L’inertie des gens était le principal obstacle

Le maire actuel de la ville de Hawkesbury, René Berthiaume, était alors président de la Chambre de commerce locale. Comme le rapporte un article dans Le Carillon du 20 juillet 1983, « Hawkesbury est naturellement favorisée pour le tourisme à cause de son environnement et de sa situation géographique. (…) Ainsi, les efforts seraient minimes afin de transformer cette ville en site touristique. D’abord, Hawkesbury est favorisée par sa proximité de deux villes particulièrement attrayantes touristiquement parlant, Montréal et Ottawa. Hawkesbury pourrait devenir un lieu de séjour pour les voyageurs intéressés à voir ces deux villes, mais désirant loger en un lieu moins densément peuplé. Ils pourraient camper sur la Grande Île et effectuer des randonnées en bateau sur la rivière Outaouais et profiter de quelconques facilités qui pourraient être éventuellement créées en tirant parti des avantages que la nature nous offre. » Il n’était pas le premier à rappeler cette réalité. Berthiaume reconnaissait par contre qu’il « subsiste des obstacles à la concrétisation du potentiel touristique de Hawkesbury. Le principal demeure l’inertie des gens. Ceux-ci hésitent à s’impliquer afin de faire fructifier le potentiel. Pourtant, l’épanouissement me semble possible si une majorité de gens s’implique. Les citoyens qui ont des idées les concrétiseraient plus facilement grâce à l’appui inconditionnel de la majorité. Ensuite, il faudrait que les gens soient prêts à accepter la vocation touristique de leur ville en étant plus avenants envers les touristes. » Il n’aurait pu être plus clair. Je soupçonne qu’il pourrait répéter son message aujourd’hui. Quand je vais à Hawkesbury pour les besoins de mon blogue, je ne vois toujours pas de signe qu’une vocation touristique s’y est développée… et pourtant la rivière est toujours là, la Grande Île est toujours là et la grande pollueuse qu’était la CIP n’y est plus depuis 30 ans!

* * *

« Paul Desrochers, 59 ans, était résident de Hawkesbury depuis l’élection du Parti québécois en 1976. Il menait ici une existence discrète. » Mais sa mort tragique n’avait pas été aussi discrète comme on peut le lire dans le journal du 20 juillet 1983. Il y était question des funérailles « dans la plus stricte intimité de l’ancien influent conseiller des premiers ministres Jean Lesage et Robert Bourassa, qui est décédé vendredi dans un hôpital d’Ottawa des suites d’une blessure à la tête qu’il s’était infligée la veille dans sa résidence de la rue Ghislain à Hawkesbury. (…) La Sûreté municipale a démenti certaines rumeurs entourant la mort de l’homme public, l’une stipulant que deux coups de feu avaient été tirés et une autre selon laquelle il avait reçu la veille de sa mort la visite de deux individus à l’aspect inquiétant. Cette dernière rumeur peut provenir d’une association d’idées découlant de ce que M. Desrochers était un ancien président et membre du conseil d’administration de la compagnie Maislin Industries Ltd, qui vient de cesser ses opérations à cause de difficultés financières. » Et dans un paragraphe qui revêt un son de cloche différent dans le contexte de la présente Commission Charbonneau au Québec, on y lit ceci : « Pendant ses années de gloire au sein du Parti libéral du Québec, il a été un des principaux promoteurs du vaste projet hydro-électrique de La Baie James. Son influence dans l’octroi d’un monopole syndical à la centrale FTQ pour une période de 10 ans en échange d’une promesse de ne pas avoir recours à la grève pendant ce laps de temps avait toutefois soulevé la controverse lorsqu’elle avait été dévoilée dans le cadre de l’enquête de la commission Cliche sur la violence dans l’industrie de la construction. » J’avais rencontré Desrochers quelques fois à Hawkesbury; je l’avais trouvé sympathique et intéressant.

Une réflexion sur “L’inertie des gens était le principal obstacle

  1. Un de mes amis, qui a vécu l’époque de Paul Desrochers, m’a rappelé qu’un de ses exploits au sein du Parti libéral du Québec est l’élection de Robert Bourassa comme chef du parti. A l’époque, Bourassa était un tout jeune économiste député d’un comté de Montréal (Ahuntstic possiblement). Avec l’appui officieux de Jean Lesage et de Paul D., le « boss » de la grosse machine rouge de l’époque, Robert Bourassa, peu connu du public et de la plupart des médias, l’avait assez facilement emporté sur deux super vedettes, Pierre Laporte (ex-journaliste au Devoir) et Claude Wagner, ex-ministre de la Justice fort populaire. Tous les sondages des médias donnaient Wagner ou Laporte comme gagnant. Bourassa était bien loin en arrière… sauf que ce que les médias avaient oublié, c’est que ce n’était pas le public qui votait, mais bien les délégués du parti dans chacun des comtés. Et comme Paul D. contrôlait la « machine », presque tous les comtés avaient choisi des délégués « pro Bourassa » pour voter lors du congrès de leadership. Laporte avait terminé troisième, Wagner deuxième et Bourassa, assez facilement premier.

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