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CP achète la CIP

Je crois que personne n’avait prévu la nouvelle et personne n’en avait évalué les conséquences sur le coup. Quoi qu’il en soit, dans Le Carillon du 17 juillet 1981, Monique Castonguay nous apprend que « les Entreprises Canadien Pacifique ont annoncé mercredi matin leur intention de se porter acquéreurs de la Compagnie internationale de papier, par l’achat de toutes les actions de la CIP de la firme américaine International Paper de New York au coût de $1,1 milliards en argent canadien ». CP était alors l’entreprise canadienne la plus importante. « Outre son Centre de recherche et une usine de pâte bisulfite à Hawkesbury, la CIP détient des usines de papier journal à Trois-Rivières, Gatineau et à Dalhousie, au Nouveau-Brunswick. Les trois autres moulins sont situés à La Tuque, Toronto et Matane. Les employés du moulin de La Tuque sont présentement en conflit de travail depuis 13 mois. La CIP emploie environ 13 500 personnes et compte parmi ses produits les marques de commerce Facelle et Masonite. »

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Pauvre Richard Hudon! L’animateur communautaire du collège Algonquin se retrouvait encore au centre d’une controverse. Dans le journal du 25 juillet 1981, nous lisons que « le directeur général de l’Association pour les déficients mentaux de Prescott-Russell, Sylvère Cormier, attend incessamment l’avis du ministère des Collèges et Universités sur le rôle qu’est sensé jouer dans une communauté l’animateur d’une institution scolaire et il espère s’entretenir avec le président Laurent Isabelle concernant le rôle défini d’un animateur communautaire au collège Algonquin ». Tout ça avait commencé avec le congédiement de six employés des Industries Vanier et de l’intervention de Richard Hudon dans les négociations et étaient « venus demander des conseils sur la façon de réagir compte tenu des événements ». Décidément, le rôle de l’animateur devait être précisé au plus tôt.

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Quand l’annonceur vous dit que le soleil se lèvera à 6 h 47… c’est à l’heure de Plantagenet qu’il fait référence dans notre zone de fuseau horaire. Nous apprenions ça dans le journal du 29 juillet 1981 de la plume de Roger Gagnon, au Planétarium Dow de Montréal. Au XIXe siècle, on avait décidé « que toutes les villes d’une même région ou d’une même province se mettraient à la même heure. Pour l’Ontario et le Québec, ce méridien est celui situé à 75 degrés ouest de Greenwich. Il passe entre Montréal et Ottawa. Cette ligne imaginaire traverse le comté de Prescott, précisément à Plantagenet. » Voilà, maintenant vous savez et quand vous voulez ajuster vos montres, Plantagenet est l’endroit idéal.

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Dans ma chronique du 1er août 1981, j’offre mes condoléances à la famille d’Albert Villeneuve, qui était décédé le 28 juillet. « Il était mieux connu comme propriétaire du restaurant ‘Pete’s Lunch’ ». Bon, si je pouvais maintenant me souvenir où était situé ce restaurant!

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Votre homme est-il un « 10 »?

Je ne sais pas pourquoi nous avions publié ce texte dans Le Carillon du 11 juillet 1981, mais je le trouve encore intéressant et drôle. Le titre : « Comment découvrir si votre homme est un ‘10’ ». Le voici donc :

« Un homme est un ‘10’ parfait, quand il…
• pense que vous êtes parfaite;
• a un côté enfant, et qu’il peut faire des cabrioles ou imiter le grincement des freins;
• est assez patient pour vous apprendre à conduire avec les changements manuels;
• apporte des roses à longues tiges ou du chocolat Laura Secord à la première sortie, ou du moins à la deuxième;
• aime à vous agacer;
• est galant et cavalier;
• danse joue contre joue comme Fred Astaire;
• ne vous demande jamais d’argent;
• endure vos humeurs différentes, mêmes lorsqu’elles sont ridicules;
• pleure quand il voit un film triste;
• apporte des fleurs ou un petit cadeau sans aucune raison;
• sait donner un bon massage du cou et des épaules;
• apporte un jus d’orange et des biscuits, quand vous êtes malade au lit;
• téléphone quand il est en retard, et comprend si vous êtes en retard et avez oublié de téléphoner;
• ne regarde même pas une jolie femme qui passe tout près, parce qu’il est possédé par votre beauté;
• écoute avec ses yeux;
• voyage bien et sans histoire;
• est naturellement mince et n’a pas besoin de régime;
• sait vous faire rire;
• est gentil avec votre mère;
• ne passe aucune remarque quand vous engraissez;
• téléphone pour entendre le son de votre voix;
• se souvient de votre anniversaire ou de la St-Valentin;
• ne baille pas quand votre famille vient à la maison;
• vous complimente souvent, ne voit pas vos défauts physiques, et il est convaincu que vous êtes la plus belle femme du monde;
• croit que les femmes sont les plus belles créatures du monde;
• n’agace pas sur la façon de balancer votre livre de chèques;
• n’est pas trop poilu;
• ne vous demande pas: ‘Entre 1 et 10, quel numéro suis-je?’ »

Moi, je n’ose pas poser la question justement!!!

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Autre signe du temps. « Le train Marelan-Kilmar, qui fait la navette entre l’usine de Marelan de la Canadian Refractories et la mine de magnésite de Kilmar a fait son dernier voyage, samedi dernier. Après 65 ans d’existence, la ligne de chemin de fer a cessé définitivement ses opérations pour faire place au transport par camion. » C’est dans le journal du 15 juillet 1981.

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La controverse… faut bien commencer à quelque part

Pauvre lui, c’était sans doute sa première controverse publique. Comme on peut le lire dans Le Carillon du 8 juillet 1981, Gilbert Rozon était la plus récente cible de l’animateur communautaire du collège Algonquin, Richard Hudon. Il accusait Rozon de racisme en rapport avec « Le Bottin Blanc ». Hudon avait d’ailleurs « déposé une plainte auprès de la Commission ontarienne des droits de la personne » liée au logo utilisé par Rozon pour son bottin. Rozon avait reproduit le logo de son bottin dans le programme de La Grande Virée (dont Le Carillon était un des commanditaires), son « festival international du spectacle au Kébec ». Hudon n’avait pas aimé que Rozon reproduise le logo dans « son programme d’activités publié à 50 000 exemplaires et vendu dans les kiosques à journaux dans les comtés de Prescott et Russell ». Il s’en était plaint à la Commission des droits de la personne du Québec également. « Le logo en question représente un jeune messager de race noire, pieds nus, tenant à bout de bras un énorme annuaire téléphonique, avec, en vignette, au coin intérieur droit, ‘le Bottin Blanc’. » Rozon avait répliqué que « cette plainte provient sans doute d’un intellectuel à l’esprit fertile en imagination ». Il avait aussi soutenu que « l’utilisation d’un noir en publicité n’a rien de raciste. Au contraire, les gens de couleur font partie intégrante de la société nord-américaine et les ignorer en publicité constituerait plutôt la véritable discrimination raciale. » Rozon, bien sûr, fonderait le festival Juste pour rire quelques années plus tard. Sans doute que son logo, après tout, était justement simplement pour rire!

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Le bas de vignette est à la une de l’édition du 11 juillet 1981 et se lit comme suit : « Le sort de la chaîne de magasins à rayons R. Farmer, une entreprise canadienne-française fondée à Hawkesbury en 1950 et qui au milieu des années 70 comptait 19 succursales en Ontario et au Québec, est actuellement entre les mains d’un syndic de faillite. Le magasin de Hawkesbury continue ses opérations pour l’instant, mais l’incertitude règne chez les employés. » Ce magasin était très fréquenté à Hawkesbury. « Dix-sept employés, caissières, vendeuses, employés d’entretien, sont présentement à l’emploi du magasin de la rue Principale, et certains comptant jusqu’à 14 ans d’expérience avec la compagnie, outre le gérant. André Morin compte 20 ans avec la compagnie, dont 14 ans à Hawkesbury et six ans à Gatineau. Les autres succursales de la chaîne sont à Rockland, Maniwaki, Mont-Laurier, St-Georges-de-Beauce, St-Romuald, Plessisville et Magog. » Raymond Farmer, le propriétaire-fondateur de la chaîne, était originaire de Sarsfield dans l’Est ontarien.

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Depuis toujours sans doute, les membres du conseil municipal du Canton de Grenville privilégiaient la langue anglaise pendant leurs délibérations. Mais avec l’adoption de la Loi 101 au Québec, le conseil avait été avisé qu’il devait respecter la loi et avait songé à retenir les services d’un interprète « afin d’assurer que les intervenants francophones lors des assemblées soient entendus dans leur langue ». À ce moment-là, « francophones et anglophones font habituellement leurs présentations au conseil dans la langue de Shakespeare parce que certains conseillers ne maîtrisent que cette langue ». Par contre, « depuis le 30 juin, un conseil municipal du Québec est tenu de garantir qu’un francophone pourra être entendu et recevoir une réponse dans sa langue ». C’était comme ça.

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Un prêtre que j’admirais beaucoup

Je parle de lui dans ma chronique du journal Le Carillon du 27 juin 1981. « L’exposition d’aquarelles de Normand Laurin, en fin de semaine, a attiré plusieurs amateurs à Chute-à-Blondeau. Les scènes de Chute-à-Blondeau, St-Eugène, L’Orignal et Vankleek Hill ont rappelé des souvenirs à plus d’un. L’‘attraction secondaire’ était la blessure subie par l’artiste alors qu’il donnait des cours à l’Institut Archambault à Montréal: un détenu lui a presque arraché l’œil avec son poing. » J’ai toujours une de ses aquarelles sur le mur du salon… un oiseau perché sur des roseaux au bord de l’Outaouais près de Chute-à-Blondeau, mon village natal. Quant à Normand Laurin, il avait été professeur au petit séminaire quand je fréquentais cette institution. Je n’ai pas eu de ses nouvelles depuis plusieurs années… en fait, depuis cette exposition à laquelle j’avais assisté.

Voici ce que l’Académie Internationale des Beaux-Arts du Québec dit de lui sur son site Web :

Né à Chute-à-Blondeau, Ontario en 1937. À dix ans, il reçoit en cadeau de ses parents une petite boîte d’aquarelle Reeves qui sera à l’origine de sa passion pour l’art. À 12 ans, il visite une galerie pour la première fois de sa vie, la Galerie Nationale à Ottawa. Une petite esquisse de Tom Thomson le bouleverse: elle est si simple, si colorée et si suggestive. Il en gardera un souvenir impérissable. En 1956, il obtient son baccalauréat ès arts de l’Université d’Ottawa.

Après quelques années d’enseignement, il quitte pour Paris afin de poursuivre ses études en Arts et Lettres. Il fréquente assidûment les ateliers de dessin de la Rive Gauche. Après avoir obtenu sa Maîtrise ès Arts de l’Université Catholique de Paris en 1965, il part pour la Suisse où il enseignera pendant 13 ans le français, l’histoire et l’anglais. Il aura alors la chance inouïe de peindre accompagné par deux peintres de la Société des Peintres Vaudois, Micheline et Maurice Félix de qui il apprendra la théorie de l’art visuel mais surtout la pratique de la peinture. Alors que ses maîtres peignent à l’huile, il peint à l’aquarelle cherchant chez les aquarellistes européens une approche qui lui conviendrait. Enfin il découvre Turner l’Anglais.

De retour au Québec en 1978, il enseigne littérature et arts plastiques au Collège Marie-Victorin à Montréal. Il donne des cours d’aquarelle à Montréal et à Trois-Rivières. Tous les deux ans il expose à Val Carroll à Harrington, Québec.

Démarche artistique

Dans le domaine des arts c’est la subjectivité qui régit toute création. Chaque artiste est différent, pense différemment et perçoit la réalité à sa façon. L’un est plutôt à dominante cérébrale, l’autre porte un regard très réaliste sur ce qui l’entoure… un autre ne peut réagir qu’émotivement devant l’environnement. Abstraction, réalisme, romantisme… etc. C’est avec le plus grand respect que l’on doit considérer de si diverses approches. Si l’on interdit l’individualisme en art, on vient d’accepter de vivre dans un monde terne, prévisible et sans le précieux moment de la surprise visuelle.

Je prends donc la liberté de m’exprimer à la première personne; n’est-ce pas la seule façon de parler de sa démarche artistique. Il me semble d’abord très important de souligner à quel point les bases du langage visuel sont importantes pour moi. Bien sûr elles n’assurent pas à elles seules la réussite d’une œuvre mais elles sont sans conteste un important tremplin vers l’originalité d’un tableau bien fait. Ajoutons tout de suite que l’aquarelle m’est très chère mais elle demeure un médium qui ne doit pas être une fin en soi. Je ne tiens pas à ce que mon art soit un art de combat pour quelque cause que ce soit; les mots sont plus efficaces. Je tiens au pouvoir communicateur d’un tableau. Pour moi, peindre c’est tenter d’entrer en contact très intime avec la personne qui s’arrête devant une de mes œuvres. Créer une impression pour les yeux, faire naître une émotion et enfin susciter une réflexion. Faire en sorte que quelqu’un reparte plus heureux et plus serein, grandi!

J’aime représenter la nature de façon réaliste mais avec le plus de poésie possible. La poésie, quelle belle musique elle apporte à l’œil! et là, avouons-le, l’artiste ne fabrique que de l’artifice; le plus habile des peintres réalistes ne produit que de l’artificiel. Heureusement car autrement la réalité ne serait que la réalité! donc je vise à être un réaliste lyrique: faire chanter la réalité peinte.

Quand je marche dans la nature, je m’arrête pour faire une esquisse très rapide de ce qui me touche (de ce qui entre en moi). Cela m’est très important car j’entre alors en contact avec ce que j’ai choisi de regarder. Bref moment de contemplation. Quelquefois c’est le contraste entre les foncés et les pâle qui me retiennent, ou encore la couleur prend le dessus, la forme des arbres, les volumes etc. Il faut bien le dire, souvent la nature est fade (elle a ses mauvais jours) mais alors il y a les bruits, les odeurs puis le vent et ses caresses qui nous pénètrent et nous inspirent Je suis un contemplatif et l’émotion teinte toujours ma démarche.

Depuis plus de cinquante ans je suis resté passionnément attaché à l’aquarelle. Pourquoi? Je n’ai pas de réponse sauf que je n’ai pas encore percé le mystère de cette eau qui fuit et nous déjoue par ses réactions magiques. C’est un défi constant pour moi de tenter de faire dire à la couleur de nouvelles musiques et d’exprimer des émotions imprévues.

Défi d’amener le médium lui-même à établir le contact avec ce qu’il y a de plus noble chez l’humain. Savoir que quelqu’un vibre à l’unisson avec soi, quel moment privilégié où la réaction de l’autre est aussi un peu une « création »!

Source : http://normandlaurin.artacademie.com

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Pleine page de publicité dans l’édition du 27 juin 1981 pour annoncer l’ouverture officielle du nouveau restaurant Le Séville le 1er juillet. Le restaurant comprenait trois salles : Le Figaro, Les jardins d’Alcazar et la salle Pasada; je crois me souvenir que c’était mes suggestions. Ce dernier nom, en espagnol, voulait dire viaduc et le resto était justement construit là où passait déjà le viaduc du CNR. L’édifice est toujours là, mais s’est transformé dans diverses vocations au fil des années. C’est le bar Déja Vue aujourd’hui.

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« Terry Fox est mort à l’âge de 22 ans » proclame ce titre dans le journal du 1er juillet 1981. « Terry Fox est mort et le Canada est en deuil. Un an jour pour jour après avoir fait son entrée en Ontario à Hawkesbury, via le pont Perley, le courageux athlète du ‘Marathon de l’espoir’ a concédé la victoire à son terrible ennemi, le cancer, et s’est éteint dans son lit d’hôpital, entouré de sa famille immédiate. C’est en effet le 28 juin 1980 que Terry Fox, accompagné de son frère et d’un ami intime, a pénétré en Ontario après avoir pris son départ le 12 avril précédent à Saint-Jean, Terre-Neuve. » Il avait dû interrompre son périple à proximité de Thunder Bay.

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Une autre grève postale sévit au pays en ce début de juillet 1981. Elle durera de nombreuses semaines et était en quelque sorte en réaction à la décision du gouvernement Trudeau de transformer Postes Canada en société d’État à l’automne de cette année-là.

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Montebello accueillerait le Sommet économique international les 20 et 21 juillet 1981 et Bobby Lalonde et Encore y présenterait un spectacle, en compagnie de Liona Boyd et Diane Juster. Bobby y sera accompagné d’Alain Brisson, d’Embrun, Roger Bélisle, de Marionville, et Norman Couture, de Fournier comme Lalonde. Lalonde qualifie leur musique de « country progressif ». On en parle dans le journal du 1er juillet 1981.

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Duplate sait reconnaître ses bons employés

La société Pittsburgh Plate Glass Industries avait un programme par lequel elle rendait hommage à l’effort communautaire manifesté par ses employés à l’échelle de toutes ses usines. Dans Le Carillon du 13 juin 1981, on apprend que Gérard et Muriel Pilon, de Vankleek Hill, « ont été choisis les Citoyens canadiens de l’année 1981 ». Gérard est à l’emploi de Duplate Canada, à Hawkesbury, une filiale de Pittsburgh Plate Glass. Ils avaient eu droit à un séjour à Toronto et à Pittsburgh et avaient même « lancé la première balle de la joute de baseball entre les Pirates de Pittsburgh et les Dodgers de Los Angeles au stade Three Rivers de Pittsburgh ». L’honneur visait à reconnaître leur travail communautaire. « Au cours des quinze dernières années, M. et Mme Pilon ont accueilli plus de 200 enfants à problèmes émotifs dans leur foyer nourricier. Ils sont membres de l’Association des parents nourriciers depuis son existence et ont adopté une fillette de six ans souffrant de fibrose kystique. Ils doivent accueillir en adoption aussi sa sœur de sept ans, atteinte de la même maladie. De plus, ils ont collaboré à la mise en marche du Comptoir populaire, situé à Hawkesbury, magasin de vêtements et meubles usagés destinés surtout aux moins favorisés. » Un bel hommage!

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« Les deux derniers pensionnaires de l’école Champlain, institut correctionnel relevant du ministère des Services sociaux et communautaires, ont quitté Alfred vendredi, mettant un terme à 54 années de réhabilitation de délinquants juvéniles. » Monique Castonguay raconte cette dernière journée dans le journal du 17 juin 1981. « La situation sur place est d’autant plus pénible pour ceux qui restent puisque plus d’une soixantaine d’employés, payés jusqu’au 14 août, doivent se trouver un autre emploi. » Une douzaine d’employés avaient trouvé du travail ailleurs, dont neuf au futur collège de technologie agricole et alimentaire. « De plus, le directeur de l’institution, M. Frank Szabadka, est transféré à Ottawa, au service de ComSoc, pour faire du travail de bureau, soit une démotion, nous a-t-il dit. » En 54 ans d’exploitation, l’école Champlain aura accueilli pas moins de 4 096 jeunes délinquants.

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Les syndiqués d’Ivaco Rolling Mills n’avaient pas aimé la liste des vacances qui avait été affiché à l’usine. Ils ont donc déclenché une grève illégale et les lignes de piquetage ont ensuite été respectées par leurs confrères de l’usine voisine d’Eastern Steelcasting et par les sous-traitants qui se voyaient prendre un congé forcé de toute façon. Les 200 employés retourneront au travail une semaine plus tard. Les syndiqués d’Ivaco n’avaient jamais besoin de grandes excuses pour déclencher des grèves.

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1981 était l’Année internationale des personnes handicapées et le Secrétariat de la province aux Affaires sociales écrit dans une publicité dans le journal du 20 juin 1981 qu’on « pense généralement que les personnes atteintes d’un handicap physique ou mental sont incapables de mener une vie active dans la société d’aujourd’hui ». La publicité se réfère à une vidéo préparée par l’occasion et que « parmi les 68 personnes qui ont participé à la réalisation, 42 ont un handicap physique ou mental, entre autres le réalisateur, le caméraman, la décoratrice et les menuisiers, l’électricité, la maquilleuse, l’ingénieur du son, le narrateur, plusieurs des musiciens, et même celui qui a composé la musique, car Beethoven était sourd ». Le slogan de la campagne : « Handi-capables ».

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Une incitation à abandonner le chauffage à l’huile

« Obtenez jusqu’à 800 $ pour vous aider à abandonner le chauffage à l’huile. » C’était le titre d’une grande publicité publiée dans Le Carillon du 10 juin 1981 et qui reflétait bien le contexte du temps, celui de la crise de l’énergie. « Autrefois, le pétrole était abondant et peu coûteux, et beaucoup de Canadiens avaient recours à cette source d’énergie pour chauffer leurs demeures. Mais aujourd’hui, les sources de pétrole sont plus incertaines, et l’huile à chauffage coûte de plus en plus cher. Il importe donc que nous nous tournions vers des énergies renouvelables, ou à tout le moins vers des énergies qui abondent chez nous. L’une des pierres d’angle du Programme énergétique national, le Programme canadien de remplacement du pétrole vise à promouvoir l’utilisation de sources d’énergie que le Canada possède en grande quantité, et ainsi à amoindrir notre dépendance à l’égard du pétrole. Il a pour but d’aider les propriétaires de maison, d’un bout à l’autre du pays, à réduire à 10%, d’ici 1990, la part qu’occupe l’huile à chauffage dans la consommation énergétique totale des résidences. (…) Fondamentalement, dans le cas des particuliers, le programme prévoit ceci : une subvention égale à 50 pour cent des frais de remplacement de votre système de chauffage à l’huile par un système utilisant le gaz naturel, l’électricité, le propane ou des sources d’énergie renouvelables, telles le bois et le soleil, et ce, jusqu’à concurrence de 800 $. La subvention est imposable. » Plusieurs années plus tard, on nous dira de réduire notre consommation d’électricité et, à toutes fins utiles, le chauffage au bois est déconseillé à cause de la pollution.

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Gilles Léger était originaire de Cornwall et était devenu l’adjoint du directeur-gérant des Nordiques de Québec, Maurice Filion. Il avait été le conférencier invité au 16e banquet sportif annuel du Club Lions d’Alexandria et il en question dans le journal du 10 juin 1981. Le banquet avait eu lieu le lundi soir et le samedi précédent, Marian Stastny, « l’aîné des trois talentueux hockeyeurs tchèques, a foulé le sol canadien ». La défection de ses deux frères, Peter et Anton, avait fait les manchettes l’année précédente et la direction des Nordiques avait tout fait pour négocier avec les autorités tchèques. Le reste, pour reprendre le cliché, fait partie de l’histoire.

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Il y a longtemps que les Franco-Ontariens attendaient une telle nouvelle. Dans le journal du 13 juin 1981, on peut lire en effet que « le palais de justice de L’Orignal a été la scène, mercredi et vendredi de cette semaine, d’un précédent dans les annales juridiques ontariennes. La Cour a tenu son premier procès civil devant jury, avec les délibérations entièrement dans la langue française. C’est le juge Robert Cusson, de la Cour du comté, qui a présidé les audiences, après que les parties eurent consenti, par écrit, à ce que tout déroule en français. Une telle procédure n’est pas prévue par la loi ontarienne présentement, mais un juge peut accepter si les parties concernées y consentent. Le juge Cusson a déjà présidé des audiences en français, devant juge seulement, mais c’est la première fois que cela se fait en présence d’un jury dont les six membres sont francophones. La cause était un cas de poursuite en dommages et intérêts conséquente à un accident d’automobile. »

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Une affaire de famille depuis 100 ans

Un bureau de poste de générations en générations. Une telle chose ne pouvait se produire qu’au Canada rural, où c’était monnaie courante. Dans Le Carillon du 30 mai 1981, un article retrace la carrière de Thérèse Pilon, la maîtresse de poste de Ste-Anne-de-Prescott et la « sixième d’une famille qui dirige le bureau de poste depuis 100 ans ». Le directeur du district de l’est ontarien pour le ministère des Postes lui avait remis un certificat pour souligner le centenaire de ce bureau de poste. Elle-même était maîtresse de poste depuis 21 ans. Elle occupait cette fonction depuis le 17 décembre 1959. Elle était la descendante du premier maître de poste, Robert Brassard. « Le premier mars 1880, celui-ci mit en opération un bureau de poste dans un minuscule petit village, ou plutôt poste de commerce, appelé Beaver Creek, à environ deux milles à l’ouest du village actuel de Ste-Anne-de-Prescott. Robert Brassard, grand-père de Thérèse Pilon, devait être maître de poste pendant l’incroyable total de 54 ans, un record dans la région de l’avis du directeur de district du ministère des Postes, Pierre Poulin. Le pionnier des postes à Ste-Anne-de-Prescott est venu s’établir dans ce village en 1883, dans un édifice situé chemin de comté numéro 14. (…) Lorsqu’il prit sa retraite en 1934, son fils Albert Brassard lui succède. Il fut le premier d’une série de descendants du pionner à prendre la relève. Après Albert Brassard, les maîtres de poste furent Arthur Brassard (1942-1944), Elizabeth Brassard (1944-1956), Thérèse Fournier (1956-1959) et Thérèse Pilon. »

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L’organisation d’un festival ou d’un grand rassemblement sous-entend une multitude de ressources. Charles Burroughs parle d’un en particulier dans sa chronique du 3 juin 1981.

« Qu’est-ce qui, selon vous, nécessite, dans un terrain vaste et vague, 6 km de clôture, 125 agents de sécurité, 100 bénévoles, 12 infirmiers, 75 salariés, 11 roulottes, 4 tentes, 9 scènes, 1 chapiteau et 103 voyages de sable? Si on y ajoute 6 tonnes de papier, 42 000 hot dogs, 10 000 affiches, 25 000 watts de son, 200 000 watts d’éclairage, 6 000 chaises, 1 montgolfière, 138 projecteurs, 123 km de fils électriques, 16 lignes de téléphone, 14 tondeuses à gazon et 52 lampions pour le beau temps, il est évident que l’on parle de la deuxième édition de La Grande Virée, qui a remporté un succès incalculable à Lachute l’été dernier. Ces statistiques sont contenues dans un communiqué de presse que les dynamiques organisateurs ont fait parvenir aux médias en prévision de l’événement qui se déroulera du 23 au 26 juillet prochain où 80 00 spectateurs attendus verront et entendront 90 spectacles, 125 chanteurs et musiciens, 40 danseurs, 32 comédiens, 40 amuseurs publics, 60 artisans et un chien savant. »

Le projet de Gilbert Rozon… avant qu’il ne mettre à rire!

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Un petit entrefilet comique dans le journal du 6 juin 1981. Je ne répète pas les noms de famille qui s’étaient quand même retrouvés dans l’article en question.

« Un couple de Hawkesbury, qui s’était marié dans la journée de lundi, a choisi de passer sa lune de miel au poste de la Sûreté municipale de Hawkesbury… dans deux cellules voisines mais distinctes. Gérard et Janine s’étaient mariés en avant-midi et avaient célébré toute la journée jusqu’au moment se cherche abri vers 22 h. Sans logement et presque sans argent, le couple a eu l’heureuse idée de se rendre au poste pour y demander hospitalité, à un endroit habituellement peu populaire. D’abord surpris par la requête, l’agent de faction ce soir-là s’est finalement apitoyé sur le sort des nouveaux mariés leur prêtant l’hospitalité des cellules pour cette nuit de noces. L’agent a avoué qu’il a donné quelques coups de balai dans chacune des cellules avant de prier les locataires d’entrer à leur appartement d’une nuit. Les nouveaux mariés sont repartis tôt le lendemain matin sans commenter et sans demander leur reste. »

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Un train léger via Hawkesbury

Je vous parle souvent de tous ces beaux projets grandioses que promettaient des gouvernements ou des entreprises privées. Dans Le Carillon du 20 mai 1981, c’est de tout un projet dont il est question. « Le projet du service de train LCR entre Montréal et Toronto, de Via-Rail, et qui passerait dans la région entre Vankleek Hill et Hawkesbury, en passant par-dessus la rivière des Outaouais, en est à l’étape de projet et attend le feu vert du gouvernement fédéral. » Ce train léger, confortable, rapide (LCR) permettrait de franchir le trajet à la vitesse de 220 km à l’heure. « Le tracé en ébauche va d’un tunnel sous le Mont-Royal, traverse la région de Deux-Montagnes, raccorde le service à Mirabel, compte sur un à l’est de Hawkesbury sur la rivière des Outaouais, et va rejoindre la ligne du Canadien Pacifique entre Vankleek Hill et Ottawa, pour ensuite aller vers Toronto. » Un beau rêve d’un milliard de dollars et de dix ans qui ne verrait jamais le jour.

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Ce n’est pas la bonne nouvelle que les anciens employés de l’école Champlain d’Alfred attendaient. Dans le journal du 20 mai 1981, on apprend que « seulement 9 des 72 employés de l’école sont transférés au collège de technologie agricole et alimentaire ».

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Si je comprends bien ce texte vieux de 31 ans et rédigé par une certaine Aline Champagne, toutes ces contraintes que l’on nous impose afin de redresser l’économie n’aboutissent finalement à rien. Lisez ce texte du 23 mai 1981 en tenant compte du contexte de 2012… Ce n’est pas encourageant!

« L’industrie, les conseils de ville, les instances sociales et scolaires ferment la main année après année. Les journaux, la radio, la télé nous parlent chaque jour de coupures budgétaires, de restrictions de fonds. Combien d’entre nous serrons les doigts devant le cauchemar de l’insécurité ou de rationnement? Serait-ce que le monde de consommation est en train d’éclater?

Mais on vit d’espoir. Ne sommes-nous pas dans la zone favorisée de la planète? Le gouvernement va quand même finir par réussie à nous équilibrer un budget. La terre, l’univers aussi sont féconds; on n’a pas fini de l’explorer, de l’exploiter. Et la course au chacun pour soi continue. Nos mains sont tendues vers la corne d’abondance qui nous apportera à tous et à chacun… la satisfaction. »

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« Les juges et avocats de la région s’étaient donné rendez-vous au Club de golf de Lachute, lundi soir, afin de rendre hommage à celui qui fut procureur de la couronne dans Prescott et Russell au cours des vingt dernières années. » Comme le rapporte le journal du 27 mai 1981, « les invités en ont profité pour retracer les grandes lignes de la longue carrière de Me Henri Proulx, de L’Orignal, depuis ses débuts comme avocat en 1932, en passant par sa nomination comme conseiller de la reine en 1950 et comme procureur de la couronne en 1961, jusqu’à sa récente retraite ».

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Une rumeur circulait dans la circonscription à l’effet que le député libéral Denis Ethier démissionnerait et qu’il aurait déjà choisi son successeur, soit Robert Racine, de Casselman. « Il n’y a rien de plus erroné! Je nie fortement! », nous avait déclaré Ethier et nous reproduisons ses affirmations dans le journal du 30 mai 1981. « Jamais personne ne m’a approché pour ma succession comme député et si je devais prendre ma retraite, je promets à la population de ne pas endosser de candidat; il sera choisi librement. » Son récent infarctus était sans doute à la source de cette rumeur.

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Les comtés : grands consommateurs de services à l’enfance

J’ai l’impression que ce n’était pas une bonne nouvelle. Dans l’édition du 2 mai 1981 du journal Le Carillon, la coordonnatrice des services à l’enfance de Prescott-Russell, Renée Bertrand, mentionne que les comtés, « sur une base de population, sont au sixième rang de la province comme consommateurs de services à l’enfance ». Elle avait expliqué que la région « comptait 17 000 enfants ou 11 860 familles en 1976 et en 1980, le gouvernement provincial a versé un total de $1 699 703 en subventions pour les services à l’enfance dans les comtés, soit $152 per capita ». Et pourquoi cela était-il? « Tant que la situation socio-économique restera identique, les problèmes qui en découlent continueront à se produire. Il est nécessaire, pour y remédier, de créer des emplois et de réduire ainsi le taux de chômage; d’inciter les industries à s’établir dans les comtés; d’assurer des cours de formation pour la main-d’œuvre; de mettre à la disposition des familles qui sont dans le besoin des logements à prix modique. » C’est à se demander jusqu’à quel point tous les efforts de la fin des années 60 avaient été utiles.

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Le personnel de l’école Champlain avait souhaité une certaine cohabitation avec le futur collège de technologie agricole et alimentaire d’Alfred. Le journal du 6 mai 1981 nous apprend que « le ministère des Services sociaux et communautaires a décidé de fermer l’école Champlain, de relocaliser les pensionnaires non gradués dans d’autres complexes correctionnels ailleurs dans la province avant le 1er juillet, et de laisser partir des employés à la mi-août ». Le directeur régional du ministère avait « donné l’assurance au personnel de l’école Champlain que tous les efforts seraient tentés pour récupérer les employés permanents dans d’autres services du ministère mais ailleurs dans la province ». Réaction du président du syndicat des employés : « C’est un coup de cochon… on ne sait plus quoi faire. (…) On ne sait plus quoi penser! C’est l’industrie première du village d’Alfred qui est éliminée, puisque la majorité des employés étaient d’Alfred. » Bien sûr, le nouveau collège deviendrait rapidement « l’industrie première du village ».

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Pas besoin d’ennemis quand on a des amis comme ça. C’est dans le journal du 6 mai 1981. « Le groupe rock québécois de renommée, Corbeau, se produira vendredi à l’école secondaire de Vankleek Hill malgré le conseil étudiant composé majoritairement de francophones qui croient toujours que les groupes anglais constituent une meilleure attraction. » Le président du regroupement d’étudiants francophones des écoles secondaires de Prescott-Russell, l’Inter Franco scolaire, avait tenu son bout du bâton. Pas moins de 300 personnes répondront à l’invitation et iront écouter la musique de Corbeau et de sa soliste Marjolaine Morin… que l’on connaît mieux aujourd’hui sous le nom de Marjo.

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Je dois avouer ne pas me souvenir de cet épisode qui aurait duré six mois au moins au début de 1981: une grève de Radio-Canada/CBC… d’abord de leur services de nouvelles, puis des séries éliminatoires du hockey printanières. J’y fais référence dans le journal du 6 mai 1981.

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Le concept était relativement nouveau et le président de la société de gestion qui porte son nom en était particulièrement fier. Le Carillon consacre sa pleine première page du 13 mai 1981 à la nouvelle. L’entreprise avait alors 34 ans. La nouvelle était à l’effet que les employés étaient devenus actionnaires de la Société de gestion André Paquette et Associés Inc., qui chapeauterait l’Imprimerie Prescott & Russell (impressions commerciales), la Compagnie d’édition André Paquette (éditrice des journaux Le Carillon et Journal de Cornwall) et la compagnie Co-Web Inc. (spécialisée dans l’impression des journaux et circulaires). J’étais bien sûr un de ces 23 nouveaux actionnaires (l’ancienne société en comptait déjà cinq, dont André Paquette). L’initiative permettait aux employés actionnaires de participer aux profits de l’entreprise. Cela me permettrait un peu plus tard de cumuler de nouvelles responsabilités, soit celle de secrétaire de la société-mère et de vice-président de la Compagnie d’édition.

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Bye, bye, la vieille piscine!

À Hawkesbury, le nouveau complexe sportif était populaire, surtout sa piscine. Il n’était donc pas surprenant de lire dans Le Carillon du 22 avril 1981 que « la piscine extérieure du Centre Mémorial de Hawkesbury sera fermée cet été, à cause de sa non-rentabilité et à cause la détérioration progressive de cette installation ». Les autorités municipales avaient conservé la vieille piscine, sans doute pour calmer certains critiques, mais son entretien devenait coûteux et « l’Unité sanitaire de l’Outaouais aurait recommandé au Conseil de fermer la piscine extérieure pour des raisons de sécurité et d’hygiène ». La piscine serait démolie.

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Le nouveau député provincial Don Boudria n’a pas mis de temps à se placer les pieds. Stuart Smith, son chef, l’a nommé critique des services gouvernementaux dans son cabinet fantôme de l’Opposition. Boudria, après tout, avait été « acheteur en chef du parlement à Ottawa avant son élection » et s’y connaissait donc en « services gouvernementaux ». Cela lui permettrait aussi de se faire valoir plus rapidement comme une épine pour Davis et Cie. C’est dans le journal du 22 avril 1981.

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Un détail que j’avais oublié. On le voit dans le journal du 25 avril 1981 en train de pointer une illustration de ce qui deviendra le nouvel Hôpital général de Hawkesbury et la région. La photo avait été prise en 1976, mais il venait de renouveler son engagement à être le président d’honneur de la campagne de souscription pour le nouvel hôpital. Jean Chrétien était alors ministre fédéral de la Justice. Claude Bennett, le ministre ontarien du Logement, était le vice-président honoraire. Je note que le directeur général de la campagne de souscription était André W. Tessier, qui deviendrait éventuellement responsable des communications pour Chrétien lorsque celui-ci deviendra chef libéral plusieurs années plus tard.

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Dans le journal du 29 avril 1981, une pleine page consacrée à la soirée-hommage à Georgette Paquette. « Environ 200 personnes se sont réunies au motel Holiday de Hawkesbury, samedi soir, afin de participer à un banquet célébrant de façon particulière les quarante années de dévouement de Mme Georgette Paquette dans le mouvement des guides et des jeannettes de Hawkesbury. » Le mouvement guide était populaire à l’époque. « La première compagnie guide catholique française à Hawkesbury fut fondée » en 1945, « après trois ans de préparations ».

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Je vous avais dit que l’organisateur conservateur Jean-Maurice Demers n’avait pas du tout apprécié notre intervention éditoriale lors de la dernière élection provinciale qui avait vu son parti perdre la circonscription aux mains de Don Boudria. Nous n’avions donc pas été surpris de recevoir cette lettre de lui : « Vous savez sans doute que la pollution affecte l’air, l’eau et l’environnement, causée par différentes sources. Alors, votre journal par son éditorial est devenu une autre source nouvelle de pollution que je ne peux plus tolérer dans notre demeure. » Bon, voilà, j’étais un pollueur! Heureusement, quelques lecteurs viendraient à ma défense au cours des semaines suivantes.