L’agriculteur un simple mendiant… un agriculteur l’affirmait

Une déclaration surprenante dans Le Carillon du 27 novembre 1975 et elle provient d’Alain Lavigne, alors président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens. « Les subventions accordées aux exploitants agricoles ne les incitent pas à s’améliorer, mais constituent plutôt une béquille réduisant l’agriculteur à la condition de simple ‘mendiant’. » Le président de l’UCFO expliquait que ces subventions ne sont qu’une aide à court terme; « M. Lavigne verrait d’un bon œil la mise sur pied de cours en agriculture pour les francophones de l’Est ontarien afin de les aider à améliorer leur exploitation et leur permettre ainsi de s’affranchir de toute assistance financière. » Il semble que les deux seuls agronomes francophones en service dans le milieu passaient beaucoup trop de temps à traduire des documents « indispensables aux agriculteurs francophones et que cette tâche les accapare énormément ». Et l’idée d’un collège d’agriculture à Alfred n’avait pas encore commencé à germer.

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Sobriété Canada avait déclaré que le Canada comptait plus de 700 000 alcooliques ou « buveurs problèmes ». Trois ans auparavant, selon un texte dans l’édition du 27 novembre 1975, il y en avait 300 000. Le ministre de la Santé et du Bien-être de l’époque, Marc Lalonde, « affirmait que l’alcoolisme est la maladie qui coûte le plus cher aux contribuables canadiens. Sobriété Canada affirmait même que l’alcoolisme coûte $1.1 milliard annuellement aux Canadiens, dont $500 millions pour les accidents de circulation, $250 millions en pertes dans l’industrie et au moins $350 millions en frais d’hospitalisation. » Il y a longtemps que je n’ai pas lu d’articles sur l’alcoolisme et ses ravages… l’alcoolisme en tant que maladie, bien sûr.

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Le gouvernement Trudeau était des plus sérieux en cette fin d’année 1975. Comme le rapporte le journal Le Carillon du 27 novembre, le Bureau d’examen et de contrôle, créé dans le « cadre du programme anti-inflationniste fédéral », a désigné des « escouades volantes » afin de répondre plus rapidement aux plaintes des consommateurs. Les escouades feront « enquête sur les entreprises soupçonnées de ne pas respecter le gel sélectif des prix et des salaires ». C’était une autre époque assurément. Au journal et à l’imprimerie, la direction avait respecté à la lettre les directives et nos salaires avaient été gelés pendant longtemps. La plupart des petites et moyennes entreprises avaient sauté sur l’occasion que leur offrait Trudeau et compagnie.

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La grève nationale des facteurs, alors dans un syndicat distinct des postiers, prend fin le 4 décembre 1975. Elle se prolongeait depuis le 20 octobre… quasiment six semaines. Tout le monde avait échappé un soupir de soulagement. La distribution du journal, comme pour tout le courrier canadien d’ailleurs, avait été drôlement perturbée.

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