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Les heures de fermeture finalement réglées

Le Carillon du 28 avril 1966 nous l’apprend; mais est-ce bel et bien réglé? Le débat durait depuis plusieurs mois, à coup d’articles et de publicité, à propos des heures d’ouverture des magasins à Hawkesbury. Personne ne pouvait s’entendre. Le Conseil municipal a tranché. Les magasins seront fermés le lundi, mais pourront être ouverts jusqu’à 21 heures le jeudi et le vendredi. Dans l’édition du 12 mai, on apprendra que la fermeture se fera à 22 heures le vendredi au lieu de 21 heures, mais pas le jeudi. Les autres jours de la semaine, les magasins fermeront à 18 heures. Et bien sûr, le dimanche, tout était fermé. À Rockland, la Chambre de commerce locale recommande au Conseil de faire la même chose: magasins fermés le lundi. Fait à noter, les magasins de la LCBO (la Commission des liqueurs comme on l’appelait) sont fermés le jeudi toute la journée.

Dans l’édition du 19 mai, la question fait la manchette encore une fois puisque le Conseil a changé d’idée une énième fois. Cette fois, le Conseil détermine que les magasins seront ouverts six jours sur sept et qu’ils fermeront à 18 heures, sauf le vendredi à 22 heures.
« De cette façon, le marchand désireux de progresser aura l’occasion de bénéficier d’au moins six jours dans la semaine. » Nous sommes loin des heures d’ouverture quasi illimitées d’aujourd’hui.

Dans l’édition du 16 juin 1966, K & W Assaly Ltd (Margery Assaly, la femme de Wilfrid, le « W » du magasin, vient de décéder en cette fin de mars 2011) annonce ceci en publicité : « afin de vous fournir un service de haute qualité et un personnel de ventes complet et expérimenté pour vous servir, nous continuerons à fermer notre magasin le mercredi à partir de 12:30 p.m. ». Voilà pour illustrer le désaccord de la communauté commerciale sur cette épineuse question qui allait se continuer pendant encore un certain temps.

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Dans la même édition du 16 juin, un article rapporte qu’un météorite serait tombé dans la rivière Outaouais près de Papineauville. Une femme aurait aperçu « une masse lumineuse filer à basse altitude au-dessus de village pour finalement tomber dans la rivière à quelque 3000 pieds du rivage ». Des équipes du Conseil national des recherches font enquête. Les résultats ne sont jamais publiés. J’en parle un peu au même titre que la soucoupe volante d’un récent blogue (relire blogue du 28 mars). Restez à l’écoute!

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Ethier souhaite le maintien de la peine de mort

Un court article dans l’édition du journal Le Carillon du 21 avril 1966 rappelle que le député libéral Viateur Ethier a voté, le 5 avril, pour que « la peine capitale » ne soit pas abandonnée au Canada. Tous les députés de la région, sauf le libéral Paul Tardif, de la circonscription de Russell, avaient voté pour son maintien. Le vote du 5 avril aux Communes s’était soldé par un vote de 143 contre 112 pour que le pays conserve la peine de mort. Cet article rappelle que la peine de mort était monnaie courante au Canada il n’y a pas si longtemps et qu’un grand nombre de citoyens qui étaient vivants à ce moment-là le sont encore.

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Précédemment, Le Carillon du 31 mars 1966 annonçait la construction prochaine d’un nouveau club de golf et de curling pour Hawkesbury. À ce moment-là, il y avait le club de golf Abenaki, voisin de l’usine de la CIP et le club de curling, situé sur le rue John (celle menant au pont Perley). Le nouveau club, dont l’emplacement n’était pas encore connu, devait compter 500 membres, qui seraient actionnaires. Ce club, aménagé finalement dans le canton de Hawkesbury-Est, est toujours là. J’observe que les noms des personnes responsables de cet important projet sont surtout anglais parce que la direction de la CIP et de l’ICR était essentiellement anglophone. Plusieurs des 500 membres allaient provenir du « West-Island » de Montréal.

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Dans l’édition du 7 avril, l’Ontario Medical Services Insurance Plan – prédécesseur d’OHIP – rappelle aux Ontariens qu’il faut adhérer à OMSIP avant le 1er mai pour être assuré dès le 1er juillet. L’adhésion est absolument volontaire et aidera les gens à payer les notes de médecin. « OMSIP paie pratiquement tous les frais de médecin, que ces frais aient été encourus à la maison, au bureau du médecin ou à l’hôpital. » Jusque-là, il n’y avait pas de telle assurance gouvernementale pour les frais médicaux. On ne parle que des frais des médecins et non pas des frais de médicaments.

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Dans cette même édition du 7 avril, un article cite le chef de police Wilfrid Villeneuve qui rappelle aux jeunes qu’il leur faut un permis pour se promener à bicyclette. En 1965, la ville a vendu plus de 825 permis pour bicyclettes. Je me demande s’il existe encore des municipalités, aujourd’hui, qui exigent des permis pour les bicyclettes?

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Le Carillon du 14 avril 1966 consacre sa une entièrement à la retraite du chanoine Roméo Guindon et à la nomination du nouveau curé, l’abbé René Denis. René était le frère de Bernard, qui vendait de la publicité au journal Le Carillon et dont le pupitre était alors en face du mien. Les « anciens » se souviendront de Bernard Denis pour une autre chose. Avant l’ère d’Internet et de la radio locale, Bernard est celui qui se promenait dans les rues de Hawkesbury, avec deux puissants haut-parleurs sur le toit de son automobile pour faire des annonces publiques sur les événements locaux. Personne ne pouvait ne pas l’entendre.

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Des écoles secondaires catholiques françaises… on en veut

Dans l’édition du journal Le Carillon du 24 mars, un court article anodin en page 18 intitulé « L’ACFEO désire des écoles secondaires bilingues catholiques », en Ontario bien sûr. L’agent de liaison de l’organisme, Jean-Maurice Berthiaume (un ancien maître de poste de Hawkesbury en passant), invite « les professeurs à supporter ce projet en obtenant eux-mêmes les plus hautes qualifications possible ».

Un autre paragraphe aborde les problèmes d’accommodements : « Il a également rappelé les difficultés et griefs qui règnent entre les Canadiens-français catholiques et les Irlandais catholiques, précisant qu’il fallait que les parties en cause en viennent à une entente ». À ce moment-là, le gouvernement ontarien permettait l’enseignement en français de trois matières au secondaire; Berthiaume précise « que très peu d’écoles en profitaient ».

La question revient dans l’édition du 7 avril 1966, cette fois à la une. « Il nous faut des écoles adaptées à notre milieu » selon le titre. M. Berthiaume, dans une conférence cette fois devant public, rappelle que la « population actuelle semblait se leurrer de la situation croyant qu’il n’existe aucun problème ». Si c’était le cas à Hawkesbury, selon lui, ce ne l’était pas ailleurs dans la province, et que l’on se devait « de protéger tous les Franco-Ontariens ». « Il est malheureux, disait Berthiaume, de constater combien de gens ne font preuve d’aucune fierté vis-à-vis leur race. Au lieu de nous dénigrer l’un et l’autre, l’on devrait se supporter. »

Mon collègue Jean-Guy Bruneau appuie en éditorial toute cette question. Avec les années, les Franco-Ontariens ont obtenu les écoles à tous les niveaux dont ils avaient besoin.
La Cité collégiale étant sans doute le plus grand aboutissement de toutes ces luttes incessantes qui s’étaient accentuées à l’époque.

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Un homme d’affaires a vu une soucoupe volante

À la une de l’édition du 24 mars 1966, un encadré pour raconter qu’un « citoyen de Hawkesbury aurait aperçu une soucoupe volante » en revenant d’Ottawa. En sortant de Rockland (il n’y avait pas de route de contournement en 1966), l’homme d’affaires
Albert Lacroix était avec son fils Gilles. « Il aperçut une boule d’un bleu éclatant sillonner le ciel. L’objet quel qu’il soit filait du nord au sud à très grande vitesse. » Selon l’article, des gens de Dexter, au Manitoba, auraient aperçu des objets identiques. De plus, le journal
La Presse, de Montréal, publie un article sur cette « vision » d’un OVNI. La Presse avait même reproduit un dessin de ce qu’aurait eu l’air cette soucoupe volante. J’en parle parce qu’un peu plus tard, je reviendrai avec une autre histoire qui pourrait rappeler cette aventure. J’en ris encore chaque fois que j’y pense.

Dans l’édition du 17 mars, on écrit que le Père Émile Legault sera conférencier le 20 mars à l’école du Christ-Roi. La veille, le 19, c’était le Père Ambroise qui était conférencier à la salle de la Légion canadienne. Les deux salles avaient été remplies. Ces deux religieux étaient bien connus à la radio et à la télévision de l’époque, et écrivaient dans la presse écrite. C’était avant 1968!

Dans Le Carillon du 24 mars, un article sur la première messe dans la nouvelle église
St-Dominique de Hawkesbury. Elle devenait la troisième église catholique de langue française dans cette ville. C’est en première page, tout à côté du texte sur la soucoupe volante. Les nouvelles religieuses prennent beaucoup de place dans Le Carillon de l’époque. Autre signe du temps.

Contexte de l’époque

La grande vedette Jacques Bélanger, artiste du disque « Maman tu es la plus belle du monde », sera en spectacle à l’hôtel Windsor de Lachute les 25 et 26 mars. – Au magasin de disques local, le Gascon Record Bar, cette semaine-là, les artistes en demande sont Jenny Rock, Pierre Lalonde, Guy Boucher, Ginette Sage, Les Classels, César et les Romains, Sheila, Renée Martel, Marc Gélinas, Les Gendarmes, Michèle Richard, Christophe et Dominic. Les artistes anglophones populaires étaient The Rolling Stones, Elvis Presley, Nancy Sinatra, Herman’s Hermits, The 4 Seasons, Gary Lewis, The Fortunes, Bobby Vinton et Liverpool Set. Nous sommes encore très loin des Madonna et Lady Gaga! Vous aurez remarqué que les disques des Beatles, un groupe qui avait déjà connu sa gloire en 1966, n’étaient pas parmi les disques les plus demandés.

Au magasin Gaëtan Desforges, de Grenville, vous pouviez meubler trois pièces « avec qualité et bon goût » pour 899 $ : chambre à coucher (lit, matelas, deux meubles), salon (sofa, chaise et deux tables) et cuisine (table à quatre, incluant cuisinière et frigo).

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La circonscription provinciale est remaniée

Le Carillon du 3 mars 1966 écrit que le gouvernement ontarien a apporté des changements majeurs à la composition territoriale des circonscriptions électorales de Prescott-Russell et de Glengarry. Ainsi, le comté de Russell disparaît et est intégré à une partie de Prescott. Une autre partie de Prescott, soit le canton de Hawkesbury-Est, fera désormais partie de Glengarry, comme Vankleek Hill et une partie de Hawkesbury-Ouest. Tout ça en préparation du prochain scrutin provincial. Les « langues », méchantes ou bonnes, laissent entendre que cette décision avait été prise afin de favoriser la réélection du député et ministre Louis-P. Cécile. La circonscription allait subir d’autres transformations au fil des années.

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Dans cette même édition, un long article sur le fait que le Séminaire du Sacré-Cœur de Pointe-au-Chêne « produit » finalement ses premiers prêtres. Claude Bédard et Pierre Berkers seront ordonnés prêtres de la Congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur le samedi 19 mars par l’évêque de St-Jérôme. Ce séminaire, qui est toujours là d’ailleurs mais comme institution privée, avait justement ouvert ses portes le 19 mars 1953. En septembre de cette année-là, les 15 premiers élèves sont arrivés et trois ans plus tard, le nombre passait à 48. En 1966, il y en a une centaine et environ 14 pourraient accéder à la prêtrise, selon une déclaration citée dans l’article. C’était avant la révolution tranquille de 1968, bien sûr. Aujourd’hui, le Séminaire du Sacré-Cœur de Pointe-au-Chêne est un établissement privé d’enseignement secondaire qui accueille environ 475 élèves externes, garçons et filles.

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Dans l’édition du 10 mars du journal Le Carillon, une publicité annonce la construction d’un petit centre commercial de huit magasins sur le terrain des magasins Woolworth et Dominion. Il en coûtait 275 $ par mois pour un espace de 25 x 60 pieds. Le tout serait prêt le 1er mai de cette année-là. La Caisse populaire de Hawkesbury, qui était toujours dans sa période d’enfance, s’y installe. Au fil des ans, on y retrouvait un restaurant de type « supper club » et autres boutiques variées. C’est là que se situe aujourd’hui le magasin de la LCBO. Woolworth et Dominion (« C’est surtout à cause de la viande ») ont été remplacés éventuellement par la pharmacie Jean Coutu.

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Hawkesbury veut être désignée « défavorisée »

Le Conseil municipal de Hawkesbury, au lendemain de la victoire de la Ligue du réveil civique, souhaite maintenant que la ville connaisse un essor économique industriel. Pour y arriver, il semble y avoir consensus, et le député Viateur Ethier semble d’accord et prêt à aider : Hawkesbury doit être désignée « région défavorisée ». Ethier prononce un long discours aux Communes en ce sens le vendredi 28 janvier. Par exemple, le Bureau de placement de Hawkesbury traiterait avec 1 084 chômeurs. Ainsi, en désignant la ville et la région comme « défavorisée », les industriels profiteraient d’une exemption de taxe d’entreprise et de plusieurs autres avantages s’ils décidaient de s’y installer. C’était d’ailleurs l’exercice qui allait intéresser de nombreuses nouvelles industries à Hawkesbury, dont les deux plus importantes ont depuis fermé leurs portes. Il n’y avait que la CIP comme employeur majeur, ainsi que l’ICR (International Cellulose Research), son centre de recherches. Tout ça dans l’édition du 3 février 1966.

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Dans l’édition du 20 janvier 1966, un article sur le fait que la commission scolaire a tranché la question de la nouvelle école de 32 classes et qui coûtera 700 000 $. La nouvelle école (la future Paul VI) sera construite sur le terrain de quatre acres et demie occupé par le Couvent du Sacré-Cœur (filles) et l’Académie St-Joseph (garçons). L’ancien président de la commission, Noël Berthiaume, s’y opposait, affirmant que le terrain était trop petit. Lors des premières discussions, on voulait exproprier des maisons du côté nord de la rue Principale, vis-à-vis l’emplacement finalement choisi. L’école est toujours là et le terrain qui l’entoure est plus grand que celui de beaucoup d’autres écoles.

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Pour revenir à l’édition du 3 février, il y est question de la municipalité de Cumberland qui en aurait assez de verser des impôts aux Comtés unis sans obtenir des services équivalents. Cumberland voudrait joindre les rangs du comté voisin de Carleton. Leur souhait allait se réaliser quelques années plus tard lors de la création de la Municipalité régionale d’Ottawa-Carleton. Fait intéressant, cette municipalité a été amalgamée à la nouvelle cité d’Ottawa, mais son ancien territoire fait toujours partie de la circonscription électorale de Glengarry-Prescott-Russell.

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Dans l’édition du 17 février 1966, un court article annonce que Me René Marin, un avocat de Hawkesbury, sera le conférencier de l’Association des enfants retardés de Hawkesbury (c’était son nom). Me Marin fait partie de la direction de cette association et parlera de l’arriération mentale. Me Marin a été très actif dans la création de programmes d’intégration des personnes déficientes dans la société. Il est de ceux qui ont obtenu la participation de certaines industries locales, éventuellement, pour offrir des occasions d’emploi. J’avais une grande admiration pour cet avocat.

Fait intéressant, André Marin a présidé une commission qui portait son nom en 1974-1976, la Commission d’enquête sur les plaintes du public, la discipline interne et le règlement des griefs au sein de la Gendarmerie royale du Canada. Beaucoup plus tard, en 1981, Me Marin, qui avait quitté Hawkesbury depuis belle lurette était devenu le premier président du conseil d’administration d’une toute nouvelle société d’État… la Société canadienne des postes ou Postes Canada pour les intimes. Autre fait intéressant, le fils de René Marin, André (né à Hawkesbury le 12 janvier 1965), a passé une grande partie de sa vie à traiter justement des « plaintes et des griefs ». Il a été ombudsman des Forces armées canadienne de juin 1998 jusqu’à sa nomination comme ombudsman de l’Ontario en avril 2005.

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Dans l’édition du 24 février, un long article sur la campagne lancée par le juge Omer Chartrand pour la construction d’un nouvel hôpital. L’intention est alors d’acheter le petit hôpital de la rue McGill… l’hôpital St-Cœur-de-Marie… pour 600 000 $ et d’y ajouter une aile de 70 lits au coût de 750 000 $. L’objectif était d’en faire un hôpital régional. C’est ce qui est arrivé.

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Une fin de décembre plutôt calme

Dans les journaux communautaires, encore aujourd’hui, les éditions de fin décembre comportent rarement de grandes manchettes qui déclencheraient de longues discussions. Les éditions du journal Le Carillon de cette fin de 1965 ne dérogeaient pas à la règle bien qu’elles permettent plusieurs anecdotes sur le contexte de l’époque de mon « Retour sur hier » sur mon blogue.

En voici un pot-pourri…

Dans l’édition du 9 décembre, un article fait état du 20e anniversaire des louveteaux de Hawkesbury. Dans la liste des cheftaines, le nom de Louise Martel qui ne me connaissait pas, et vice versa, mais qui deviendrait mon épouse moins de trois ans plus tard. En fait, c’est presque une page entière qui est consacrée à cet anniversaire des louveteaux. Il faut préciser que le scoutisme (gars et filles) était très populaire à l’époque. J’ai moi-même été scout dans la troupe du Petit séminaire, mais une année seulement.

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« La petite statue de la Sainte Vierge qui ornait déjà l’entrée de l’Hôpital Notre-Dame n’a pas été retrouvée », souligne un encadré à la une du 23 décembre 1965. Un jeune homme l’aurait volée à la fin d’octobre. La petite statue sans valeur mesurait 12 pouces. – Un autre article à la une parlait du « Vif succès de la soirée pour les enfants infirmes ». Imaginez un tel titre dans un journal de 2011. – Le chanoine J. Roméo Guindon annonce qu’il prendra sa retraite après 35 années comme curé et 50 ans de prêtrise. Le chanoine était une véritable institution à Hawkesbury et le centre scout porte toujours son nom. C’est aussi lui qui, la veille des congés des séminaristes de la ville, avertissait les filles de se tenir loin d’eux! (J’étais un de ces séminaristes!)

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The Workmen’s Compensation Board of Ontario rappelle dans une publicité dans l’édition du 30 décembre 1965 qu’à compter du 1er janvier 1966, « tous les ouvriers agricoles se joindront aux 2,000,000 d’autres travailleurs de l’Ontario et jouiront de la protection complète aux termes de la Workmen’s Compensation Act (Loi des Accidents du Travail) ». – Une publicité rappelle en très gros caractères que « les cotisations au Régime de pensions du Canada commencent le 1er janvier 1966 ». Ce qui veut dire que ce régime, tenu pour acquis de nos jours, a maintenant 45 ans.

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Toujours dans cette édition du 30 décembre, on apprend que la caravane du centenaire de la Confédération, soit huit énormes remorques, s’arrêtera à Rockland, Alfred, Hawkesbury, Alexandria, Casselman, Cornwall, Morrisburg et Winchester au début de mai 1967. On voulait se préparer, de toute évidence.

À Casselman, la nouvelle école primaire St-Paul est officiellement inaugurée et bénie. – En vedette à l’hôtel York de Calumet la veille du jour de l’An, les danseurs-acrobates américains Chiquita et Johnson, de même que la danseuse exotique Mado. Les bars et hôtels de la région, tous du côté québécois de la rivière, annonçaient beaucoup dans
Le Carillon de cette époque. La concurrence était nombreuse et active. – L’éditeur André Paquette formule des vœux dans sa chronique de fin d’année. Entre autres, celui-ci : « À MARCEL GELINEAU, Albert Larocque, Philibert Proulx et Claude Drouin, les anciens du Conseil de Hawkesbury… faire bon ménage avec les nouveaux dans les meilleurs intérêts des payeurs de taxes ». Ils avaient résisté à la vague de la Ligue du réveil civique (blogue du 20 mars). – Le ministère du Bien-être social de la province d’Ontario, dont le titulaire est Louis-Pierre Cécile, de Hawkesbury et député de Prescott-Russell, publie une annonce afin de préciser que « Grâce aux gens de l’Ontario » il y a eu « 6,000 adoptions en 1965 ». J’imagine que c’était important que le public le sache! En comparaison, au Canada en 2008, il y a eu un total général de 1 907 enfants adoptés en provenance d’autres pays. En Ontario, en 2009, un total global de 1 330 enfants ont été adoptés, dont 310 provenaient d’autres pays (69 de la Chine et 54 de la Russie, par exemple).

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Les élections sont la conversation

En novembre 1965, les différentes éditions du journal Le Carillon traitaient beaucoup à la fois des élections fédérales et des élections municipales, qui étaient très rapprochées l’une de l’autre. Les partis politiques ne tenaient pas compte de telles considérations. Aujourd’hui, les citoyens détesteraient être convoqués aux urnes à deux ou trois semaines d’intervalle.

Ainsi, dans Le Carillon du 4 novembre 1965, une pleine page de publicité électorale du député libéral sortant Viateur Ethier. Ce dernier rappelait aux électeurs qu’il avait obtenu la construction de bureaux de poste à Apple Hill, Martintown et Lancaster, dans Glengarry, au coût total de 51 000 $. Il précisait aussi que deux autres sont en construction à St_Eugène et L’Orignal, dans Prescott, cette fois pour une dépense totale de 32 000 $. Comme je le mentionnais dans un billet précédent, « acheter » des votes par la construction de bureaux de poste (et de quais fédéraux) était un exercice courant. Les électeurs mordaient apparemment à l’hameçon; il y a des bureaux de poste partout. Il faut ajouter que Postes Canada était un ministère et non pas une société d’État. Il faut dire qu’à l’époque, on ne parlait pas d’économie difficile et de la nécessité de réduire les dépenses gouvernementales. Autre temps!

Dans l’édition de la semaine suivante, celle du 11 novembre, le journal rapporte que Viateur Ethier (maître boulanger, comme le bulletin de vote le précisait à l’époque) a été réélu député de Glengarry-Prescott. Le comté de Russell était alors une circonscription distincte. Ethier remporte 10 244 votes, en comparaison à 6 510 pour le candidat Progressiste-Conservateur Albert Cadieux. Raymond Berthiaume, du Ralliement créditiste, récolte 1 203 votes et Wilfrid Latreille, du NPD, 1 165 votes. Le député libéral sortant de Russell, Paul Tardif, est lui aussi réélu avec une forte majorité. Fait intéressant, le Ralliement créditiste est identifié dans Wikipédia comme un parti qui défendait les intérêts du Québec; un peu comme un candidat du Bloc québécois qui se présenterait dans Glengarry-Prescott-Russell en 2011.

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Pendant ce temps, du côté municipal…

Dans l’édition du 25 novembre 1965, un encadré souligne que le local 28 du syndicat des employés de l’usine CIP (Canadian International Paper) de Hawkesbury appuie son ancien président, Rhéal Rouleau, lors des prochaines élections municipales. Celui-ci est l’un des candidats sous la bannière de la Ligue de réveil civique (relire billet du 8 mars). C’est la première fois que le local syndical intervient dans une campagne municipale. Fait à noter, l’ancien conseiller démissionnaire Denis Guilbault (l’affaire Giroux du billet du 14 mars) porte la même bannière. Les autres candidats de la Ligue au Conseil sont Lomer Carrière, Yvon Bertrand, Germain Tessier et Rhéal Rouleau; à la commission scolaire, Maurice Laurin, Edward Mullin et Henri Larocque. Le journal appuie abondamment la Ligue dans ses articles et ses chroniques, en plus de sa page éditoriale.

Donc, il ne faut pas se surprendre que la grande manchette de l’édition du 9 décembre 1965 crie littéralement, en grosses majuscules rouges, que « Ca vraiment changé » (sic), en référence au slogan « Faut que ça change » de la Ligue du réveil civique. La Ligue avait fait élire tous ses candidats, sauf Guilbault. Rhéal Rouleau, l’ex-président syndical, récolte le plus grand nombre d’appuis. (À l’époque, c’est le bassin d’employés de la CIP qui contrôlait littéralement les résultats politiques.) Le conseiller défait Albert Giroux, au dernier rang, déclare que quelqu’un « payera cher ces accusations », allusion bien sûr à l’affaire de ses terrains et des matériaux qui y avaient été déposés par la firme qui réalisait les travaux de reconstruction de rues.

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Imaginez ceci aujourd’hui…

Dans l’édition du 2 décembre, l’ingénieur municipal Ghislain Séguin publie une grande annonce publicitaire dans laquelle il reproche au conseiller municipal Philibert Proulx de l’avoir attaqué injustement le soir des mises en candidatures officielles. M. Séguin rétorque avec ses propres attaques, notamment avec le fait que M. Proulx « a déjà payé ses taxes aux écoles publiques au lieu de toujours supporter les écoles séparées de notre ville ». (Cette question d’appui aux écoles séparées était importante parce que les conseils scolaires des écoles catholiques séparées n’obtenaient leur financement que par la portion des taxes scolaires que les citoyens versaient.) Dans son annonce, M. Séguin signale également que le conseiller Proulx avait lui aussi voté avec ses collègues une résolution unanime félicitant l’ingénieur Séguin « pour le beau travail accompli pour la construction des rues durant 1965 ». Il posait brutalement la question : « Est-ce que Philibert Proulx est un ‘mange-canayen français’…? ». Proulx a sûrement été le politicien municipal le plus controversé de Hawkesbury. Je reviendrai souvent sur ses « exploits ».

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Le Palais de justice de L’Orignal reconnu comme monument historique

Dans l’édition du 30 septembre 1965 du journal Le Carillon, les lecteurs apprennent que le Palais de justice de L’Orignal a été déclaré « le plus vieux palais de justice de l’Ontario ». La construction du palais a débuté en 1824 et s’est terminée l’année suivante. En 1862, on a érigé une annexe pour abriter la prison au coût de 10 870 $. Cent ans plus tard, soit en 1962, on a aménagé une autre annexe moderne à l’ancien palais de justice et cette fois le coût en était de 300 000 $.

En page 13 de cette même édition, le député libéral sortant et candidat au scrutin fédéral du 8 novembre, Viateur Ethier, fait l’objet d’une pleine page pour rappeler qu’il avait obtenu des quais de plaisance à Hawkesbury, L’Orignal, Wendover et Chute-à-Blondeau pour des dépenses totales de plus de 34 500 $. C’est René Cousineau, « entrepreneur en construction de quais, ponts, viaducs et barrages », qui fait publier l’annonce avec des photos des quais de Hawkesbury et de L’Orignal. Quelle gratitude de la part d’un entrepreneur privé!

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Autoroute de $40 millions

Le journal rapporte, dans son édition du 7 octobre 1965, que le ministère de la Voirie de l’Ontario aurait prévu la construction d’une autoroute à quatre voies entre Ottawa et Pointe-Fortune, qui se rattacherait au tronçon québécois de la Transcanadienne (la 40). On prévoit la faire passer au sud de Vankleek Hill. Il s’agissait bien sûr du projet de construction de la future autoroute 417.

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Contexte de l’époque

Au Canadian Tire local, on peut acheter un « aspirateur Hoover Constellation » pour 49,95 $ et une « polisseuse Hoover de luxe » pour 28,88 $. – Chez Nick T.V. Radio, « une télévision Philips automatique modèle C-45 garantie de deux ans sur le tube-image et avec stabilisateur Monotronic » se vend 319,00 $. La télé couleurs n’existait pas encore. – Chez Inter-Cité, la boîte de cartouches « numéros 2-4-5-6 Imperial Special Long Range » se vend 2,99 $ la boîte. (Je n’ai pas vu d’annonces pour des cartouches dans un journal communautaire depuis belle lurette.) – « Tania la fameuse danseuse noire » est en vedette du Sportsman Inn de Pointe-au-Chêne. (À l’époque, tous les hôtels-bars du coin présentaient des spectacles de variété et de danseuses exotiques. Nous n’en étions pas encore aux danseuses nues, mais c’est au Sportsman Inn justement que le premier nu intégral a été présenté.)

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Le Conseil de Hawkesbury ne veut pas d’enquête sur un de ses membres

L’histoire avait commencé banalement par un petit entrefilet (un encadré d’environ deux pouces de hauteur sur une largeur d’une colonne) en page 22 de l’édition du 2 septembre 1965 du journal Le Carillon. Cette publicité mystérieuse avait été payée par trois élus du Conseil municipal de Hawkesbury.

L’encadré disait ceci : « Nous, Philibert Proulx, Denis Guilbault et J. Claude Drouin, échevins de la Ville de Hawkesbury, ne voulons pas être tenus responsables pour aucun matériaux des terrains appartenant å la Corporation de la Ville de Hawkesbury, Ontario, qui furent enlevés et déposés sur la ou les propriétés appartenant à aucun membre du même Conseil. » L’avis est daté du 30 août.

Dans l’édition du 21 octobre, le fond de cette histoire fait surface à la une du journal, sous le titre : « Le Conseil de Hawkesbury s’oppose à la tenue d’une enquête sur les agissements d’un de ses membres ».

Le conseiller en question était Albert Giroux et c’est le conseiller Philibert Proulx qui avait demandé l’enquête judiciaire, un des trois qui avaient fait paraître l’avis du début de septembre. Les quatre conseillers qui avaient voté contre une telle enquête étaient d’avis que de la terre transportée sur un terrain de M. Giroux, en fin de compte, en augmenterait la valeur et que la Ville en retirerait donc plus d’impôts fonciers. En échange de ce remplissage, le personnel de Dibblee Construction, l’entreprise qui effectuait les travaux d’infrastructure, pourrait se stationner sur le terrain de M. Giroux.

Dans un éditorial à la une dans l’édition du 28 octobre, l’éditeur André Paquette déplore cette situation, expliquant, entre autres, que l’enquête aurait pu aussi bien disculper
M. Giroux que le trouver coupable de méfaits.

Et dans l’édition du 4 novembre, un article rapporte que le conseiller Denis Guilbault, un autre signataire de la publicité du 2 septembre, a remis sa démission justement parce que le Conseil a refusé l’enquête. Il écrit dans sa lettre : « C’est comme geste de protestation formelle que j’ai présenté ma démission et pour prouver à mes supporteurs que je ne puis me faire complice d’agissements qui sont, à mon avis, contraires aux intérêts de tous les payeurs de taxes de Hawkesbury. »

Comme vous voyez, les problèmes semblables dans nos municipalités un peu partout n’ont rien de nouveau. Mais dans le temps, des membres du Conseil n’hésitaient pas à défendre un des leurs. Bien sûr, l’immoralité se reflétait sur eux aussi. Mais ils semblaient s’en foutre. Leur slogan : « Si tout le monde le fait, fais-le donc! »