de l’histoire alors que les francophones refusaient de l’oublier ». Et il avait ajouté que « s’enrichir d’une autre culture ne nous appauvrit pas; ça nous enrichit ».

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« Un seul intérêt : leur propre petit royaume »

Gordon Johnson avait déjà été candidat progressiste-conservateur dans la région, mais il était avant tout un homme d’affaires, propriétaire notamment de la Villa Hawkesbury. C’est à ce titre qu’il est cité dans l’édition du 21 mars 1984 du journal Le Carillon. Le monsieur n’était pas content! C’est qu’il n’avait pu obtenir de l’aide gouvernementale pour son plus récent projet « de convertir l’ancienne clinique Smith et l’ancien hôpital général en centre d’accueil pour les personnes âgées. (…) Ce projet créera 80 emplois permanents et permettra d’héberger 160 personnes âgées. » Johnson avait soutenu « qu’ils soient libéraux ou conservateurs, fédéral ou provincial, les gouvernements ont un seul point en commun. Ils ont à toutes fins utiles abandonné l’Est de l’Ontario. Je connais la scène politique locale, provinciale et fédérale depuis de longues années et j’ai constaté que les politiciens n’ont qu’un seul intérêt: leur propre petit royaume. » Johnson y était allé de quelques avertissements à l’effet « qu’il utilisera toutes les ressources à sa disposition, son énergie, son habilité administrative et ses contacts personnels pour embarrasser les politiciens, dans le but de travailler pour l’amélioration de la région en général ». Par contre, « il n’a que des louanges pour le député libéral Don Boudria, le seul qui s’efforce de travailler pour le bien-être de ses électeurs ».

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« L’avenir est au Canada » selon une publicité gouvernementale dans le journal du 21 mars 1984. « Aider ceux qui sont sans travail… une responsabilité de la société ». Le message ne pouvait être plus clair bien que 30 ans plus tard, plusieurs travailleurs contestent la nouvelle « mission » de l’assurance-emploi; à l’époque, c’était l’assurance-chômage. Une autre perspective. « La reprise économique est amorcée et la grande priorité du gouvernement du Canada est la mise en place de programmes efficaces de création d’emplois, auxquels tous les groupes de la société se doivent de participer. Et c’est le devoir du gouvernement du Canada d’assurer, par l’assurance-chômage, une aide financière à tous ceux qui sont encore sans travail et traversent un moment difficile de leur vie. (…) Tomber du jour au lendemain sans travail, ça peut arriver à tout le monde. Le gouvernement du Canada est là pour vous aider durant ce moment difficile. » Les temps ont assurément changé! Parlez-en aux travailleurs saisonniers de la Gaspésie et des Maritimes.

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Tout le monde suivait les progrès de sa construction et le temps des célébrations approchait. Comme le rapporte le journal du 28 mars 1984, le public a pu visiter les nouvelles installations du nouvel Hôpital général de Hawkesbury et la région pour une première fois. Les travaux étaient, à toutes fins utiles, terminés et la direction en prendrait possession incessamment. Une grande nouvelle forcément. Plus de 5 000 personnes répondent à l’invitation de visiter les lieux. Tous les équipements n’étaient pas en place, mais au moins les gens avaient une meilleure idée de ce qu’aurait l’air leur nouvel établissement de santé.

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Une école au statut singulier

« Une école française au statut unique » et c’était vrai. Encore aujourd’hui, l’école St-Joseph de Russell peut revendiquer une place unique dans l’histoire des écoles dites françaises de Prescott et Russell. Comme il en question dans Le Carillon du 21 mars 1984, le Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell avait dû confirmer son statut d’école française à l’époque parce qu’il y avait impression que cette école en était une d’immersion française. Et il était facile de comprendre cette confusion. Le directeur de l’école, Reynald Lapointe, avait admis « que 38 pour cent des élèves proviennent de foyers anglophones, 35 pour cent de foyers mixtes et 26 pour cent de foyers francophones, des proportions non orthodoxes pour une école française ». Au sein du Conseil, il y avait eu certaines divergences d’opinions alors que l’on favorisait un statut d’école d’immersion, alors que de nombreux parents souhaitaient le maintien du statut d’école française. Les opposants craignaient l’assimilation et comme l’avait rassuré le directeur Lapointe « à partir de la première année, tout se passe en français dans le milieu scolaire. Nous insistons même pour que tous les élèves parlent le français dans le cadre d’activités parascolaires. Si les francophones s’assimilent, ce n’est certainement pas à l’école, mais plutôt à l’extérieur. » À ceux qui craignaient l’assimilation, on leur suggérait « d’envoyer leurs enfants à l’école St-Jean d’Embrun, une école française dans le sens le plus strict ». Un parent qui souhaitait un statut d’immersion à St-Joseph de Russell avait déclaré que « l’éducation des élèves francophones est retardée parce que les jeunes anglophones ont de la difficulté à comprendre le français qui est la seule langue des cours ». Je n’ai pas de statistiques sur la question, mais je sais par expérience que de nombreux jeunes anglophones qui ont fréquenté l’école St-Joseph sont devenus bilingues, alors que leurs parents, souvent, étaient unilingues anglophones.

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Dans la même édition du 21 mars 1984, il était évidemment question de la visite du grand Jean Béliveau à Hawkesbury à l’occasion du tournoi annuel de l’Association du hockey mineur de Hawkesbury. Des centaines et des centaines de personnes étaient présentes au complexe sportif pour la cérémonie d’inauguration du tournoi où Béliveau était l’invité d’honneur. Béliveau était resté au complexe beaucoup plus longtemps que prévu afin de rencontrer le maximum d’amateurs. Il m’avait dit qu’il adorait de tels événements à l’intention des jeunes. Puisque j’étais le président d’honneur du tournoi, j’avais fait en sorte que mon filleul, Patrick Martel, alors âgé de 4 ans, lui fasse une petite présentation spéciale. La photo de Jean Béliveau avec mon neveu dans les bras avait évidemment fait la une du journal.

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Une citation, dont j’ai oublié la source, dans ma chronique du 21 mars 1984 : « Une faille majeure de notre société moderne est que tant de personnes qui se tiennent debout pour réclamer leurs droits restent assises devant leurs devoirs. » Toujours d’actualité!

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« L’année scolaire 1953-1954 marquait en effet le début de cette œuvre d’éducation de la Congrégation des prêtres du Sacré-Cœur dans la région. Le 17 septembre 1953, quinze jeunes garçons faisaient leur entrée à ce séminaire, situé alors dans l’ancien presbytère de la paroisse de Pointe-au-Chêne. Depuis, l’œuvre a progressé et, déjà en 1956, on construisait une partie des locaux qui logent actuellement cette école secondaire privée. » L’article se retrouvait dans le journal du 21 mars 1984. C’est donc dire que le Séminaire du Sacré-Cœur de Pointe-au-Chêne célèbre cette année son 60e anniversaire d’existence… toujours au même endroit et un peu plus grand qu’à l’époque.

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La presse franco-ontarienne : le Nouvel-Ontario (2)

Au cours des années 1970, plusieurs expériences journalistiques sont de nouveau tentées dans le Nouvel-Ontario. New Liskeard lance Regard en 1971, de courte durée hélas, et Timmins publie Le Raconteur en octobre 1979 (encore plus éphémère). À Sudbury, Le Dialogue du Moulin à fleur paraît huit fois entre juin et septembre 1979. C’est à Hearst que le succès frappe. Les Presses du Nord-Est de l’Ontario sont créées alors que 320 actionnaires investissent 50 $ chacun. Tout est en place pour la publication d’un nouvel hebdo; Le Nord fait sa première apparition le 24 mars 1976.

L’éditorialiste Paul Tanguay écrit que le journal « veut informer les gens aussi complètement et aussi objectivement que possible ». Chaque semaine, il évalue les conséquences de différents événements pour les francophones en particulier et pour la population du Nord-Est de l’Ontario en général. Diffusé dans une quinzaine de municipalités sur une distance de 250 milles, Le Nord réussit à tenir ses milliers d’abonnés au courant de l’actualité locale et régionale. Les politiques du gouvernement sont scrutées et analysées, les initiatives estudiantines sont encouragées, les revendications de l’ACFO sont commentées et la ville de Hearst est félicitée en octobre 1977 alors qu’elle devient officiellement bilingue. Des chroniques sur la santé, la religion, l’histoire régionale et les sports trouvent également leur place dans le nouveau-né de la presse franco-ontarienne. Contrairement à plusieurs autres hebdos, Le Nord jouit d’un appui considérable de la part des commerçants qui achètent régulièrement des pages entières de publicité. Et ça continue toujours.

La région de New Liskeard tente une deuxième expérience en décembre 1977, grâce à un projet « Canada au travail » parrainé par l’ACFO régionale. Comme le journal s’adresse aux francophones du Témiscamingue ontarien, il se nomme tout simplement Franco-Tem. C’est un hebdomadaire qui cherche à servir un public varié, depuis les agriculteurs aux mineurs en passant par les gens d’affaires. La francophonie ontarienne occupe évidemment une place de choix dans les pages du journal, tout comme l’économie et la famille d’ailleurs. Chaque mois on présente une personnalité régionale qui s’est distinguée d’une manière ou d’une autre. Franco-Tem ne tarde pas à rencontrer des difficultés financières; la subvention initiale s’épuise et les appuis locaux demeurent trop faibles. Il s’en trouve même pour comparer le journal à Allo Police. La publication est suspendue le 2 avril 1980.

Ce tour d’horizon ne saurait être complet sans faire mention de La Tribune, hebdomadaire bilingue fondé le 17 janvier 1968, à Sturgeon Falls, par Ubald Serré. Si le produit n’est pas entièrement franco-ontarien, les artisans le sont pour la plupart. Il faut également souligner la parution de plusieurs organes d’information à l’Université Laurentienne : Réaction, Hublot, Étendard, Le Calumet, etc. Enfin, pendant son séjour de huit ans à Moonbeam, le père Jean Lagacé a publié La Lune (1972-1980).

Depuis près de cent ans, la presse entretient un lien de communication chez tous les résidents francophones du vaste territoire qu’est le Nouvel-Ontario. Dix-sept hebdomadaires se sont succédé; deux seuls continuent à servir leurs lecteurs entièrement en français : Le Voyageur et Le Nord. Malgré les échecs, la presse francophone s’est maintenue, grâce à des subventions parfois, mais surtout parce que des bénévoles ont travaillé sans compter, convaincus du rôle que peut jouer l’information. Tous ont cru que la presse pouvait entretenir une vie culturelle, tous croient que la presse peut déterminer un agir collectif face à l’identité culturelle, tous suscitent la dynamique culturelle de demain.

Note du blogueur – Aujourd’hui, selon son site Web, l’Association de la presse francophone, un organisme pancanadien, compte 14 journaux en Ontario français : Agricom (basé dans Clarence-Rockland), le Journal de Cornwall, L’Action de London, La Nouvelle (un journal étudiant publié par Transcontinental à partir d’Ottawa), Le Carillon de Hawkesbury, Le Goût de Vivre de Penetanguishene, Le Métropolitain de Toronto, Le Nord de Hearst, Le Reflet de Prescott-Russell (qui comprend une section anglophone nommée The News), Le Régional de Hamilton-Niagara, Le Rempart de Windsor, Le Voyageur de Sudbury, L’Express de Timmins et L’Express Ottawa.

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La presse franco-ontarienne : le Nouvel-Ontario (1)

À l’instar des autres régions, peut-on vraiment parler d’une tradition journalistique dans cet immense territoire qu’est le Nouvel-Ontario? Il y a des embryons qui font du progrès, certes, mais la vie de plusieurs journaux dépasse rarement le cap de l’enfance. C’est à Bonfield, près de Mattawa, que le premier hebdomadaire de langue française voit le jour, en 1886. La Sentinelle, fondée par Joseph-Alphonse Lévesque, disparaît avant même le tournant du siècle.

D’autres initiatives sont tentées ailleurs. L’Écho du Nord se fait entendre de 1917 à 1918, à Cobalt; Le Nouvel Ontario naît à Sturgeon Falls, en 1924, pour mourir dix ans plus tard à Sudbury; deux expériences sont également tentées à Timmins, soit Le Nord ontarien de 1933 à 1935 et La Voix populaire de 1935 à 1940. On connaît peu de choses de ces premières entreprises de presse francophone.

En revanche, on sait bien quel genre de journal Camille Lemieux fonde en 1942, à Sudbury. Dès 1938, au Collège du Sacré-Cœur, il exprime son talent en relançant Le Gaillard. Quatre ans plus tard, Camille Lemieux cherche à faire œuvre d’éducation populaire et nationale; c’est pour assurer la survivance des Canadiens français en milieu minoritaire qu’il publie L’Ami du peuple, « une tribune indépendante de toute attache politique ». Le dynamique rédacteur s’attaque souvent aux libéraux, aux politiciens « suiveux » qui, pour garder leur poste, vendent leurs compatriotes et commentent les injustices les plus criantes. Ses amis révèlent son identité : François Hertel, Henri Bourassa et le chanoine Lionel Groulx. Des textes de ceux-ci remplissent plus d’une page du journal.

L’Ami du peuple accepte la publicité des seuls commerçants locaux qui s’affichent en français et il encourage les jeunes à poursuivre leurs études pour mieux faire face à l’anglicisation. Mais ce n’est pas un journal qui s’intéresse beaucoup à l’économie. De plus, on y retrouve une page féminine où prédominent les stéréotypes traditionnels. Entreprise familiale qui suscite parfois la controverse, l’hebdomadaire de Camille Lemieux disparaît en 1968; il servira d’exemple à d’autres organes d’information.

Diverses publications font leur apparition à divers moments; il importe de citer L’Observateur du Nouvel Ontario (1957-1961) et Le Canadien de l’Ontario-Nord, publié à Timmins et à Kapuskasing entre 1061 et 1964. La région bénéficie aussi d’une Édition du Nord diffusée par Le Droit de mars 1959 à août 1963. De plus, le 30 mars 1963 (lors du quatre-vingtième anniversaire de la première messe à Sudbury), Mgr Alexander Carter lance L’Information, journal diocésain qui s’adresse aux fidèles francophones de son diocèse et qui a pour devise « La vérité vous rendre libre ». L’initiative cesse cinq ans plus tard.

En 1968, il n’y a que 250 familles abonnées au Droit. Il faut, au dire de l’évêque auxiliaire Mgr Roger Despatie, une « presse catholique pour se former un jugement chrétien sur tous les événements ». Le Voyageur aura cette vocation; dès sa première édition de mai 1968, il entend favoriser le développement intellectuel et religieux de ses lecteurs. Ce journal au vocable si historique révèle un coup de solidarité magnifique grâce à des chefs de la trempe de Germain Bourgeois et Émile Guy, mais aussi grâce au père Hector Bertrand, directeur depuis 1975. Fort de l’appui de 5 000 abonnés répartis entre North Bay et Elliot Lake, Le Voyageur s’est courageusement relevé du criminel incendie qui a ravagé ses locaux le 31 octobre 1981. Il a repris son rythme de croisière orignal à temps pour célébrer le centenaire de sa ville natale (Sudbury 1883-1983).

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La presse franco-ontarienne : le Sud-Ouest ontarien (2)

Au Sud-Ouest comme à l’Est, le Règlement XVII frappe durement les petits Franco-Ontariens. Il se trouvera naturellement un journal pour faire écho aux héroïques luttes menées contre cette inique et absurde réglementation. Dès sa première édition en date du 25 septembre 1913, Le Clairon donne le ton : « Français dans une province anglaise, catholiques dans une province protestante, nous devons combattre tous les jours pour conserver la langue et la foi de nos mères ». L’hebdomadaire dirigé par C.-E. Lavergne décrit dès lors la situation à Hammond et à Pain Court, où les élèves quittent leur école à l’arrivée de l’inspecteur anglo-protestant.

Oui, il y a résistance au Sud-Ouest où Michael Francis Fallon est évêque depuis 1911. Et lorsqu’il décide, en 1918, de remplacer le défunt curé Beaudoin par un prêtre assimilé, les paroissiens de Notre-Dame-du-Lac, de Ford City (Windsor), empêchent le nouveau curé Laurendeau d’entrer au presbytère. Ils fondent aussi un journal pour défendre leur dignité de catholiques foncièrement canadiens-français. Quel meilleur nom que La Défense pour un hebdomadaire de lutte! En dépit d’un combat acharné, voire même d’une cause plaidée à Rome, le journal ne peut crier victoire. Si la résistance se transforme en obéissance, on assiste néanmoins à une solidarité canadienne-française rarement surpassée au Sud-Ouest, et ce grâce au rôle prépondérant joué par La Défense, véritable organe de ralliement.

En dépit de l’appui financier de l’ACFEO, le journal de Ford City disparaît en 1920 et La Presse-Frontière lui succède en 1921, mais pour à peine un an et demi. C’est un hebdomadaire qui veut se tenir « à l’écart des clans et des factions mesquines qui mettent trop souvent en péril le triomphe d’une grande idée ». C’est aussi un journal qui s’intéresse beaucoup à la chose municipale, clamant qu’il est temps « de confier à quelques-uns des nôtres la surveillance de notre quote-part des contributions aux taxes municipales ». Derrière cette entreprise journalistique de courte durée se cache celui qu’on a surnommé le Lion de la péninsule, le sénateur Gustave Lacasse.

Orateur, médecin, politicien et journaliste, Gustave Lacasse trouve le temps de fonder et de diriger La Feuille d’érable, l’hebdomadaire de plus longue durée au Sud-Ouest ontarien. Il n’utilise pas moins de douze pseudonymes pour commenter l’actualité politique, la vie scolaire et religieuse, les mouvements patriotiques et diverses causes agricoles, commerciales et culturelles. Le journal mène plus d’une campagne en faveur de l’égalité des langues française et anglaise, que ce soit dans l’affichage au bureau fédéral de Windsor, dans l’émission des chèques fédéraux ou sur les ondes de la Société Radio-Canada. Publié de 1931 à 1958, l’hebdomadaire des Pays des Grands Lacs demeure le plus éloquent témoignage de la vie française au Sud-Ouest ontarien.

L’actuel journal diffusé depuis Windsor est Le Rempart, publié mensuellement à partir de 1966 et hebdomadairement depuis mars 1979. Il demeure le fidèle descendant d’une longue tradition journalistique française dans un coin de pays où il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers.

Si le Sud-Ouest est marqué par une longue tradition, il en est tout autrement pour la région qui s’étend de la baie Georgienne à la péninsule du Niagara. Ce n’est qu’en mai 1969 que L’Écluse fait son apparition à Welland; l’entreprise reste éphémère, mais ressuscite plus de dix ans plus tard. Hier comme aujourd’hui, ses conditions de survie demeurent précaires. En Huronie, par contre, une presse franco-ontarienne s’est tranquillement et résolument taillé une place. Depuis 1972, Le Goût de vivre n’a cessé de jouer un rôle catalyseur auprès d’une population fière de ses origines. Enfin, à Toronto, les francophones et les francophiles bénéficient épisodiquement de divers organes d’information pour finalement obtenir non pas un, mais deux hebdomadaires d’expression française. L’Express publie depuis le 5 mars 1976, alors que Le Métropolitain a fait son apparition ce printemps (Note du blogueur : tel qu’expliqué lundi, ce texte de Paul-François Sylvestre avait été publié en juillet 1983).

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La presse franco-ontarienne : le Sud-Ouest ontarien (1)

Isolés au reste de l’Ontario français, côtoyant la frontière des États-Unis, plus près de la culture américaine que de la civilisation canadienne-française, les francophones du Sud-Ouest réussissent, par l’entremise d’une dynamique presse locale, à maintenir le souffle de vie française qui balaye cette lointaine contrée dès 1679.

Comme on le sait, Lamothe Cadillac fonde le fort Pontchartrain (ou Détroit) le 24 juillet 1701. C’est de cette fondation que sera issue la première colonie française permanente en terre « ontarienne ». C’est d’ailleurs à Détroit que se manifestent les premières expériences journalistiques, d’abord une simple colonne rédigée dans la langue de Molière et publiée dans le Detroit Gazette (1820), puis une éphémère Gazette française (1825). L’idée d’établir un journal d’expression française sur les bords de la rivière Détroit est reprise par un dénommé Lacroix, venu du Bas-Canada… L’Ami de la jeunesse (1843) et Le Citoyen (1850) sont tous deux de très courte durée.

De toute évidence, ce sera du côté canadien de la frontière que les entreprises de presse francophone auront plus de succès. Dans un ouvrage intitulé « Ethno-Cultural Newspapers in Ontario », Duncan McLaren cite L’Étoile canadienne de Sandwich comme premier journal franco-ontarien du Sud-Ouest. Cette publication aurait vraisemblablement paru de 1870 à 1881, pour être ensuite remplacée par Le Progrès, de Windsor. Le premier député francophone du Sud-Ouest, Gaspard Pacaud, en est le rédacteur pendant plusieurs années. Si on sait peu de choses au sujet de ces deux hebdomadaires, il en est tout autrement pour Le Courrier d’Essex, qui fait son apparition le 8 août 1884 et qui a pour devise : « Notre religion, notre langue ».

Ce journal se définit comme conservateur et catholique, ne publiant que « des feuilletons d’une moralité irréprochable ». L’édition du 17 janvier 1885 est un véritable plaidoyer en faveur d’une école française pour desservir les quelque cent vingt familles canadiennes-françaises de Windsor. Comme c’est le cas pour plusieurs hebdomadaires de la première heure, Le Courrier d’Essex n’a pas une longue vie ni ses successeurs d’ailleurs, soit Le Courrier de l’Ouest (1885) et Le Canadien de Windsor (1891).

Avant même la fin du XIXe siècle, deux autres entreprises journalistiques voient le jour au pays de Lamothe Cadillac. Publié à Windsor dès le 20 novembre 1891, Le Drapeau national se dévoue « aux intérêts des populations françaises de l’Ouest ». Ayant pour devise « Dieu et mon droit », le nouveau-né de la presse franco-ontarienne précise que « jamais un écrit hostile à la religion ou contraire aux mœurs ne paraîtra dans notre journal ». En 1892, les francophones de Windsor ont droit à un second hebdo; il s’agit d’une feuille agricole, commerciale, industrielle et politique qui a pour nom L’Indépendant du Canada. Le journal lance un concours public à l’intention des abonnés qui doivent disserter sur l’indépendance au Canada obtenue par voie de négociations avec l’Angleterre.

Au début du XXe siècle, c’est à Chatham dans le comté de Kent que de nouvelles publications font leur apparition. Le Canadien voit le jour en juin 1906 et se proclame aussitôt indépendant en politique. Deux ans plus tard, le journal de Chatham affiche ses couleurs libérales en appuyant le candidat de Sir Wilfrid Laurier dans le comté de Kent-Ouest. Au même moment paraît L’Ami du peuple, venu saluer « ses amis les libéraux du comté de Kent ». Si les deux hebdos bilingues de Chatham renseignent peu les lecteurs au sujet de l’actualité locale, ils offrent, en revanche, quelques reflets d’une campagne électorale au début du siècle.

Contrairement aux journaux du comté de Kent, Le Courrier, qui voit aussi le jour en 1908, n’est pas « une feuille hebdomadaire pour défendre la politique en temps d’élections », écrit son rédacteur François-Xavier Chauvin, « mais nous voulons en faire un crédit à la nationalité canadienne-française en même temps qu’à notre langue maternelle ». Le journal s’intéresse à la question scolaire et incite l’honorable Dr Réaume, député d’Essex-Nord, à réclamer des réformes qui permettront à ses compatriotes de travailler dans la paix et l’harmonie. Tout comme Le Moniteur de Hawkesbury, Le Courrier encourage la tenue des états généraux qui donneront naissance à l’ACFEO.

En ce 27 mars 2013…
bon centenaire au quotidien Le Droit
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La presse franco-ontarienne : l’Est ontarien (2)

Journaux de propagande

Si certains organes d’information affichent leur couleur politique, il en existe d’autres pour qui la politique demeure leur seule raison d’être. C’est notamment le cas du Drapeau national, un « quotidien » qui paraît quatre fois avant les élections générales du 5 mars 1891, dans le seul but de soutenir la candidature de M. Honoré Robillard. Premier député francophone à siéger à Queen’s Park (1883), il se fait élire aux Communes en 1887 et en 1891.

Un autre journal de propagande politique voit le jour le 6 juin 1896 pour appuyer la candidature libérale de MM. Napoléon Belcourt et William Hutchison. Dix-sept numéros sont publiés sous le vocable de L’Écho d’Ottawa. À la même époque paraît l’hebdomadaire Le Temps; tour à tour libéral et conservateur. Ce journal était un quotidien au point de départ, le 3 novembre 1894.

Le dernier organe d’information datant du XIXe siècle est Le Canada, une reprise du journal publié d’abord en 1865, puis de nouveau en 1879. Cette fois-ci, il paraît non pas trois mais six fois par semaine. C’est un quotidien de courte durée (1897-1898).

Le Règlement XVII

Le 25 juin 1912, le gouvernement Whitney impose une guillotine linguistique aux Franco-Ontariens alors que le Règlement XVII entre en vigueur. La résistance à cette inique mesure demeure chose fort connue. Parmi les moyens d’opposition, on retrouve évidemment la presse et le journaliste Jules Tremblay, qui publie La Justice de 1912 à 1914. À la même époque, les délégués au congrès de l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario (1912) adoptent une résolution en faveur de la fondation d’un quotidien.

À l’heure du triste Règlement XVII, le Père Charlebois définit le type de journal nécessaire aux Franco-Ontariens : « l’unique moyen d’atteindre l’opinion, c’est un journal qui fera la propagande à outrance de la vérité; c’est un journal soumis à un programme franchement catholique avant tout, et sincèrement canadien-français ensuite ». Ces propos sont tenus en février 1913; un mois plus tard, le 27 mars, apparaît Le Droit. Chaque cause franco-ontarienne deviendra son cheval de bataille, la lutte étant le plus souvent menée sur le terrain scolaire.

À l’est d’Ottawa

Dans la vallée de l’Outaouais, il n’y a pas qu’à Ottawa que la presse franco-ontarienne voit le jour. Dès 1885, l’hebdomadaire La Nation est publié à Plantagenet. D’autres organes d’information font leur apparition à Clarence Creek (Le Ralliement) en 1895 et à L’Orignal (La Concorde) en 1899. L’hebdomadaire agricole L’Ontario français, publié à Ottawa, est essentiellement destiné à l’Est ontarien et y circule de 1902 à 1904.

C’est cependant Le Moniteur, paru à Hawkesbury dès 1908, qui joue un rôle plus capital. Dans l’édition en date du 18 décembre 1908, le curé A. Beausoleil, de Fournier, suggère « la tenue d’une grande convention nationale représentative de tous les centres canadiens-français de l’Ontario pour mieux revendiquer les droits d’une population francophone alors estimée à 235 000 ». La convention a lieu les 18, 19 et 20 janvier 1910 et donne naissance, comme on le sait, à l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario.

Deux autres hebdomadaires sont fondés dans la ville de Hawkesbury, soit La Sentinelle de Prescott (1911-1917) et Le Carillon. Ce dernier célébrait son trente-cinquième anniversaire l’an dernier. Enfin, au cours de la dernière décennie, trois hebdomadaires ont vu le jour dans l’Est ontarien; il s’agit de Bonjour chez-nous (Rockland-1976), Le Journal de Cornwall (1977) et Le Point (Alexandria-1980).

La devise du Courrier d’Ottawa, paru entre 1861 et 1865, résume bien la situation d’hier et d’aujourd’hui : « Les peuples se déplacent quelques fois mais ne s’anéantissent jamais ». Leur voix se fait toujours entendre.