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Un aménagement de la rue Bon Pasteur à la rue John

L’idée avait été suggérée plusieurs années auparavant et elle refaisait surface, cette fois grâce à la Chambre de commerce de Hawkesbury, dont le président était alors René Berthiaume, l’actuel maire de Hawkesbury. « Le ministère du Tourisme et des Loisirs à Ottawa est maintenant au courant de l’existence d’un comité d’aménagement des berges à Hawkesbury », peut-on lire dans Le Carillon du 6 juin 1984. « Selon le plan soumis au ministère, les abords du ruisseau Hawkesbury, qui traverse l’ouest de Hawkesbury du sud au nord, ainsi qu’une partie de la rive de l’Outaouais feraient l’objet de travaux d’aménagement. La zone aménagée s’étendrait de la rue Bon Pasteur à la rue John. Elle débuterait par un stationnement pour les automobiles, un poste d’observation et un poste de location de canot et de pédalo, à la hauteur de la rue Bon Pasteur. Le ruisseau serait longé d’un sentier et de zones de repos et de pique-nique. Quant à la berge de l’Outaouais, elle comporterait une plage, un quai d’accostage et une parcelle de terrain réservée à l’exploitation commerciale. Ce terrain serait préservé en fonction de l’établissement éventuel d’un hôtel ou de restaurants. (…) La réalisation d’un tel projet pourrait nécessiter dix ans de travail. » Un autre beau projet qui n’aura jamais été réalisé.

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Elle s’appelait Réjeanne et elle avait une belle peau tachetée noir et blanc. Elle vivait à la ferme de Paul et Bruno Lauzon, dans le canton de Hawkesbury-Ouest, et elle avait été extraordinaire. Comme le rapporte le journal du 13 juin 1984, Réjeanne l’Holstein avait donné naissance à des triplets, un phénomène plutôt rare, « tous trois bel et bien vivants ». Le cultivateur avait expliqué que « deux des veaux pèsent environ 50 livres, le troisième une soixantaine. Ils sont donc plus chétifs que les veaux d’une naissance unique qui pèsent ordinairement environ 100 livres. » Évidemment, Réjeanne a abouti à la une du journal avec ses trois veaux et ses deux propriétaires… tous trois avec un certain air de fierté!

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Aujourd’hui, en Ontario, ce sont des crédits d’impôt sur le revenu qui compensent, mais en 1984, le gouvernement ontarien avait créé « une nouvelle exemption d’impôt foncier pour aider les personnes âgées ou invalides à vivre chez elles ». Le programme est expliqué dans une publicité gouvernementale publiée dans le journal du 13 juin 1984. « De nombreuses personnes âgées ou handicapées désirent demeurer dans leur famille. Toutefois, dans certains cas, pour leur procurer un toit il faut effectuer de grandes rénovations domiciliaires qui entraînent une hausse des impôts fonciers. Nous devons encourager et non pas pénaliser les familles qui font des efforts pour leur assurer un toit et des soins. C’est pourquoi j’annonce aujourd’hui que les propriétaires faisant des transformations ou des additions à leur maison spécifiquement pour garder une personne âgée ou invalide chez elle et dans la communauté seront exemptés de l’augmentation de l’évaluation foncière qui en résulterait normalement. » La citation était du Trésorier de l’Ontario, Larry Grossman. Contrairement au crédit d’impôt sur le revenu d’aujourd’hui, qui ne s’applique qu’une seule fois, « les propriétaires bénéficieront d’une réduction des impôts fonciers chaque année ».

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OK… alors, visons de petites industries

Hawkesbury éprouvait des difficultés à attirer de nouvelles industries au lendemain de la fermeture du plus gros employeur, la CIP. Comme on peut le lire dans l’édition du 20 juin 1984 du journal Le Carillon, « la ville de Hawkesbury réorientera sa stratégie afin d’attirer des industries qui répondent mieux aux besoins du marché local et de la main-d’œuvre disponible ». Le maire Laurent Cayen avait affirmé « que la ville doit se rendre à l’évidence qu’elle est incapable d’attirer de grosses industries du type de Bell Helicopter, qui a choisi Mirabel, et de Honda, qui a opté pour Brampton. La ville bénéficiera d’aide financière provinciale pour une telle réorientation, qui sera conçue en fonction des problèmes actuels de logements, d’égouts et d’absence de main-d’œuvre spécialisée. » Quant au préfet Lucien Berniquez, il avait ajouté « que la ville cherchera dorénavant des types d’industries qui puissent s’accommoder au marché local et qu’elle cherchera surtout à développer les ressources utilisables localement ». Cayen et Berniquez avait conclu « que la ville pourrait chercher à attirer de petites industries (une quarantaine ou cinquantaine d’employés), de sorte que la fermeture éventuelle de l’une n’aurait pas des effets néfastes comme celle de la CIP. La réserve d’eau et les services locaux suffisent à une telle demande. » Au fil des années, Hawkesbury a réussi à attirer de telles petites industries et de grands entrepôts, dont ceux des Biscuits Leclerc, des Pharmacies Jean-Coutu et de Bentley.

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Dans ma chronique du 20 juin 1984, je note que « Don Boudria a maintenant 6 680 signatures à sa pétition pour la vente de vins et de bières dans les petites épiceries ». Il avait évidemment perdu son temps. Ce débat se poursuit encore aujourd’hui… toujours sans succès.

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John Turner est préféré à Jean Chrétien et Allan MacEachern pour remplacer Pierre Elliott Trudeau à la tête du Parti libéral du Canada. « John Turner fera sûrement un bon chef de l’Opposition, à moins qu’il réussisse à nous convaincre, d’ici le prochain scrutin général, qu’il peut nous être un bon premier ministre. Notre niveau personnel de confiance est plutôt bas. (…) Nous n’avons tout simplement pas confiance, dans le moment présent, dans un homme qui a préféré abandonner, il y a neuf ans, au lieu de rester et de lutter pour ses convictions. (…) Turner doit une fière chandelle aux médias nationaux qui l’ont élu bien avant que la campagne au leadership commence réellement. » C’était dans mon éditorial du 20 juin 1984.

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Tiens, une petite anecdote. Qui avait été le premier bébé né au tout nouvel Hôpital général de Hawkesbury? Il s’appelait Julien, pesait 3,220 kg et mesurait 49 cm. Ses parents étaient Marie et Luc Thibodeau, de Hawkesbury. Il était né le 29 mai 1984. « Les Thibodeau ont aussi inauguré la ‘chambre de naissances’, nouveau service offert dans la région. » C’est dans cette chambre que le couple et leur bébé avaient été photographiés pour l’édition du 6 juin 1984 du journal.

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Démolira ou ne démolira pas… rapidement

Les installations de la Compagnie internationale de papier à Hawkesbury n’étaient plus utilisées depuis le 1er décembre 1982 et il était inévitable qu’un jour elles soient démolies. Dans Le Carillon du 27 juin 1984, il en est justement question. « Les autorités municipales de Hawkesbury et celles de la CIP Inc. sont maintenant en confrontation concernant la démolition des installations locales de cette compagnie. » La CIP avait adjugé un contrat de 150 000 $ à la compagnie Démolition Laval Inc., de Montréal, « et aurait obtenu le consentement du ministère ontarien de l’Environnement pour utiliser le bassin du réservoir d’eau pour y jeter les débris ». La CIP voulait démolir pendant l’été pour que tout soit terminé à l’automne. Mais les autorités municipales ne l’entendaient pas de la même façon. Ils avaient même demandé au député provincial Don Boudria d’intervenir afin d’ordonner « à la CIP de démolir dans un délai d’un an (…) en stipulant que les bassins de stabilisation devront être enlevés avant la démolition ». Quant à la CIP, elle voulait « hâter la démolition parce qu’elle doit payer des taxes annuelles de quelque 149 568 $, tandis que les autorités municipales insistent pour retarder la démolition précisément pour la même raison et aussi pour protéger l’environnement ». Les installations seront éventuellement démolies, mais les bassins de stabilisation sont toujours là à ce que je sache.

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J’y avais fait référence dans mon billet d’hier. Dans le journal du 27 juin 1984, nous lisons que « le Conseil municipal de Hawkesbury a accepté, lundi soir, la démission du conseiller Claude Demers ». Demers avait été embauché, parmi une trentaine de candidats, au « poste de concierge à temps partiel au complexe sportif ». L’administrateur Allen Mainville avait expliqué que « M. Demers a l’avantage d’être connu pour ses capacités de travail, étant donné son rôle dans divers travaux reliés la municipalité, et des recommandations excellentes ont été reçues ». Évidemment, pour les membres du Conseil, leur principal trouble-fête venait de se taire… mais non sans envoyer une dernière lettre au rédacteur pour résumer sa « carrière » de chien de garde. (Note du blogueur : Claude Demers est décédé le mardi 30 septembre 2008, à l’âge de 74 ans. Après son départ du Service des loisirs, il avait repris sa plume critique et manquait rarement une réunion du Conseil municipal. Même à la fin, il avait été membre actif de l’Association des citoyens de Hawkesbury. Je ne l’avais pas revu après 1988 soit après la fin de mon mandat de conseiller municipal et mon départ de Hawkesbury.)

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Grâce à une subvention dans le cadre du programme Wintario, le nouvel aréna de Casselman-Cambridge pourra être construit. L’article du journal du 27 juin 1984 explique que le projet de 1 471 268 $ comprend « la récupération de la surface de glace et de l’équipement de réfrigération avec la surfaceuse de l’ancien édifice ». Le vieil aréna avait été condamné deux ans auparavant. On s’attendait à ce que le nouvel aréna soit prêt pour la fin de 1984 ou le début de l’année suivante.

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Je vous avais parlé des frictions entre anglophones et francophones par suite de la fusion de l’Hôpital général de Hawkesbury et de la Clinique Smith. Dans le journal du 27 juin 1984, en référence à l’assemblée générale annuelle du conseil d’administration de l’hôpital, nous apprenons que « les employés unilingues de l’Hôpital général de Hawkesbury, qu’ils soient francophones ou anglophones, devront se soumettre à des tests linguistiques ». Le président du conseil d’administration, Raymond Lacroix, avait été catégorique : « Tous les employés unilingues devront être capables de réussir ces examens ou ils seront remerciés de leurs services. » Lacroix avait expliqué que « la politique officielle de l’hôpital en était une de bilinguisme et que si on n’avait pas constaté de problèmes majeurs du côté linguistique, on avait tout de même décelé certaines frictions entre des groupes d’employés. » Quant au personnel-cadre, Lacroix avait « révélé que des tests linguistiques seraient imposés afin de s’assurer que le personnel possède une connaissance au moins rudimentaire d’une langue seconde ». Je n’ai jamais entendu parler d’un congédiement d’un employé unilingue à l’hôpital. Je tiens pour acquis qu’en 2013 de tels problèmes n’existent plus à l’HGH.

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« J’ai besoin de vivre, je veux travailler »

Je revois la scène au Conseil municipal de Hawkesbury ce soir du 28 mai 1984 et à laquelle je me réfère deux jours plus tard dans mon éditorial du journal Le Carillon. « Ce sont des cris de désespoir qu’a lancés le conseiller Claude Demers à la table du Conseil, mais il ne faisait que servir d’écho à un large secteur de la population locale, victime plus que d’autres de la fermeture de la CIP en décembre 1982. » Comme je l’explique, « le climat était pathétique » lorsque Demers avait lancé : « J’ai besoin de vivre, je veux travailler. » Et il sollicitait un emploi auprès de la ville de Hawkesbury. « Personne n’ose parler; on n’écrase pas un homme étendu par terre. » Mais je ne pouvais m’empêcher de rappeler qui il était, ou plutôt qui il avait été quand tout allait bien, « il est difficile de demeurer impassible devant cet homme bien particulier, lui qui n’a jamais hésité à écraser, à critiquer, à réprimander, à vilipender. Lui qui a intenté des poursuites pour conflit d’intérêts et qui n’hésite pas aujourd’hui, devant la nécessité de vivre, l’obligation de survivre, à se placer dans des situations, qui sans être illégales, frisent l’immoralité politique. (…) Personne, parmi ses confrères, n’a tenté de profiter de la situation. Au contraire. Les membres du Conseil risquent gros, en ces temps de rareté d’emploi, à accepter que le choix d’employés, ne serait-ce qu’à temps partiel, se fasse sans passer par des offres publiques. » Je rappelais qu’un « seul poste de concierge au Conseil des comtés unis, par exemple, vient d’obtenir 84 candidatures ». Demers n’était pas le seul à avoir besoin de vivre. Il ne faut pas oublier que ça passait dans le contexte de l’après-CIP, très difficile à Hawkesbury et la région moins de deux ans plus tard. Je note aussi que personne n’avait réagi, par lettre, à mon éditorial un peu sévère à l’endroit de Demers.

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Le député fédéral Denis Ethier s’était empressé de souligner l’événement historique, comme Le Carillon y faisait référence dans l’édition du 16 mai 1984. Il s’agissait de « l’intronisation du 23e gouverneur général, Madame Jeanne Sauvé. C’était là un moment d’autant plus exceptionnel puisque c’est la première fois qu’une femme fait son entrée à Rideau Hall. » Ce ne serait pas la dernière puisqu’il y aurait Adrienne Clarkson et Michaëlle Jean après elle. Jeanne Sauvé, une ex-journaliste née en Saskatchewan, avait été élue députée de Laval-des-Rapides en 1972. Elle avait été titulaire de quelques ministères avant de devenir la présidente de la Chambre des communes en 1980.

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Le conseil d’administration de l’Hôpital général de Hawkesbury aurait pu se passer de cette nouvelle à quelques jours du déménagement dans ses nouveaux locaux modernes. « Le directeur général de l’Hôpital général de Hawkesbury et la région depuis janvier 1983, M. John McLaughlin, a remis sa démission au conseil d’administration de l’hôpital mercredi soir, à cinq jours du grand déménagement. » La nouvelle était publiée dans le journal du 30 mai 1984 en même temps que celle racontait le déménagement « sans problème, sans anicroche ». McLaughlin avait accepté un « poste de vice-président dans une firme touchant les soins médicaux à Toronto ».

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L’église St-Joseph d’Orléans était bondée en ce samedi 26 mai 1984. C’est que le diacre Michel Pommainville, un gars de Limoges, était ordonné prêtre par Mgr Joseph-Aurèle Plourde. Le nouveau prêtre célébrait sa première messe dominicale en l’église de Limoges le lendemain. Michel Pommainville était le fils de Raymond Pommainville et de Florence Gibeault et était né à Limoges le 23 avril 1953. L’article était dans le journal du 30 mai 1984.

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Il était là en même temps que le caporal dément

Comme il l’avait dit lui-même, il ne pouvait être « au pire endroit au pire moment ». James Waite, un enseignant de Gloucester originaire de Hawkesbury (le fils de Wally et Wanda Waite), visitait l’édifice du parlement de Québec avec sa classe de sixième année « lorsque le soldat dément a ouvert le feu dans cette enceinte ». Il était évidemment question du caporal Denis Lortie, des trois personnes qu’il avait tuées (Camille Lepage, Georges Boyer et Roger Lefrançois) et de la douzaine qu’il avait blessées. James (que je connais depuis sa jeunesse) visitait le parlement « avec son groupe d’élèves lorsque le tireur a fait irruption ». Il avait expliqué au journal que « mêmes les enseignants ne connaissaient pas toute la gravité de l’incident. D’ailleurs, les enfants ont continué à visiter le parlement alors même que le tireur s’y trouvait encore. » Sans doute que Lortie était en train de parler au sergent d’armes René Jalbert, celui qui avait réussi finalement à « contrôler » le tueur.

« Depuis l’incident, M. Waite assure avoir déjà raconté son aventure une centaine de fois. ‘Nous avons commencé à être harcelés par des journalistes dès l’après-midi de la tragédie. Nous avons encore été sollicités pour des entrevues à notre arrivée à Ottawa. De plus, tous les gens m’ont demandé de leur raconter l’incident. J’en reviens toujours à me dire que c’est une bien rare coïncidence que d’être au pire endroit au monde au pire moment de la journée.’ » Nous avions raconté ses aventures dans le journal Le Carillon du 16 mai 1984. Le plus jeune frère de James, Steven, allait devenir plus tard le chef des détachements de Russell puis de Hawkesbury de la Sûreté de l’Ontario.

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Je le revois encore dans mes souvenirs de mon arrivée au journal Le Carillon et on parle de lui dans l’édition du 9 mai 1984. « Celui qui fut le premier employé régulier du Carillon et qui devait ensuite y œuvrer pendant quelques 28 années est décédé, lundi, des suites d’une longue maladie. Bernard Danis avait 54 ans. Né un 15 février, fils d’Albert Danis, Bernard avait eu son premier emploi à la ferronnerie de Zéphirin Bourcier, à Hawkesbury. » Il avait commencé au journal alors que la publication n’avait que quatre ans à peine. Il avait touché à tout: abonnements, nouvelle, publicité. Il était devenu « directeur du journal en avril 1957, au moment où André Paquette achète l’Imprimerie Prescott et Russell à Plantagenet ». Avant de quitter, en mars 1978, il n’était plus le directeur; on lui avait donné un autre titre que j’oublie. Il m’avait confié qu’il ne se sentait plus chez lui au journal et qu’il devait quitter. Il m’avait averti de garder les yeux ouverts. Ce que j’avais toujours fait. Il n’en reste pas moins que son nom est à jamais associé aux belles années de succès du journal Le Carillon. Et il avait été très actif au sein de la Jeune chambre de commerce et avait été un des fondateurs du club Optimiste.

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« Les journalistes de langue française de l’Ontario se sont dotés, en fin de semaine, d’une association professionnelle (…) le Regroupement ontarien des journalistes de langue française. » Il en est question dans le journal du 16 mai 1984. « La moitié environ des 150 journalistes qui travaillent en français dans la province font déjà partie du regroupement. Ils se retrouvent dans les quatre stations ontariennes de Radio-Canada, au quotidien Le Droit d’Ottawa, dans une dizaine d’hebdomadaires régionaux, dans quelques stations de radio privées, dans des revues spécialisées et dans les médias étudiants. » La plupart des membres du conseil d’administration étaient de Radio-Canada, dont la présidente, la journaliste Marie-Élisabeth Brunet, de Radio-Canada Toronto. J’en faisais partie bien sûr. Je ne sais pas si ce Regroupement existe encore.

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La violence au hockey… un vieux débat

Tiens, une autre démonstration que certains débats sont toujours d’actualité année après année. Il y a presque 30 ans, c’était une intervention du conseiller municipal de Hawkesbury, Claude Demers, qui croyait que « c’est par la concertation de tout un chacun, à partir du bas de l’échelle, que l’on stoppera la violence au hockey ». C’était dans l’édition du 2 mai 1984 du journal Le Carillon et il réagissait à la désormais célèbre altercation entre les Canadiens de Montréal et les Nordiques de Québec le Vendredi saint 20 avril 1984. Demers avait proposé une résolution appuyée par tous ses collègues du Conseil, « demandant à la Ligue nationale de hockey de prendre les moyens nécessaires pour que le hockey redevienne un sport dans le sens du mot ». Le conseiller Demers était d’avis qu’il était « temps que les corps publics se mêlent de la question et interviennent directement dans le débat sur la violence au hockey ». Et il avait répété l’éternelle rengaine qu’il « est difficile de dire à un jeune de ‘ne pas faire ça’ quand il voit ses héros le faire ». Bien sûr, rien n’a changé. Et la foule s’enflamme chaque fois que deux joueurs en viennent aux coups dans quelque aréna que ce soit.

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Ce serait intéressant de savoir quels sont les vins de messe populaires ces temps-ci. Mais en 1984, comme je le mentionne dans ma chronique du journal du 18 avril, il y en avait quelques-uns. « Il y a le Sarmentins, vin rouge de France, à 41,80 $ la caisse de douze; le Diamant d’Or, blanc naturel, supérieur doux, un Bordeaux à appellation contrôlée à 50,40 $ la caisse; sans oublier le Monbazillac, un naturel moelleux à 57,60 $. Il y a aussi le Moscatel, blanc semi-doux d’Espagne à 40,20 $ la caisse et le Muscat, un blanc doux de Chypre, à 54 $ la caisse. » Et au Vatican en 2013? Du Malbec argentin peut-être!

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J’avais couru après comme on dit, avec la présidence d’honneur du tournoi annuel de l’Association du hockey mineur de Hawkesbury. Deux mois plus tard, des parents m’approchent, se disant insatisfaits de la direction de l’association et souhaitant des changements, surtout dans les relations avec les autres associations locales de la région. Je leur dis que tout dépendra de leur appui collectif et des bénévoles qui « embarqueraient » avec moi. Et le rédacteur sportif Yvon Legault rapportait dans le journal du 2 mai 1984 : « Comme prévu, l’assemblée générale a suscité énormément d’intérêt. On comptait tout près de 110 personnes dans l’assistance. Du jamais vu! On retrouvait également une vingtaine de femmes. Du jamais vu là aussi! » J’avais été élu et l’exécutif avait été renouvelé au complet, à l’exception d’un ancien membre avec qui je m’entendais bien de toute façon. Nous allions apporter de nombreux changements qui déplairaient à de nombreux parents et anciens entraîneurs. Première exigence : l’obligation pour tous les entraîneurs bénévoles de suivre les cours de formation de l’Association canadienne du hockey amateur, y compris les membres de l’exécutif. Il fallait bien comprendre de quoi on parlait. Fini aussi le temps de faire niaiser les jeunes qui ne savaient pas d’une semaine à l’autre s’ils resteraient avec leur équipe ou non. Nous avions instauré une règle simple : vous tenez des périodes d’entraînement, vous choisissez prudemment vos joueurs et ce sont eux qui formeront votre équipe… pour toute la saison; pas de changements en cours de saison, n’en déplaise aux vieilles habitudes. Au sein de l’association du district, je tisse de nouvelles relations avec les présidents des autres associations (Cumberland, Rockland, Clarence, Embrun, Casselman, Vankleek Hill, St-Isidore) et l’année suivante, je deviens président de ce même district de l’Association du hockey mineur du district d’Ottawa. J’ai aimé cette expérience d’aider les jeunes hockeyeurs, mais les réactions émotives d’un trop grand nombre de parents ont fait en sorte que mon expérience aura été plus difficile que celle de conseiller municipal.

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Le CECPR se tient fièrement debout

Les gouvernements tant ontarien que fédéral se pétaient les bretelles sur le 200e anniversaire de l’Ontario, mais le Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell voyait les choses d’un autre œil. Comme le rapportait Le Carillon du 28 mars 1984, « par principe, le CECPR a tourné le dos à une subvention de 40 000 $ du Secrétariat d’État » pour aider à défrayer les coûts des célébrations. « En refusant la subvention, le CECPR a voulu démontrer son opposition à la décision du gouvernement ontarien de considérer l’année 1984 comme le bicentenaire de la fondation de l’Ontario. Le CECPR, à l’instar de plusieurs autres individus et organismes en Ontario, considère que l’année 1984 marque plutôt le 200e anniversaire de l’implantation loyaliste en Ontario. » Le gouvernement ontarien avait quand même célébré un tel bicentenaire… dans la controverse à plusieurs endroits. Je ne me souviens pas de beaucoup d’activités en ce sens dans les comtés unis de Prescott et Russell.

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Aujourd’hui, les références du fameux Règlement XVII refont surface de temps à autre. Une chronique historique de la Société des écrivains canadiens en parlaient dans le journal du 11 avril 1984. Ce n’est qu’un résumé parce que l’histoire du Règlement XVII (qui remonte maintenant à 101 ans) a rempli plusieurs livres et documents au fil des années. Et c’est tout un contraste avec ma référence d’avant-hier à l’école St-Joseph de Russell.

« L’Ontario a été et continue d’être le théâtre de luttes scolaires les plus acerbes. Au nord, au sud et à l’est, partout les revendications des Franco-Ontariens portent sur l’éducation dans leur langue.

La bataille la plus épique demeure sans contredit celle qui a suivi l’imposition du désormais célèbre et inique Règlement XVII. La hache tombe sur le cou des francophones le 13 avril 1912 alors que le premier ministre Whitney expose à l’Assemblée législative la politique de son gouvernement : ‘L’enseignement en anglais devra commencer dès l’entrée d’un enfant à l’école, l’usage du français langue d’instruction et de communication variant selon les circonstances locales (…) mais ne devant en aucun cas se poursuivre au-delà de la première année.’

Dans le cas des élèves francophones qui ne comprenaient pas l’anglais, on instituait un cours spécial en anglais. L’étude du français était autorisée, pour l’année 1912-1913, que pour les élèves dont les parents en faisaient la demande explicite… et jamais plus d’une heure par jour. Les écoles offrant un tel programme étaient soumises au double inspectorat, francophone et anglophone.

La résistance fut grande partout à travers la province, depuis l’école Guigues d’Ottawa jusqu’à Pain Court. Le Règlement XVII fut retiré en 1927. »

Il aura quand même tristement survécu pendant 15 ans… l’équivalent d’une génération scolaire.

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Tiens, tant qu’à parler de Loyalistes et de langue, un article du 18 avril 1984 se réfère aux efforts du député provincial libéral Don Boudria, à Queen’s Park, alors qu’il « a demandé au gouvernement Davis de faire en sorte que la reconnaissance officielle de la langue française en Ontario soit incluse dans la Constitution canadienne. Ce n’était pas la première fois qu’il le faisait. Dans son discours d’une heure en réponse au Discours du trône, Boudria « a rappelé la vieille affirmation voulant que les anglophones refusaient de se souvenir de l’histoire alors que les francophones refusaient de l’oublier ». Et il avait ajouté que « s’enrichir d’une autre culture ne nous appauvrit pas; ça nous enrichit ».

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« Un seul intérêt : leur propre petit royaume »

Gordon Johnson avait déjà été candidat progressiste-conservateur dans la région, mais il était avant tout un homme d’affaires, propriétaire notamment de la Villa Hawkesbury. C’est à ce titre qu’il est cité dans l’édition du 21 mars 1984 du journal Le Carillon. Le monsieur n’était pas content! C’est qu’il n’avait pu obtenir de l’aide gouvernementale pour son plus récent projet « de convertir l’ancienne clinique Smith et l’ancien hôpital général en centre d’accueil pour les personnes âgées. (…) Ce projet créera 80 emplois permanents et permettra d’héberger 160 personnes âgées. » Johnson avait soutenu « qu’ils soient libéraux ou conservateurs, fédéral ou provincial, les gouvernements ont un seul point en commun. Ils ont à toutes fins utiles abandonné l’Est de l’Ontario. Je connais la scène politique locale, provinciale et fédérale depuis de longues années et j’ai constaté que les politiciens n’ont qu’un seul intérêt: leur propre petit royaume. » Johnson y était allé de quelques avertissements à l’effet « qu’il utilisera toutes les ressources à sa disposition, son énergie, son habilité administrative et ses contacts personnels pour embarrasser les politiciens, dans le but de travailler pour l’amélioration de la région en général ». Par contre, « il n’a que des louanges pour le député libéral Don Boudria, le seul qui s’efforce de travailler pour le bien-être de ses électeurs ».

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« L’avenir est au Canada » selon une publicité gouvernementale dans le journal du 21 mars 1984. « Aider ceux qui sont sans travail… une responsabilité de la société ». Le message ne pouvait être plus clair bien que 30 ans plus tard, plusieurs travailleurs contestent la nouvelle « mission » de l’assurance-emploi; à l’époque, c’était l’assurance-chômage. Une autre perspective. « La reprise économique est amorcée et la grande priorité du gouvernement du Canada est la mise en place de programmes efficaces de création d’emplois, auxquels tous les groupes de la société se doivent de participer. Et c’est le devoir du gouvernement du Canada d’assurer, par l’assurance-chômage, une aide financière à tous ceux qui sont encore sans travail et traversent un moment difficile de leur vie. (…) Tomber du jour au lendemain sans travail, ça peut arriver à tout le monde. Le gouvernement du Canada est là pour vous aider durant ce moment difficile. » Les temps ont assurément changé! Parlez-en aux travailleurs saisonniers de la Gaspésie et des Maritimes.

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Tout le monde suivait les progrès de sa construction et le temps des célébrations approchait. Comme le rapporte le journal du 28 mars 1984, le public a pu visiter les nouvelles installations du nouvel Hôpital général de Hawkesbury et la région pour une première fois. Les travaux étaient, à toutes fins utiles, terminés et la direction en prendrait possession incessamment. Une grande nouvelle forcément. Plus de 5 000 personnes répondent à l’invitation de visiter les lieux. Tous les équipements n’étaient pas en place, mais au moins les gens avaient une meilleure idée de ce qu’aurait l’air leur nouvel établissement de santé.

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Une école au statut singulier

« Une école française au statut unique » et c’était vrai. Encore aujourd’hui, l’école St-Joseph de Russell peut revendiquer une place unique dans l’histoire des écoles dites françaises de Prescott et Russell. Comme il en question dans Le Carillon du 21 mars 1984, le Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell avait dû confirmer son statut d’école française à l’époque parce qu’il y avait impression que cette école en était une d’immersion française. Et il était facile de comprendre cette confusion. Le directeur de l’école, Reynald Lapointe, avait admis « que 38 pour cent des élèves proviennent de foyers anglophones, 35 pour cent de foyers mixtes et 26 pour cent de foyers francophones, des proportions non orthodoxes pour une école française ». Au sein du Conseil, il y avait eu certaines divergences d’opinions alors que l’on favorisait un statut d’école d’immersion, alors que de nombreux parents souhaitaient le maintien du statut d’école française. Les opposants craignaient l’assimilation et comme l’avait rassuré le directeur Lapointe « à partir de la première année, tout se passe en français dans le milieu scolaire. Nous insistons même pour que tous les élèves parlent le français dans le cadre d’activités parascolaires. Si les francophones s’assimilent, ce n’est certainement pas à l’école, mais plutôt à l’extérieur. » À ceux qui craignaient l’assimilation, on leur suggérait « d’envoyer leurs enfants à l’école St-Jean d’Embrun, une école française dans le sens le plus strict ». Un parent qui souhaitait un statut d’immersion à St-Joseph de Russell avait déclaré que « l’éducation des élèves francophones est retardée parce que les jeunes anglophones ont de la difficulté à comprendre le français qui est la seule langue des cours ». Je n’ai pas de statistiques sur la question, mais je sais par expérience que de nombreux jeunes anglophones qui ont fréquenté l’école St-Joseph sont devenus bilingues, alors que leurs parents, souvent, étaient unilingues anglophones.

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Dans la même édition du 21 mars 1984, il était évidemment question de la visite du grand Jean Béliveau à Hawkesbury à l’occasion du tournoi annuel de l’Association du hockey mineur de Hawkesbury. Des centaines et des centaines de personnes étaient présentes au complexe sportif pour la cérémonie d’inauguration du tournoi où Béliveau était l’invité d’honneur. Béliveau était resté au complexe beaucoup plus longtemps que prévu afin de rencontrer le maximum d’amateurs. Il m’avait dit qu’il adorait de tels événements à l’intention des jeunes. Puisque j’étais le président d’honneur du tournoi, j’avais fait en sorte que mon filleul, Patrick Martel, alors âgé de 4 ans, lui fasse une petite présentation spéciale. La photo de Jean Béliveau avec mon neveu dans les bras avait évidemment fait la une du journal.

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Une citation, dont j’ai oublié la source, dans ma chronique du 21 mars 1984 : « Une faille majeure de notre société moderne est que tant de personnes qui se tiennent debout pour réclamer leurs droits restent assises devant leurs devoirs. » Toujours d’actualité!

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« L’année scolaire 1953-1954 marquait en effet le début de cette œuvre d’éducation de la Congrégation des prêtres du Sacré-Cœur dans la région. Le 17 septembre 1953, quinze jeunes garçons faisaient leur entrée à ce séminaire, situé alors dans l’ancien presbytère de la paroisse de Pointe-au-Chêne. Depuis, l’œuvre a progressé et, déjà en 1956, on construisait une partie des locaux qui logent actuellement cette école secondaire privée. » L’article se retrouvait dans le journal du 21 mars 1984. C’est donc dire que le Séminaire du Sacré-Cœur de Pointe-au-Chêne célèbre cette année son 60e anniversaire d’existence… toujours au même endroit et un peu plus grand qu’à l’époque.

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La presse franco-ontarienne : le Nouvel-Ontario (2)

Au cours des années 1970, plusieurs expériences journalistiques sont de nouveau tentées dans le Nouvel-Ontario. New Liskeard lance Regard en 1971, de courte durée hélas, et Timmins publie Le Raconteur en octobre 1979 (encore plus éphémère). À Sudbury, Le Dialogue du Moulin à fleur paraît huit fois entre juin et septembre 1979. C’est à Hearst que le succès frappe. Les Presses du Nord-Est de l’Ontario sont créées alors que 320 actionnaires investissent 50 $ chacun. Tout est en place pour la publication d’un nouvel hebdo; Le Nord fait sa première apparition le 24 mars 1976.

L’éditorialiste Paul Tanguay écrit que le journal « veut informer les gens aussi complètement et aussi objectivement que possible ». Chaque semaine, il évalue les conséquences de différents événements pour les francophones en particulier et pour la population du Nord-Est de l’Ontario en général. Diffusé dans une quinzaine de municipalités sur une distance de 250 milles, Le Nord réussit à tenir ses milliers d’abonnés au courant de l’actualité locale et régionale. Les politiques du gouvernement sont scrutées et analysées, les initiatives estudiantines sont encouragées, les revendications de l’ACFO sont commentées et la ville de Hearst est félicitée en octobre 1977 alors qu’elle devient officiellement bilingue. Des chroniques sur la santé, la religion, l’histoire régionale et les sports trouvent également leur place dans le nouveau-né de la presse franco-ontarienne. Contrairement à plusieurs autres hebdos, Le Nord jouit d’un appui considérable de la part des commerçants qui achètent régulièrement des pages entières de publicité. Et ça continue toujours.

La région de New Liskeard tente une deuxième expérience en décembre 1977, grâce à un projet « Canada au travail » parrainé par l’ACFO régionale. Comme le journal s’adresse aux francophones du Témiscamingue ontarien, il se nomme tout simplement Franco-Tem. C’est un hebdomadaire qui cherche à servir un public varié, depuis les agriculteurs aux mineurs en passant par les gens d’affaires. La francophonie ontarienne occupe évidemment une place de choix dans les pages du journal, tout comme l’économie et la famille d’ailleurs. Chaque mois on présente une personnalité régionale qui s’est distinguée d’une manière ou d’une autre. Franco-Tem ne tarde pas à rencontrer des difficultés financières; la subvention initiale s’épuise et les appuis locaux demeurent trop faibles. Il s’en trouve même pour comparer le journal à Allo Police. La publication est suspendue le 2 avril 1980.

Ce tour d’horizon ne saurait être complet sans faire mention de La Tribune, hebdomadaire bilingue fondé le 17 janvier 1968, à Sturgeon Falls, par Ubald Serré. Si le produit n’est pas entièrement franco-ontarien, les artisans le sont pour la plupart. Il faut également souligner la parution de plusieurs organes d’information à l’Université Laurentienne : Réaction, Hublot, Étendard, Le Calumet, etc. Enfin, pendant son séjour de huit ans à Moonbeam, le père Jean Lagacé a publié La Lune (1972-1980).

Depuis près de cent ans, la presse entretient un lien de communication chez tous les résidents francophones du vaste territoire qu’est le Nouvel-Ontario. Dix-sept hebdomadaires se sont succédé; deux seuls continuent à servir leurs lecteurs entièrement en français : Le Voyageur et Le Nord. Malgré les échecs, la presse francophone s’est maintenue, grâce à des subventions parfois, mais surtout parce que des bénévoles ont travaillé sans compter, convaincus du rôle que peut jouer l’information. Tous ont cru que la presse pouvait entretenir une vie culturelle, tous croient que la presse peut déterminer un agir collectif face à l’identité culturelle, tous suscitent la dynamique culturelle de demain.

Note du blogueur – Aujourd’hui, selon son site Web, l’Association de la presse francophone, un organisme pancanadien, compte 14 journaux en Ontario français : Agricom (basé dans Clarence-Rockland), le Journal de Cornwall, L’Action de London, La Nouvelle (un journal étudiant publié par Transcontinental à partir d’Ottawa), Le Carillon de Hawkesbury, Le Goût de Vivre de Penetanguishene, Le Métropolitain de Toronto, Le Nord de Hearst, Le Reflet de Prescott-Russell (qui comprend une section anglophone nommée The News), Le Régional de Hamilton-Niagara, Le Rempart de Windsor, Le Voyageur de Sudbury, L’Express de Timmins et L’Express Ottawa.