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Carnets de voyage : Italie – 28 août au 12 septembre 2003

Deuxième partie : le 31 août, 1er et 2 septembre

31 août — C’est dimanche. Presque tout est fermé à Rome. Quelques boutiques, cafés et restaurants ouverts dans les secteurs très touristiques. – Nous allons donc à la messe à la basilique Sainte-Marie-des-Anges-et-des-Martyrs de la Place de la République. Une des 523 églises de Rome. Église énorme encore une fois. Les peintures montrent certains martyrs… leurs supplices. Assez macabres pour une église. – Après, nous nous rendons à la Place de l’Espagne. Énorme colonne devant l’ambassade espagnole. À Rome, il y a des colonnes partout. Tout près, des milliers de touristes et les fameuses marches. Nous n’avons pas le courage de les monter. – Devant les places majeures, il y a toujours des vendeurs ambulants de « bébelles » qui font des bulles de savon. Un peu à la manière des vendeurs de colliers lumineux le 1er juillet sur la Colline à Ottawa. – Louise remarque que les hommes italiens descendent sûrement de joueurs de baseball. Ils passent leur temps à se placer ce que l’on sait!!! – Après les marches, passage à côté du parlement italien, en route vers la célèbre Fontaine de Trevi. Gigantesque et foule insoutenable. Nous n’y restons pas longtemps. – Le temps d’une « bierre grande » et d’une « lemon-soda » avant de nous rendre au monument de Victor-Emmanuel, premier roi de l’Italie unifiée, et aussi tombe du soldat inconnu. Monument à couper le souffle. Tout est géant. – En revenant à l’hôtel, nous contournons le palais du Quirinal, résidence du président de la République. Sécurité partout. Pas loin de là, l’intersection des quatre fontaines (photos prises de chacune). En tout près, une école militaire et à côté, un monastère cistercien. – Quiconque a une fascination pour les statues fini par en mourir en Italie et à Rome manifestement. Nous en voyons partout. – Nous entrons dans un Disney Store. Mickey, Goofy, Minnie, Pluto, en bustes romaines. Le magasin est décoré à la mode antique. – Souper au restaurant Rossi Vincenzo. À la table, nous nous sommes rappelés la femme qui allaitait son bébé de deux ans, au sol, à l’entrée de l’église ce matin. Une femme du Moyen-Orient. Elles sont plusieurs à quêter comme ça. Au restaurant, un accordéoniste puis un guitariste chantant à qui nous avons remis une contribution. Quand un deuxième accordéoniste s’est présenté, nous avons compris le jeu. Leçon apprise. – Service téléphonique affreux. Les opératrices ne comprennent rien. Le signal manque à tout bout de champ. – À la télé ce soir, nous avons regardé la version française d’Un gars! Une fille!

1er septembre — Déjà 88 photos de prises et nous n’avons même pas encore visité le Vatican. Prévu pour aujourd’hui. – Ça y est! Nous prenons un taxi jusqu’au Vatican (10 euros) pour y passer l’avant-midi et l’après-midi. Le clou du séjour à Rome. Chaque regard coupe le souffle. Les 82 photos le démontreront. Sécurité omniprésente. Beaucoup de prêtres, de moines et de religieuses. – Richesses inouïes. Une contradiction du sens chrétien. Mais c’est d’une autre époque. Les salles des Borgias nous le rappellent. C’est aussi un mausolée, un cimetière de papes. Ils y sont tous ensevelis. Nous voyons le corps conservé de Jean XXIII et d’un autre pape dont j’oublie le nom. – Pas un seul endroit pour y faire brûler un lampion. – Nous visitons le petit musée de la basilique Saint-Pierre. Après, nous nous rendons à la Chapelle Sixtine, en passant par l’incroyable Musée du Vatican. Collections égyptiennes et étrusques, plus galeries de Raphaël. Murales incroyables. Enfin, Chapelle Sixtine où les papes sont élus en conclave. Interdit de photographier, mais je fais attention et je capte deux photos non cadrées, à l’aveuglette. – La splendeur de tout çà en ferait perdre la foi à un chrétien convaincu s’il oubliait que ça remonte à une époque révolue. La société moderne n’accepterait pas une telle richesse dans une église. Quelqu’un pourrait passer plusieurs semaines dans la basilique Saint-Pierre pour être en mesure de tout admirer. – Fait intéressant, les lettres entourées de mosaïques d’or autour de l’intérieur, mesurent chacune deux mètres de haut. – Souper au Ristorante Da Nazzareno. Nourriture acceptable. Service inférieur. Nos voisins sont des Australiens. Lui est un avocat adepte de la rame, nous explique-t-il en bégayant légèrement. Ils sont du Queensland. Leur fille a vécu à Edmonton où elle a pratiqué la rame. Ils connaissaient plus le Canada que nous l’Australie. Nous avons parlé du Shiraz après leurs questions sur le Chianti Classico Rocca della Marcie que nous buvions. Ils sont arrivés hier après 21 heures d’avion, en passant par le Japon. – Nous jasons toujours avec des gens intéressants lors de nos voyages. – Nouveaux mots utilisés aujourd’hui : Il conto per favore : la facture s.v.p.; buona notte : bonne nuit. Nous utilisons à profusion les buon giorno, les grazie et les buona sera, plus la bierre grande et l’acqua minerale. – Nous avons eu moins chaud aujourd’hui.

2 septembre — Aujourd’hui, journée de relaxation et de magasinage. Il fait plus de 31 degrés Celsius. – Le temps des observations : (a) Les hommes semblent apprécier le nettoyage nasal digital… en pleine rue. (b) Remarque sur notre visite au Vatican. Impossible d’y entrer en shorts ou les épaules nues. Par contre, les décolletés plongeants et les gilets transparents une fois humides sont parfaitement acceptables. (c) Dans la rue, une jeune fille qui semblait avoir marché sur une mine antipersonnel, quête. Pas trop loin, un homme fait de même. Il « plume » la peau de ses blessures. La foule les ignore. (d) Les Italiens ont de drôles d’habitudes. L’autre soir, un homme verse de l’eau minérale dans son vin. Ce midi, une femme met de la glace dans son vin. À la table voisine, un homme en habit d’affaires englouti son lunch. Plus la bouche est pleine, meilleur le repas… j’imagine. L’autre soir, un voisin de table avait une technique semblable. J’ai noté un maximum de quatre fourchetées pour engloutir des pâtes… les siennes et celles que sa femme n’avait pas mangées. (e) Deux hôtels de luxe remarqués : le St-Regis Grand et l’Exedra. – Nous avons passé à côté des thermes de Dioclétien (300 ans avant J.-C.). C’est fermé. – Sur le chemin de retour, Louise trébuche dans un trou derrière un poteau et s’allonge au sol. Blessures à la main droite. Nous arrêtons à la Farmacia Alba où trois personnes s’empressent de la conseiller (en italien, mais ça se comprenait bien… drôle de constatation). On nous vend un ensemble de produits de premiers soins. Souvenir qu’on aurait préféré ne pas vivre. Louise a mal, mais préfère le cacher. Une cannette de Coke sert de froid pour son genou. – Autre observation. Il y a toutes sortes de policiers et de carabiniers, partout, avec fusils et mitraillettes Uzi en vue. Devant la banque, gardes avec fusil à la ceinture. – Sur la table à midi, nous avons chassé un pigeon visiteur. – Nouveau mot : piano = gentiment. Du genre : nettoyer gentiment la plaie. – À la boutique Pre-Natal de la via Nationale, nous trouvons des cadeaux pour les quatre petits-enfants. – Grosse fête ce soir à l’ambassade de Turquie. Militaires et autres dignitaires. Plaques « CD » partout sur les Mercédès et la Alfa Roméo de luxe. Mitraillettes en bandoulières devant et au coin. Nous sommes dans une rue pleine d’ambassades. – Devant l’ambassade, un « gatto » d’un gris pâle jamais vu. Jules aurait aimé. (Note du blogueur : Jules est le nom de notre chat, euthanasié le 31 janvier 2010.) – Souper au Ristorante Mamma Angela. Même famille que le Ristorante Bistro du premier soir. Le garçon fait le remarque que j’ai rougi au soleil de Rome. Il trouve que Louise et moi semblons aimer notre séjour. Bon repas. Terrasse remplie. Un Cabernet du Frioul essayé. Excellent vin. Service très exceptionnel. Nous avons droit à un Sambuca « extra » à la fin. Deux jeunes filles à côté de nous se contentent d’une bouteille d’eau, d’un morceau de lasagne et d’un spaghetti ordinaire. (Louise et moi nous nous rappelons notre semaine à Atlantic City avec 150 $ en poches il y a 35 ans. Il nous restait assez d’argent pour en prêter à un couple d’amis qui nous accompagnait.)

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Carnets de voyage : Italie – 28 août au 12 septembre 2003

Il s’agissait d’un voyage pour souligner notre 35e anniversaire de mariage. Fallait bien marquer ça comme il se devait. Première partie : du 27 au 30 août.

28 août — L’agent de voyage est venu nous porter nos billets de train de Florence à Nice, corrigés, à l’aéroport de Mirabel. Tout est bien qui commence bien. – Impossible de dormir dans l’avion. Nous passerons donc 32 heures sans sommeil.

29 août — L’aéroport de Rome est le premier où nous devons passer nos sacs aux rayons X en débarquant de l’avion. Le passage à la douane est rapide. 50 euros pour la navette de l’aéroport à l’hôtel Montecarlo (chambre 102). – En soirée, souper au Ristorante Bistro. Accueil super. Les serveurs flirtent avec toutes celles qui passent. Nous apprenons qu’il faut commander séparément tous les éléments du repas. – Notre hôtel est à côté de l’ambassade britannique et près d’autres ambassades. Les carabinieri sont toujours pas trop loin à surveiller.

30 août — En avant-midi, nous explorons quelques rues dans un rayon d’une heure de marche. Nous sommes en sueurs. La bière se vend 6 euros (10 $) le verre ordinaire; le Coke, 3,5 euros. Tous les restaurants coûtent chers. Par contre, les beaux vêtements sont raisonnables et souvent à prix abordables. – En après-midi, nous prenons un tour de la Rome antique offert par Appian Line. Nous passons devant le Capitole (conçu par Michel-Ange) et la Place Victor-Emmanuel, en plus de certains vieux sites archéologiques, dont la seule pyramide en sol européen : la pyramide de Caïus Cestius. Nous passons cinq fois devant, en autobus, sans pouvoir prendre de photos. – Nous nous arrêtons pour trois grandes visites : (1) La basilique St-Paul-hors-les-murs, deuxième plus grosse église de Rome après Saint-Pierre (Vatican). C’est là qu’est la tombe de saint Paul, qui aurait été décapité ailleurs dans Rome, pas loin du Forum. Basilique à couper le souffle. Un cloître (actif) y est attaché. Fait à noter, toutes les œuvres d’art sont des mosaïques, donc ont résisté à l’épreuve du temps et des intempéries. Le pape y célèbre la messe de temps en temps. Autre fait intéressant, il y a une mosaïque de chaque pape depuis saint Pierre jusqu’à Jean-Paul II. Il reste treize cercles pour recevoir une mosaïque des prochains papes. Paraît que lorsque chaque cercle sera rempli par l’effigie d’un page, ce sera la fin des temps… Il reste donc quelques siècles! – (2) Par la suite, nous arrêtons au Forum, en passant devant le Circus Maximus (qui pouvait accueillir 250 000 spectateurs). Le Forum est là où César tenant ses audiences, où les premiers rassemblements civils ont eu lieu, d’où Rome contrôlait son empire. – (3) Devant le Forum, et voisin de l’Arc de triomphe de Constantin, le fameux Colisée de Rome. À couper le souffle. – En retournant à l’autobus, deux rappels de la « rom-antique ». Un couple de nouveaux mariés arrive en Rolls-Royce blanche pour des photos au Forum. Devant le Colisée, un autre couple de jeunes mariés se fait photographier avec le Colisée en arrière-plan. (Je prends une photo d’eux.) – Notre guide s’adresse aux touristes de l’autobus en cinq langues. Nous lui rendons service en lui disant que nous comprenons bien l’anglais. Il nous remercie et nous parle français quand il s’adresse à nous directement. – Souper au Trattoria I Leoni d’Abruzzo. Spaghetti bacon et tomates. Tortellini variés avec champignons et pois verts. Expérience d’une bouteille de Corvo 2001 sicilien. Bon vin rouge. Tiramisu nouveau genre délicieux.

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Carnets de voyage : France – 1 au 16 octobre 1999

Sixième et dernière partie : 14, 15 et 16 octobre.

14 octobre — Retour à Paris comme des professionnels : direction Porte de St-Cloud, Tour Eiffel et avenue de La Bourdonnais. Stationnement en double devant l’hôtel, comme le veut la coutume parisienne. À l’hôtel, on nous reconnaît en entrant, avec le sourire. On nous assigne la chambre 212, sûrement trois fois la dimension de la 413 que nous avions eue au début des vacances. Superbe chambre cette fois, avec un mobilier antique et romantique. (J’utilise le pupitre pour écrire les impressions du jour.) – Reste de la journée plutôt calme… volontairement. Nous nous promenons rue Saint-Dominique, entre la Motte-Piquet et de La Bourdonnais. Rue remplie de boutiques originales, de bouchers, de poissonniers, de chocolatiers, de stands de fruits et légumes, et ainsi de suite. Sans oublier tous les beaux logements du VIIe arrondissement, le quartier des diplomates. Ça paraît. (Selon les affiches chez les agents de location, plusieurs des appartements se louent dans les 8000 francs et plus par mois. La plupart se vendent un million de francs et plus. – Nous continuons ensuite au Champ de Mars, où nous croquons une pomme, sur un banc du parc, en admirant la Tour. Le soir, dîner au restaurant Le Champ de Mars, à cinq minutes de l’hôtel, suivi d’une courte marche d’une minute pour admirer la Tour toute illuminée. Nous regardons la montre en pensant à notre ami de Hawkesbury qui est en train de subir ses pontages. Dans l’après-midi, en train de savourer une pâtisserie et un capuccino, nous observons des jeunes enfants qui reviennent de l’école, avec leurs parents, et qui arrêtent à la pâtisserie pour une collation à rapporter à la maison.

15 octobre — Dernière journée complète en sol français et parisien. Beau soleil toute la journée. Le personnel de l’hôtel note l’heure où il faudra réserver le taxi pour demain matin (10 h 45) pour pouvoir faire les 45 minutes vers l’aéroport Charles-de-Gaulle et être là trois heures avant le départ de 14 h 30, tel que recommandé par Air Transat. Les menaces de la démonstration contre les 35 heures, prévue pour demain, n’inquiètent pas le personnel de l’hôtel. – Nous nous dirigeons ensuite vers les Galeries Lafayette, en passant par le Pont Alexandre, la Place de la Concorde, les Jardins des Tuileries, la Place Vendôme, l’église polonaise Notre-Dame-de-L’Assomption. En revenant, arrêt à cet autre moment qu’est l’église de la Madeleine. – Dans les réflexions d’hier, j’ai oublié notre rencontre avec trois Québécoises (deux de Montréal et une du coin d’Asbestos), qui retournaient au Canada dimanche, après avoir passé un mois à faire le tour de la France. (C’est ça la « bonne » retraite!) Une semble la mère de l’autre et est sûrement une « jeune » septuagénaire. Peu de télévision en voyage, ce qui ne nous a pas empêchés d’« adopter » Kadox, Bigdil et Le Flic de Shanghai. Finis les chèques de voyage. Service inutile à l’ère de la carte.

16 octobre — Journée de retour au Canada. Nous aurions préféré rester un peu plus longtemps… Mais il faut partir pour revenir! – Longue attente à Charles-de-Gaulle. Nous partons à l’heure prévue (14 h 30) sur le vol TF 583. En prenant nos sièges et en débarquant à Mirabel, nous décidons que dorénavant, nos voyages outre-mer ne se feront qu’en première classe. Le coût additionnel en vaut la chandelle. – En route, le passager à côté de Louise nous prête des écouteurs pour que l’on puisse regarder « Wild Wild West » (version épurée pour l’avion). Nous avions oublié les nôtres dans les valises. Seul hic, il a décidé d’enlever ses chaussures en cours de vol! – À Québec à l’heure prévue, mais nous repartons quarante minutes plus tôt. Ce qui fait que nous atterrissons à Mirabel à 16 h 30 au lieu de 17 h 20. Heureusement, Jean-François nous y attendait déjà. Nous franchissons facilement les douanes et prenons nos bagages. – Tout est bien qui finit bien.

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Carnets de voyage : France – 1 au 16 octobre 1999

Cinquième partie : 12 et 13 octobre

12 octobre — Il fait toujours 21 degrés Celsius en quittant Bordeaux. Nous sortons de la ville comme des pros, sans hésitation, direction Libourne. Pourquoi? Parce que l’hôtesse à la Maison du Vin, la veille, nous avait fortement suggéré de quitter un peu la route et de visiter Saint-Émilion. – Nous y resterons finalement trois heures. Nous aurions pu y rester trois jours ou trois semaines. Un vieux village, sur une côte, qui remonte au Moyen-âge et qui produit le fameux vin Saint-Émilion, surtout des grands crus. Nous nous émerveillons à chaque dix pas. J’arrête de prendre des photos parce qu’il me faudrait des dizaines de films. Nous passons devant le Château La Gaffelière de qui nous avions acheté une bouteille la veille. En haut, à côté de la tour de l’église médiévale, nous apercevons l’Hostellerie de Plaisance, classée quatre étoiles, où nous aimerions passer une semaine dans un autre voyage éventuel. – Dans une boutique près du « Lavoir du village », nous nous faisons poster quelques cadeaux, pour nous et les enfants. Le proprio nous raconte qu’il prévoit mettre un catalogue sur Internet vers décembre. Son fils s’occupe de monter un site. Nous prévoyons nous lancer dans la collection de ses superbes carafes et autres bidules liés au vin, dont une pipe à cognac en cristal! Nous déjeunons au Logis de la Gadène, dans un coin vers le milieu d’un escalier en pierres et très à pic. Descendre cet escalier est une expérience en soi. L’endroit est enchanteur et la nourriture fantastique. – Ce que nous mangeons. Louise commence par une salade aux lardons et aux noix, suivie d’une darne de saumon grillée et d’une gratinée aux fraises. La réaction de Louise à son dessert, à la première bouchée… « Orgasmique »!!! Je commence par une terrine de foies de volaille aux poivres, suivie d’une daube de joues de bœuf et pour dessert, une crème brûlée (Laurier sur Montcalm a de la forte concurrence.) Pour accompagner tout ça, une demi-bouteille de Château Godeau 1993, Saint-Émilion grand cru. – Nous avions quitté Bordeaux à 11 heures et nous étions à moins d’une heure. Quand nous nous sommes forcés à quitter Saint-Émilion, il était déjà 15 heures et nous avions encore six heures de route pour Orléans. Nous roulons à pas d’escargots dans une centaine de petits villages, direction Limoges. À l’approche de Limoges, nous constatons que nous avions assez vu de vieux châteaux et de vieilles églises et qu’il fallait rouler si nous voulions nous rendre à Orléans à une heure raisonnable. La A-20 nous y a conduits à 21 heures. (Nous avons trop bien déjeuné. Nous nous passons de dîner.) Sur la A-71, nous passons à côté d’un accident typique des autoroutes françaises… collision de plusieurs véhicules, etc. – À Saint-Émilion, une boutique du nom de La Grotte à Louise (photo obligatoire) et un restaurant Dominique (autre photo obligatoire). Sur la route, le Château Lalande de Pomerol, la commune de Lamarche, le restaurant Gabbilou. Nous avons traversé un coin du Périgord et ses fameux foies gras. – Nous avons traversé la forêt du Limousin et les monts d’Ambazac. Nous ne savions pas que notre itinéraire nous conduirait dans une région qui ressemble à nos Laurentides… moins les centres de ski et le développement résidentiel. La forêt semble protégée. Il faudra que je vérifie. (Note du blogueur : Il s’agit de la Forêt d’Epagne et elle est protégée.)

13 octobre — Pour la première fois depuis Paris, nous avons besoin de nos manteaux. Il ne fait que 13 degrés Celsius. Première direction : le Château de La Ferlé-St-Aubin. Très vieillot, mais intéressant. La guide nous donne toutes sortes de petites histoires : les fraises-collets, les ustensiles à la française, le rituel du rince-bouche, les fillettes de sept ans attachées à leurs chaises de travail alors qu’elles brodent de la dentelle fine, le fait de dormi assis pour ne pas avaler sa langue ou pour mieux digérer ou pour éviter que la mort ne prenne le dormeur pas les pieds. – Il manque une fourchette sur l’énorme table de la salle à dîner. Notre guide en conclut que ce soit être quelqu’un du groupe de personnes âgées la veille, qui avait également fauché de la marchandise à la boutique. Aux cuisines, une dame nous prépare des madeleines au miel. Louise achète la recette. – Deuxième destination : le célèbre Château de Chambord, le plus important château de la Loire, dont le début de la construction remonte à Louise XIV. Une merveille architecturale à voir absolument. Nous en apprenons plus des guides du premier et au troisième château. Nous déjeunons au restaurant de l’Hôtel du Grand St-Michel, situé en face du Château de Chambord. Au menu, Louise prend une salade beauceronne et moi, une terrine de campagne maison. Les deux nous prenons ensuite la fricassée de coquelets aux pleurotes. Le tout arrosé d’un Pouilly Fumé 97. Chambord : il faut le voir pour le croire. On comprend, comme à Versailles, pourquoi les Français ont senti le besoin de se révolter. – Troisième destination : le Château de Villesavin, pas trop loin de Chambord et de Cheverny (où nous n’avons pas le temps de nous rendre). Villesavin est un château très vieux, encore habité. Ses châtelains restaurent depuis quarante ans. Le guide est charmant et intéressant. Un de ceux qui préfèrent de vieux pas trop restaurés et qui font trop XXe siècle. Il préfère le cachet Renaissance du château de ses patrons. À Villesavin, une aile réservée à un musée de l’hippomobile et une autre aux anciennes voiturettes d’enfants. Très intéressant et instructif. Le guide nous montre le colombier du château, où on « élevait » jusqu’à 3000 colombes à manger, lorsque c’était permis. Le château a également sept chevaux représentant chacune des espèces chevalines françaises menacées. Villesavin est aussi une orangeraie. Il faudrait passer plusieurs semaines pour visiter tous les châteaux, chacun aussi intéressant que le prochain.

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Carnets de voyage : France – 1 au 16 octobre 1999

Quatrième partie : 10 et 11 octobre.

10 octobre — Il fait plus 22 degrés Celsius à Bordeaux. Une journée d’été… plutôt difficile à croire. Les terrasses (les quelques-unes qui sont ouvertes).Il fait très chaud en marchant. Bordeaux, le dimanche, c’est plutôt endormi. Tout est fermé ou presque. Nous avons quand même vu de beaux coins. Depuis hier, nous notons que les sirènes de police sont fréquentes. En sortant de la cathédrale Saint-André, nous avons vu les camions des sapeurs-pompiers devant l’hôtel de ville, en face. – Notre hôtel est à deux coins de la cathédrale, église titulaire du cardinal de Bordeaux. Y sont enterrés entre autres, le cardinal Lecôt et le cardinal Guilbert. (Note du blogueur : La famille voisine de ma femme à Hawkesbury, celle du chef de police de l’époque, était une Lecôt; mon vice-président à Postes Canada, à l’époque du voyage, était un Guilbert… celui-là qui est maintenant mon contributeur invité.) Nous assistons à la messe, surtout pour écouter les grands orgues. Deux messes en moins d’une semaine. (Ce vin a un drôle d’effet.) – Quelques calculs mentaux : j’ai l’impression qu’on peut placer à l’intérieur de cette énorme cathédrale trois églises d’Embrun (clochers en moins bien sûr). Tout autour du chœur, une série de chapelles secondaires, dont une tout de marbre sculpté. À l’extérieur, des travaux de nettoyage sont en cours. Les murs noirs contrastant avec la devanture déjà restaurée. – Près de l’Office du tourisme, le Grand Théâtre de Bordeaux, qui remonte à 1733. On y annonce des prochains spectacles de Julien Clerc et la comédie musicale « Hello Dolly ». À l’Office du tourisme, nous réservons nos places pour la visite guidée de vignobles, lundi après-midi. Il est évident que nous ne pouvons tout voir. Notre serveur au café Le Cintrat nous parle du carrousel d’en face. Valeur de 8 millions de francs. Son constructeur en a quatre. Pour voir plusieurs vignobles, il faudrait passer une semaine et effectuer plusieurs visites guidées puisque des régions différentes sont visitées chaque jour. L’hôte dit qu’il y a 14 000 châteaux autour. Ou bien il exagère. Ou bien il est ignorant. Ou bien j’ai mal compris. Selon les indications, il y en a des centaines. Chaque petit village cache plusieurs vignobles et la carte routière en montre des milliers de ces petits villages ou hameaux. – Notre serveur au petit déjeuner était si mal engueulé que nous ne lui demanderons pas conseil, comme à ceux de Rennes et de Nantes. Je remplirai le sondage pour le faire savoir à Novotel. C’est là que le « service compris » a ses inconvénients. Nous remarquons que les Français ne boivent pas leurs boissons gazeuses ou leurs eaux minérales froides. Il faut toujours demander des « glaçons », quand on y pense. Le Coca Light est affreux quand il est tiède. Par contre, le vin blanc est toujours bien frais, comme souvent le rouge. Nous avons repris notre habitude de 1993… celle de la Badoit quotidienne. S’il est vrai que le vin en modération est bon pour la santé, nous avons de beaucoup prolongé notre espérance de vie pendant ce voyage! – Nous prenons la soirée pour nous reposer et nous allons aux Cinémas Gaumont voir le dernier film de Claude Berri, avec Berri, Fanny Ardant et Claude Brasseur. On y annonce l’arrivée en France, mardi de cette semaine, de Star Wars, l’épisode 1, que nous avons sur nos écrans depuis mai dernier (ou juin?). Ils verront le prochain James Bond un mois plus tard que nous. Nous avons au moins ça d’avance sur eux. Par contre, dans le bar du Novotel, ce soir après le film, nous regardons la nouvelle télé numérique sur écran panoramique. – Notre serveur (beaucoup plus sympathique que celui de ce matin) nous apprend que nous sommes à moins de deux heures et demie de l’Espagne, en longeant la côte par Biarritz. Ce qui veut dire que nous pourrions revenir plus tard et aller faire une petite visite aller-retour d’une journée dans le nord-ouest de l’Espagne. Même pas besoin de franchir les Pyrénées par la route de la côte. – J’ai oublié de mentionner le film de Berri… « La Débandade », un titre qui se passe de commentaires ou d’explications.

11 octobre — La journée commence plutôt mal; pas pour nous, mais pour un adolescent en rouli-roulant derrière nous. À une intersection, il se fait happer par une voiture. Heureusement, nous n’avons entendu que le coup. En nous retournant, il était déjà affaissé le long de la rue, tête sur le trottoir. Nous assumons qu’il s’en sortira. Faire du rouli-roulant sur un boulevard de Bordeaux, c’est tenter le sort. – Nous allons chercher nos billets pour la visite des vignobles de l’après-midi. À la Maison du Vin, on nous suggère de parler au Syndicat aux négociants des vins de Bordeaux pour savoir comment faire envoyer du vin au Canada. La réponse : le Canada, comme les États-Unis, sont des pays monopoles. Il faut passer par la SAQ ou la LCBO. Sinon, on s’en tient aux trois bouteilles par personne pour rapporter au Canada. – Déjeuner : confit de canard pour Louise, magret d’oie rôti pour moi. – Nous prenons place dans l’autobus de l’Office du tourisme, mais seulement après avoir pris des gros plans du fameux Monument des Girondins. Deux sculptures extraordinaires. Première destination… Château de Ségonzac dans le Côte-du-Blaye. Un vignoble de 32 hectares propriété d’un couple suisse. Récolte à la machine. Vinification en fût de béton. Visite très intéressante. Notre guide nous explique les divers processus et ce qu’est l’appellation d’origine contrôlée. Tous les vins de la région du Bordeaux sont des AOC et des vins dits « de garde », c’est-à-dire pour conserver longtemps. – Avec nous dans l’autobus, un jeune couple australien et une Japonaise, en France pour visiter sa fille qui y suit des cours d’immersion. Objets de curiosité : un sexagénaire avec sa compagne qui a l’air beaucoup plus jeune mais qui en est une imitation. Ses rides trahissent son âge, malgré les cheveux blonds et les jeans serrés. – Nous dégustons une cuvée 1997 (vieillie en fût de ciment) et une cuvée 1996 (vieillie en fût de chêne). Aucun ne nous pousse à en acheter pour rapporter. À Blaye, une superbe citadelle médiévale. Nous passons sans nous y arrêter. – Prochain vignoble… Château de Tayac en Côte-de-Bourg. (Plus tard, le type de la Vinothèque nous dira que c’est le meilleur vin Côte-de-Bourg.) La châtelaine nous accueille personnellement dans son vignoble. Des ouvriers s’affairent à restaurer le château vieux du XIXe siècle. Ce vignoble remonte à plus de vingt siècles, le plus vieux vignoble du Bordelais. Les Romains y ont planté les premières vignes. (Les vignes durent rarement plus de 50 ans.) Au Moyen-âge, le Prince Noir, fils du roi Édouard III, y construit des tours et un château. Une tour est toujours là. Le château a disparu depuis longtemps. La vue panoramique derrière le château actuel est superbe. C’est là que la Garonne et la Gorgone deviennent le Gironde. De l’autre côté de la rivière, la fameuse région de Margaux, source des meilleurs vins du monde nous dit-on. Au Château de Tayac, nous dégustons trois vins : le Ruby Prince Noir, le Réserve et le Prestige. Les deux premiers sont surtout à base de cépage Merlot, tandis que le troisième est surtout composé de Cabernet-Sauvignon. Nous achetons deux bouteilles de Prestige. Ce vins se conserveront pendant au moins quinze autres années. (Note du blogueur : Nous n’avons pas eu une telle patience!) Dès que vous produisez du vin d’AOC (et ce n’est que ça dans la région de Bordeaux), votre propriété est un « château » que ce soit un vrai ou une simple maison. Ce qui explique le commentaire d’hier à propos des 14 000… – De retour à la Vinothèque (voisine de l’Office du tourisme), nous demandons des suggestions d’excellents vins à rapport au Canada, que nous pourrions conserver pour de grandes occasions. Nous achetons donc un Château Léhoul 96 (Graves), un Château Guillemin La Gaffelière 95 (Saint-Émilion Grand Cru) et un Terre du Lion 1996 (Saint-Julien). En nous rendant au premier château, nous avons passé à côté d’un énorme bunker en béton, construit par les Allemands lors de la Deuxième Guerre mondiale comme base de sous-marins. (Note du blogueur : J’ai appris par la suite que ce bunker avait été utilisé dans un film de James Bond.)

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Carnets de voyage : France – 1 au 16 octobre 1999

Troisième partie : 7, 8 et 9 octobre.

7 octobre — Après avoir quitté le Novotel de Rennes, en une heure à peine nous sommes à celui de Nantes, logé dans le Cité des congrès, voisin du Grand Auditorium (l’équivalent de notre CNA en plus petit). Nous déjeunons au Novotel où nous savourons un vin local… de la Loire. Nous pensions que Nantes était en Bretagne, Tout indique que nous y sommes : il y a le Château des ducs de Bretagne, la cathédrale où est enterré Marguerite de Bretagne et François Deux, duc de Bretagne. – Notre serveur nous ramène à la réalité politique de 1999. Nantes était déjà, jusqu’au début du siècle, de la Bretagne. Aujourd’hui, il y a eu « séparation » politique et Nantes est en Loire-Atlantique. Notre serveur nous explique que 50 % des Nantais croient encore qu’ils sont de la Bretagne; lui, il est de l’autre 50 %. Nous le rassurons et adoptons sa vision politique. Nous sommes donc en Loire-Atlantique. Quoi qu’il en soit, la demi-bouteille de rouge était délicieuse. Un saint-nicolas-de-bourgueil du Domaine des Coteaux de la Gardière. – Nous commençons notre longue marche quotidienne par une visite de la célèbre cathédrale St-Pierre et St-Paul. Il a fallu 457 ans pour la construire. Les marques du temps sont présentes à l’extérieur, les pierres s’effritent. L’intérieur a été entièrement restauré après le grave incendie de janvier 1970. Il a fallu 13 ans pour la restauration. – Presqu’à côté, le vieux château des ducs de Bretagne. L’État est en train de tout restaurer pour en faire un musée de l’histoire de Nantes quelque temps en 2008. Nantes remonte au Moyen-Âge. La largeur des rues en est la démonstration. Le « vieux » Nantes, très commercial comme dans toutes ces villes qui y ont vu les millions de touristes. Nous revenons tôt à l’hôtel. La fatigue nous rattrape bien malgré nous. Nous décidons d’acheter des billets demain matin pour un concert de l’Orchestre nationale des pays de la Loire, en soirée. Au programme, de la musique de Strauss et Mendelssohn.

8 octobre — Après le petit-déjeuner, je vais acheter des billets pour le concert. Nous serons à la corbeille de gauche (L25-L27). Notre serveur nous suggère de nous rendre sur la côte. Des châteaux, il y en aura plus loin. Nous suivons ses conseils et nous aboutissons à Pornic, sur l’Atlantique, à 50 km de Nantes. Une petite ville côtière très pittoresque. Nous prenons le déjeuner au café Au Godille. Louise ne peut résister aux Moules Godilles à la crème et aux fines herbes. J’opte pour le potage de l’Atlantique (souper aux poissons et aux moules) et l’andouillette de Troyes grillée. Je manque n’importe quoi… c’est inquiétant!!! – Nous remontons vers Saint-Nazaire afin de nous rendre aux deux autres suggestions du serveur : La Baule et Le Croisic. Saint-Nazaire est à 50 km. En traversant l’énorme pont de Saint-Nazaire, au-dessus de l’estuaire de la Loire, nous voyons que nous sommes dans une grande région maritime, un port de mer (un vrai) et un chantier naval. À gauche, nous voyons le squelette d’un futur gros bateau de croisière; un peu plus à gauche, un bateau de croisière presque terminé. – Nous nous rendons à La Baule, une ville où bains de mer, centres de santé et de thalassothérapie sont aménagés dans de grands et luxueux hôtels d’une époque ancienne. Les rues, les maisons, tout y est beau. J’oublie de prendre des photos. Nous nous arrêtons à Batz-sur-Mer pour quelques photos des falaises de la Bretagne. Ces falaises se succèdent les unes après les autres, bien au-delà de Le Croisic où nous reprenons la route de Nantes. Par la côte sauvage de Le Croisic, mini-châteaux, manoirs, hôtels et « chalets anciens » défilent et nous tentent. Nous voulons à tout prix gagner la loterie pour nous y payer un ou deux mois de vacances. Paysages à couper le souffle. Tellement éblouissant qu’on oublie de nous arrêter pour des photos. Pas grave! Elles sont dans nos têtes. – Nous nous pressons parce que nous devons revenir pour le concert. Le Grand Auditorium de La Cité des Congrès est de toute beauté illuminé. Nous ne l’avions pas vu comme ça encore. Louise fait le « sacrifice » de m’y accompagner. Un excellent orchestre, une centaine de musiciens, sous la direction de Kazuyasho Akiyama. Et une soliste invitée, la violoniste Miyo Umezu. (Elle logeait d’ailleurs à notre hôtel. Nous l’avions vue la veille, sans savoir qui elle était.) Le Strauss annoncé n’était pas Johann mais plutôt Richard. C’est quand même bon. – La première pièce était pour les habitués. Un mouvement de symphonie de Mendelssohn qui était approprié pour l’associer à notre visite de la côte bretonne. La musique nous faisait vivre une tempête sur la mer, avec les vents qui soufflaient et les vagues qui claquaient, en plus de la foudre qui éclatait. J’imaginais une tempête à Le Croisic (depuis un « chalet » que nous louerions) et dont nous serions témoins. La soliste était extraordinaire. Louise a survécu.

9 octobre — Journée surtout passée sur l’autoroute A10/13 vers Bordeaux. Les énormes champs de tournesols précèdent les vignobles à perte de vue. De Nantes, surtout des fermes… comme dans nos Prairies. À la hauteur de La Rochelle, ce sont les vignobles et les régions viticoles qui se succèdent : Cognac, Vendée, Charentes et le Bordelais. – Nous rentrons dans Bordeaux avec confiance et assurance, jusqu’à ce que nous manquions un virage à droite. Il nous faudra près d’une heure pour nous retrouver à notre point de départ et nous rendre au Novotel. Entre temps, nous avons vu quelques vignobles extraordinaires (châteaux, hautes clôtures en fer forgé) de Pessac-Léognan. C’est là que nous avons rebroussé chemin puisque nous n’étions plus dans Bordeaux (de toute évidence!!). – Le « raccourci » nous a permis malgré tout de voir des coins de Bordeaux que peu de touristes voient. Tous ne sont pas riches dans la France hors-touristique. Demain, nous irons voir ce qu’on offre comme visites de vignobles. C’est probablement trop facile de se perdre dans un si grand nombre de vignobles. – Cet après-midi, nous avons téléphoné à un couple d’amis à Hawkesbury. Notre ami subira quatre pontages coronariens le jour où nous retournerons à Paris. – Il fait 18,5 degrés le jour depuis maintenant près d’une semaine. C’est la première journée depuis que nous sommes en France au cours de laquelle nous n’entendons pas « Mambo No 5 » quelque part. Nous l’avions même entendue au Mont Saint-Michel. Nous avons adopté la radio « Nostalgie ». – Je dois répéter souvent à Louise qu’elle est belle. Elle avait remarqué, il y a quelques jours, que sa beauté était proportionnelle au nombre de coupes de vin que je consommais! Au dîner, une demi-bouteille de Château du Pavillon Canon-Fronsac 1993.

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Carnets de voyage : France – 1 au 16 octobre 1999

Deuxième partie : 5 et 6 octobre.

5 octobre — La journée commence mal. Au comptoir d’Hertz, attente de 45 minutes. Mon dossier n’avait pas été créé et la jeune fille qui s’occupait de moi semblait nouvelle et en formation. J’y oublie le bon d’échange pour l’hôtel, en date du 14, pour notre retour à Paris. Entre temps, Louise attend toujours dans le hall de l’hôtel. Chez Hertz, on compense en me louant une Mercedes Benz… ni plus, ni moins. Quelques minutes pour figurer tous les boutons-poussoirs. Retour à l’hôtel pour chercher Louise et les bagages. Il est 12 h 20. J’étais parti à 11 heures. L’hôtesse nous donne de bonnes indications pour sortir de Paris et nous diriger vers Rennes. – Nous nous égarons le long de la Seine et devons rebrousser chemin pour retrouver la route. Nous devrons faire le même exercice un peu plus loin à Sèvres. Nous continuons sur l’autoroute (145 FF de péage finalement) jusqu’à Rennes. Plus loin que prévu… cinq heures de route. Nous passons à Chartres et Le Mans sans rien voir… trop vite. Je roule à 145-150 km/heure au volant de la Mercedes E-2000… dans la voie de droite. – Arrivée à Rennes vers 17 h 30… léger détour comme nous avons fait en sortant de Paris. Le Novotel est superbe comme tous les Novotels. Nous décidons de prendre la soirée pour reposer nos jambes. Nous nous rendons au Centre commercial de l’Alma. Nous trouvons deux livres et Louise s’achète un sac à dos pour remplacer le sien, trop pesant à porter. Retour au Novotel pour dîner (vers 20 h 30). Une salade aux tomes, au jambon de Bayonne et à la mozzarella. Sélection de fromages pour dessert : Crottin de Chavignol, fromage de chèvre cendré, Colonel Livarot au goût prononcé. – Sous l’effet de la Kronenbourg 1024 et des 50 cl de blanc, Louise rit de moi! Je prends la décision de consigner mes souvenirs, mes impressions, mes observations, le jour de la naissance du bébé de Dodo… En rédigeant ce journal de voyage, j’ai pris le goût d’écrire un journal un peu à la manière des mémoires de Jean-Paul Desbiens, que je lis, par bribes, depuis plusieurs années déjà. Louise et moi on se rappelle pourquoi on s’aime tant!!!

6 octobre — Début d’une journée qui s’avérera très intéressante. Nous sommes maintenant des habitués de la route. Nous empruntons la Rocade ouest, direction Mont St-Michel. Nous y arrivons moins d’une heure plus tard, en passant de magnifiques petits villages ruraux à l’architecture photographique. Nous traversons un petit village du nom de Tremblay. (Note du blogueur : Tremblay est le nom de mon gendre.) Nous y pensons trop tard, mais il aurait fallu photographier au moins la pancarte d’accueil. Nous nous croyons en Bretagne, mais nous sommes plutôt au bout de la Normandie. – La splendeur du Mont St-Michel nous apparaît à l’horizon, bien avant que nous arrivions au stationnement. Les images ne rendent pas justice à ce monument de l’humanité. Nous y passerons finalement près de quatre heures, à grimper des centaines de marches. Le niveau du bas est une véritable ruelle de boutiques et de restaurants (on y entend le tube populaire « Mambo number 5 »), mais le niveau de l’abbaye est du genre « faut voir pour croire ». Nous nous arrêtons à l’église paroissiale Saint-Pierre, où nous allumons deux lampions à saint Michel aux intentions de Dominique et de Jean-François. Nous sentons la présence de plus de dix siècles d’histoire. Le Mont était déjà un sanctuaire même avant l’époque du roi Arthur et des Croisades de Louis IX (ce roi qui a fait construire la Sainte Chapelle de Paris), même si l’abbaye actuelle n’a que quelques siècles. – Nous arrivons à la basilique abyssale à temps pour la messe quotidienne de 12 h 15. Le célébrant, un bénédictin, est aidé d’un moine dominicain et d’une religieuse (bénédictine?). À eux trois, ils font vibrer la basilique de leurs voix « sublimes ». Nous sommes à peine une douzaine dans le chœur avec le célébrant. Le bénédictin avait fait remarquer dès le départ que ce n’est pas le nombre qui compte. Il a noté que nous représentions toutes les communautés catholiques de nos pays respectifs. Le cloître, le réfectoire, le scriptorium, etc., les salles se suivent et éblouissent. Et dire que du temps de la Révolution, on en avait fait une prison puisque les ordres religieux étaient interdits en France. – En redescendant, notre appétit est aiguisé et nous nous arrêtons aux Terrasses Poulard. Louise savoure une salade océane et une brochette de volaille moins savoureuse. Je déguste une assiette de crevettes (36) et des moules/frites. – Nous nous dirigeons ensuite vers Saint-Malo à 50 km de là. Nous sortons de la Nationale et nous nous y rendons par la côte. Un petit village n’en attend pas un autre. Nous atteignons le port de Saint-Malo. Le « vieux Saint-Malo » se dresse devant nous, au-delà des remparts. (Nous apprendrons de notre serveur au Novotel, en soirée, que les bombardements des Allemands avaient détruit une bonne partie et que l’on a pu reconstruire grâce aux sous des GI américains.) Dans la cathédrale, une plaque au plancher nous rappelle que c’est là que s’est agenouillé Jacques Cartier pour demander la bénédiction avant de partir à la découverte d’on sait quoi! Une deuxième note fait référence à la visite d’Honoré Mercier, en 1891, alors premier ministre du Québec. Le Canada et le Québec inséparables sur le plancher de la cathédrale de nos découvreurs. Fascinant! – Saint-Malo nous fait mieux comprendre pourquoi le Vieux-Québec et le Vieux-Montréal ont l’air de ce qu’ils ont l’air. Notre serveur nous dit que Dinan est encore plus beau. Faudra revenir dans quelques années.

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Carnets de voyage : France – 1 au 16 octobre 1999

Première partie : du 1er au 4 octobre. Ce voyage de 15 jours nous a menés de Paris à Rennes, Nantes, Bordeaux, Orléans, puis retour à Paris.

1er octobre — Jour de départ. Avion retardé d’une heure à Mirabel. Une lumière s’était allumée au moment du départ et le pilote ne voulait pas prendre de chance. Nous sommes quatre dans la section Club Transat. Nous passons notre temps à boire ou à manger. Sommeil difficile sinon impossible. Film à l’affiche : « Tea with Mussolini ». Vu à yeux mi-fermés.

2 octobre — Nous apercevons le lever du soleil vers 3 h 25 heure d’Embrun. Malgré l’heure de retard, nous arrivons à l’heure prévue à l’aéroport Charles-de-Gaulle : 11 h 45 heures de Paris. Valises endommagées par Air Transat. Il pleut et il pleuvra le reste de la journée. Souper aux moules au Bistro du vivier. Arrêt au Shopit pour Badoit et pommes. Bel hôtel, mais notre chambre 413 est très petite. Salle de bains aussi grosse que la chambre! Dodo à 21 h 30… très fatigués.

3 octobre — Petit-déjeuner à l’hôtel Le Bourdonnais. Marche vers l’Île de la Cité; grand détour dans le sens contraire d’où nous voulons aller. Nous nous en apercevons à temps… Nous tournons en rond et nous nous retrouvons aux Invalides. Déjeuner au café La Corona. – Nous sommes ensuite allé visiter la Sainte Chapelle dans la cour du Palais de Justice. Chapelle construite par Louis IX au temps de la septième Croisade. Une série de 15 vitraux géants, hauts de quelques étages et qui racontent l’histoire religieuse depuis la Création jusqu’au règne de Louis IX. Indescriptible! L’accès est aussi difficile qu’à l’aéroport. Rayons-X pour les sacs, senseurs pour les métaux. Quelques gendarmes sur place. La Sainte Chapelle a une valeur historique et artistique inestimable. Faut voir pour croire. Impossible de prendre des photos de l’extérieur. Pas de place entre les murs du Palais de Justice. – Sur le chemin de retour à l’hôtel, pause dans le Quartier Latin à un salon de thé dont j’ai oublié le nom « La fleur de… »; 150 F pour deux thés et deux morceaux de gâteau au chocolat. À l’hôtel, nous réservons pour lundi soir au restaurant « La Cantin des Gourmets », voisin de notre hôtel du 7e arrondissement. – En soirée, nous mangeons au restaurant Le Tourville. Le serveur dit nous reconnaître de notre dernière visite en 1993. Il se vante de sa mémoire des clients; il est là depuis 24 ans. Il avait raison. Nous avions alors pris place à la terrasse. Nous avons été fascinés par les camions de La Poste, toutes grosseurs, qui empruntaient alors l’une des cinq rues qui rayonnaient en face, dont le rue de notre hôtel. Nous conversons avec des retraités américains, voisins de notre table. Les deux avaient savouré le cassoulet du Tourville et nous leur avons demandé leurs impressions. Des gens de Los Angeles qui en étaient à leur quatrième visite au Tourville. Sa femme et l’époux de sa « compagne de repas » n’avaient pas faim et étaient restés à l’appartement qu’ils avaient loué pour deux semaines. Les deux couples s’en allaient ensuite en Normandie. Je mange une entrecôte, frites et Louise, une super salade au canard, au foie gras, aux gésiers confits, etc.

4 octobre — Après le petit-déjeuner à l’hôtel, début de la marche vers les Champs-Élysées. Apparence de pluie… rien de nouveau. Nous visitons quelques boutiques. Beaucoup de belles choses. Nous achetons un petit pyjama de toute beauté pour le bébé qu’attend notre fille Dominique. – Déjeuner au café Vesuvio, à deux pas de l’Arc de triomphe, où nous nous rendons par la suite. Pas question de monter les escaliers pour nous rendre au sommet. Nous nous contentons d’admirer par en-dessous. Je prends de nombreuses photos des divers éléments de l’Arc. Nous empruntons ensuite la rue du Faubourg St-Honoré. Nous ne savons pas que c’est rue de l’Élysée, la résidence du président Chirac. La présence des gardes et des gendarmes nous le rappelle. À côté, ce sont les grands couturiers : Versace, Cardin, Saint-Laurent, Azzaro, Lacroix… très impressionnant. Dans la vitrine d’une bijouterie, des bijoux à près d’un demi-million de francs… près de 100 000 $ canadiens. Pour nos yeux seulement! – La pluie quotidienne s’annonce et nous nous réfugions au café de l’Ambassade. Nos voisins de la table d’à côté… encore des Américains. Après les visiteurs de Los Angeles, la veille, ce sont cette fois des gens de la côte est… Cape Cod, Massachussetts. Nous remémorons nos vacances à Ogonquit en 1997. – En prenant des photos de l’Élysée, je note que la caméra est déréglée. Je crois avoir pris un film au complet en mode « focus manuel » au lieu d’automatique. Je croyais que c’était mes yeux ou mes lunettes. Les photos de la Sainte Chapelle seront donc hors foyer. Malheur!!! Erreur de caméra remarquée à temps pour la « visite » de Sculpture 2000. Des créations « modernes » des deux côtés des Champs-Élysées, entre le Grand Palais et la Place de la Concorde. Heureusement, la pluie est arrêtée. – Nous voyons l’autoroute qu’a empruntée Diana le fameux soir… – Nous chronométrons le temps qu’il faudra pour me rendre de notre hôtel à l’Esplanade des Invalides, pour aller chez Hertz au terminal Air France, et y chercher l’auto de location demain matin… Quinze minutes plus ou moins. – Il est 19 heures. Nous nous préparons pour notre soirée à La Cantin des Gourmets. (Entre parenthèses, nous avons vainement tenté de téléphoner à Embrun d’un appareil public aux Champs-Élysées. Peine perdue. France Telecom n’accepte plus Visa et n’accepte pas les cartes de Bell dans les boîtes publiques.) – Il est 22 h 30. Nous revenons d’une courte marche de cinq minutes voir la tour Eiffel illuminée, après l’un des meilleurs repas gastronomiques jamais pris, avec la facture appropriée de 1255 francs. Au menu « surprise » du chef… a) potage Parmentier. Nous laissons le sommelier choisir le vin d’accompagnement étant donné que nous ne savons pas ce que nous dégusterons. Sa suggestion : un Saint-Véran, blanc de Bourgogne. Pavé de saumon accompagné d’un roulé de calmar et de haricots blancs et de lardons dans une sauce au coco. Avant, nous avions savouré des raviolis aux langoustines assaisonnés de ciboulette. Le vin rouge arrive : un Château Haut-Veyrac, Saint-Émilion, pour accompagner un plat de pigeonneau, accompagné de foie de pigeon en pâté et d’une fricassée de champignons et de légumes émincés confits. Pour dessert, un plat de prunes, d’un biscuit au gingembre chaud et caramélisé, avec glace maison et coulis de prunes. Avec la tisane aux cinq saveurs, trois délices, dont un au chocolat, un fourré au caramel et un de feuilleté sucré. La facture : dans un écrin d’argent sculpté, fond de velours noir! Un repas inoubliable. Jardin de rocaille agrémenter la table. À la table du coin, un « sugar daddy » avec sa jeune maîtresse. Louise note qu’elle prend soin de lui, puisque vers le milieu du repas, elle lui donne sa pilule… si ce n’est pas de la nitro, c’est du Viagra!

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Série de carnets de voyage

Je commencerai à publier demain les carnets de voyage que j’ai accumulés au fil de nos voyages. Il faudra retenir qu’ils ont été rédigés pendant les voyages, au jour le jour. Il importera donc de tenir compte du passage du temps. À noter aussi que ce sont des observations personnelles. J’espère que vous apprécierez ces coups d’œil sur d’autres pays ou régions du Canada.

Je publierai ces carnets sous forme de feuilleton. En d’autres mots, il faudra revenir « au même poste » pour poursuivre leur lecture. Sinon, chacun serait trop long.