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« Il y en a bien peu qui l’embrassent »

« Bien des gens couchent avec le rapport Price-Waterhouse, mais il y en a bien peu qui l’embrassent. » C’était la conclusion du conseiller municipal Edward Mullin. Comme on peut le lire dans Le Carillon du 19 mars 1980, Mullin réagissait à la proposition d’embaucher l’entraîneur des Hawks, Mac MacLean, « à titre de gérant du complexe et promoteur d’activités ». Mullin et quelques autres croyaient que cette nomination ne respectait pas les procédures recommandées dans le rapport de Price Waterhouse sur l’administration municipale. Ainsi, le directeur des loisirs, Gilles Lefort, n’aurait même pas été consulté, ni l’administrateur Raymond Lacroix. Vous aurez conclu, si vous suivez mes billets, que c’était encore une fois une manigance du conseiller Claude Demers, et Lefort ne s’était pas gêné pour le lui reprocher. Il y avait aussi l’épineuse question de l’unilinguisme de MacLean. Ce dernier ne serait pas embauché en fin de compte.

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C’est le problème typique des petites communautés, aujourd’hui comme il y a 30 ans… la qualité de l’eau. Dans le journal du 26 mars 1980, on apprend que le village de L’Orignal devra retarder le développement domiciliaire dans son territoire à cause des problèmes de qualité de l’eau. Le ministère ontarien du Logement avait conclu que « le Conseil doit accorder une grande cote de priorité aux problèmes de chlorure dans l’eau potable du village ». Un document du ministère souligne que « L’Orignal compte présentement 384 habitations privées et 128 logis loués. D’ici 1984, il y aura 97 résidences privées de plus et 48 logis loués additionnels. La population devrait avoir passé de 1669 à 2238 pendant la même période, tandis que le nombre de foyers devrait être de l’ordre de 662 en 1984 comparativement à 512 aujourd’hui. D’ici là, la croissance sera limitée à 40 nouveaux logements par année au plus. » Cela n’avait aucune incidence sur les projets de développement déjà autorisés et il y en avait quelques-uns. L’Orignal devait régler ce problème si la communauté voulait croître davantage.

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Jusque-là, les automobilistes ontariens pouvaient verser 150 $ au Fonds d’indemnisation des victimes d’accidents d’automobile et pouvaient conduire un véhicule immatriculé sans assurance. Le gouvernement ontarien venait de changer la loi pour rendre l’assurance-automobile obligatoire dans la province pour tous les propriétaires de véhicules. Le lecteur retrouvait les explications à cet effet dans le journal du 26 mars 1980. « Les automobilistes sont tenus de porter sur soi la carte rose d’assurance responsabilité civile lorsqu’ils conduisent. » Tiens, tiens, j’ai toujours cru qu’il fallait simplement l’avoir dans son auto.

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Sa décision n’avait rien à voir avec l’affaire MacLean, mais sa démission se produisait quasiment en même temps que le débat était devenu public. Dans le journal Le Carillon du 29 mars 1980, on apprend que « l’administrateur de la ville de Hawkesbury, M. Raymond Lacroix, a remis sa démission mardi après-midi, mettant ainsi fin à une carrière de plus de vingt ans dans la fonction publique locale et régionale ». C’est que Lacroix avait acheté l’entreprise du maire Laurent Cayen, Cayen Steam Laundry. Le maire en était propriétaire depuis 1968, quand il l’avait acheté de son père. Devenir homme d’affaires était un rêve de Lacroix. « M. Raymond Lacroix a été surintendant municipal de la ville de Hawkesbury pendant douze ans, avant d’occuper le poste de préposé aux achats au Conseil d’éducation de Prescott-Russell et d’adjoint à l’administrateur des affaires au sein de cet organisme, pendant près de six années. C’est ce poste qu’il occupait quand il a accepté la responsabilité d’administrateur municipal, en 1976. »

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Télidon! Ça vous rappelle quelque chose?

Au début de 1980 nous étions encore très loin de l’Internet grand public qui n’arriverait qu’une quinzaine d’années plus tard. Cela n’avait pas empêché l’émergence de Télidon le 1e février 1980. Cette initiative du ministère fédéral des Communications et de l’Office de la télécommunication éducative de l’Ontario (TVOntario) était en fait une première mondiale. Le Carillon du 1er mars 1980 expliquait de quoi il s’agissait. « Il s’agit d’une innovation technologique remarquable qui, bientôt, bouleversera nos loisirs, nos modes de communication, notre vie tout entière. Ce système transforme le téléviseur classique en un appareil capable de fournir instantanément et sur commande, toutes sortes de renseignements sous forme de textes et de représentations graphiques. Grâce à Télidon, les abonnés pourront, dans un avenir rapproché, avoir accès à de gigantesques banques d’information, recevoir des messages électroniques, suivre des cours, etc. Les versions ultérieures du Télidon feront du téléviseur un émetteur autant qu’un récepteur d’information: l’usager pourra s’en servir pour enregistrer des messages, traiter des affaires, acquitter des factures, vendre des idées, ou communiquer avec d’autres abonnés. » L’objectif était essentiellement pédagogique et son utilisation devait révolutionner l’enseignement. En 1980, il était plutôt question d’essai du système Télidon. L’ordinateur personnel en est alors à ses premiers balbutiements.

J’avoue ne pas trop m’en souvenir et encore moins de ce qu’il en est advenu. Par contre, j’aurais aimé m’en souvenir au début des années 90 quand, à Postes Canada, un de mes dossiers de relations avec les médias touchait une expérience plutôt similaire, celle du projet UBI en collaboration avec Vidéotron, la Banque Nationale, Hydro-Québec, Loto-Québec, Hearst Corporation. Postes Canada et ses partenaires avaient une vision d’un service très semblable à la description que le journal faisait de Télidon dix ans plus tôt. Évidemment, le World Wide Web allait tout chambarder ces belles intentions.

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Tiens, c’est intéressant de retrouver les noms de ces politiciens très connus à l’époque. Le journal du 5 mars 1980 publiait la liste des noms des membres du nouveau cabinet des ministres que Pierre Elliott Trudeau venait de former au lendemain de sa récente victoire électorale. Jeanne Sauvé, future gouverneure générale, était la présidente de la Chambre des communes. Voici les noms de ces ministres, si ça vous rappelle autant de souvenirs : Pierre Elliott Trudeau, bien sûr, et Allan MacEachern, son bras droit de l’époque et vice-premier ministre. Les autres étaient (par ordre de préséance, comme ils disaient) : Jean-Luc Pépin, Jean Chrétien, John Munro, Bud Olson, Herb Gray, Eugene Whelan, André Ouellet, Daniel MacDonald, Marc Lalonde, Ray Perrault, Roméo LeBlanc (un autre futur gouverneur général), John Roberts, Monique Bégin, Jean-Jacques Blais, Francis Fox, Gilles Lamontagne, Pierre De Bané, Hazen Argue, Gerald Reagan, Mark MacGuigan, Bob Kaplan, Jim Fleming, Bill Romkey, Pierre Bussières, Charles Lapointe, Ed Lumley, Yvon Pinard, Donald Johnson, Lloyd Axworthy, Paul Cosgrove et Judy Erola. J’ai eu l’occasion de rencontrer l’un ou l’autre lorsqu’ils se rendaient dans Glengarry-Prescott-Russell. Et bien sûr, 20 ans plus tard, André Ouellet serait mon grand patron à Postes Canada.

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« Amoco Fabrics – Les négociations sont dans une impasse » et « le recours à la grève n’est pas écarté » peut-on lire dans le journal du 12 mars 1980. Signe avant-coureur de ce qui s’en venait à cette usine locale. Triste chapitre à suivre.

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Une solide majorité cette fois

À l’échelle nationale, les Canadiens n’avaient pas apprécié un gouvernement minoritaire et encore moins un gouvernement minoritaire conservateur. Au scrutin du 18 février 1980, les Libéraux de Pierre Elliott Trudeau retournent au pouvoir, cette fois avec une solide majorité et 147 sièges. Les conservateurs s’en tirent quand même avec 102 sièges, alors que le Nouveau parti démocratie en obtient 32. Le Crédit social a été éliminé de la carte, ne faisant élire aucun député. Dans Glengarry-Prescott-Russell, la victoire du libéral Denis Ethier était inévitable et il a solidifié sa réputation avec une majorité écrasante de 20 076 voix sur son adversaire conservateur Gordon Johnson, qui n’obtenait que 8107 votes, quasiment 2000 de moins qu’à l’élection précédente de mai. Le néo-démocrate Claude Dion avait augmenté l’appui à son parti avec 4705 votes. Quant au marxiste-léniniste Gary O’Brien, il s’est consolé avec 88 votes. Le peuple avait parlé.

« Dans Glengarry-Prescott-Russell, la population a ‘embarqué’ dans cette vague anti-Clark (ou anti-Alberta) – selon ses convictions – parce que c’est la seule justification à cette écrasante majorité de plus de 20 000 votes. Cela explique sans doute, aussi, pourquoi le conservateur Gordon Johnson a récolté beaucoup moins qu’en mai et pourquoi le néo-démocrate Dion a récolté plus. » Tout ça et beaucoup d’autres textes à saveur électorale dans Le Carillon du 20 février 1980.

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Je ne sais pas si cette banque de données existe encore. Dans le journal du 23 février 1980, il est question du collège Algonquin qui vient de mériter « une subvention de l’ordre de $14,900 afin de mettre sur pieds un système de documentation à partir de découpures de journaux ». Le projet du ministère de l’Éducation de l’Ontario s’intitule « Rapatriement de documents journalistiques » et est destiné à faciliter la tâche des recherchistes. Richard Hudon et Aline Groulx, du collège, étaient responsables du bon fonctionnement du projet d’une durée de six mois.

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Contexte du temps

Sinclair Construction annonce « le Briarwood », un bungalow neuf de trois chambres à coucher et de 864 pieds carrés au prix de 31 950 $. – Capri Realties Ltd vend une quarantaine de nouveaux lots dans la subdivision Chartrand à Hawkesbury au prix unitaire à partir de 11 900 $. – Chez Ameublement Sarault et fils, à Clarence Creek et Casselman, vous meublerez votre chambre à coucher au complet pour 1 695,95 $. « Tête de lit avec miroir et lumière, radio AM/FM 8 pistes, 2 tables de nuit, contour de lit, bureau triple et miroir et couvre-lit. » – Un alignement de roues coûtait 12,95 $ au centre Goodyear.

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Dans le journal du 27 février 1980 : « Dans son discours inaugural pour l’année 1980, le maire du village de Casselman, Robert Racine, a promis à ses contribuables l’établissement de 10 industries et la création de 300 emplois dans la municipalité pour la prochaine année. » Rêver… que c’est beau! Rien de ça ne s’est matérialisé bien sûr.

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Mayer avait failli perdre son contrat

La firme René Mayer s’occupait du prélèvement des ordures à Hawkesbury depuis plus de 30 ans et lors d’une demande de soumissions, c’est l’entreprise Ernest Lacombe jr qui soumettait le meilleur prix, en fait, 24 000 $ de moins que la firme Mayer. Les autorités municipales n’avaient d’autre choix que de lui accorder le contrat, mais sans exiger au préalable « une garantie de performance ». La demande de garantie avait été présentée aux deux seuls soumissionnaires. Et ce qui devait arriver, arriva; Mayer avait présenté cette garantie, mais Lacombe non. L’enlèvement des ordures serait donc encore assuré par la firme Mayer pendant longtemps d’ailleurs. On apprend tout ça dans l’édition du 6 février 1980 du journal Le Carillon.

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Une lettre au rédacteur retient mon attention dans le journal du 6 février 1980. La lettre n’a rien d’extraordinaire, en soi, bien qu’elle soit signée par Claudette Larocque, de Hawkesbury. Cette femme allait devenir une contributrice régulière de notre page des lecteurs pendant au moins les sept années suivantes. Elle nous arrivait au bureau avec ses lettres écrites sur tout papier sur lequel elle pouvait mettre la main : serviettes, napperons, et ainsi de suite. Les déchiffrer était souvent un travail de détective. Elle était très colorée. Vers la fin des années 1980, elle deviendrait membre du Conseil municipal de Hawkesbury.

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C’était une excellente idée à l’époque. Les autorités municipales du Canton de Russell, qui avaient déjà acheté le droit de passage de la voie ferrée du New York Central pour une somme nominale, visaient un peu plus haut. Elles avaient acheté, également pour 1 $, « la vieille gare du New York Central à Berwick » avec l’intention de la déménager dans le village. Cette gare était abandonnée depuis 1957 et était la proie des vandales. « Sous la gouverne du Conseil municipal, peut-on lire dans le journal du 13 février 1980, la vieille gare sera rénovée et remise en état et pourra éventuellement accueillir un musée ferroviaire, qui mettra en valeur le rôle du chemin de fer dans le développement de la région. » La vieille gare a bel et bien été installée sur la rue Notre-Dame à Embrun, mais elle est une résidence particulière. Elle a conservé son allure de vieille gare. Il n’y a jamais eu de musée par contre; je ne crois pas, en tout cas.

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Je ne me souviens pas si cette promesse électorale faisait partie du programme national du Parti progressiste-conservateur. Le candidat Gordon Johnson fait référence à Petro-Canada. « Petro-Canada, est-ce votre affaire? » se demande-t-il dans une demi-page de publicité. « Cela le sera si vous votez Johnson P.C. 5 actions vous seront données gratuitement. Lorsque vous détenez des actions, c’est vraiment votre affaire. Vous possédez déjà le CN et Air Canada, mais vous ne pouvez rien y faire. Ne laissez pas Petro-Canada tomber dans la même catégorie. » Je me demande ce que vaudraient bien mes actions si cette idée s’était matérialisée.

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Ethier ne l’avait pas vu venir

Avec deux députés consécutifs aux Communes, la dynastie familiale des Ethier semblait assurée. Le député sortant Denis Ethier, « à sa grande surprise et à celle de la plupart des militants libéraux réunis à St-Isidore lundi soir », n’avait pas anticipé de concurrence lors de la réunion d’investiture en vue de l’élection du 18 février. Comme on peut le lire dans Le Carillon du 23 janvier 1980, Ethier n’avait pas été le choix unanime des délégués, puisqu’une « dame originaire de Plantagenet, Mme Kathleen McCormick Andrews » avait décidé de lui faire la lutte. Le résultat du vote parmi les 1500 délégués n’avait pas été rendu public, mais Ethier savait au moins qu’il était encore le candidat de son parti dans Glengarry-Prescott-Russell. « Je ne suis pas obligé d’énumérer ce que j’ai fait depuis huit ans, les faits parlent par eux-mêmes » avait-il déclaré au cours de la soirée. La candidature de Robert Racine, le maire de Casselman, avait également été proposée, mais celui-ci s’était désisté en faveur du député sortant.

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La population était habituée à voir une religieuse à la tête de l’Hôpital général de Hawkesbury. Au début de 1980, c’est sœur Marie-Reine Perron, des Sœurs de la charité d’Ottawa, qui en est l’administratrice générale. Mais à compter du 18 janvier, cette responsabilité a été confiée à Mme Cécile Dagenais. « Cette docteure en sciences administratives et diplômée en santé publique possède une longue expérience dans le domaine de la gestion des services hospitaliers ou infirmiers. Elle avait d’ailleurs fondé l’hôpital Ste-Rose de Laval en 1957. » La construction du nouvel hôpital général de Hawkesbury devait d’ailleurs commencer le printemps suivant. On en parle dans le journal du 26 janvier 1980.

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Un commentaire bizarre en rétrospective. Dans ma chronique du 26 janvier 1980, j’écris ceci : « Vous ne trouvez pas drôle que les politiciens et les médias nationaux n’ont pas donné suite aux récents propos de l’ex-Shah d’Iran, à l’effet que sa déchéance aurait été provoquée par un complot des grandes compagnies de pétrole qui auraient voulu provoquer une réduction de la production du pétrole iranien afin de pouvoir majorer les prix? » Une théorie de conspiration s’il n’en était une.

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Une centaine de personnes s’étaient donné rendez-vous à l’hôtel de ville de Hawkesbury pour une visite de Maureen McTeer. Elle s’y était arrêtée dans le cadre de la campagne électorale fédérale et du lancement officiel du Fonds John McTeer Memorial, en l’honneur de son père. Ce Fonds verserait des bourses d’études afin de faciliter l’accès à des congrès ou à des études en sciences politiques par de jeunes conservateurs. Maureen McTeer, la femme du premier ministre Joe Clark, « avait été élue la première présidente de la Jeunesse conservatrice de Prescott et Russell, à la salle des Chevaliers de Colomb de Hawkesbury, le 25 septembre 1968 ». Elle l’avait d’ailleurs souligné dans son discours. Il en est question dans le journal du 26 janvier 1980.

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Il avait fait plus que son possible

Il était âgé de 74 ans et il voulait enfin s’accorder quelque temps de loisirs. Louis-Pierre Cécile avait été député et ministre dans différents gouvernements conservateurs en Ontario avant de prendre sa retraite et d’être nommé juge. Après 13 ans à son poste de juge, il décide de prendre une retraite méritée. Après une carrière politique de 25 ans et toutes ces années comme juge, Louis-P. Cécile avait décidé qu’il en avait assez fait. Comme on peut le lire dans Le Carillon du 26 décembre 1979, « maintenant je crois avoir fait plus que mon possible pour les comtés et c’est peut-être un peu pourquoi je prends une retraite complète ». Peut-être que la cause de la CIP et les répercussions que cela avaient sous-entendues avaient été trop pour lui.

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Jacques Martin avait démissionné tout juste avant les Fêtes parce qu’il ne réussissait plus à motiver ses joueurs des Nationals de Rockland. Dans le journal du 2 janvier 1980, nous apprenons que Robert Hartley a été échangé par les Glens d’Alexandria aux Aigles de St-Isidore de la Ligue junior ‘B’ du district d’Ottawa. Hartley avait été gardien des buts des Hawks de Hawkesbury en 1977-1978. J’en parle parce que mes lecteurs connaissent bien le cheminement professionnel de ces deux-là.

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Dans l’édition du 5 janvier 1980, on retrouve un long texte en référence aux « disparus des années 1970 » dans la région. « L’ancien député libéral Raymond Bruneau, le 5 juillet 1971; le conseiller municipal de Hawkesbury Jean-Charles Thériault, le 16 janvier 1972; l’ancien maire de L’Orignal Charlemagne LeCours, le 27 mars 1973; l’ancien maire de Hawkesbury Victor Bruneau, le 1er février 1974; le maire du canton de Hawkesbury-Est Daniel Brunet, le 25 janvier 1975; l’abbé André Deguire, de Casselman, le 10 janvier 1976; l’éducateur bien connu Horace Dubois, le 10 novembre 1977; l’ancien député libéral Viateur Ethier, le 19 juillet 1975; le maire du canton de Plantagenet-Sud J.-Henri Séguin, le 4 septembre 1978. » Les plus connus, bien sûr.

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Le Conseil d’éducation de Prescott-Russell occupait des bureaux vieillots sur la rue Bertha à Hawkesbury depuis sa création en 1969 et il cherchait une solution depuis de longs mois. Le terrain de l’ancienne école publique de Hawkesbury, rue Nelson, était idéal. Mais voilà, il y avait un hic! La famille Higginson avait précisé, en léguant son terrain en 1926 que les « terrains soient utilisés pour des fins strictement éducatives ». La famille sous-entendait manifestement pour une école, mais le CEPR avait porté sa cause devant les tribunaux. Les conseillers scolaires étaient sûrs que le juge George Stiles leur donnerait raison et avaient donné le feu vert à leur projet. Dans le journal du 5 janvier 1980.

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Le député fédéral Denis Ethier a piqué une sainte colère devant les membres du Conseil des comtés unis de Prescott-Russell contre les « animateurs-agitateurs » à l’œuvre dans sa circonscription. Il faisait allusion aux démarches entreprises afin de régler un problème de logement de la famille d’Edward Burton, de Hawkesbury, « Selon moi, un animateur communautaire dans une région donnée devrait identifier les problèmes, les évaluer, s’allier les personnes ressources des gouvernements municipaux, régionaux, chefs religieux, agences de service social et publics, et autres; ça ne devrait pas être d’aller tout de suite à publiciser l’événement par des dénonciations. » Ethier faisait référence à Richard Hudon, l’animateur communautaire du Collège Algonquin à Hawkesbury et dans la région, qui était maître dans l’art d’utiliser les médias pour faire valoir les causes qu’il défendait. Il avait forcément conclu que c’était plus efficace et plus rapide que passer par des démarches longues et laborieuses qui ne menaient parfois nulle part. Ça aussi c’était dans le journal du 5 janvier 1980.

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Les agriculteurs l’attendaient depuis longtemps

C’est ce que la population d’Alfred et les agriculteurs du coin souhaitaient entendre depuis longtemps. « Le Conseil des ministres de l’Ontario a appuyé le projet de l’école francophone de technologie agricole en Ontario, mercredi, en demandant une étude sur sa viabilité. » Le texte de Monique Castonguay est à la une du journal Le Carillon du 15 décembre 1979. Une bonne nouvelle pour terminer l’année. Ainsi, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, en coopération avec le Conseil des affaires franco-ontariennes (CAFO), devait « entreprendre un sondage sur les besoins d’un collège d’agriculture, la demande chez les étudiants dans ce domaine d’études postsecondaires et les possibilités d’établir cette école dans les locaux du Centre de réhabilitation Champlain à Alfred ». Le député Albert Bélanger et l’animateur régional de l’ACFO, Jean Poirier, s’en réjouissaient forcément. Le président du CAFO, Omer Deslauriers, avait été un de ceux qui exerçaient des pressions dans les coulisses de Queen’s Park. Après l’annonce, il avait expliqué « que le collège d’agriculture constituerait un apport économique appréciable dans la région, pour les propriétaires de logis ou maisons de chambres pour les étudiants, entre autres. » Ce n’était donc plus qu’une question de temps. J’y reviendrai.

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J’y avais fait référence récemment. Le journal du 19 décembre 1979 nous apprend que le juge Louis-P. Cécile, de la Cour provinciale, division criminelle, « a lavé la Compagnie internationale de papier de l’accusation de désobéissance aux normes anti-pollution qu’avait déposée contre elle le ministère de l’Environnement de l’Ontario ». Cécile avait jugé que « la CIP avait agi raisonnablement en assumant qu’elle bénéficierait d’un délai de la part du gouvernement en rapport avec l’échéancier déjà fixé ». La CIP avait menacé de fermer l’usine si elle n’obtenait pas gain de cause. Ce n’était que partie remise.

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À peu près tous les observateurs l’avaient prévu. Dans le journal du 19 décembre 1979, il est question du renversement du gouvernement minoritaire conservateur de Joe Clark élu le 22 mai précédent. « Après le 22 mai, les critiques disaient qu’il fallait ‘donner une chance’ à Joe Clark. Il n’a pas su profiter de cette chance, a multiplié les gaffes et maladresses, a rapidement perdu le peu de crédibilité qu’il avait. Il a même manifesté quelques signes de ‘l’arrogance’ qu’il reprochait tant aux libéraux. » À suivre.

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Les négociations entre la direction des Canadiens et l’avocat d’Yvan Joly se prolongeaient depuis plusieurs mois et tous se demandaient si Joly porterait un jour les couleurs de l’équipe montréalaise. Le Carillon du 22 décembre 1979 nous apprend que Joly a finalement signé son contrat. Le directeur-gérant du Tricolore était alors Irvin Grundman. Il restait maintenant une dernière étape avant de réaliser son rêve… joueur une partie avec les Canadiens. D’ici là, il poursuivrait son apprentissage dans les rangs juniors.

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Et si ça se produisait chez nous?

Le déraillement d’un convoi ferroviaire de produits chimiques à Mississauga avait semé l’inquiétude dans toutes les villes traversées par un chemin de fer et Hawkesbury ne faisait pas exception. Comme il en question dans Le Carillon du 5 décembre 1979, « la récente tragédie de Mississauga nous a fait réfléchir sur certains points de sécurité dans les limites de la ville de Hawkesbury ». Les convois ferroviaires de produits chimiques étaient fréquents en direction de l’usine de la CIP ou d’autres usines locales (Amoco, IKO, Duplate). Le conseiller André Tessier avait soulevé la question à la table du Conseil et il était « important que la population soit alertée sur les procédures qu’il faudrait prendre dans l’éventualité d’un incident du type de Mississauga ». La question était d’autant plus importante que l’Organisation des mesures d’urgence de Prescott-Russell, qui avait développé une certaine expertise pour de telles situations, n’existait plus.

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« Le Conseil municipal du canton de Russell a fait l’achat de l’ancienne voie ferrée du New York Central pour la transformer en piste de ski de fond, pour la somme de $1. » En fait, la piste est devenue beaucoup qu’une piste de ski de fond. Au fil des années, le Canton de Russell a réaménagé la piste pour la rendre cyclable et propice aux marcheurs qui l’utilisent abondamment. La piste, une véritable fierté locale, relie les deux villages d’Embrun et de Russell sur une distance d’environ six kilomètres.

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La ville de Hawkesbury voulait empêcher la construction de centres commerciaux dans la municipalité voisine de Hawkesbury-Ouest et avait même demandé au Conseil municipal de ce canton d’adopter les règlements nécessaires pour s’en assurer. Le journal du 12 décembre 1979 nous apprend que ce ne sera pas nécessaire en fin de compte. « En effet, depuis 1974, le canton de Hawkesbury-Ouest est sous la juridiction d’un arrêté ministériel interdisant tout développement commercial de plus de 5 000 pieds carrés dans les limites de sa municipalité. » Cet arrêté avait été gardé bien secret pendant toutes ces années. Mais l’arrêté ne s’appliquait pas seulement à Hawkesbury-Ouest. Il « s’appliquerait à toutes les municipalités rurales voisines des secteurs urbains ». Hawkesbury-Ouest entourait les villes de Hawkesbury et de Vankleek Hill.

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Il n’avait que 20 ans et le précisait dans une lettre aux lecteurs du journal Le Carillon du 12 décembre 1979. Je reprends les quatre premiers paragraphes de sa longue lettre, en me rappelant que Richard Nadeau, de Hawkesbury, est éventuellement devenu député du Bloc québécois aux Communes :

« Un petit mot d’un confrère francophone qui vit toujours sans pays.

C’est très bien connu, pour nous, francophones hors Québec, nous devons combattre, non pas pour notre évolution mais, malheureusement, pour sortir du gouffre de l’assimilation.

Le Canada anglais (car, à part le Québec, soyons réalistes, le Canada est anglais) attend qu’une chose: ne rien faire pour l’unité canadienne et ainsi nous assimiler.

Moi, Richard Nadeau, je ne crois plus dans le pays dit Canada, car, ce dit pays ne fait rien de concret pour que nous, francophones du Canada, soyons respectés selon la Constitution. C’est-à-dire, se sentir chez-nous d’un océan à l’autre et être respecté dans notre langue comme nous, nous respectons les anglophones dans leur langue. »

Il faut préciser qu’il était alors question du référendum sur lequel les Québécois devraient se prononcer au printemps de 1980. Nadeau demandait aux gens de voter « Oui ». Le « Non » gagnerait comme on le sait.

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Le juge Cécile y pressentait des répercussions considérables

C’était le commencement d’une situation qui mettait en péril l’avenir de l’usine locale de la CIP. En manchette du journal Le Carillon du 21 novembre 1979, les lecteurs apprennent que le juge Louis-P. Cécile, de la Cour provinciale, division criminelle, n’a pas encore rendu sa décision quant aux accusations de pollution portées contre la Compagnie internationale de papier par le ministère ontarien de l’Environnement. En prenant la cause en délibéré, le juge avait déclaré que « la décision que je vais prendre aura sans doute des répercussions politiques et économiques considérables. J’ai donc l’intention d’étudier le cas à fond avant de me prononcer. » Un représentant du ministère avait expliqué que la CIP avait eu de nombreuses chances de réagir adéquatement aux pressions du ministère et que la CIP avait préféré se référer à la cour. « Les modifications et nouvelles installations en vue de suffire aux normes anti-pollution du ministère de l’Environnement représenteraient des investissements de plus de $20 millions. » Un adjoint du ministre avait même déclaré à la Cour qu’un « des dirigeants lui aurait également déclaré que l’usine fermerait tout simplement ses portes si la cause était portée devant le juge et qu’elle était reconnue coupable ». Une autre histoire à suivre.

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Leurs installations étaient évidentes le long de la route 34 entre Hawkesbury et Vankleek Hill. Le journal du 28 novembre 1979 nous apprend que « le moulin à scie Larocque Lumber mettra en marche ses nouvelles facilités de production au mois de mars. Les nouvelles facilités, un moulin à scie et un séchoir pour le bois, coûteront $1,500,000. (…) L’expansion permettra d’accroître la production de cinquante pour cent. Les nouvelles facilités nécessiteront également l’embauche de 30 employés additionnels (…) ce qui porte le nombre d’employés à 95. Larocque Lumber, qui est le plus gros moulin à scie de l’Est ontarien, pourrait bien connaître une seconde expansion d’ici un an. » Ce moulin est toujours là, mais il a cessé sa production l’année dernière.

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Le député de Glengarry-Prescott-Russell, Denis Ethier, déplore la démission du Premier ministre Pierre-Elliott Trudeau et déclare que « les Canadiens-français ont perdu le leader politique qui s’est le plus dévoué à leur cause ». Ethier avait ajouté que tous s’attendaient à ce qu’il démissionne un jour ou l’autre après sa défaite aux mains de Joe Clark du mois de mai précédent. Le gouvernement Clark était minoritaire. On retrouve le texte dans le journal du 28 novembre 1979.

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Tout le monde en parlait à Hawkesbury. L’ouverture du tout nouveau magasin Loblaws dans le complexe Hawkesbury Centre. Inutile d’ajouter que tous les consommateurs s’y étaient lancés dès l’ouverture officielle du 4 décembre. Le magasin devait éventuellement fermer ses portes et devenir un magasin Indépendant le long de la route 17, là où déménagerait également le magasin Canadian Tire. Quant au Hawkesbury Centre, il n’est plus que l’ombre de ce qu’il était à l’époque de son inauguration.

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Treize semaines, c’est long

Une longue grève paralysait l’usine IKO-Industries de Hawkesbury depuis deux mois en cette mi-octobre 1979 et l’impatience s’installait manifestement chez les grévistes. Ils avaient même reproché aux policiers de « complicité avec la partie patronale ». Comme on peut le lire dans Le Carillon du 17 octobre 1979, le chef Maurice Durocher a dû rappeler que « les policiers ne font que leur boulot », soit d’assurer l’ordre, « donc remplir son rôle ». Les grévistes étaient surtout frustrés du fait que l’usine avait repris sa production après un mois de grève, en ayant recours aux cadres. Les syndiqués avaient décidé d’imprimer un feuillet d’information pour toute la population afin d’expliquer le conflit et sa raison d’être. La grève durerait encore un certain temps. Treize semaines en tout finalement.

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« Dans un monde sans amour tous les enfants sont orphelins ». C’était le titre d’un cahier spécial publié par Le Carillon dans le cadre de l’Année internationale de l’enfant. Si ma mémoire est fidèle, c’est le seul cahier du genre que le journal ait publié pendant ses 65 années d’existence. Le cahier de 32 pages format magazine, sur papier blanc mat, abondamment illustré, comprenait aussi des dessins réalisés par des enfants de la région et des textes provenant d’intervenants spécialisés dans le domaine de la protection de l’enfance. Je me souviens que nous avions été très fiers de sa publication. Il avait été inséré dans le journal du 20 octobre 1979.

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Harold Demers avait assumé temporairement la direction générale du Conseil des écoles catholiques de Prescott et Russell après le départ précipité de Jean Léveillé. Dans le journal du 27 octobre 1979, on apprend que Gaston Cadieux, un membre de l’équipe de surintendants du CECPR, occuperait le poste de manière intérimaire jusqu’à la fin de l’année scolaire et que le conseil procéderait entre temps à un recrutement en bonne et due forme. Harold, en passant, est le père de l’écrivaine Dominique Demers.

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La ministre ontarienne de l’Éducation, Bette Stephenson, proposait d’éliminer les « écoles secondaires mixtes à administration commune » dans la province. Elle proposait plutôt de « les remplacer par des institutions scolaires abritant sous un même toit des élèves francophones et anglophones étant soumis à deux administrations distinctes ». Comme on peut le lire dans le journal du 17 novembre 1979, le Conseil d’éducation de Prescott-Russell est en désaccord le plus complet avec une telle politique. « Le CEPR entend conserver ses écoles mixtes tout en continuant d’offrir un maximum de cours dans les deux langues », parce que « mixte » voulait dire écoles anglaises et françaises et non pas écoles « pour gars » et « pour filles ». Même le Conseil consultatif de langue française, présidé par Gisèle Richer, de Rockland, était d’accord avec la position du CEPR. En d’autres mots, les écoles mixtes faisaient l’affaire de tout le monde dans la région.