La presse franco-ontarienne : le Nouvel-Ontario (2)

Au cours des années 1970, plusieurs expériences journalistiques sont de nouveau tentées dans le Nouvel-Ontario. New Liskeard lance Regard en 1971, de courte durée hélas, et Timmins publie Le Raconteur en octobre 1979 (encore plus éphémère). À Sudbury, Le Dialogue du Moulin à fleur paraît huit fois entre juin et septembre 1979. C’est à Hearst que le succès frappe. Les Presses du Nord-Est de l’Ontario sont créées alors que 320 actionnaires investissent 50 $ chacun. Tout est en place pour la publication d’un nouvel hebdo; Le Nord fait sa première apparition le 24 mars 1976.

L’éditorialiste Paul Tanguay écrit que le journal « veut informer les gens aussi complètement et aussi objectivement que possible ». Chaque semaine, il évalue les conséquences de différents événements pour les francophones en particulier et pour la population du Nord-Est de l’Ontario en général. Diffusé dans une quinzaine de municipalités sur une distance de 250 milles, Le Nord réussit à tenir ses milliers d’abonnés au courant de l’actualité locale et régionale. Les politiques du gouvernement sont scrutées et analysées, les initiatives estudiantines sont encouragées, les revendications de l’ACFO sont commentées et la ville de Hearst est félicitée en octobre 1977 alors qu’elle devient officiellement bilingue. Des chroniques sur la santé, la religion, l’histoire régionale et les sports trouvent également leur place dans le nouveau-né de la presse franco-ontarienne. Contrairement à plusieurs autres hebdos, Le Nord jouit d’un appui considérable de la part des commerçants qui achètent régulièrement des pages entières de publicité. Et ça continue toujours.

La région de New Liskeard tente une deuxième expérience en décembre 1977, grâce à un projet « Canada au travail » parrainé par l’ACFO régionale. Comme le journal s’adresse aux francophones du Témiscamingue ontarien, il se nomme tout simplement Franco-Tem. C’est un hebdomadaire qui cherche à servir un public varié, depuis les agriculteurs aux mineurs en passant par les gens d’affaires. La francophonie ontarienne occupe évidemment une place de choix dans les pages du journal, tout comme l’économie et la famille d’ailleurs. Chaque mois on présente une personnalité régionale qui s’est distinguée d’une manière ou d’une autre. Franco-Tem ne tarde pas à rencontrer des difficultés financières; la subvention initiale s’épuise et les appuis locaux demeurent trop faibles. Il s’en trouve même pour comparer le journal à Allo Police. La publication est suspendue le 2 avril 1980.

Ce tour d’horizon ne saurait être complet sans faire mention de La Tribune, hebdomadaire bilingue fondé le 17 janvier 1968, à Sturgeon Falls, par Ubald Serré. Si le produit n’est pas entièrement franco-ontarien, les artisans le sont pour la plupart. Il faut également souligner la parution de plusieurs organes d’information à l’Université Laurentienne : Réaction, Hublot, Étendard, Le Calumet, etc. Enfin, pendant son séjour de huit ans à Moonbeam, le père Jean Lagacé a publié La Lune (1972-1980).

Depuis près de cent ans, la presse entretient un lien de communication chez tous les résidents francophones du vaste territoire qu’est le Nouvel-Ontario. Dix-sept hebdomadaires se sont succédé; deux seuls continuent à servir leurs lecteurs entièrement en français : Le Voyageur et Le Nord. Malgré les échecs, la presse francophone s’est maintenue, grâce à des subventions parfois, mais surtout parce que des bénévoles ont travaillé sans compter, convaincus du rôle que peut jouer l’information. Tous ont cru que la presse pouvait entretenir une vie culturelle, tous croient que la presse peut déterminer un agir collectif face à l’identité culturelle, tous suscitent la dynamique culturelle de demain.

Note du blogueur – Aujourd’hui, selon son site Web, l’Association de la presse francophone, un organisme pancanadien, compte 14 journaux en Ontario français : Agricom (basé dans Clarence-Rockland), le Journal de Cornwall, L’Action de London, La Nouvelle (un journal étudiant publié par Transcontinental à partir d’Ottawa), Le Carillon de Hawkesbury, Le Goût de Vivre de Penetanguishene, Le Métropolitain de Toronto, Le Nord de Hearst, Le Reflet de Prescott-Russell (qui comprend une section anglophone nommée The News), Le Régional de Hamilton-Niagara, Le Rempart de Windsor, Le Voyageur de Sudbury, L’Express de Timmins et L’Express Ottawa.

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