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Une théologienne… c’est plutôt rare

Des théologiennes, ça ne se trouvait pas à tous les coins de rues à l’époque. Comme on peut le lire dans Le Carillon du 14 septembre 1977, « Jeannine Élisabeth Lacelle, fille de Denis et Rose Lacelle, de Hawkesbury, a obtenu le grade de docteur en théologie ès sciences religieuses à l’Université des sciences humaines de Strasbourg, en France. Sous la direction du professeur Charles Wackenheim, elle a présenté une thèse intitulée La réconciliation, un événement de parole en Jésus-Christ, dans la pensée de Karl Barth entre 1953 et 1968. Mlle Lacelle est actuellement professeur au département des sciences religieuses de l’Université d’Ottawa où elle enseigne l’histoire de la pensée et des institutions chrétiennes de la période moderne et contemporaine. » Jeannine Élisabeth Lacelle est bien connue dans le milieu théologique d’Ottawa et d’ailleurs. En 2009, l’Université Saint-Paul a créé le Fonds Élisabeth Jeannine Lacelle permettant l’attribution d’un Prix d’excellence décerné chaque année à une femme francophone ou bilingue, diplômée de cette université.

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« Les associations libérales provinciale de Prescott-Russell et fédérale de Glengarry-Prescott-Russell ont uni leurs efforts, vendredi soir, pour attirer plus de 550 personnes à leur première épluchette annuelle de blé d’inde tenue à l’aréna de Navan. » C’est ce qu’on peut lire dans le journal du 14 septembre 1977. « C’était, pour le député Denis Ethier, l’occasion de faire connaissance avec ses nouveaux administrés, à la suite du remaniement de la carte électorale qui ajoute le canton de Cumberland à Glengarry-Prescott-Russell à la prochaine élection fédérale. C’était aussi l’occasion pour l’association provinciale de présenter au public leur plus-que-probable candidat lors de la prochaine élection provinciale, M. Don Boudrias. » Voilà, cette fois, il n’est pas question de changer d’idée comme avant le dernier scrutin provincial.

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Les objecteurs au projet de complexe sportif de Hawkesbury s’organisent et ils ont présenté une pétition de 829 noms (612 propriétaires et 217 locataires, tous contribuables) à l’intention de la Commission municipale de l’Ontario qui tiendra ses audiences à Hawkesbury le 27 septembre. On peut lire tous les détails dans le journal du 21 septembre 1977. Ils voulaient « que les frais encourus soient remboursés par la ville ». Le maire Laurent Cayen avait répliqué « que si les objecteurs sont sincères et s’ils n’agissent pas pour du crédit politique ou des intérêts personnels, ils n’ont qu’à mettre chacun $10 dans un fonds commun, ce qui n’est pas cher pour une cause et ce qui est l’équivalent de la hausse de taxes due au complexe ». Le Conseil d’éducation de Prescott-Russell avait appuyé en principe le projet d’un complexe parce qu’il avait estimé que la piscine intérieure serait un atout pour « le bien-être des étudiants sous sa juridiction ». À suivre!

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Le Conseil des comtés unis de Prescott-Russell cherchait à se départir des locaux de l’ancien Foyer Prescott-Russell. Il en voit l’occasion quand le président du Collège Algonquin, le Dr Laurent Isabelle, laisse entendre que le collège aimerait discuter avec le Collège d’agriculture de Kemptville pour offrir des programmes de formation agricole pour desservir la population de Prescott-Russell. Il n’en fallait pas plus pour le Conseil offre ses locaux de L’Orignal. Mais un autre sort attendait l’ancien Foyer…

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Ça a glissé… ça glissera!

Lors du glissement de terrain sur la ferme de Marcel Leroux, à Lemieux, en mai 1971, quelque 65 acres de terrain avaient coulé dans la rivière. Un deuxième éboulis s’était produit en mai 1977. Comme le rapporte Le Carillon du 24 août 1977, « la prochaine zone victime de glissement de terrain de la long de la rivière Nation-Sud serait celle de Plantagenet Station ». La déclaration provenait de Ken Musclow, un membre de la Société de conservation de la rivière Nation-Sud. Il y avait déjà eu un troisième glissement, plus petit celui-là avec une demi-acre de terrain. Un autre glissement important se produirait au milieu des années 90, toujours dans le même secteur.

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Dans les cinémas, un film qui fait jaser… « Star Wars ». Oui, 35 ans déjà le premier film de cette série de six. « A long time ago in a galaxy far, far away… ». Parmi les vedettes, un acteur pas encore énormément connu… Harrison Ford… le seul en réalité à être devenu une super-vedette.

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Le Haut-Commissariat à la jeunesse, aux loisirs et aux sports du Québec avait d’abord dit non au projet d’un centre communautaire à Grenville. Les mauvaises langues disaient qu’il s’agissait sans doute d’une vengeance parce que les électeurs avaient opté pour un député libéral (Zoël Saindon) aux dernières élections; le même Saindon farouchement opposé à la Loi 101. Mais voilà que dans Le Carillon du 7 septembre 1977, on apprend que le gouvernement provincial a changé d’idée et qu’il versera en fin de compte une subvention de 75 800 $ pour ce projet. Condition : il fallait que les travaux commencent avant le 1er novembre suivant. L’emplacement est un terrain au coin des rues Principale et Tri-Jean (du nom d’un lotissement domiciliaire). Ce centre est toujours là. Nous y avons tenu un grand rassemblement des Lefebvre il y a plusieurs années.

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Dans Le Carillon du 7 septembre 1977, je fais référence au 35e anniversaire du grand Congrès eucharistique qui avait rassemblé 75 000 fidèles à Hawkesbury à la fin d’août 1942. « Le défilé aux flambeaux de clôture avait attiré au moins 300 membres du clergé, dont plusieurs évêques, et la foule avait été estimée à 75,000 par les journalistes de l’époque. (…) Le quotidien Le Droit avait d’ailleurs accordé une immense publicité à l’événement et la radio de Radio-Canada diffusait les cérémonies depuis Hawkesbury. » (Note du blogueur : La télé est arrivée en sol canadien dix ans plus tard.) Et j’ajoutais en éditorial : « Pour vous donner une bonne idée de l’époque, la Garde d’honneur du Très Saint-Sacrement, formée pour l’occasion, comptait 1,573 membres dont 1,400 actifs. » C’était « à l’époque où Pie XII était pape, où Mgr Alexandre Vachon était archevêque d’Ottawa et M. Elie-O. Bertrand était député fédéral ». En fait, à bien y penser, ce congrès avait eu lieu il y a maintenant 70 ans. Mes parents m’en avaient parlé.

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« Le journal Bonjour Chez-Nous, qui publiait le 1er septembre son 30e numéro, s’apprête à devenir hebdomadaire. » Carole Auger avait annoncé la nouvelle dans un éditorial de la dernière livraison et Le Carillon en faisait état dans son édition du 7 septembre 1977. Éventuellement, ce journal de Rockland deviendrait la propriété des Éditions André-Paquette et serait rebaptisé « Vision ». Ce journal est toujours publié dans cette communauté.

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« On ne répare pas un tort par un autre tort » – Zoël Saindon

Je trouve souvent fascinant comment la perspective du temps vient modifier la lecture d’un texte écrit il y a plus de 35 ans. Nous sommes à l’été de 1977 et à l’Assemblée nationale du Québec les débats sont nombreux autour du projet de Loi 101 du gouvernement de René Lévesque. Le Dr Zoël Saindon est le député libéral d’Argenteuil et de nombreux électeurs de sa circonscription sont anglophones. Le Carillon du 10 août 1977 rapporte intégralement son intervention dans le débat et je retiens quelques éléments :

« Le ministre d’état aux Affaires culturelles prétend que le français dans la province de Québec est menacé et que si les mesures nécessaires pour contrer les effets d’anglicisation sur les Québécois francophones ne sont pas prises immédiatement, il s’ensuivra inévitablement l’assimilation des francophones du Québec par la minorité anglophone. » (…)
     « L’effet le plus grave du projet de Loi 101 pour les québécois anglophones, est que la communauté anglophone du Québec sera désormais privée entièrement d’immigrants. Il m’est impossible d’imaginer que le ministre, qui est psychiatre, ignore l’effet d’une telle privation. Cette loi va créer une communauté pleine de frustration et ce sentiment de désespoir sera dû au fait que la communauté anglophone saura que, dorénavant, il lui sera impossible ni de se renouveler ni de s’enrichir par la venue de nouveaux hommes. » (…)
     « C’est de la coercition brutale que cette loi se prépare à imposer et mettre en place, c’est-à-dire le même sentiment d’isolement qu’éprouvaient les Québécois francophones depuis des générations; on ne répare par un tort par un autre tort. » (…)
     « Soyez assuré, Monsieur le président, que le tout ne se passera pas sans heurts et qu’il y aura des représailles quelque part à un moment ou l’autre. Le réveil sera peut-être brutal et sanglant. J’ajouterai que la majorité des Québécois francophones ne partage pas les idées du gouvernement péquiste sur cette politique de la langue. » (…)
     « Les Canadiens-français ont appris de l’histoire de leur pays que la tolérance et la persévérance avaient, en fait, constitué pour eux la garantie fondamentale de leur survie et de leur épanouissement. Ils ont aussi appris de l’histoire que c’est en s’appuyant sur des valeurs de la démocratie et du régime parlementaire qu’ils ont pu survivre comme peuple, conserver et faire progresser leur langue, leur culture et leur religion. » (…)
     « Le gouvernement actuel a décidé de rompre avec notre longue tradition démocratique de tolérance et d’ouverture d’esprit et d’aller à l’encontre du respect que les francophones ont toujours eu autant pour leurs droits et leurs libertés individuelles que pour ceux des citoyens qui ne parlaient pas leur langue.
     La presse écrite et parlée jongle avec les mots et à force de se les répéter, a fini par développer une terminologie semblable à celle que développent les sectes qui vivent en marge de la réalité. Alors que les nationalistes parlaient depuis toujours de la nation canadienne-française, il s’est dégagé petit à petit, après les années 55, un groupe de super-frustrés, ces néo-nationalistes du vocabulaire qui inventèrent des expressions comme ‘la nation québécoise’, en référant tantôt aux Québécois qui parlent le français, tantôt à tous ceux vivent en territoire québécois. Avec ce lavage de cerveau du verbe, nous en sommes venus à un point où l’intolérance fait partie de la mentalité selon laquelle des hommes politiques peuvent parler des Québécois et des vrais Québécois, de la nation québécoise et de la vraie nation québécoise. » (…)
     « Depuis le 15 novembre dernier, c’est-à-dire depuis l’élection du Parti Québécois, ce n’est plus la partie consciente de l’homme qui entend déterminer ce que sera le Québec de demain, mais plutôt l’instinct tribal, l’intolérance. On a nettement l’impression que, consciemment ou non, ce gouvernement est en train de verser dans une forme de racisme dont les conséquences sont énormes pour la qualité de notre vie démocratique et pour la paix sociale au Québec. » (…)
     « Avant de terminer, je voudrais faire remarquer au ministre que si la langue française est en danger d’assimilation, aucune loi ne pourra la sauver. »

Voilà le point de vue du député Saindon dans le contexte de l’époque. Les temps ont changé.

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Qui travaille… travaillera!

Le gouvernement fédéral avait mis sur pieds un programme baptisé « Canada au travail ». Le concept était simple. En faisant appel aux associations, aux clubs sociaux et aux sociétés, le gouvernement espérait créer des milliers d’emplois locaux partout au pays. « Vous voulez aider votre communauté tout en réduisant le chômage? Nous aussi! » pouvait-on lire dans une publicité de Main-d’œuvre et Immigration Canada dans l’édition du 20 juillet 1977 du journal Le Carillon. « Les projets soumis doivent non seulement être utiles à vos concitoyens mais ils doivent aussi utiliser des ressources humaines locales. Ainsi, l’expérience acquise par les sans travail qui trouvent emploi dans ces projets leur permettra de trouver plus facilement, ensuite, un emploi régulier dans leur métier. Présentez votre projet au plus tard le 26 août, en vous souvenant que ce projet doit apporter des bénéfices à la communauté, créer au moins trois emplois nouveaux et être mené à terme par l’association qui l’a soumis. »

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De son côté, le ministère ontarien des Collèges et Universités posait la question : « Pouvez-vous vous permettre d’engager des jeunes sans expérience? » et répondait « Bien sûr! » dans une publicité dans le journal du 27 juillet 1977. « L’Opération Expérience Pratique du gouvernement de l’Ontario (OEPO) a pour but d’aider les jeunes qui ont de la difficulté à décrocher un premier emploi. L’OEPO versera au jeune que vous employez un salaire brut de $100 par semaine pendant 16 semaines au maximum. Si vous pensez que votre entreprise peut offrir cette précieuse expérience de travail aux jeunes de l’Ontario, remplissez le coupon ci-dessous et envoyez-le nous. Nous vous mettrons en rapport avec votre coordonnateur OEPO local. » Semble de tous les paliers de gouvernement voulaient créer du travail en cette période économique difficile. La Commission de lutte contre l’inflation existe encore à ce moment-là.

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La nouvelle était attendue impatiemment. Le Carillon du 10 août 1977 nous apprend que la Commission municipale de l’Ontario avait autorisé la ville de Hawkesbury à « contracter une dette de $368,750 pour permettre la construction d’un nouveau complexe sportif ». Il s’agissait alors d’un projet d’une patinoire avec gradins, d’une piscine semi-olympique et d’une salle communautaire, avec plans pour ajouter une deuxième patinoire, sans gradins, si la campagne de souscription rapportait un demi-million de dollars. Le projet initial avait été évalué à 1 750 000 $. Mais ce n’était qu’une autorisation pour une dette. La vraie décision allait venir plus tard. Le journal note que Duplate devient la première usine à autoriser la déduction à la source pour ses employés qui voudraient contribuer au projet de complexe, car 125 employés de cette usine avaient décidé de contribuer.

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Je note dans ma chronique du 10 août qu’Yves-E. Berthiaume, de Hawkesbury, vient d’obtenir son diplôme en services funéraires du collège Humber de Rexdale, en Ontario. Depuis quelques années, la fille d’Yves est aussi diplômée. Une affaire de famille ces Berthiaume!

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À la recherche du petit coin!

Dans mes deux précédents billets, j’ai fait référence à la conférence nationale Destinée Canada convoquée par le gouvernement Davis à Toronto. Je retiens plein de souvenirs de ces trois ou quatre jours dans la Ville reine. Une chose m’avait frappé dès mon arrivée à l’aéroport Pearson : alors que nous attendions nos bagages, les participants francophones (du Québec surtout) étaient déjà engagés dans des conversations et des présentations, et nous n’étions pas encore rendus au campus de l’Université York. Dans le cas des anglophones, la glace s’est brisée à la fin de la deuxième journée. Symbole de nos différences culturelles. Dans les différentes salles du campus, c’était comme si les francophones, ceux du Québec, oui, mais aussi ceux qui provenaient des autres provinces et des territoires, se connaissaient depuis longtemps. Pas de glace à briser, parce qu’il n’y avait aucune glace.

J’avais eu le plaisir de rencontrer une autre fois l’ancien premier ministre John Robarts, mais aussi Claude Ryan, alors du journal Le Devoir, Barbara Frum, de la CBC, Michèle Tisseyre, Claude Morin, Greta Chambers, du journal The Gazette, et de nombreux autres personnages intéressants. Je retiens une anecdote qui me fait sourire encore aujourd’hui. Entre deux conférences, je me promène à la recherche du très nécessaire « petit coin » et je ne suis pas seul, un grand monsieur aux cheveux blancs frisés m’accompagne et nous échangeons de tout et de rien autour de la conférence et sur l’emplacement de ce « petit coin » dont nous avons tous deux urgent besoin. Finalement, l’ancien gouverneur général Roland Michener et moi le trouvons… et nous poursuivons notre conversation devant un mur de béton!!!

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Je pense que c’était la première fois que son nom apparaissait dans les pages du journal Le Carillon. Dans l’édition du 13 juillet 1977, il est question d’une école de hockey qui se tiendra à Rockland cet été-là. « Les instructeurs de l’école, cette année, ne sont pas encore connus. Jacques Martin, de l’Université d’Ottawa, était l’instructeur-chef de l’école, l’an dernier. » Oui, le même Jacques Martin, qui allait éventuellement tenir son école de hockey dans le nouveau complexe sportif de Hawkesbury… qui porte aujourd’hui le nom de Robert Hartley.

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C’était à prévoir, bien sûr. « Onze contribuables de Hawkesbury ont officiellement protesté auprès de la Commission municipale de l’Ontario des intentions du Conseil municipal de Hawkesbury de construire un complexe sportif à Hawkesbury. » Trois anciens maires étaient parmi les signataires, Charles Lafrance, Albert Cadieux et Philibert Proulx; les autres étaient des gens connus, Gabriel Boyer, Hugh Brown, Gaston Charette, John F. Cottee, James Donaldson, William Kitchen, Eugène Leblanc et Albert Poulin. Tout ce monde voulait que le Centre Mémorial soit réparé et serve de base à un futur complexe sportif. « Un des signataires a expliqué qu’une pétition est en train d’être circulée un peu partout à travers la ville et qu’elle sera envoyée en temps propice à la Commission municipale de l’Ontario. » Le complexe! Ce projet en a donc fait couler de l’encre.

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Découvrir ce qui existe chez son voisin

Comme je le mentionnais dans mon billet précédent, j’avais eu le privilège de participer à la conférence « Destinée Canada » que le premier ministre Bill Davis avait organisé dans le but de permettre à tout le monde de mieux comprendre ce qu’était le Canada. Le tout, bien sûr, à la lumière de l’élection de René Lévesque et de son Parti québécois à la tête du Québec le 15 novembre 1976. Voici ce que j’écrivais à mon retour; cela me rappelle de bons souvenirs.

« Il suffit de rencontrer pendant trois jours des compatriotes d’un bout à l’autre du pays pour constater jusqu’à quel point nous pouvons être égoïstes dans notre petit patelin, au point d’ignorer tout des réalités de notre pays.
      Dès le début des ateliers de discussion, le premier jour du colloque Destinée Canada, à Toronto, il était évident que la principale cause de la crise que connaît présentement le Canada était l’incompréhension mutuelle. Au fil des idées, il devenait également évident que les séparatistes ne sont pas seulement au Québec. Le Québec veut le Québec; l’Alberta veut l’Alberta; Terre-Neuve veut Terre-Neuve. Dans tous les cas, cela dépasse les questions de langue et de culture pour faire Par exemple, en Alberta, les citoyens se sentent suffisants par eux-mêmes place aux préoccupations économiques et jugent, dans bien des cas, qu’ils n’ont plus besoin du Canada et que le Québec est loin de leurs préoccupations. Pourtant, un membre du parlement albertain nous a expliqué que les richesses nouvelles de sa province ne sont pas inépuisables et que l’Alberta, un jour, aura encore besoin des autres provinces. Pour bien des gens, il n’est pas facile de penser en fonction d’un siècle à venir ou même un quart de siècle.
       À Terre-Neuve, les citoyens voudraient eux aussi contrôler un peu plus leur économie. Un délégué de cette province a indiqué qu’il était ridicule qu’il en coûte moins cher pour acheter du bœuf de l’Ouest dans cette province que des produits de la mer. Les pêcheurs terre-neuviens doivent expédier leurs produits à l’extérieur de la province pour la transformation, ce qui fait que les produits reviennent dans la province à des coûts plus élevés. En Alberta comme à Terre-Neuve, on voudrait être plus indépendant.
       Dans l’Ouest, une autre question retient l’attention des citoyens: la protection des groupes ethniques. Dans Prescott-Russell, des villages entiers ne comprennent que des francophones; dans l’Ouest, dans certains endroits, il n’y a par exemple que des Ukrainiens. Cette situation des groupes ethniques a également retenu l’attention des délégués. Le Dr Kévork Baghdjian, le président de la Fédération des groupes ethniques du Québec – porte-parole de quelque 600 000 représentants d’ethnies – signalait que l’unité canadienne doit se faire en considération des trois tiers des citoyens: le tiers des anglophones et le tiers des francophones, les deux peuples fondateurs, de même que l’autre tiers des groupes ethniques, parce qu’ils sont effectivement le tiers.
        À l’université York, dans une sorte de retraite fermée de trois jours, il nous a été permis de constater que les problèmes des différentes régions sont très importants pour ces groupes mêmes et que les problèmes des Franco-Ontariens, par exemple, ont à peine commencé à intéresser les populations. Des délégués du Québec, pour la première fois, ont compris qu’il était important pour eux de s’intéresser à la situation des francophones hors Québec, dont ils soupçonnaient à peine l’importance.
       À notre avis, la conférence Destinée Canada a constitué un important pas dans la bonne direction et tous ont exprimé un avis semblable. Chacun doit chercher, au cours des prochains mois, à découvrir davantage ce qui existe chez son voisin des autres provinces, tenter de comprendre leurs problèmes individuels ou collectifs et tenter de trouver ce qui semble être les meilleures solutions. Chacun doit y donner du sien! »

Voilà, ça se passait il y a 35 ans. Est-ce que nous nous comprenons réellement mieux en 2012?

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Les élections provinciales… pour rien finalement

Dans Prescott-Russell, à peine six personnes sur dix prennent la peine de se déplacer en ce 9 juin 1977. Comme je l’écrivais à la une de l’édition du 15 juin 1977 du journal Le Carillon, les élections provinciales « auront été considérées comme inutiles, en ce sens que rien n’a été changé et que les gens ne se sont pas dérangés massivement pour voter ». En bout de ligne, le conservateur Albert Bélanger avait été réélu avec sensiblement le même nombre de voix qu’au scrutin précédent, soit 11 863 votes comparativement à 11 022; le libéral Philibert Proulx avait récolté un peu moins que le candidat Roger Charron, soit 8 876 comparativement à 8 957; tandis que Joseph Ernest Cheff avait réduit le vote néo-démocrate à 3 591 comparativement à 5 019 pour Raymond DesRochers l’élection précédente. À l’échelle provinciale, Bill Davis se retrouve avec un autre gouvernement minoritaire et un parti libéral rajeuni et revigoré avec Stuart Smith à sa tête. Le néo-démocrate Stephen Lewis décide d’abandonner et remet sa démission quelques jours après l’élection.

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Je ne sais pas s’il s’agit du même programme que le gouvernement de Stephen Harper vient de sabrer dans son dernier budget fédéral. Quoi qu’il en soit, le journal du 22 juin 1977 se réfère à la sélection de Michel Lavictoire, 17 ans, de Hawkesbury, pour participer au programme Katimavik du ministère de la Défense nationale. Le jeune homme est parmi 1000 jeunes Canadiens invités à participer à ce programme de dix mois, le temps d’une année scolaire. « Cette initiative du gouvernement fédéral vise à amener les jeunes à prendre conscience de leur entourage. » Michel faisait partie « d’une délégation de 10 jeunes choisis à travers l’Ontario tout entier. Seul ce dernier est francophone parmi les élus ontariens ».

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« Un nouveau journal hebdomadaire desservira la population française de Cornwall à compter du vendredi 2 septembre prochain. Le Journal de Cornwall sera la propriété de M. Michel Paquette, le vice-président des ventes du journal Le Carillon. L’Imprimerie Prescott-Russell Ltée, propriétaire du journal Le Carillon, sera gestionnaire du nouveau Journal de Cornwall. » Ce journal existe toujours et fait partie de la gamme des journaux des Éditions André-Paquette.

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Destinée Canada était le nom du grand rassemblement national que le gouvernement de Bill Davis avait organisé à l’université York de Toronto au lendemain de l’élection d’un premier gouvernement séparatiste / indépendantiste / souverainiste au Québec. Les 500 déléguées viennent de partout au pays, et les Franco-Ontariens y sont représentés (l’ancien maire d’Ottawa, Pierre Benoit; le président du collège Algonquin, le Dr Laurent Isabelle; Maurice Chagnon, de l’Université d’Ottawa; la présidente de l’ACFO, Gisèle Richer, de Rockland; Nicole Vinette, du centre La Sainte-Famille de Rockland; Gisèle Lalonde, du Conseil scolaire d’Ottawa; Rodolphe Villeneuve, du Conseil scolaire de Stormont-Dundas-Glengarry. J’y participe, mais comme délégué de Glengarry-Prescott-Russell et non pas comme représentant franco-ontarien. J’y reviens dans mon prochain blogue.

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Une charte pour l’Ontario… cinq ans avant une charte nationale

« Une charte pour l’Ontario » est le titre d’une grande publicité dans Le Carillon du 1er juin 1977. Le premier ministre William Davis y affirmait ses intentions pour l’avenir de l’Ontario. Nous sommes, ne l’oublions pas, en pleine campagne électorale, mais il est intéressant de revoir les principes de cette charte :

1. La liberté ne peut être sauvegardée qu’au sein d’une société où n’existe aucune discrimination basée sur l’origine raciale, la couleur de la peau, le sexe ou les croyances des citoyens. Et le milieu le plus favorable à la préservation de cette liberté est une société où règnent la justice et la loi, une société vouée aux institutions démocratiques basées sur le système parlementaire britannique.

2. La justice et l’égalité des opportunités offertes aux citoyens ne peuvent être garanties que par un gouvernement prêt à assurer que tout groupe, y compris le gouvernement lui-même, n’utilise pas le pouvoir de façon injuste.

3. La vraie liberté ne peut être réalisée et maintenue que si le gouvernement est prêt à limiter sa propre croissance et ses propres dépenses.

4. La force, la prospérité et l’unité du Canada tout entier sont essentielles au bien-être de tous les citoyens de l’Ontario. Le maintien de cette unité est le tout premier objectif de l’Ontario à l’échelle nationale.

5. Au sein d’une société libre et juste, le gouvernement se doit de définir et de protéger les droits de chaque individu tels que:

a) Le droit de se bâtir un avenir assuré pour lui-même et pour les membres de sa famille.
b) Le droit de rechercher et de gagner un salaire juste et équitable.
c) Le droit de rechercher et de gagner des bénéfices et honoraires justes et équitables.
d) Le droit de travailler dans la paix et la sécurité.
e) Le droit d’être protégé contre toute pratique injuste ou illégale sur le marché ou dans le milieu du travail.
f) Le droit à un système de taxation juste et équitable.
g) Le droit de réaliser ses ambitions personnelles, d’aller de l’avant et de s’améliorer.

Davis prenait ensuite une série d’engagements et énonçait quelques affirmations en conséquence. J’en conclus que cette « charte » n’avait existé que le temps d’une campagne électorale.

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L’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) « s’est fixé pas moins de 32 objectifs précis afin d’en arriver à une meilleure reconnaissance des droits des Franco-Ontariens ». Ce plan d’action avait été publié dans un rapport intitulé « Les héritiers de Lord Durham II » et comportait trois chapitres : (1) l’ACFO et son histoire; (2) une description de la situation des Franco-Ontariens telle que perçue par l’ACFO; (3) le plan d’action future de l’ACFO. Je me souviens de l’avoir lu, un long document, plus rêveur que réaliste. Ce n’était pas parce que j’étais Franco-Ontarien que je devais adopter aveuglément ces visées de l’ACFO. Certains m’avaient même accusé d’être « un traître »; cela ne changeait rien de mes opinions et le journal couvrait l’ACFO avec rigueur. Peu de journaux, peu de médias en fait, lui accordaient tant d’espace dans ses pages. On en parle dans le journal du 1er juin 1977.

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Le précurseur du Festival Franco?

Les Québécois avaient leur « Superfrancofête », dorénavant les Franco-Ontariens auront leur « Fête-Ontario ». Comme le rapporte Le Carillon du 18 mai 1977, « c’est le projet que prépare présentement l’Association canadienne-française de l’Ontario, secteur de Cornwall. Cette manifestation se déroulera du 24 au 28 août prochain à Cornwall. » Cette « grande première » visait « à rapprocher les Franco-Ontariens afin de se faire connaître auprès de la population anglophone de la province. Si tout va comme l’espère l’ACFO, des gens de toutes les régions francophones de l’Ontario seront au rendez-vous. » Évidemment, c’était bien avant l’existence du Festival franco-ontarien qui visait les mêmes objectifs, en quelque sorte.

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L’élection provinciale du 9 juin dans Prescott-Russell ne sera pas tellement compliquée, ni excitante. Le député conservateur sortant Albert Bélanger sera encore là et ses adversaires seront le libéral Philibert Proulx et le néo-démocrate Joseph-Ernest Cheff. Pour cette élection-là, il suffisait donc de choisir le candidat du moindre mal. Je n’avais pas l’occasion de lui faire trop de remontrances pour l’affaire Saputo étant donné que recommander Proulx n’aurait pas été une option. Et Cheff n’était pas le meilleur candidat. J’y reviens.

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« Tous pour un complexe, un complexe pour tous » était le slogan de la campagne de souscription pour un nouveau complexe sportif et l’objectif avait été fixé à un demi-million de dollars. Le Carillon du 1er juin 1977 explique que la campagne est officiellement lancée par le maire Laurent Cayen.

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Le juge de la Cour des comtés, à L’Orignal, Omer-H. Chartrand, occupait son poste depuis 16 ans et il avait décidé qu’il était temps de prendre sa retraite. Il en question dans le journal du 1er juin 1977. Chartrand avait décidé de quitter son poste en juillet. « J’ai tenté au cours de mon mandat d’expédier les procédures le plus possible parce que je réalise que le temps des avocats est précieux. J’ai souvent rendu mes verdicts sur-le-champ pour éviter une nouvelle apparition en Cour et j’ai souvent été critiqué pour ce geste. Toutefois, j’estime avoir rendu de grands services à la communauté. »

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Jusque-là, les jeunes hockeyeurs jouaient sans protection du visage. « Le port du protecteur facial sera obligatoire pour tous les joueurs des équipes mineures de hockey du Canada aussitôt que l’Association canadienne de normalisation aura donné son approbation à un modèle précis. » Un vice-président de l’Association canadienne de hockey amateur avait mentionné « que 41 joueurs ont perdu la vue suite à des accidents subis lors de matchs de hockey cette saison, tandis que 57 joueurs sont devenus aveugles après des accidents semblables, l’année précédente. » De tels accidents sont extrêmement rares au hockey mineur depuis cette décision.

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Quinze ans… il avait fallu être patient

Il aura fallu 15 ans de négociations avec Hydro-Ontario, mais la ville de Hawkesbury obtient finalement une compensation pour les inconvénients attribuables à la construction du barrage hydroélectrique de Carillon. « Les négociations entreprises entre la ville de Hawkesbury et l’Hydro-Ontario, en 1962, à cause du barrage hydroélectrique de Carillon sont maintenant terminées et le fonds pour la construction de nouvelles facilités sportives à Hawkesbury comprend déjà $250,000. » C’est ce qu’on peut lire à la une du journal Le Carillon du 18 mai 1977. « Ces négociations, menées par quatre ou cinq conseils municipaux différents pendant cette période, ont finalement abouti après une fin de semaine de délibérations intensives. » (Les élections provinciales étaient en cours, ne l’oublions pas.)

« Lundi soir, le Conseil municipal a accepté la dernière offre de l’Hydro-Ontario et libéré cet organisme de toutes obligations futures. (…) En 1972, l’offre à la ville était de $143,442 et était sensiblement la même que dix ans auparavant. Lundi, l’offre finale était de $465,230 et la ville a opté pour son acceptation. » Cette somme serait répartie de la façon suivante : « $215,230 comme compensation pour la station de pompage et $250,000 pour le fonds de construction de nouvelles facilités sportives ». Le conseiller Claude Drouin était favorable au montant total, mais il aurait fallu que la somme soit affectée entièrement au projet d’une nouvelle usine d’épuration. Drouin, un organisateur libéral hyperconnu, s’était même attaqué verbalement au député conservateur Albert Bélanger, qui participaient aux négociations depuis sept ans. Il blâmait Bélanger « de jeter l’argent des contribuables de parts et d’autres en ce temps d’élection ».

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Le Conseil des comtés unis avait vainement tenté de se départir de l’ancien Foyer Prescott-Russell à L’Orignal. Le journal du 18 mai 1977 nous apprend que « l’ancien Foyer Prescott-Russell serait converti en campus d’enseignement du français pour les enseignants de langue anglaise. (…) Le ministère de l’Éducation est présentement à la recherche d’un édifice pour des stages d’environ cinq semaines pour l’enseignement au français aux étudiants anglophones. » Le député Albert Bélanger avait « déclaré qu’il était temps de battre le fer pendant qu’il était chaud. Il a laissé entendre que la décision pourrait bien être prise avant les élections provinciales du 9 juin. » Voilà… Il voulait du capital politique. Ce projet ne serait jamais réalisé.

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C’était assurément une belle invitation. Comme on peut le lire dans Le Carillon du 18 mai 1977, « il n’y avait pas personne de plus heureux que Robert Hartley dans toute la ville de Hawkesbury, le 7 mai dernier. Ce jeune gardien de but local a reçu une lettre de l’instructeur-gérant des Marlies de Toronto, George Armstrong, l’invitant à se rendre au camp d’entraînement de cette équipe de la Ligue junior majeure de l’Ontario à la fin du mois d’août. » Hartley, un nom que tous ceux qui suivent le hockey en 2012 connaissent, était alors un joueur de calibre midget et il avait attiré l’attention d’Armstrong justement lors d’un tournoi de cette catégorie à Brockville. Il n’avait forcément aucune idée que son nom, un jour, serait donné au complexe sportif de sa ville.