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L’administrateur Tessier se lance dans la vente immobilière

La nouvelle avait surpris tout le monde et elle fait la une du journal Le Carillon du 2 novembre 1983. « Pierre-Jean Tessier, l’administrateur en chef de la ville de Hawkesbury, vient de remettre sa démission. M. Tessier, 38 ans, laissera son poste le 6 janvier 1984 afin de se lancer en affaires. Il n’a pas voulu préciser où, mais Le Carillon a appris qu’il s’agirait du domaine de la vente immobilière dans la péninsule du Niagara. » Il avait expliqué « qu’il ne s’agissait pas d’une décision spontanée et qu’une chance se présentait à ce stage de sa carrière ». Tessier est aujourd’hui administrateur de la Cité de Clarence-Rockland (note du blogueur : il quittera son poste en juin 2013) et il avait occupé des fonctions identiques au Canton de Gloucester, avant sa fusion avec Ottawa, et au Canton de Russell.

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Je vais vous épargner les détails, mais disons qu’il s’agissait d’une accumulation d’erreurs, ou de mauvaises communications, entourant les cendres d’un bébé décédé peu de temps après sa naissance. Il devait y avoir « inhumation et bénédiction des cendres » un vendredi après-midi à Hawkesbury, mais il y avait tellement de problèmes de communication entre la maison funéraire et le curé, que la cérémonie n’a pas eu lieu comme souhaité. J’avais commenté l’histoire en éditorial et rappelé les difficultés entourant la crémation. Nous sommes il y a 30 ans, ne l’oubliez pas. « Le directeur des funérailles Berthiaume fait état des complications reliées à la procédure de crémation. L’église catholique, par exemple, est encore réticente à accepter les cendres d’un défunt à l’intérieur d’une église. Dans plusieurs cas, c’est strictement interdit; dans d’autres, on tolère la présence de l’urne, mais on ne rend pas hommage aux cendres de la même façon qu’à des funérailles ordinaires. C’est pour cela qu’une cérémonie de bénédiction doit être organisée, souvent à la dernière minute et sans longs préavis. » Je m’étais porté à la défense des intervenants qui n’avaient pu réagir à temps. Disons qu’aujourd’hui, un simple appel de cellulaire aurait réglé bien des inconvénients. Mais il n’y avait pas de cellulaires à l’époque, bien sûr.

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T&P Maltosa… le nom ne vous dit sûrement rien; en fait, j’en avais personnellement oublié l’existence. La société T.P. Company, propriété de Tom Thomas et Chris Poulter, de Montréal, a ses installations de production au coin des rues Laurier et Lansdowne à Hawkesbury. « L’entreprise produit en ce moment des bonbons de cinq saveurs différentes : menthe naturelle, miel pur, orange et citron pourvu de vitamine ‘C’, miel et citron et herbes. Le maltose, ou sucre de malte, constitue le principal ingrédient de tous les types de bonbons. Ce sucre est utilisé à la place de saccarose. (…) Tous les autres ingrédients sont aussi naturels. » Ils avaient réussi à écouler leurs bonbons dans des boutiques d’aliments naturels partout au pays. Je sais que l’entreprise n’est plus à Hawkesbury. On en parle dans le journal du 9 novembre 1983.

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Vous aurez constaté, évidemment, que je fais toujours référence à l’édition du journal Le Carillon dans laquelle j’ai trouvé l’article original que je résume dans mon blogue. Je le fais au cas où un lecteur, aujourd’hui ou plus tard, s’intéresserait au texte intégral. Il suffirait alors de se rendre à la Bibliothèque municipale de Hawkesbury et de demander à consulter les archives du journal. Je crois qu’elles sont toutes sur microfiches.

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ROTEL… un motel différent

Le club Rotary était très actif à Hawkesbury et n’avait pas voulu être absent de la campagne des clubs Rotary de la région de la capitale pour leur projet ROTEL, « un motel de 50 chambres qui sera construit au bénéfice de patients externes et des visiteurs au Centre des sciences de la santé d’Ottawa ». Il en est question dans l’édition du 26 octobre 1983 du journal Le Carillon. « ROTEL desservira l’Hôpital pour enfants de l’Est de l’Ontario, le centre de traitement pour enfants handicapés d’Ottawa, le Centre médical de la Défense nationale, la Fondation ontarienne du cancer, l’Hôpital général d’Ottawa, le foyer Rideau pour les anciens combattants et le centre régional de réhabilitation de l’hôpital Royal Ottawa. (…) Une étude complétée en 1981 avait démontré un besoin pressant pour des facilités de logement à court terme. » Ce motel est toujours là d’ailleurs.

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Lu dans une publicité du gouvernement canadien le 26 octobre 1983. « Les nouvelles Obligations d’épargne du Canada rapportent 9 ¼ % la première année et un minimum garanti de 7 % chacune des six années suivantes jusqu’à échéance. (…) Pour l’émission 1982, le taux minimum garanti de 8 ½ % est majoré à 9 ¼ % pour l’année commençant le 1er novembre 1983. Pour chacun des années suivantes jusqu’à l’échéance, le taux minimum garanti de 8 ½ % continue de s’appliquer. Pour toutes les autres émissions en cours, le taux de 10 ½ % s’applique pour l’année commençant le 1er novembre 1983 et continuera de s’appliquer jusqu’à l’échéance. » De tels taux d’intérêt sont plutôt rares de nos jours.

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Voici un type de publicité que l’on voit moins de nos jours. Celle-ci se retrouvait dans le journal du 26 octobre 1983 et avait été payée par le ministère ontarien des Services sociaux et communautaires. Elle s’intitulait « On recherche : parents nourriciers, beaucoup de temps, de travail et de satisfaction ». J’en parle parce que mon père et ma mère étaient des parents nourriciers. Ma mère ne voulait pas que je grandisse seul, mes frères et mes sœurs étant beaucoup plus âgés que moi, et elle avait l’âme généreuse. Elle n’a pas accepté d’autres jeunes après mon départ pour le petit séminaire. Et bien sûr, elle n’avait pas un travail l’extérieur du foyer comme la grande majorité des mères contemporaines. En rétrospective, je comprends mieux comment sa tâche a pu être difficile.

« Être parent nourricier n’est pas une tâche facile. C’est un travail à plein temps. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Souvent frustrant, exigeant toujours beaucoup de patience, d’énergie et d’amour.

Pourtant, malgré toutes ces exigences, ou peut-être à cause de toutes ces exigences, des milliers de personnes prennent chez elles, chaque année, des enfants nourriciers.

Certains sont des enfants, d’autres des adolescents. Certains ont des besoins particuliers, d’ordre physique ou émotionnel. Mais ils ont tous une chose en commun : un besoin de sécurité et d’une place dans la société qui les aidera à traverser une période difficile de leur vie et les préparer à retourner vivre dans leur famille.

Partager avec un enfant ou une jeune personne certaines des qualités dont vous êtes doté est une expérience des plus satisfaisantes. En tant que membre de l’équipe d’assistance sociale et d’autres professionnels, votre rôle sera d’aider ces enfants nourriciers et leurs parents lorsqu’ils auront le plus besoin de votre aide. Par la même occasion, vous contribuerez vous-même à votre enrichissement.

Pour en savoir plus sur la façon de devenir parent nourricier, contactez la Société d’aide à l’enfance ou les Services aux familles et enfants de votre localité.

Ce n’est pas une tâche facile. Il existe peu de tâches qui soient plus difficiles, mais il en existe encore moins qui donnent plus de satisfaction. »

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Les élus à la télé locale pour une première fois

C’était un moment historique; du moins c’est sur quoi avaient insisté les élus municipaux. J’y étais. Les membres du Conseil municipal de Hawkesbury avaient accepté d’accueillir les caméras de Câble-Vision Hawkesbury pour la télédiffusion de leurs délibérations. C’était une première. La séance du Conseil du lundi avait été enregistrée pour diffusion le mercredi suivant. J’avais commenté le tout à la une du journal Le Carillon du 26 octobre 1983. Aujourd’hui, la télédiffusion est en direct. Voici donc mon commentaire de l’époque pour votre bon plaisir… et le mien :

« C’est un moment historique que vivront ce soir les citoyens de la ville de Hawkesbury. Ils pourront suivre, pour la première fois, les délibérations de leur Conseil municipal dans le confort de leur salon, grâce à cette ‘merveille’ (!) qu’est la télévision.

Ce qu’ils verront sera davantage un ‘spectacle bien monté’ plutôt qu’une image réelle de ce qu’est habituellement une réunion du Conseil municipal. Mais ça devrait être très intéressant, si j’imagine le ‘produit final’. Nous ne savons malheureusement pas, au moment d’écrire ces lignes, quel format prendra l’émission : diffusion intégrale ou extraits seulement?

Les membres du Conseil – ils étaient huit, le conseiller Edward Mullin étant malade et manquant une réunion pour la première fois en douze ans (comme le signalait le maire Laurent Cayen, pour le besoin des téléspectateurs).

Donc, 19 heures, silence! lumières! on tourne! Dès le départ, dérogation à la procédure. Le Seigneur passe en deuxième; en premier, le ‘parrain’ de cette initiative, le conseiller Claude Demers, qui explique ce qui se passe et qui souhaite le ‘feedback’ des citoyens.

Le reste sera la plupart du temps très drôle pour ceux qui sont habitués à les observer. Vers le milieu de la soirée, les élus sont eux-mêmes de plus en plus conscients que la session est inhabituelle. Ils fonctionnent pour les besoins de la télévision et ce sera probablement ainsi pour les deux ou trois prochains mois, avant que le ‘naturel revienne au galop’.

Heureusement pour les téléspectateurs, les membres du Conseil ont eu la ‘grande sagesse’ (pour emprunter une expression que vous entendrez prononcer par le sous-préfet Jean-Guy Parisien au cours de l’émission de ce soir) d’utiliser une procédure qui rendra la compréhension plus facile pour les citoyens. Ainsi, les procès-verbaux sont résumés. Mais vous entendrez seulement ce que les conseillers auront jugé bon de vous faire entendre. Ce serait en effet beaucoup trop onéreux en temps de relire tous les procès-verbaux et tous les documents qui accompagnent normalement les délibérations. L’objectif est évidemment d’encourager maintenant les citoyens à se déplacer et se rendre sur place écouter et suivre les procédures. Les fonctionnaires efficaces ont toujours des copies des procès-verbaux à la disposition des gens de la salle. Malheureusement, la salle est presque toujours vide.

Nous vous suggérons de regarder en prêtant, en même temps, une oreille attentive aux divers commentaires. Plusieurs, qui s’étaient manifestement préparés en fonction du ‘moment historique’, en ont profité pour diriger quelques boutades et placer certains de leurs collègues ou un chef de département dans une drôle de position.

Quelques exemples! Le sous-préfet Parisien qui suggère d’organiser un marché aux puces ‘style prématernelle’ pour payer le ‘party de Noël’ municipal. La ‘promotion’ du conseiller Kenneth Gray pour le projet d’aéroport municipal. La réplique des conseillers aux remarques du président de la Chambre de commerce publiées dans Le Carillon de la semaine dernière. La remarque du maire Cayen à l’effet qu’on ‘a assez de Claude qui ont une influence sur les employés de la ville’, se référant à une boutade du conseiller Jean-Pierre Picard sur la présence au procès-verbal du mot ‘claude A’ au lieu de ‘clause’. Sans oublier le rappel du maire, encore une fois, disant que ‘nous sommes conseillers pour toute la ville et pas seulement une section’. Remarquez aussi son insistance sur les mots ‘rue Principale-Est’, pour donner la chance à ses collègues de ramener sur le tapis le sujet épineux des services d’égouts et d’eau dans la rue Principale-Est.

Et, finalement, sans doute dans le but d’inclure dans ce ‘moment historique’ le seul citoyen qui suit toutes les réunions régulières du Conseil, le conseiller Jean-Pierre Picard a adressé un message de félicitations au journal Le Carillon pour son édition ‘Progrès chez-nous’, mais il en a aussi profité pour ‘remettre à sa place’ votre humble serviteur qui ignorait que le comité industriel pouvait piger dans la réserve de 70 000 $, procurant ainsi un budget de quelque 90 000 $ au lieu de 10 000 $ 20 000 $.

Ah! oui! j’allais oublier! Je ne me suis pas autant amusé à couvrir le Conseil depuis les ‘beaux temps’ du maire Philibert Proulx… Ne manquez pas l’émission de ce soir; c’est le Conseil à son meilleur (je le dis sans arrière-pensée). »

En fait, Câble-Vision n’avait diffusé que des extraits (trois des six cassettes vidéo) et certains éléments n’avaient plus de sens à cause du contexte manquant. Par suite des pressions et des plaintes, Câble-Vision avait donc diffusé la réunion intégrale le 2 novembre. Je n’avais reçu de réactions de personne!

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« La Patente »… une société secrète

Quand j’étais plus jeune, l’Ordre de Jacques-Cartier se retrouvait parfois dans des reportages et des articles de journaux parce que son existence était alors connue. En fait, l’ordre est disparu l’année où j’entreprenais ma longue carrière en journalisme franco-ontarien. L’Ordre était un organisme au service de la francophonie canadienne. Dans l’édition du 19 octobre 1983 du journal Le Carillon, nous avions reproduit une « chronique historique de la Société des écrivains canadiens » qui racontait justement l’histoire de l’Ordre. Chaque jour, quand je regarde de la fenêtre de mon condo, je vois cette église Saint-Charles, bordée de la rue Barrette, dont il est fait mention :

« C’est le 22 octobre 1926, au presbytère de la paroisse Saint-Charles d’Ottawa et sous l’instigation du curé F.X. Barrette, que l’Ordre de Jacques-Cartier voit le jour. Assez curieusement, les livres et règlements d’initiation du nouvel organisme secret sont basés sur ceux des francs-maçons, les éléments catholique et francophone y étant évidemment incorporés.

L’Ordre de Jacques-Cartier, mieux connu sous le nom de ‘La Patente’, demeure au service des Canadiens-français d’un bout à l’autre du pays. Au moment de son apogée, il est constitué de 504 noyaux regroupés sous 60 conseils régionaux œuvrant dans pas moins de 1 140 municipalités. La Patente renseigne les siens au sujet de postes-clés dans la Fonction publique, favorise des candidats canadiens-français lors des élections et exerce des pressions à l’occasion, pour la nomination de certains curés. Pronationaliste, l’Ordre appuie le gouvernement Duplessis et regroupe des membres de toutes les professions : avocats, médecins, fonctionnaires, ouvriers et journalistes. D’illustres personnalités y adhèrent, notamment le cardinal Léger, le maire Jean Drapeau, le syndicaliste Jean Marchand et le journaliste André Laurendeau.

La Patente disparaît en février 1965, alors qu’une nouvelle forme de nationalisme s’implante. »

Il y avait forcément des membres de l’Ordre à Hawkesbury et dans la région, mais son caractère « secret » était bien enraciné.

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« Le scénario le plus noir imaginé par les autorités de la ville de Hawkesbury à la suite de la fermeture de l’usine locale de la Compagnie internationale de papier, le 1er décembre dernier, a été dépassé par la triste réalité. » La mauvaise nouvelle se retrouve dans le journal du 26 octobre 1983. « La Cour de révision a accordé à la CIP une baisse d’évaluation plus considérable que prévu, ce qui fait que les pertes de revenus fonciers pour la ville et les différents corps publics des comtés unis se chiffrent par 825 758,94 $. La CIP a obtenu de la Cour de révision une baisse d’évaluation de 2 507 265 $, ce qui a réduit sa facture de taxes pour 1983 de 1 134 357,61 $ à 308 596,67 $ pour l’année courante. » C’est de l’argent qui ne reviendrait pas autrement et qu’il faudrait combler dans les budgets municipaux et scolaires.

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Là, je m’adresse à un lectorat d’un certain âge et nécessairement de Hawkesbury. C’est un paragraphe de ma chronique du 26 octobre 1983 : « Hawkesbury vient de perdre un autre de ses citoyens bien connus. Eugène Leblanc, connu surtout dans le monde sportif de jadis et pour son travail au sein du syndicat de la CIP, est décédé hier matin. Sa voix toujours calme et son éternel sourire restent gravés dans la mémoire de ceux qui l’ont connu. »

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Un record mondial pour les gars d’Eastern Steelcasting

Six jours, 17 heures et 53 minutes. Ce n’était pas rien. En fait, c’était un record mondial établi par les employés de l’usine Eastern Steelcasting de la société Ivaco à L’Orignal. Comme on peut le lire dans Le Carillon du 12 octobre 1983, « les employés ont fait fonctionner leurs machines sans arrêt pendant presque sept jours jusqu’à vendredi pour ainsi établir un nouveau record mondial de production consécutive de billettes d’acier ». Le précédent record de « 5 jours, 20 heures et 7 minutes » était détenu par une aciérie japonaise et « avait été établi il y a trois ans » et comme le précisait l’article « ordinairement les machines fonctionnent cinq heures consécutivement ». Les employés avaient été tellement fiers de leur réussite qu’ils s’étaient fait photographier fièrement en équipes et devant leurs hauts-fourneaux. Je ne sais pas si ce record tient encore; avec les nouvelles technologies, j’imagine que non.

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Le centre écologique de la CIP à Harrington était un endroit intéressant pour mieux apprécier ce qu’offre une forêt. C’était aussi, bien entendu, un centre de recherche forestière pour cette société de production de pâtes et papiers. La CIP avait acheté 80 hectares de terres afin d’y aménager un « verger de reproduction », dans lequel « on planterait des épinettes noires et pins gris de qualité supérieure ». Il faudrait évidemment patienter de nombreuses années avant de pouvoir récolter les « cônes de ces arbres en vue de les acheminer vers ses diverses plantations à travers le pays ». Trente ans plus tard, je me demande ce qu’il est advenu de cette nouvelle plantation à Harrington. Il faudra que j’y aille faire un petit tour un beau dimanche d’été.

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Trente ans plus tard, le même message est répété dans des publicités et dans des campagnes diverses. Manifestement, le travail reste toujours énorme pour changer les mentalités. Le ministère de la Santé de l’Ontario et l’Association canadienne pour la santé mentale publiaient cette annonce dans le journal du 19 octobre 1983. Le voici, simplement pour démontrer que l’acceptation des maladies mentales est un message qu’il faut sans cesse répéter :

« ‘Je suis content que mon père ait été malade l’an dernier. Il est chanceux. D’après ce que je peux comprendre, s’il avait été malade il y a vingt ans, il n’aurait peut-être jamais pu revenir à la maison. Je suis content que les choses aient changé. Avant tout, je suis content qu’il soit de retour à la maison avec ceux qu’il aime. Après tout, c’est son chez-soi.’

Les choses ont beaucoup changé ces derniers vingt ans. Les gens acceptent plus en plus en plus le fait qu’une maladie mentale est avant tout… une maladie. Ce n’est pas être possédé du démon. Ce n’est pas un mystère ni une chose inexplicable: c’est une maladie.

Nous avons finalement compris que la santé mentale est quelque chose qu’on ne peut tenir pour acquis. (Un Canadien sur six reçoit de l’aide psychiatrique au cours de sa vie.)

Et ce qui est encore plus important, nous avons compris que les personnes qui recouvrent la santé après avoir souffert de troubles émotifs peuvent redevenir des membres productifs de la société.

Les choses ont changé… et les 4 000 membres de l’Association canadienne pour la santé mentale en Ontario espèrent du fond du cœur que les attitudes face à la santé mentale continueront à évoluer de manière positive. On espère que de plus en plus de Canadiens comprendront le rôle essentiel que jouent les services d’hébergement et les possibilités d’emploi pour ceux qui relèvent des maladies mentales.

Nous croyons qu’avec le temps, le stigmate qui entoure les maladies mentales, fondé surtout sur la peur et l’ignorance, deviendra une chose du passé. »

Voilà. C’était le message d’il y a 30 ans et qui est toujours pertinent. Dans le quotidien La Presse du 14 février dernier, il y avait un long article sur les pertes encourues par les entreprises à cause des maladies mentales, ce qui ne contribue en rien à déculpabiliser ceux et celles qui en souffrent et que ne facilite pas la compréhension par leurs collègues de travail. En fait, je ne me souviens pas de la dernière fois que j’ai lu un article sur les effets néfastes du simple rhume ou de la grippe sur les finances des entreprises pourtant causes fréquentes d’absentéisme.

En passant, les maladies mentales sont la cause de prédilection de mon ancien employeur, la Société canadienne des postes… Postes Canada pour les intimes.

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Osie Villeneuve avait 77 ans

« Le député de Stormont-Dundas-Glengarry à Queen’s Park, M. Osie F. Villeneuve, est décédé dimanche d’une crise cardiaque, à l’âge de 77 ans. M. Villeneuve, le plus ancien membre et aussi le plus âgé de l’Assemblée législative ontarienne, est décédé peu de temps après la tenue d’un banquet honorant ses 35 années de carrière politique. Il était un personnage très influent auprès du Parti progressiste-conservateur malgré le fait qu’il ait toujours préféré conserver un rôle effacé de député d’arrière-ban. » Son décès est l’objet d’un article dans Le Carillon du 28 septembre 1983.

« Il a siégé pendant 29 ans à Queen’s Park et pendant six ans sur la Colline parlementaire comme député fédéral, après avoir entrepris sa carrière politique en 1947 en se faisant élire comme préfet du village de Maxville. L’année suivante, il était élu pour la première fois à Queen’s Park et devait remporter les deux élections subséquentes dans sa circonscription. En 1957, il fut élu député de la circonscription de Glengarry-Prescott sur la scène fédérale lors du balayage Diefenbaker et réélu en 1958. Défait en 1963, il fit un retour, la même année, sur la scène politique provinciale et fut réélu depuis à cinq reprises avec des majorités confortables. Dans sa circonscription de Stormont-Dundas-Glengarry, il était considéré comme indélogeable, au point qu’en 1981, un an après avoir annoncé officiellement sa retraite le premier ministre William Davis fit appel à lui pour s’assurer que la circonscription de passe pas aux mains de l’Opposition. »

Osie Villeneuve n’avait de francophone que le nom; il était un anglais de cœur. Je lui ai toujours reproché son intervention en coulisses pour empêcher Saputo de venir construire une nouvelle fromagerie à Hawkesbury. C’était assurément un redoutable politicien de coulisses. Son successeur sera un autre Villeneuve… Noble Villeneuve.

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« Yvan Joly a abandonné tout espoir de percer un jour dans la Ligue nationale de hockey lorsqu’il a quitté le camp d’entraînement des Whalers à Hartford pour poursuivre sa carrière de hockeyeur en Italie. » Ce paragraphe d’un long article dans le journal du 28 septembre 1983 mettait ainsi fin à une longue saga depuis qu’il avait été repêché par les Canadiens de Montréal quelques années auparavant.

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Le 22 septembre 1983, la succursale de Grenville de la Banque de Montréal devait fermer définitivement ses portes en fin de journée. Et voilà que vers 16 h 30 cet après-midi-là, « deux motards portant un casque à visière ont sommé une quinzaine de personnes dans l’édifice, dont sept à huit clients, de se coucher par terre, à la pointe de révolvers. Pendant que l’un tenait ses otages en joue, l’autre malfaiteur soulageait les tiroirs-caisses de la banque. » La nouvelle faisait la une du journal du 5 octobre 1983. « La somme volée n’a pas été divulguée. »

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Depuis le rapatriement de la constitution canadienne, le Canada avait sa Charte des droits et libertés. Il n’était donc que question de temps avant que le Québec, « distinct » évidemment, ait la sienne. Ce qui fut fait officiellement le 1er octobre 1983. Les grandes lignes avaient été publiées dans le journal du 5 octobre 1983.

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Les agriculteurs avaient enfin leur journal

Au départ, c’est le journal Le Point d’Alexandria qui en avait eu l’initiative, après tout la région comptait un très grand nombre d’agriculteurs. Comme le rapporte le journal Le Carillon du 3 août 1983, « c’est lundi prochain que sera publiée la première édition d’Agri-Com, un mensuel entièrement consacré à l’agriculture (…) et destiné aux francophones habitant les comtés de Glengarry, Prescott, Russell et Stormont ». La coéditrice Chantal Périard (l’autre était Suzanne Massie) avait expliqué « qu’il y avait une grosse lacune au niveau de l’information agricole en français dans ces régions ». Les coéditrices avaient ajouté que « cette publication aurait un caractère communautaire puisqu’elle parlera des gens habitant ces quatre comtés et des expériences qui se font dans différentes fermes ». L’année suivante, Le Point éprouvait des difficultés et le jeune journal a été pris en mains par l’Union culturelle des Franco-Ontariens parce qu’il y avait forcément un besoin. Aujourd’hui, le journal Agricom existe toujours et est dirigé par le même conseil d’administration que celui de l’UCFO. Le siège social de cette société à but non lucratif est installé à Clarence Creek dans la Cité de Clarence-Rockland.

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Encore une excellente idée qui n’a pas été plus loin, malheureusement. Le Comité pour les arts et la culture dans Prescott regroupait des représentants du Cercle Gascon II, des Prescott Players et du Centre culturel Le Chenail et leur idée était simple : « utiliser les ruines du Centre Mémorial pour doter la ville d’installations pour les arts dramatiques et visuels ». Il en est question dans le journal du 24 août 1983. Le groupe souhaitait une petite salle de spectacle « de 300 à 500 places » qui pourrait être utilisée « pour la présentation de films ou pour la présentation de spectacles organisés régulièrement par la Bibliothèque municipale, située à côté du Centre Mémorial ». Il y aurait bien sûr du théâtre et une galerie d’art. On souhaitait sa réalisation pour cadrer avec les 125 ans de Hawkesbury en 1984. En éditorial, j’avais endossé ce concept de « Maison des arts » notamment à cause du « regain d’intérêt pour les activités culturelles et artistiques » attribuable notamment au succès des organismes « comme Le Chenail, surtout, et aussi les troupes comme La Vieille 17, le P’tit Matin, Hyradote, les Prescott Players et le Cercle Gascon II ».

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Aujourd’hui, il exploite un magasin d’instruments et de cours de musique sur la rue Principale à Hawkesbury et tout le monde du coin connaît son nom… en tout cas tout le monde d’une génération. « À quelques semaines du lancement de leur premier album, le groupe country The Bobby Lalonde Band, a obtenu deux nominations et le soliste une pour le gala annuel canadien de l’Academy of Country Music Entertainers » peut-on lire dans le journal du 31 août 1983.

« L’album BLB qui doit sortir à la mi-octobre doit faire ressortir les trois succès du groupe à l’heure actuelle, soit les chansons ‘Forty Shades of Blue’, ‘Play Old Man’ et une composition de Gilles Godard ‘Forget It’. (…) La compagnie RCA négocie présentement avec le groupe pour amorcer une percée sur le marché québécois en enregistrant les mêmes chansons en français. »

« À 25 ans, Bobby Lalonde compte près de 10 ans de carrière professionnelle. Il avait commencé avec l’orchestre familial les Four Sons à l’âge de 8 ans. Il a joué un an pour l’émission Le Ranch à Willie alors qu’il avait 16 ans, puis a fait partie du groupe Garolou, pour se joindre ensuite aux musiciens de Louise Forestier, de Claude Gauthier, et faire quelque temps de la musique en studio, avant la formation de son groupe. Ses musiciens sont Roger Bélisle, chanteur, bassiste et percussionniste, Alain Brisson, chanteur, guitariste classique, électrique et acoustique à 12 cordes, Normand Couture, chanteur, batteur et percussionniste. Bobby reste le soliste du groupe en plus de ‘faire parler’ son violon, il joue de la guitare acoustique à 12 cordes et de la guitare électrique. (…) En plus de participer à plusieurs émissions de musique country, le groupe de Bobby Lalonde avait été invité à divertir les membres des différents gouvernements représentés au sommet économique tenu au Château Montebello en 1981. »

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Les mêmes services et même plus qu’auparavant

C’est ce qu’on appelle se donner la main et s’occuper de ses affaires. « Même si la CIP est fermée, les marchands de Hawkesbury sont toujours en affaires avec les mêmes services et même plus qu’auparavant. » Le message de Marielle Charlebois, la copropriétaire de la boutique Ma-Té, était clair et se référait à la grande promotion publicitaire dans laquelle se lançaient 41 maisons d’affaires de Hawkesbury. On en parle dans Le Carillon du 27 juillet 1983. Le journal profiterait bien sûr de cette campagne. « Hawkesbury a toujours été et est toujours le plus grand centre d’achats entre Montréal et Ottawa » et elle l’est toujours d’ailleurs. « Nous voulons par cette promotion mettre Hawkesbury sur la carte. » Une des 41 maisons était la Bijouterie Harden. Aujourd’hui, le Groupe Harden semble encore y croire et poursuit le développement d’un grand secteur commercial le long de la route 17.

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Il me semble que je n’ai pas vu de telles annonces depuis longtemps. Celle-ci provient du journal du 27 juillet 1983. « Parents: Tous les enfants doivent être immunisés contre la diphtérie, le tétanos, la polio, les oreillons, la rougeole et la rubéole à moins de contrainte médicale ou religieuse. Ne tardez pas, faites le faire maintenant sinon votre enfant pourrait être refusé par l’école. Les injections peuvent être données soit par votre médecin de famille ou à l’une de nos cliniques. » En fait, il y a longtemps que je n’ai pas entendu dire qu’un enfant avait attrapé l’une des maladies énumérées. Aujourd’hui, certains préconisent de ne pas faire vacciner les enfants sous prétexte que c’est la cause de troubles divers, dont l’autisme. Cette théorie est bien sûr réfutée par les autorités médicales.

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Je lisais récemment dans un média que les Canadiens ne savent pas toujours lire les étiquettes sur les produits alimentaires. Dans le journal du 27 juillet 1983, il y a donc 30 ans, le même problème existait et nous avions publié un article posant justement la question « Savez-vous bien lire les étiquettes? » et la source était l’Ordre professionnel des diététistes du Québec :

« Prenons par exemple les catégories d’aliments. Elles indiquent la qualité de certains produits, selon des normes gouvernementales établies en fonction de caractéristiques physiques (apparence, couleur…) et non pas, comme on pense trop souvent, d’après le goût ou la valeur nutritive. Il est donc généralement inutile de payer plus cher pour la qualité supérieure lorsque la qualité inférieure, moins coûteuse, est aussi savoureuse et nutritive. Sachant cela, on peut donc très bien acheter les pêches ‘Canada régulier’ au lieu des ‘Canada de fantaisie’ ou encore un poulet de catégorie ‘Utilité’ au lieu de celui de catégorie ‘A’.

Parlons maintenant de la liste des ingrédients. Ils sont inscrits sur l’étiquette par ordre décroissant d’importance; nous pouvons avoir une idée de la proportion des ingrédients qui composent un produit.

En terminant, une dernière façon de mettre toutes les chances d’épargner de son côté: éviter le gaspillage. Il faut s’assurer de la fraîcheur des produits qu’on achète; un aliment frais se conservera plus longtemps. Pour nous y aider, il y a trois types de notation :

Meilleur avant – Les produits préemballés ayant une durée de conservation inférieure à 90 jours, à l’exception des viandes, fruits et légumes frais, doivent porter sur l’étiquette l’inscription ‘Meilleur avant’ suivi de la date limite en question. Jusqu’à ce moment, le produit non entamé présente un maximum de qualité. Après cette date, il peut être consommé sans danger, mais la qualité peut être moins bonne.

Date d’emballage – Elle indique le jour de l’emballage de la denrée, par exemple des viandes ou des charcuteries emballées au supermarché. On peut donc choisir les aliments les plus frais et en prévoir approximativement la durée de conservation. Cependant cette date est parfois négligée, volontairement ou non. Exigez-la, et s’il le faut, plaignez-vous au ministère de Consommation et Corporation Canada.

Date d’expiration – Elle est beaucoup plus rare. Elle indique la date au-delà de laquelle on ne devrait pas consommer l’aliment en question. Il est donc, bien sûr, toujours déconseillé d’acheter un produit portant une date périmée. »

Vous aurez remarqué qu’il n’y a aucune référence aux étiquettes des valeurs nutritionnelles que l’on retrouve maintenant sur la plupart des contenants ou emballages. C’est qu’en 1983, elles n’avaient pas encore été rendues obligatoires… ou elles n’existaient pas.

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Le potentiel touristique… toute la région aussi

Comme l’avait souligné René Berthiaume, du temps qu’il était président de la Chambre de commerce de Hawkesbury, la ville regorgeait de potentiel touristique. Mais toute la région de Prescott-Russell offrait la même chose, comme on peut le constater dans une longue étude de 60 pages publiée par le ministère ontarien de Ressources naturelles et dont Le Carillon faisait état dans son édition du 20 juillet 1983. Je reproduis l’encadré qui accompagnait l’article principal, en me demandant quels éléments ont été concrétisés et si les autres sont toujours valables aujourd’hui et s’ils offrent toujours le même potentiel :

« Le document sur les directives d’aménagement du territoire, dans le district de Cornwall du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, comporte une vingtaine de stratégies bien déterminées pour le secteur compris dans les comtés de Prescott et Russell :

· Gérer le troupeau d’orignaux de la forêt Larose à un niveau de trente à cinquante animaux, en attendant de meilleures données sur le maximum acceptable;

· Autoriser des chasses contrôlées, de temps à autre, pour conserver une population raisonnable;

· Poursuivre les activités dans la forêt Larose conformément au Plan de gestion de la forêt Larose. Continuer de procurer les occasions éducatives et de récréation en plein air;

· Fournir des occasions récréatives et éducatives comme des sentiers, en tenant compte des programmes de déboisement, de reboisement et de protection de la faune;

· Protéger les éléments d’intérêt scientifique de l’éboulis de Lemieux et de la tourbière d’Alfred, en négociant avec les propriétaires privés;

· Contrôler les castors afin de protéger les terres;

· Préparer une stratégie d’usage récréatif pour la forêt Larose. Cette stratégie complétera le programme de production forestière et prévoira de la chasse et autres usages récréatifs;

· Entreprendre une compilation de données sur les pêcheries le long de l’Outaouais (une deuxième priorité, cependant);

· Réétudier la rentabilité d’une marina et d’un centre d’équitation dans le parc Carillon (note du blogueur : ce parc se nomme maintenant parc provincial Voyageur);

· Promouvoir davantage le parc Carillon, par des techniques de commercialisation en Ontario, au Québec et dans l’État de New York;

· Mettre en pratique les services aux visiteurs du parc Carillon, en insistant sur le ‘libre usage’ aux fins d’interprétation historique et géologique dans le parc et le voisinage;

· Reconsidérer la chasse à la faune aquatique dans les limites du parc Carillon et réévaluer les besoins du public à cet effet;

· Fournir un service d’interprétation des caractéristiques scientifiques spéciales de la carrière de Pointe-Fortune;

· Continuer à aménager des pistes pour ski de fond et motoneige dans le parc Carillon;

· Concevoir, dans le parc Carillon, une démonstration de gestion de ressources forestières pour la nouvelle technologie, la production des fibres et l’amélioration de l’habitat;

· Étudier la rentabilité de développer l’île Parker, dans la rivière Outaouais, pour usage récréatif de jour, accessible par bateau;

· Songer à confier le parc provincial Nation-Sud, à Plantagenet, à une autre agence ou à l’entreprise privée;

· Encourager les initiatives d’expansion et d’amélioration de la qualité des terrains de camping privés. Pour les cinq premières années du plan d’aménagement du territoire, la priorité sera accordée aux projets le long de la rivière Outaouais, pour ensuite concentrer sur le potentiel le long des rivières intérieures (Nation, Castor, Raisin) et les initiatives récréatives d’autres agences gouvernementales;

· Identifier les zones d’argile marine instables afin de sensibiliser le public à leur existence et s’assurer que les municipalités les prévoient dans leurs plans d’urbanisme, afin de protéger les vies humaines et les propriétés;

· Préparer un plan de gestion de la faune dans le parc Carillon;

· Protéger et rétablir, si possible, les habitats importants de poissons dans les ruisseaux intérieurs. »

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L’inertie des gens était le principal obstacle

Le maire actuel de la ville de Hawkesbury, René Berthiaume, était alors président de la Chambre de commerce locale. Comme le rapporte un article dans Le Carillon du 20 juillet 1983, « Hawkesbury est naturellement favorisée pour le tourisme à cause de son environnement et de sa situation géographique. (…) Ainsi, les efforts seraient minimes afin de transformer cette ville en site touristique. D’abord, Hawkesbury est favorisée par sa proximité de deux villes particulièrement attrayantes touristiquement parlant, Montréal et Ottawa. Hawkesbury pourrait devenir un lieu de séjour pour les voyageurs intéressés à voir ces deux villes, mais désirant loger en un lieu moins densément peuplé. Ils pourraient camper sur la Grande Île et effectuer des randonnées en bateau sur la rivière Outaouais et profiter de quelconques facilités qui pourraient être éventuellement créées en tirant parti des avantages que la nature nous offre. » Il n’était pas le premier à rappeler cette réalité. Berthiaume reconnaissait par contre qu’il « subsiste des obstacles à la concrétisation du potentiel touristique de Hawkesbury. Le principal demeure l’inertie des gens. Ceux-ci hésitent à s’impliquer afin de faire fructifier le potentiel. Pourtant, l’épanouissement me semble possible si une majorité de gens s’implique. Les citoyens qui ont des idées les concrétiseraient plus facilement grâce à l’appui inconditionnel de la majorité. Ensuite, il faudrait que les gens soient prêts à accepter la vocation touristique de leur ville en étant plus avenants envers les touristes. » Il n’aurait pu être plus clair. Je soupçonne qu’il pourrait répéter son message aujourd’hui. Quand je vais à Hawkesbury pour les besoins de mon blogue, je ne vois toujours pas de signe qu’une vocation touristique s’y est développée… et pourtant la rivière est toujours là, la Grande Île est toujours là et la grande pollueuse qu’était la CIP n’y est plus depuis 30 ans!

* * *

« Paul Desrochers, 59 ans, était résident de Hawkesbury depuis l’élection du Parti québécois en 1976. Il menait ici une existence discrète. » Mais sa mort tragique n’avait pas été aussi discrète comme on peut le lire dans le journal du 20 juillet 1983. Il y était question des funérailles « dans la plus stricte intimité de l’ancien influent conseiller des premiers ministres Jean Lesage et Robert Bourassa, qui est décédé vendredi dans un hôpital d’Ottawa des suites d’une blessure à la tête qu’il s’était infligée la veille dans sa résidence de la rue Ghislain à Hawkesbury. (…) La Sûreté municipale a démenti certaines rumeurs entourant la mort de l’homme public, l’une stipulant que deux coups de feu avaient été tirés et une autre selon laquelle il avait reçu la veille de sa mort la visite de deux individus à l’aspect inquiétant. Cette dernière rumeur peut provenir d’une association d’idées découlant de ce que M. Desrochers était un ancien président et membre du conseil d’administration de la compagnie Maislin Industries Ltd, qui vient de cesser ses opérations à cause de difficultés financières. » Et dans un paragraphe qui revêt un son de cloche différent dans le contexte de la présente Commission Charbonneau au Québec, on y lit ceci : « Pendant ses années de gloire au sein du Parti libéral du Québec, il a été un des principaux promoteurs du vaste projet hydro-électrique de La Baie James. Son influence dans l’octroi d’un monopole syndical à la centrale FTQ pour une période de 10 ans en échange d’une promesse de ne pas avoir recours à la grève pendant ce laps de temps avait toutefois soulevé la controverse lorsqu’elle avait été dévoilée dans le cadre de l’enquête de la commission Cliche sur la violence dans l’industrie de la construction. » J’avais rencontré Desrochers quelques fois à Hawkesbury; je l’avais trouvé sympathique et intéressant.