Air India nous avait touchés directement

Cela avait été toute une semaine pour celle qui faisait partie de ma salle de rédaction depuis neuf années. Dans ma chronique du 26 juin 1985, je fais référence à son départ du journal Le Carillon pour aller occuper le poste de chef d’équipe en radiologie à l’hôpital Montfort d’Ottawa. « Monique Castonguay, de Casselman, quitte en effet son poste de journaliste cette semaine. » Elle était la première à montrer le chemin aux autres. Charles Burroughs devait quitter son poste l’année suivante; et moi, l’année après. Mais ce n’était pas tout.

À la une de cette même édition, nous lisons que sa belle-sœur, Rachelle Castonguay, était au nombre des 329 victimes du fameux Vol 182 d’Air India auquel on fait encore référence aujourd’hui. « À 32 ans, Rachelle Castonguay, célibataire, avait décidé de prendre un mois de vacances aux Indes, avec une tournée de World Expedition dans l’Himalaya. Elle se récompensait en quelque sorte pour le nouveau poste d’analyste en recherches et affaires universitaires qu’elle venait d’obtenir du ministère fédéral des Affaires indiennes et du Nord canadien. Quand elle a embarqué dans l’avion, à l’aéroport Mirabel, elle ne se doutait évidemment pas que quelques heures plus tard, à 3 h 13 du matin de notre heure, le Boeing 747 Jumbo allait littéralement se pulvériser au-dessus de l’Atlantique, à 170 milles nautiques des côtes irlandaises. Parti de Toronto, l’avion se rendait à Bombay, avec escale à Londres. Les causes exactes de la tragédie ne seront sans doute pas connues avant plusieurs mois, mais l’hypothèse d’une puissante bombe apparaît présentement comme la plus plausible. » Le reste, comme on dit, fait tristement partie de l’histoire. Pendant de très nombreuses années, le sort de Rachelle est devenu une énorme préoccupation pour Monique et son mari Maurice, le frère de Rachelle, ainsi que toute la famille Castonguay. Chaque fois que nous nous parlions – parce que nous n’avons jamais perdu contact –, la question revenait. Il y avait eu bien sûr de nombreuses autres victimes, dont 28 résidants de la région d’Ottawa, mais celle-là nous touchait directement… d’abord la communauté de St-Isidore/Casselman, mais aussi les ex-collègues de Monique au journal. Pour nous, la vie continuait, mais pour Monique et sa famille, ce sont au moins deux décennies difficiles qui s’ensuivraient. Leur vie ne serait jamais plus la même.

En passant, Monique me dit que le 23 juin (2013), au monument du Parc des Commissaires au Lac Dow, à Ottawa, il y aura une cérémonie à la mémoire des 329 passagers et des deux bagagistes de Narita – c’est ouvert à tout le monde et ça commencera à 17 heures. Sur le site de Sécurité publique Canada, on peut lire ce qui suit à propos de ce monument commémoratif :

« Le site commémoratif qui a été donné et conçu par la Commoission de la capitale nationale est composé d’un sentier menant à une place publique fermée de forme ovale, asphaltée et pavée. On y retrouve également une plaque de bronze sur laquelle apparaissent les noms de toutes les victimes de cette tragédie du 23 juin 1985. La plaque est orientée vers l’est, en direction de l’Irlande, pays où la tragédie est survenue. La place publique avoisinante favorise la réflexion et le souvenir. Les fusains de l’Est et les plantations de seringa qui fleurissent en juin sont des symboles vivants de paix. »

Dans mon billet de demain, de mercredi et de jeudi, je reproduirai la présentation de Monique devant la Commission d’enquête relative aux mesures d’investigation prises à la suite de l’attentat à la bombe commis contre le vol 182 d’Air India, le 3 octobre 2006. Je sais que ce sont des souvenirs insoutenables pour la famille Castonguay, mais que je ne connais pas d’autres événements qui continuent à marquer pendant si longtemps notre petite histoire locale.

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En Ontario, le libéral David Peterson est le nouveau premier ministre à la suite d’une forme de coalition convenue avec le Nouveau parti démocratique de Bob Rae. Les conservateurs minoritaires de Frank Miller avaient été défaits rapidement et, pour éviter une élection, les deux partis de l’opposition avaient décidé d’offrir une alternative au lieutenant-gouverneur John Black Baird. Les rumeurs avaient voulu que Jean Poirier, le député de Prescott-Russell, hérite d’un ministère, question de nommer un Franco-Ontarien, mais Peterson lui avait préféré René Fontaine et Bernard Grandmaître, deux vieux routiers libéraux. Par contre Poirier avait été nommé secrétaire parlementaire à l’Environnement, un domaine qui l’intéressait énormément de toute façon.

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Michel Denis était chef intérimaire de la Sûreté municipale de Hawkesbury depuis le départ de Maurice Durocher. Dans le journal du 10 juillet 1985, on apprend qu’il est maintenant officiellement le nouveau chef. Âgé de 34 ans, il était policier à Hawkesbury depuis une douzaine d’années. « On le considère comme un policier de la nouvelle école. »

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