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Dites donc NON au OUI

Le Carillon était distribué sur la rive québécoise aussi. Il comptait des centaines de lecteurs de Lachute à Papineauville. Il n’était donc pas surprenant de retrouver dans ses pages, le 23 avril 1970, des annonces liées aux élections provinciales au Québec. Dans le contexte du temps, et compte tenu des récents déboires du Parti Québécois et la débandade du Bloc québécois lors des élections fédérales du printemps dernier, deux annonces retiennent mon attention. Je les reproduis ci-dessous parce qu’elles font partie de notre histoire :

Celle-ci montre René Lévesque, cigarette à la main, devant sa marque de commerce, un tableau noir sur lequel on peut lire « Souveraineté (flèche vers le bas au-dessus de) prospérité ; 100% de nos (triple souligné) impôts ». Et le texte de l’annonce portant la signature de Lévesque :

« Le progrès économique ne tombera pas du ciel!

Le progrès est fait par l’homme. Le bons sens nous le dit. À force d’être colonisés et diminués dans la vieille cage provinciale, nous l’avions presque oublié.

Le progrès est fait par l’homme responsable. Il sait que les autres ne lui en feront pas cadeau. Compétent, muni de ses outils de développement et de son pouvoir de décision, c’est lui le seul vrai moteur de la prospérité.

Le progrès du Québec souverain sera fait par un peuple d’hommes responsables. Coopérant d’égal à égal entre voisins, ce sont souvent de petits pays qui sont à l’avant-garde. Avec moins de ressources que nous, ils réussissent et nous mangeant une tarte sur la tête.

Nous allons en faire autant…

— Avec un État à nous, un coffre à outils complet, capable d’appliquer efficacement des politiques industrielles, commerciales, agricoles, régionales — présentement impensables avec les deux tronçons ridicules qui se marchent sur les pieds à nos dépens en conservant nos sinistres championnats: chômage, langueur industrielle, stagnation régionale.

— Avec la masse de plus de six milliards de dollars de nos impôts — présentement émiettés et stérilisés dans la confusion et les conflits d’une maison de fou politique: l’ingouvernable baraque fédérale-provinciale,

— Avec un circuit financier canalisant chez-nous le flot annuel de nos épargnes présentement siphonnées au dehors par des banques, des sociétés d’assurances, et autres institutions à charte fédérale.

Le progrès économique, OUI. Faisons-le nous-mêmes! »

Dans la même édition, quelques pages avant celle du Parti québécois, c’est le Parti libéral de Robert Bourassa qui fait paraître une publicité pour contrer la « menace séparatiste ». En voici le texte :

« Le Séparatisme: non!

• Non au séparatisme des Lévesque, Bourgault, Chaput, Chartrand, Grégoire, etc.

• Non aux séparatistes du P.Q. parce que personne ne veut voir baisser son salaire par une dévaluation de notre dollar!

• Non aux séparatistes du P.Q. parce que personne ne veut risquer de perdre son emploi ou diminuer ses chances d’avancement en restreignant l’implantation de nouvelles industries!

• Non aux séparatistes du P.Q. parce que personne ne veut perdre les avantages du fédéralisme, notamment les pensions de vieillesse, les allocations familiales, l’assurance-chômage, etc.!

• Oui au Parti Libéral du Québec, le seul parti qui opte clairement pour le développement du Québec au sein du Canada et qui possède l’équipe compétente qu’il faut pour garantir la stabilité du Québec, et la sécurité aux Québécois par le développement économique!

La nouvelle équipe libérale est là! Faites-en votre gouvernement!

Seul un gouvernement libéral fort, peut améliorer votre sort!

QUÉBEC: AU TRAVAIL! »

Le Parti libéral a remporté 72 sièges, l’Union nationale, 16, le Ralliement créditiste, 12, et le PQ réussissait quand même à faire élire ses huit premiers députés à Québec. Le Nouveau parti démocratique n’avait fait élire aucun député. C’est ce que nous apprend le texte à la une de l’édition du 30 avril 1970 du journal Le Carillon.

« Québec vote Canada » est le titre de cet article. Il contient ce paragraphe qui n’allait pas sans rappeler les propos de Jacques Parizeau plusieurs années plus tard: « Enfin, disons que le chef du Parti québécois, M. René Lévesque, à la surprise générale, a subi la défaite aux mains du candidat libéral, M. André Marchand, dans Laurier. Le vote des Néo-Canadiens aurait coûté la victoire au chef péquiste. » Précisons qu’au suffrage populaire, un Québécois sur quatre avait appuyé le PQ. Et l’Union nationale de Jean-Jacques Bertrand avait pris toute une débarque.

« Nous n’avons plus le droit de prendre des risques » avait déclaré le premier ministre ontarien John Robarts. Voilà pour le cours d’histoire!

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Ce n’est pas en français… donc, attendez!

Depuis juillet 1967, la ville de Rockland demandait la construction d’une nouvelle usine de filtration pour remplacer celle vieille de 50 ans. Tout s’était bien passé, croyait-on, mais rien ne semblait plus bouger. Les autorités municipales avaient pourtant respecté les procédures et fait publier « par la voie des journaux ce que seraient les taux facturés aux citoyens pour les services d’une nouvelle usine de filtration », comme le leur avait demandé la Commission des affaires municipales de l’Ontario.

Le journal Le Carillon étant le journal ayant le plus fort tirage dans Rockland et étant donné que la population était à 95 p. cent francophone, le Conseil avait décidé de publier ladite publicité uniquement dans Le Carillon… en français bien sûr. Le maire de l’époque, Georges Martin, avait soulevé le fait que « plusieurs politiciens, dont le ministre Fernand Guindon, encourageaient alors les municipalités francophones à se prévaloir de leurs droits fondamentaux ». Mais peu de temps après, Rockland était avisé par la CAMO que « sa demande d’autorisation était suspendue pour une période indéterminée ».

C’est en se rendant à Toronto afin d’obtenir des éclaircissements qu’ils ont découvert le motif de cette décision : la publicité en français seulement, qui serait illégale. Le député Albert Bélanger, « qui prône la reconnaissance officielle du français dans les centres à majorité francophones, poursuit toutefois ses pressions et obtient finalement gain de cause : Rockland aura son usine de filtration malgré l’annonce française. » Quant au maire Martin, il était « fier que le précédent soit créé pour l’avantage futur des autres municipalités francophones de la province ». C’est dans l’édition du 5 mars 1970.

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Dans l’édition suivante, celle du 12 mars, il est aussi question du fait français. Cette fois, c’est le préfet de Hawkesbury, J.-Lomer Carrière, qui décide de poser une question en français (puis de la reformuler en anglais sur-le-champ) lors d’un congrès de l’Association pour l’amélioration des routes (communément appelée la Good Roads Association).

Eh bien, il s’est fait copieusement hué par une majorité des 1 600 représentants municipaux participants à ce rassemblement. Il avait posé sa question aux ministres William Davis, de l’Éducation, et Darcy McKeough, des Affaires municipales. Le président de l’assemblée l’avait immédiatement rassuré : « Vous avez exercé un privilège que nous ne vous enlèverons jamais ». Carrière avait rappelé que plus de 150 participants étaient d’ailleurs des francophones.

Son intervention à Toronto avait d’ailleurs créé une certaine friction avec le maire unilingue anglophone de Russell, Ernest Burton, qui aurait affirmé à d’autres délégués que les intentions de Carrière n’étaient que « de causer du désordre ». Burton avait expliqué, plus tard, qu’à son avis, Carrière aurait dû formuler sa question d’abord en anglais, « par politesse », puis la traduire ensuite en français; Carrière estimait que le message qu’il voulait ainsi lancer n’aurait pas été le même.

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Proprio du Laurentien depuis 41 ans

Un entrefilet dans ma chronique du 29 janvier 1970 annonce qu’Yvon Myner, propriétaire du Salon Moderne de Hawkesbury, s’est porté acquéreur du Cinéma Laurentien de Grenville. M. et Mme Rolland Landriault avaient inauguré ce cinéma en mars 1950. Yvon est toujours propriétaire de ce Cinéma Laurentien et il offre toujours des films à sa clientèle régionale. J’ose affirmer c’est d’ailleurs le seul cinéma privé encore en exploitation entre Ottawa et Montréal.

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C’est que ce qu’on appelle respecter le désir des morts. On peut lire l1 19 février 1970 que les héritiers de Sam Stevens, père, qui avait donné le terrain où était aménagé le parc Mémorial, refusent une exception pour le nouvel hôtel de ville. Le père avait clairement spécifié que ce terrain ne devait jamais servir d’autres fins. Le fils de Sam Stevens, portant le même prénom que son père, et James H. Ross avaient refusé de donner leur permission aux autorités municipales pour la construction du nouvel hôtel de ville. Il fallait en effet construire le nouvel édifice un peu plus au sud de la rue Higginson parce que les plans futurs prévoyaient l’élargissement de cette artère. Le contrat de construction avait d’ailleurs été adjugé à la firme P. Ouimet et Fils Construction pour la somme de 198 350 $. L’édifice est toujours là. Le même problème ne surviendrait pas lors de la construction du nouveau complexe sportif étant donné que cette utilisation à des fins de loisirs respectait les désirs du donateur du terrain.

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Un nouveau centre d’information touristique est en train d’être construit près du pont Perley, sur l’île du Chenail. Fait intéressant, comme on peut le lire le 26 février 1970, des pierres naturelles de l’ancien presbytère de la paroisse St-Alphonse-de-Liguori, que l’on est en train de démolir, sont utilisées pour la construction du nouveau centre d’information. Je parierais que peu de gens de Hawkesbury savent ça en passant devant l’édifice qui est toujours là, mais plus près du nouveau pont interprovincial.

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Une petite parenthèse sur quelque chose que j’avais oublié. En regardant la capsule de l’édition du 5 mars 1970, je constate que nous étions trois « Jean-Maurice » en même temps à l’emploi du journal : Jean-Maurice Berthiaume, le directeur du bureau, Jean-Maurice Charbonneau, le chef du tirage, et moi, un journaliste.

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On construisait des pianos à Grenville

Voilà une entreprise dont j’avais oublié l’existence. « La Mason and Risch Ltd est une filiale canadienne de la très importante Æolian Corporation de New York, qui possède une quinzaine d’autres filiales aux États-Unis seulement. » Cette société exploite une usine à Grenville, voisine québécoise de Hawkesbury, et elle y construit des pianos; la partie en bois, en fait. Les éléments mécaniques sont fabriqués à Brantford et le montage de tout ça se fait à Toronto. Quoi qu’il en soit, Mason and Risch prévoit investir deux millions de dollars afin de moderniser son usine de Grenville au cours de la prochaine année. Il en est question dans l’édition du 15 janvier 1970. Comme à peu près toutes les autres industries auxquelles je fais référence à cette époque ont aujourd’hui disparu dans la région, dont celle ci-dessous.

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À Hawkesbury, entre temps, une onzième nouvelle industrie depuis le début de 1968 annonce sa venue à Hawkesbury, Beaver Leather Wear, de Montréal, confectionne « des manteaux de cuir et de daim pour hommes et femmes de devrait employer, dès sa mise en production, entre quinze et vingt employés ».

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Le ministre sans portefeuille Fernand Guindon et le député de Nickel Belt à Queen’s Park, Gaston Demers, sont tous deux conférenciers au banquet du 20e anniversaire de l’Association de la jeunesse franco-ontarienne (l’AJFO). On en parle le 22 janvier 1970 dans Le Carillon. Demers affirme entre autres que « si les Franco-Ontariens ne réussissaient pas à convaincre leurs confrères québécois de s’en tenir à la modération, les Canadiens français des autres provinces risquaient fort de disparaître ». Quant à Guindon, il avait déclaré que « le climat politique était actuellement peu favorable au fait français à cause des excès au Québec, mais que la situation s’améliorerait depuis l’adoption du projet de loi 63 à Québec ». Bien entendu, toutes ces déclarations dans le contexte des événements qui allaient aboutir à la Crise d’octobre, quelques mois plus tard.

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Les municipalités lésinent avec leurs impôts scolaires… Toronto intervient

La fusion des administrations scolaires en Ontario avait entraîné de petits problèmes pour les nouveaux organismes régionaux. Ceux-ci éprouvaient d’énormes difficultés à se faire remettre les impôts fonciers scolaires versés par les contribuables aux municipalités. Celles-ci attendaient à la dernière minute, ce qui avait comme résultat que les conseils scolaires devaient compter sur des emprunts temporaires.

Le gouvernement provincial était conscient du problème et a décidé d’adopter une loi afin de corriger la situation. Ainsi, dans Le Carillon du 22 décembre 1969, on apprend que les municipalités devront, à compter du 1er janvier 1970, verser les taxes scolaires à chaque trimestre et chaque versement devra être l’équivalent du quart de la somme totale prélevée par chaque conseil scolaire. Ainsi, dans Prescott et Russell, au 15 décembre, six municipalités du territoire n’avaient toujours pas remis leur part pour 1969. « Jusqu’à maintenant, les municipalités préféraient semble-t-il garder leur argent le plus longtemps possible et accumuler les intérêts, en attendant à la dernière minute pour remettre leurs taxes scolaires. »

En fait, la nouvelle loi a également obligé les municipalités à modifier la façon de percevoir les taxes de leurs contribuables. Ainsi, la municipalité de Russell est la première à proposer une perception quatre fois par année au lieu d’une seule fois. La plupart des municipalités adopteront des positions semblables.

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En cette fin d’année, comme on le constate dans l’édition du 18 décembre 1969 du journal Le Carillon, trois conflits de travail sévissent simultanément à Hawkesbury. Les grèves des employés de l’entreprise de construction P. Ouimet et fils Construction et de la compagnie Sinclair Supply se poursuivent depuis plusieurs semaines et voilà maintenant que les employés du magasin IGA Lapointe menacent de débrayer. Dans ce dernier cas, le litige se réglera sans la grève. En ce qui a trait à Ouimet, le conflit se terminera à la fin janvier 1970. La grève chez Sinclair se prolongerait encore un certain temps mais se réglera elle aussi. C’était très inhabituel un si grand nombre de grèves en même temps à Hawkesbury.

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La Jeune Chambre de Hawkesbury a demandé au député Viateur Ethier « de promouvoir l’adoption d’un projet de loi visant à faire changer le nom officiel de la Fête nationale du
1er juillet ». Les Jaycees du Canada avaient entrepris une campagne nationale, en mobilisant plus de 200 de ses associations locales, pour que la Fête de la Confédération devienne le « Jour du Canada ». Elle souhaitait que cela se fasse avant la célébration de 1970. Il en est question dans Le Carillon du 8 janvier 1970.

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De ces choses que l’on n’oublie pas

Je signe un reportage dans l’édition du 4 décembre 1969 du journal Le Carillon. J’en parle parce qu’après toutes ces années, c’est un texte que je n’oublierai sans doute jamais… surtout à cause des réactions qu’il a entraînées.

Nous sommes en pleine périodes des Fêtes et, comme la plupart des journaux le font, il est de mise de publier une histoire qui fait réfléchir à tout ce que la vie nous réserve de bon… ou de mauvais. En collaboration avec le Service social de Prescott-Russell et la Société de l’aide à l’enfance, je rencontre une mère de cinq enfants qui vit dans des conditions exécrables à Chute-à-Blondeau, mon village natal. Ce ne sont pas toutes les mères qui veulent étaler ainsi leur misère à la vue de tous.

Je me souviens des cinq enfants, leurs regards, leur bonne humeur innocente. Je décris leur logis de trois pièces qui « constitue l’exemple typique des conditions de vie que connaissent nombre de familles de la région de Hawkesbury et des comtés unis. La rue qu’habite la famille compte d’ailleurs plusieurs cas semblables ». Leur loyer : 25 $ par mois; l’eau provient du puits d’un voisin. « Les logis qui peuvent accommoder une femme et cinq enfants sont presque inexistants. » La mère « continue à espérer dans la Providence, croyant dans la bonté des gens et acceptant l’aide de qui veut en lui offrir ». Voilà pour l’article, que j’avais accompagné de photos bien entendu.

Et voici pour les résultats dans l’édition du 11 décembre.

Dès la parution de l’article, des gens démontraient leur générosité. Un citoyen d’Alfred attire l’attention de la Société d’aide à l’enfance sur la disponibilité d’une maison vacante. Ce même citoyen offrait même de recevoir cette famille chez lui pour fêter Noël. Une autre personne offre un téléviseur et une antenne réceptrice. D’autres donnent des lits, des boîtes de vêtements, de la nourriture, des ustensiles de cuisine et d’autres objets d’usage courant. J’aurais aimé revoir cette famille et voir ce qu’il était advenu de ces enfants. L’article identifiait la famille et les enfants, mais 42 ans plus tard, je préfère ne pas le faire dans mon blogue.

Je savais, bien sûr, quelle influence pouvait exercer un tel article auprès de la population. Malheureusement, les réactions n’ont pas toutes été positives. La semaine suivante, un lecteur dont je tais le nom me reproche d’avoir utilisé Chute-à-Blondeau et décroche de nombreuses flèches à l’endroit de familles comme celle que j’avais décrite. Il écrit même, en commentant le départ prochain de cette famille pour sa nouvelle maison : « À ceux-là, nous disons bon voyage ». Son message : il n’y a pas de place à Chute-à-Blondeau pour des pauvres et « ces éternels voyageurs qui déménagement de lieu en lieu sans jamais se fixer ». Il va sans dire que je l’ai encore sur le cœur après toutes ses années. Heureusement, un autre lecteur nous félicite pour l’article et rend hommage à tous ceux qui sont venus en aide à la jeune famille.

Cet épisode m’avait convaincu, somme toute, que j’avais choisi le bon métier. Il offrait l’occasion de changer les choses, d’améliorer le sort des citoyens. Je n’ai jamais regretté mon choix. Et les critiques imbéciles? Cela venait avec le territoire. J’en ai eu énormément pendant mes 22 années de carrière, mais les remerciements et les compliments sont venus en aussi grand nombre. On m’en parle encore d’ailleurs.

Bonne fête du Canada!

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ANIK nous rendra tous bilingues au Canada

Bizarre! Dans Le Carillon du 27 novembre 1969, on parle du premier satellite de communications artificiel que lancera le Canada en 1972. On le baptisera ANIK… « frère » dans la langue esquimaude.

Pour Erik Kierans, ministre des Communications dans le cabinet Trudeau, « ANIK est peut-être la clé de voûte de l’unité canadienne, l’instrument qui fera que le Canada deviendra une nation bilingue ». C’est ce qu’il avait affirmé à des francophones du sud de l’Ontario en tout cas. Il semble que Kierans avait traversé les nuages avant le satellite!

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Bernard H. Bougie est agent de relations extérieures au service des Postes et il est invité du club Optimiste de Hawkesbury. Il était sans doute sincère en parlant des plans des Postes. « Afin de réduire les dépenses inutiles, le ministère des Postes est à fusionner les routes rurales et à fermer tous les bureaux de poste qui ne sont pas rentables, soit ceux dont les revenus annuels s’élèvent à moins de 1 000 $ et qui desservent moins de 30 familles. Le quart, en effet, de nos 10 000 bureaux de poste font moins de 450 $ par an. »

Bougie expliquait que cette réforme s’inscrivait dans le cadre de la commission d’enquête Montpetit de 1966, surtout en ce qui trait aux conditions de travail des employés. « Les employés des postes étaient en effet trop souvent considérés comme des boucs émissaires; pendant des années ils ont réduit le déficit de l’ancien ministère des Postes, en acceptant des salaires insuffisants et des conditions de travail dépassées. » C’était l’affirmation de Bougie.

Les années futures allaient démontrer le contraire, surtout avec le moratoire sur la fermeture des bureaux de poste imposé par les libéraux de Chrétien en 1994 et renouvelé par les conservateurs de Harper il y a quelques années, et les récents événements brossent un tout autre portrait que celui de 1969. Et en passant, alors que Bougie affirmait l’intention de fermer des bureaux de poste, le député Viateur Ethier continuait à en faire construire dans sa circonscription de Glengarry-Prescott-Russell.

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« Nous ne voyons pas l’autre qui s’ouvre »

Ce peut paraître anodin, mais ce petit paragraphe a retenu mon attention dans l’édition du journal Le Carillon du 20 novembre 1969. Larry Holtby était le gérant régional des opérations de Bell Canada dans le secteur de Hawkesbury et il signait une « chronique publicitaire » hebdomadaire dans le journal. Cette fois, il cite Alexander Graham Bell, après avoir signalé qu’à la fin de 1969 aux États-Unis, il y aura eu trois billions de conversations téléphoniques. Cette citation : « Quand une porte se ferme, une autre s’ouvre, mais nous nous attardons si longuement à regretter celle qui s’est fermée que nous ne voyons pas l’autre qui s’ouvre. » Voilà! Attention aux portes autour de vous!

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Tiens, tiens, ça non plus n’a pas toujours existé. Ainsi, on apprend qu’à compter du
1er décembre 1969, « tous les automobilistes du Canada, sauf ceux du Québec, devront laisser analyser leur haleine… si la police les soupçonne d’avoir trop bu pour conduire leur auto ». C’était donc l’arrivée de l’ivressomètre, qui allait transformer les sorties du vendredi et du samedi soir pour toujours. Les policiers en Ontario disposent déjà de 83 ivressomètres pour appliquer la nouvelle loi. « Un amendement au Code criminel prévoit une amende de 1 000 $ ou six mois de prison pour les conducteurs qui refusent de se soumettre aux tests. »

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Le préfet de Hawkesbury, J.-Lomer Carrière, insiste pour que la ville accepte l’offre d’Hydro-Ontario de lui vendre la Grande Île pour la somme nominale d’un dollar. La Grande Île est un immense terrain de près de 100 acres situé en face de l’île du Chenail dans la rivière Outaouais. Carrière y voit déjà un parc public et même un jardin zoologique. La ville acceptera bien sûr l’offre d’Hydro-Ontario. Au fil des années, plusieurs idées novatrices ont été proposées pour le Grande Île, mais en 2011, rien n’a encore été fait pour la rendre accessible et la développer en attraction touristique importante. J’y reviendrai parce qu’autre maire, plus tard, avait eu de bonnes idées pour cette île.

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Le succès d’une industrie locale… en 1969

Avec toutes les manchettes entourant l’arrivée de nouvelles industries, la présence d’une entreprise créée par deux hommes d’affaires de Hawkesbury au printemps de 1967 ne soulevait pas l’attention. GMP Associates (General Magnetic Products), propriété de René Quesnel et Lomer Carrière, emploie maintenant 80 employés et rapporte un chiffre d’affaires de plus de 600 000 $. Huit vendeurs représentent la compagnie de pièces d’équipement électronique destinées à l’usage industriel, dans plus de 25 états américains. Il est en question dans l’édition du 20 novembre 1969 du journal Le Carillon.

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Un entrefilet dans l’édition du 20 novembre à l’effet que le maître de poste de Hawkesbury et son adjoint, respectivement Roger Mayotte et Jean-Paul Yelle, suivront un cours de perfectionnement donné à Ottawa par le ministère des Postes. J’en parle parce que Roger et Jean-Paul travaillaient maintenant tous deux au siège social de Postes Canada, devenue alors société d’État, lorsque j’y suis entré aux communications en 1987.

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Ça me fait rire en rétrospective. Un texte dans l’édition du 20 novembre 1969 du journal Le Carillon. Il y est question d’un commentaire du chef libéral ontarien Robert Nixon lors d’une assemblée de l’Association libérale de Prescott et Russell, à Plantagenet. Devant 200 partisans, Nixon déclare que « le système d’éducation est la principale cause du manque de bilinguisme chez les anglophones ontariens ». La question est pertinente parce qu’il y avait eu récente controverse après l’embauche de deux unilingues anglophones comme médecin-hygiéniste de l’Unité sanitaire de l’Outaouais et du St-Laurent d’une part, et comme directeur du Service d’évaluation régional d’autre part. Le nouveau président de l’Association, Marcel Bourgon, y était allé lui aussi de ses reproches quant à la nomination d’administrateurs bilingues. L’article conclut en précisant que « M. Nixon a glissé quelques mots en français au début de sa conférence, tandis que M. Bourgon a exprimé ses opinions en anglais. Les quelques 200 partisans libéraux présents étaient des Franco-Ontariens ». Ça frisait le commentaire éditorial.

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Une loterie à Hawkesbury? Il n’en est pas question.

Le maire Victor Bruneau est catégorique : il n’est pas de question de loterie à Hawkesbury pour renflouer les coffres municipaux. On en parle dans l’édition du 16 octobre 1969 du journal Le Carillon. Le maire faisait référence aux villes de Montréal et de Sherbrooke, au Québec, et à leur système de « taxe volontaire », qui était très populaire auprès des résidants de Hawkesbury et de la région. Il y a même eu quelques articles pour parler de ceux et celles qui avaient une chance de gagner un gros lot.

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Dans l’édition du 23 octobre, on apprend que la société Empire Bentwood Industries Inc. investira un million et demi pour s’installer à Hawkesbury et créer une centaine de nouveaux emplois. À son usine de Hawkesbury, Empire Bentwood produira des chaises destinées aux hôtels, motels et autres édifices publics. Empire Bentwood est une nouvelle entreprise formée d’intérêts canado-américains. Elle a fermé ses portes depuis longtemps.

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La rumeur circule et Le Carillon du 6 novembre 1969 en parle brièvement. Il s’agirait de la construction d’une fonderie dans le canton de Longueuil qui créerait éventuellement 200 emplois. Personne ne veut parler. En fait, plus tard, l’usine était en construction et personne ne voulait confirmer son existence. J’y reviendrai.

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La situation est courante aujourd’hui : quand les contraintes de production l’exigent, des employés sont mis à pied. À Hawkesbury, la nouvelle usine de Duplate Canada vient à peine de commencer ses opérations. Dans l’édition du 13 novembre 1969 du journal Le Carillon, on apprend que 54 employés sont mis à pied, trois semaines après leur embauche le 14 octobre. Le président du syndicat, William Lymett, avait mentionné que « l’embauche d’une troisième équipe de travail n’était pas indispensable et que les mises à pied devenaient donc inévitables ». Le problème est que plusieurs avaient quitté de bons emplois ailleurs, croyant en la stabilité de la nouvelle usine et donc de leurs nouveaux emplois. « Mais la grande cause, dans tout ceci, d’expliquer le directeur de l’usine, John Clarke, est simplement la situation naturelle du marché de l’automobile, dont une entreprise comme la Duplate ne peut que suivre les mouvements. » Ce sont les mêmes arguments qui ont amené la fermeture définitive de l’usine l’an dernier.

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La saga est terminée et toute contestation devient futile. Le Carillon du 20 novembre 1969 rapporte la décision du comité des écoles publiques du Conseil d’éducation de Prescott et Russell de construire la nouvelle école publique à Pleasant Corners comme c’était son souhait en 1968. L’école devrait ouvrir ses portes au début de 1971. Le terrain acheté était beaucoup trop important pour les besoins de l’école, l’une des principales raisons de la controverse avec le fait qu’elle serait située trop loin de Hawkesbury, où était située l’école que cette nouvelle construction remplacerait.